Suivre les arcs-en-ciel

arc-en-ciel

image de Pierrette

Allons marcher, dit-il, où sont les bouquinistes,
Sur les bords de la Seine ils nous accueilleront,
En me reconnaissant, bouteilles trouveront ;
Prenons le verre en main, car, vraiment ils insistent.

Suivre les arcs-en-ciel, c’est une bonne piste,
Vers de plus beaux jardins, derrière eux, nous irons,
Et Paris a aussi de charmants environs
Qui ont su autrefois inspirer les artistes.

Ou bien nous flânerons comme des étourdis
Sans que de nos soucis nos coeurs soient alourdis,
Avançant tout au long d’un sentier invisible.

Les villages discrets où vivent mes copains
Ont des auberges qui proposent du bon pain,
Dans des salles vibrant d’une rumeur paisible.

Cochonfucius

Vénérable Seigneur Sanglier

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image de l’auteur

Je me plais à régir ma forêt coutumière,
Territoire paisible où n’est aucun frondeur ;
Quand Phébus disparaît aux noires profondeurs,
Ma complice la Lune accomplit sa carrière.

Je médite sans fin dans sa douce lumière,
Sans jamais en hiver objecter sa froideur :
Car sa clarté me donne une belle vigueur,
Et me fait occuper ma place, la première.

Jamais cette forêt ne s’en va de mon coeur,
Cette terre sans roi, qui me voit en vainqueur,
Le monde qui me plaît, le jardin que j’adore.

Je veux pour tout objet l’avoir en mon esprit ;
Contempler sa splendeur, en estimer le prix,
Manger, boire, dormir et méditer encore

Cochonfucius

Dame des friandises

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image de l’auteur

Elle n’imite point la muse, sa jumelle,
Qui la rime en son coeur souvent fait mijoter ;
Elle n’est pas non plus dame des privautés,
Mais comble d’aliments les fringales nouvelles.

Dans son vaste plateau, que les douceurs sont belles!
Mais ce que nous mangeons, ce n’est pas leur beauté,
C’est leur suavité qu’on aime grignoter :
À nulle sucrerie notre coeur n’est rebelle.

Petits creux, grandes faims, on n’y résiste pas,
On prend le chocolat dans le placard du bas
Ou l’on ferme ses dents sur le pomme croquante ;

On peut manger de trop, c’est un risque à courir,
Mais consommer trop peu, ce n’est pas se nourrir,
Jamais sobriété ne fut chose marrante.

Cochonfucius

Abel-Baal et Baal-Caïn

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image de l’auteur

Le ver Baal, qui plus tard fut dieu des idolâtres,
En ses deux héritiers, jadis, mit son honneur,
Grands serpents l’un et l’autre, animaux randonneurs;
Hélas, pour une pomme ils ont voulu se battre.

Ils n’ont rien partagé, dans le printemps folâtre,
Car de la même dame ils voulaient le bonheur,
Chacun du fatal fruit se voulant le donneur,
Comme si cette reine eût été Cléopâtre.

Chacun, dans le combat, fut saigné comme un porc,
Cet Abel, ce Caïn sont unis dans la mort
Quand d’être tentateurs il leur prit fantaisie.

Or, ce double trépas ne fit point dépérir
Celui qui leur avait, c’est vrai, donné la vie,
Mais sans leur enseigner la crainte de mourir.

Cochonfucius

L’oiseau de juillet

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image de l’auteur

J’aperçois son reflet au milieu du carreau :
C’est un oiseau bizarre, une caricature,
Un phénomène dont j’ignore la nature,
Nul oiseleur ne l’a derrière ses barreaux.

Aucun dessinateur n’en a fait le tableau,
Son bec est redoutable et ses griffes sont dures ;
De ces sombres jardins il franchit la bordure
Pour s’en aller chasser tout seul, au bord de l’eau.

Vers son lointain logis, qui le pourrait poursuivre ?
Son plumage d’argent a des reflets de cuivre,
Son regard est sévère, et quelque peu sournois.

Plus orné qu’un prélat vêtu de broderies,
Ce volatile étrange est maître en rêverie
Tel le phénix aimé des poètes chinois.

Cochonfucius

Meneuse de loups

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Son bâton n’est pas en ivoire,
Il n’est pas d’un grand prix ;
Mais elle règne par l’esprit
Et par le Roi de Gloire.

Ne voulant point d’une victoire
Qui trop tôt se flétrit,
Elle ne croit pas aux écrits,
Ces porteurs de déboires.

Mais elle peut chanter des vers
Aux pâturages verts,
Sans nul besoin de savoir lire :

Un beau bâton de peuplier,
Un joli tablier,
Cela peut valoir une lyre.

Cochonfucius

Serpent démiurge

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image de l’auteur

Le serpent fit ce monde au gré de sa mémoire,
Il ne l’a pas bien fait, l’acte fut si soudain !
Il ne corrige rien, c’est un serpent hautain,
La retouche vaudrait offense pour sa gloire.

Il n’a jamais compris le sens du verbe «croire»,
Je lui ai précisé, mais ce fut bien en vain,
Je faisais tout cela pour qu’il lui en souvînt,
Mais non, son ignorance emporta la victoire.

J’avais, comme prophète, une telle rigueur
Que l’univers était appuyé sur mon coeur :
Je ne me prenais pas pour un être suprême.

Ceci est un sonnet, ce n’est pas un roman,
Et ce texte et ma vie finiront simplement :
Quand l’encrier se vide, on écrit tout de même.

Cochonfucius

Moyen duc

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image de l’auteur

Le hibou ne sait pas s’il a droit d’exister,
Mais la nuit apprécie sa course vagabonde ;
Ces oiseaux sont connus comme espèce inféconde,
Mais qui se reproduit pendant l’éternité.

Jamais de son branchage il ne fut rejeté,
Ce témoin de l’antique et premier jour du monde :
D’un excellent plumage on fit sa tête ronde,
Qui la neige paraît sous l’azur de l’été.

Le cerveau du hibou est presque translucide
Au point qu’on peut penser que son crâne est bien vide,
Que ce n’est qu’une épave, un esprit dérivant.

Mais il a pour parrains deux anges solitaires
Dont les âmes, jamais, ne peuvent toucher terre :
Car, comme ce rapace, ils sont nourris de vent.

Cochonfucius

Soldat perdu

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image de l’auteur

C’est un trop paisible troupier
Qui dit que la vie est cruelle,
C’est presque un soldat de papier
Dont l’angoisse est perpétuelle

Deux mille bornes dans les pieds,
Les repas pris à la truelle,
Il ne sait plus trop son métier,
Se traînant au long des ruelles.

La peur du combat le hérisse ;
Il craint les coups tumultueux
Et les ennemis tortueux.

La grande Histoire toujours glisse
Sur ses équipements anciens,
En plus, il fait un temps de chien.

Cochonfucius

Ambicrabier

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image de l’auteur

Il cherche tout le jour, sans jamais rien trouver,
Ces moments ne sont point parmi les heures fastes,
Les crabes sont cachés, le marécage est vaste,
Ils ne sont pas en vue, ils sont sous les pavés.

Cependant, par la faim, il n’est pas entravé,
Il endure son sort, car il est sobre et chaste;
Jamais un échassier ne fut iconoclaste,
Et jamais on ne vit sa vertu dériver.

Vous ne le verrez pas quémander aux faubourgs
Ni vanter son mérite au coin d’un carrefour,
Car son coeur est plus pur que celui des licornes.

Créateur, pourra-t-il trouver grâce à vos yeux ?
Cet oiseau fait confiance au jugement des dieux,
Innocence bénie, crédulité sans bornes.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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