1891-1942

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image de l’auteur

Pour Edith, prier, c’est aimer ;
C’est en telle foi qu’elle est morte ;
Bien rares sont amours si fortes,
Qu’un orage vient allumer.

Car ce monde était enflammé
D’un combat de mauvaise sorte ;
Le feu que telle guerre porte
Venait notre honneur consumer.

Edith opposa son amour
Et combattit, jour après jour,
Auprès de ceux qui mal endurent.

C’est un exemple, son ardeur,
Son acceptation des brûlures
Qui jamais n’ont noirci son coeur.

Cochonfucius

 

Diable ovin

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image de l’auteur

Il pratique l’humour au troisième degré,
Ce grand bélier maudit, ce démon plein de ruse ;
Mais sa plume tranchante a la faveur des muses,
Ainsi que des mentors qu’il a pu rencontrer.

Ce mouton dans le camp des auteurs est entré,
Comme en un poulailler s’introduit une buse,
Ou parmi les clairons la lourde cornemuse,
Et ses vers dans leur prose ont voulu s’infiltrer.

Fantôme d’Andersen, lui aurais-tu fait signe
Que de vilain canard il est devenu cygne,
Ce qu’il ne pouvait voir avec ses propres yeux ?

Dès lors, traçant un trait qui jamais ne dévie,
Cet ovin nous décrit les choses de la vie
Et se souvient du temps qu’il fut agneau de Dieu.

Cochonfucius

 

Goupil de sable

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image de l’auteur

Ce goupil suit sa route en errance éternelle,
Mais son coeur reste jeune, et n’est pas endurci,
Il marche sans fatigue et sans nul grand souci,
Car il suit le sentier où son plaisir l’appelle.

Elle a bien refroidi, l’âme jadis rebelle,
Nul soupçon de péché dans ce goupil noirci,
Son esprit, d’un calcul, n’est jamais obscurci,
Et, s’il a des secrets, jamais ne m’en révèle.

Il multiplie ainsi ses pas, sans les compter,
La nature est pour lui d’une immense bonté
Qui s’offre chaque jour, sans qu’il ne la réclame.

Fier goupil, je voudrais prendre exemple sur toi,
Car tu as pour planer les ailes de la foi ;
Le vent tumultueux n’affecte pas ton âme.

Cochonfucius

 

Raisins au jardin du renard

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Ce sont les raisins des fêtes sauvages,
Les raisins des dieux de l’antiquité ;
Les garde un petit Priape sculpté,
Qui sait conjurer d’oiseaux les ravages.

En tirera-t-on quelque fort breuvage,
Cet aimable vin de fraternité ?
J’en connais aussi qui prennent du thé,
La Garonne en a peu sur ses rivages.

Les raisins ont pris des tons de turquoise,
L’insecte leur trouve un goût de framboise ;
En juger devra Bacchus immortel.

Il n’en boira point, ce Priape en plâtre,
Mais trinqueront bien le maître et le pâtre,
Le sommelier, même, ou soi-disant tel.

Cochonfucius

 

Loup-barde

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image de l’auteur

Il chante sous la lune pâle,
Il ne connaît que peu de mots ;
Il charme tous les animaux,
Ce barde-loup, ce fringant mâle.

Je connais d’autres loups qui râlent,
Parmi les brouillards matinaux ;
J’en connais qui font des signaux
À la confusion générale.

La vie d’un loup, c’est, ici-bas,
Bien des peines et des combats,
Des nuits glacées sur la montagne,

Des malheurs, des tourments subtils,
Mais leur chanson les accompagne :
De ceux d’antan, que reste-t-il ?

Cochonfucius

le matin de la résurrection

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image de Pierrette

« Résurrection », disait ce matin le soleil ;
La lune l’avait dit à nos âmes dormantes.
Et pour nous confirmer cette chose étonnante,
Tous les astres du ciel ont quitté leur sommeil.

Mercure a fulguré d’un éclat sans pareil,
Antarès a rougi de sa flamme géante ;
Vénus a chuchoté de sa voix innocente
Et Jupiter sourit de son oeil de vermeil.

Tout dit « résurrection », la danse des comètes,
Celle d’un satellite autour d’une planète,
Et au profond des cieux, le trou noir qui mugit.

Le seul qui n’a rien dit est mon oncle Saturne,
Plus que les autres jours, je le sens taciturne ;
Il sait bien que nul bois de cendres ne surgit.

Cochonfucius

Paternel hippocampe

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image de l’auteur

Le roi Neptune est satisfait de toi,
Qui tes devoirs paternels ne délaisses;
Tu prends grand soin des fils de ta maîtresse,
En souvenir d’un amoureux émoi.

Voir l’hippocampe est un plaisir pour moi,
Lui qui jamais ne montre de tristesse.
De ses enfants il s’occupe sans cesse,
Telle est son oeuvre, il y met de la foi.

Cette vertu de tous est admirée,
Mainte sirène on voit être attirée,
Sans qu’il le sache : il n’aime que les siens.

Aucun mot dur n’est produit par sa bouche,
Rudesse ni colère ne le touchent,
Ce brave père est l’emblème du Bien.

Cochonfucius

Sept têtes cosmiques

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image de Pierrette

Elles ont Lune pour amante,
Ne sachant qu’un tel astre est froid ;
Mars ne leur cause aucun effroi,
Malgré sa rougeur apparente.

Mercure trouve intelligentes
Les faces du monstre sournois ;
Or, Jupiter, aimable roi,
Leur porte une amitié prudente.

Vénus d’amour est connaisseuse,
Leur offrant son âme neigeuse ;
Saturne est garant de leur sort,

Dont elles vénèrent l’image ;
Pour le Soleil, elles sont sages,
Elles lui disent qu’il est fort.

 

Cochonfucius

Monstrecerf de gueules

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image de l’auteur

Son plumage est splendide et sa ramure est forte ;
Quand il lance un appel, je l’entends clairement.
Vers son gîte il revient, chargé de son tourment,
Puisqu’il sait que bientôt, la magie sera morte.

C’est un fier cervidé, mais d’une étrange sorte,
Autrefois poursuivi par le comte Roland ;
Il s’enfuit dans les cieux, cet animal volant
Que sans se fatiguer le doux zéphir transporte.

Or, il est fatigué, ce cerf devenu vieux,
Un brouillard inconnu s’installe dans ses yeux,
Son audace lui fut plus qu’à demi ravie.

Il existe un peu moins, tel semble être son sort.
Il ne se souvient plus des plaisirs de sa vie,
Aucun dieu trépassé n’envie un monstre mort.

Cochonfucius

 

Monarque aquatique

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image de l’auteur

Ce n’est un coeur de lion qui bat en sa poitrine,
Mais son corps est robuste, et n’est pas sans beauté ;
Les seigneurs de la mer, à l’unanimité,
Disent que sa valeur sur la leur prédomine.

Est-il le vieux gardien de quelques lois divines,
Est-il le souverain de ces flots agités ?
Plus d’un poisson me dit qu’il est sans cruauté,
Que son âme est toujours pure comme une hermine.

Il va sous l’horizon, nul ne peut plus le voir,
Car tel fut, de tout temps, son étrange pouvoir :
Celui de se soustraire à l’éclat de la flamme.

Du monarque des eaux, j’entends battre le coeur ;
Il a peu de plaisirs et n’a pas de douleur,
Et puis, je le sais bien, les poissons n’ont pas d’âme.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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