Prêtre vagabond

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Dans sa lourde musette, il transporte un calice,
Du bon vin dans sa gourde, une bouteille d’eau,
Quatre livres de poche et quelques bibelots ;
Et puis du chocolat, pour lui c’est un délice.

Un diable exorcisé, devenu son complice,
Boit avec lui le soir en un vieux jardin clos ;
Au matin, quand les gens s’en vont à leur boulot,
Ces deux errants s’en vont vers les cieux qui pâlissent.

Quand le soleil, plus tard, s’élève à l’Orient,
Le prêtre et le démon pensent en souriant
Que l’espérance, en eux, ne sera pas brisée.

Tous les deux, poursuivant des nuages épars,
Arpentent des sommets la route malaisée,
Ils marchent à loisir, ils ne vont nulle part.

Cochonfucius

Seigneur gyrovague

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Ce vagabond, qui rien ne vaut,
Avec d’autres errants conspire ;
Ils ont, c’est leur moindre défaut,
L’art de tromper et de médire.

Qu’il fasse froid, qu’il fasse chaud,
Pour le meilleur et pour le pire ;
Ils ont du vin plus qu’il n’en faut
Et la richesse qu’ils désirent.

Sur la route on les voit passer,
Sans bagage et sans se presser,
Sans qu’un souci ne les dévore.

Jamais ils ne sont amoureux,
Car ça les rendrait malheureux ;
Mais nos servantes les adorent.

Cochonfucius

Herbes de Panoramix

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Du druide, le jardin ne fleurit pas en vain ;
Il fait un élixir de trois feuilles froissées,
Sa serpe au grand jamais ne se montre émoussée,
Et plus d’un autre outil obéit à sa main.

Il fut jeune, il vécut des moments incertains,
Il se laissa porter par de vaines pensées ;
Des prières, parfois, lui furent adressées,
Qu’il ne voulut jamais traiter par le dédain.

Maintenant, il est vieux, alors c’est autre chose
Que ce n’était jadis, et ce qu’on lui propose,
Dans la plupart des cas, c’est un loisir bien doux.

Son esprit, jeune ou vieux, c’est strictement le même,
Il sait ce qu’il désire, il trouve ce qu’il aime,
Ce druide ayant acquis la sagesse des fous.

Cochonfucius

Dragon du Yin et dragon du Yang 阴龙阳龙

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Ces dragons orientaux refusent les honneurs
Et se moquent de moi si je m’en émerveille ;
Je suis leur opinion, je leur prête l’oreille,
J’admire leurs propos, ce sont de grands seigneurs.

Le poèmes anciens dont je suis repreneur
Ont donné à leur âme une joie sans pareille:
En songe, relisant ces mots quand ils sommeillent,
Les berce l’instrument d’un antique sonneur.

Ces dragons du passé sont dignes de louange,
Tels qu’en eux-mêmes, enfin, la poésie les change,
Sans un mot de travers, sans un vers qui déplaît.

Ces seigneurs, cultivant un art de ne rien faire,
Connaissent le moyen de ne jamais déplaire ;
Je les prends pour mentors dans tout ce que je fais.

Cochonfucius

Nef de pierre

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Sur chaque tour, on trouve un oeil ;
Magique est cette nef de pierre
Dont les marins, sans nul orgueil,
S’abreuvent de commune bière.

Il n’ont plus de vin des Corbières,
Mais ils n’en portent pas le deuil ;
Ils ont du rhum dans des soupières,
Auquel chacun fait bon accueil.

Que leur importe leur ivresse ?
La nef de sa route est maîtresse,
Plus assurée qu’ils ne le sont.

La nef conduit son équipage ;
À bord, quel amusant tapage !
Les marins sont de bons garçons.

Cochonfucius

 

Nef de Nouvelle Aquitaine

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Il faut de fiers vaisseaux pour naviguer ici :
Or, si vous en avez, voguez à votre guise,
Le vent vous appartient, l’onde vous est acquise,
La sirène elle-même est à votre merci.

Au passage, l’ondin va froncer les sourcils ;
Mais il ne pourra rien contre vos entreprises :
Car si de vos bateaux la rivière est éprise,
Les dieux l’assisteront, et les diables aussi.

Vous pourrez vous risquer loin des natales vignes
Pour trouver du poisson au bout de votre ligne,
Sans craindre de sombrer dans un gouffre marin.

Même si, quelquefois, l’ouragan vous menace,
Loin de vous effrayer, vous direz à voix basse :
Neptune à ce navire a servi de parrain.

Cochonfucius

 

Sagesse aux belles griffes

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Le chat dans le jardin ne cueille aucune fleur ;
Et jamais, le dimanche, il n’entre dans l’église.
On peut lui pardonner le peu qu’il subtilise,
Il ne s’attaque point aux objets de valeur.

Lui caressant le flanc, j’entends battre son coeur ;
Tous les deux, nous aimons la fraîcheur de la brise,
Car elle est bienveillante à notre âme indécise.
De l’estival jardin, tendres sont les couleurs,

On y voit voleter l’abeille, jamais lasse,
Et l’appel de la pie traverse cet espace.
Que nous servirait-il, en ce lieu, de courir ?

J’aime ce chat discret qui ne rit, ni ne pleure,
Qui, sans montre au poignet, peut décompter les heures,
Et qui, si patiemment, m’écoute discourir.

Cochonfucius

Ambiloup bleu

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L’ambiloup, savourant la lumière dorée,
Traverse, sans courir, un petit bois de pins,
Sans vouloir pourchasser le lièvre ou le lapin ;
Juste pour recueillir la fraîcheur de Borée.

D’azur est sa toison joliment colorée,
Ce qui fait quelquefois sourire les copains ;
Mais il les aime bien, ces braves galopins,
Compagnons de ses jeux dans la friche arborée.

Ah, quel bel animal, et quel charmant endroit !
Que ne suis-je un poète au verbe plus adroit,
Car je pourrais alors le chanter à mon aise ;

Peut-être, je pourrais le mettre en un bouquin,
Ce fauve plus léger que n’est un Arlequin,
Cet azuré fleuron de la forêt française.

Cochonfucius

Cosmocrocodile

 

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Un crocodile en quête d’absolu
S’est envolé à bord d’une navette ;
Il veut quitter la fragile planète
Dont les beaux jours sont bientôt révolus.

Sur un trou noir jetant son dévolu,
Il accélère ainsi qu’une comète ;
Dans son regard, le cosmos se reflète,
Obscur, comme est son esprit résolu.

Dans le trou noir, nul photon ne s’agite,
On ne sait rien de tous ceux qui l’habitent,
Fiers neutrinos et quarks de bon aloi.

Jamais, là-bas, la pâture n’abonde,
Car c’est le lieu le plus sombre du monde ;
Ce crocodile est plus vaillant que moi.

Cochonfucius

Richepin voit l’infini (ou Le moine)

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Blason de Savigneux

L’infini ne tient pas dans une petite âme.
Tu peux, sans te lasser, voir le soleil levant,
T’imprégner de la mer et t’enivrer du vent,
Te glacer dans les monts, te rôtir à la flamme,

T’exclamer comme un coq ou comme un cerf qui brame,
T’asseoir dans un fauteuil ou marcher en rêvant,
Tu peux lire jusqu’à devenir un savant,
Tu peux même rimer des sonnets et des drames,

Mais tu n’atteindras pas (et tu l’as toujours su)
Le seuil de l’infini. Or, n’en sois point déçu,
Et ne te montre pas à toi-même implacable,

Puisque l’espoir en toi est ferme, et persistant.
Il ne convient donc point qu’un songe ne t’accable…

Je sais bien. Je sais bien… Et je souffre, pourtant.

Cochonfucius

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Parti ondé: au 1er de gueules au moine bénédictin, contourné, lisant un livre, d’argent, au 2e d’argent au bouquet de deux joncs tigés et feuillés de sinople fruités de sable surmonté de deux fasces crénelées de gueules et maçonnées de sable.

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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