Un coing tranquille

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Ô coing béni des cieux, favori de Narcisse,
La décomposition ne saurait te toucher :
Au rameau verdoyant, tu te tiens attaché,
Tu as mûri longtemps sur un arbre propice,

Sur toi fut un brouillard bienfaisant épanché,
Et tu l’as mérité, ce n’était que justice.
Les insectes gloutons t’épargnent leurs supplices ;
Tu es plus délicat que le fruit du pêcher.

Ô qui pourra goûter ta saveur nonpareille,
Qui te possédera, fabuleuse merveille ?
Celui qui te détient, que son pouvoir est fort !

De ta maturation, que mon âme a suivie,
Je sais que de longtemps n’en adviendra la mort :
Un coing de bon aloi doit faire une eau-de-vie.

Cochonfucius

Photosynthèse

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La plante absorbe le soleil
Tout en gardant les pieds sur terre ;
Son voisin, l’arbre solitaire,
A déjà quelques fruits vermeils.

La plante est souvent en éveil,
Captant les rythmes planétaires ;
Des chercheurs universitaires
Mesurent son temps de sommeil.

Autour d’elle, tout est splendide,
Le jardin n’a rien de sordide,
C’est un inimitable lieu.

La plante est naïve et candide,
Sa feuille regarde les cieux ;
Car elle a d’invisibles yeux.

Cochonfucius

Duchesse emplumée

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Elle a dansé sur la nocturne rive,
Et trois ondins alors ont applaudi ;
Et l’autre soir, le plus ancien m’a dit
Qu’ils sont heureux quand telle chose arrive.

La duchesse est d’une blancheur naïve,
Mais son savoir est très approfondi ;
Et je la vois, dans ce monde assourdi,
Valser toujours par-dessus l’onde vive.

Le vieux castor, et la loutre, et le rat,
Le bûcheron et son robuste bras,
Tout un chacun dans son doux chant se noie.

Le fier chasseur a déposé son arc,
Le noble cerf s’est éloigné du parc,
De la duchesse ils deviennent la proie.

Cochonfucius

Canidé volant

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Ce canidé volant ne dit pas de mensonges,
Il fréquente surtout des lieux inhabités ;
Une proie pour lui seul, son repas se prolonge,
Il mange des morceaux qui lui ont peu coûté.

Tu dis de cet oiseau qu’il n’existe qu’en songe,
J’entends cette objection sans en être irrité :
Je me complais souvent au rêve où je me plonge,
Rêve qui m’attendrit, dans sa simplicité.

Je suis un habitant des antiques provinces,
J’aime l’amusement, et mon savoir est mince,
D’un poème s’emplit ma cervelle d’oiseau.

Je cueille des raisins sur ma modeste treille,
Puis je taille mon lierre avec de grands ciseaux :
Au jardin, comme moi, s’activent des abeilles.

Cochonfucius

Danseur vêtu d’azur

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Le danseur est venu pour amuser l’ermite
Dans un jardin désert, où sont de vieux tombeaux.
Il imite un guerrier, c’est bizarre et c’est beau,
C’est le dévoilement d’un rêve sans limite.

Car son esprit, avec un art toujours nouveau,
Sait se moquer de tout, sans qu’on ne s’en irrite.
La narratologie merveilleuse l’habite
Et ce fier combattant danse avec son cerveau.

Ermite, tu n’as point fait venir une femme,
Ton comparse eût dansé pour cette innocente âme
Qui de son lent ballet apprécie la beauté ;

Mais tu veux être seul avec ce fils des Anges,
Ensemble vous prendrez de ce breuvage étrange
Qui vous procurera la sainte Ébriété !

Cochonfucius

Marcheur anonyme

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Le vagabond sans nom traverse un temps d’orage,
Il sait qu’un inconfort n’est pas une douleur,
Il sait que les ennuis ne sont pas des malheurs,
Que même par ce temps, le ciel n’a point de rage.

De plusieurs lointains lacs, il connaît les rivages,
Où l’eau prenait parfois de splendides couleurs ;
Le chemins ont leur loi, les grands lacs ont la leur,
Ce sont des vérités qu’on reçoit sans tapage.

Devant un contretemps, ce vieux routard, au lieu
D’imaginer soudain la malice d’un dieu,
Garde le plus grand calme et commence une enquête.

La sagesse précaire, elle est là, dans ses yeux
Dont parfois je saisis un regard curieux :
Car alors, il s’enquiert de la prochaine fête.

Cochonfucius

Fier poisson d’azur

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Le fier poisson d’azur, par Neptune poussé,
Valse tout un matin dans la mer qui s’agite ;
Et la sirène aussi, qu’à la danse il invite,
Dans l’éternel torrent par les tritons versé.

De la danse les dieux ne sont point courroucés,
Sachant que les poissons ne sont pas des ermites ;
Ils prennent leur plaisir dans la mer sans limites
Et retombent après, l’un sur l’autre entassés.

C’est de là que provient cette charmante écume,
Plus blanche que la neige ou qu’un duvet de plumes ;
Tout ça pour contenter le fier poisson d’azur.

La sirène, l’ondin, le poisson se confondent,
Baignant leur volupté dans un cristal si pur ;
Un dieu marin murmure, et les bardes répondent.

Cochonfucius

Monarque de sinople

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C’est un monarque sage, exempt de tromperie,
Qui ne met presque pas de bardes en prison,
Car il peut supporter un peu de moquerie ;
Un roi doit regarder plus loin que l’horizon.

Il arbore au combat de simples armoiries
Où son corps est montré, vert comme le gazon,
(Son royaume est connu pour ses vastes prairies),
Et les portent aussi les gens de sa maison.

Il n’a point vanité de sa royale essence :
Il lui suffit assez d’en avoir la puissance,
Ainsi que des flacons d’un breuvage vermeil.

Nombreuses sont ici les fêtes qu’il arrose,
Car il est amoureux de sa vigne au soleil,
Comme le fut jadis le prince de sa rose.

Cochonfucius

Armure de gueules

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De rouge s’est vêtu le Maître des Sept Mers,
Ça lui va beaucoup mieux qu’une blancheur spectrale ;
Son esprit vagabonde et parcourt des spirales,
Il se sait condamné, mais il n’est pas amer.

Cet endroit, c’est la mort, mais ce n’est pas l’enfer ;
Ce poème n’est pas une oeuvre sépulcrale,
Car le Seigneur Homard n’est pas de ceux qui râlent,
Jamais il ne brandit un grand sabre de fer.

Il sera dévoré par un dîneur vorace,
À peine de son corps resteront quelques traces,
Mais ce sort malheureux, pouvait-il l’éviter ?

Car manger du homard, c’est un usage antique,
Mon poissonnier toujours en a dans sa boutique,
Et nous en préparons quand vient un invité.

Cochonfucius

Leçons de danse

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Ce sont leçons de rêverie,
Ou de gymnastique, parfois ;
Les fines danseuses sourient
Et ne me disent pas pourquoi.

Elle n’ont pas de pruderie,
Mais leur élégance est leur loi ;
Ce sont de nobles égéries,
Je suis content quand je les vois.

J’observe leurs travaux pratiques
Et leurs gestes acrobatiques ;
Et leur maître, un charmant danseur.

Elles sont mieux, sur cette piste,
Qu’à déchiffrer la prose triste
De quelques vaniteux penseurs.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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