Hexapode pariétal

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Son pas est lourd, et sa parole est lente ;
A-t-il jadis voulu parler d’amour?
Même la reine, en ses plus beaux atours,
N’éveille point la vieille âme dolente.

L’hiver le glace et le printemps l’évente,
Mais quelle paix en l’austère séjour !
Calme est la nuit, calme encore est le jour,
La fraîche brise est une voix vivante.

Le clair soleil dont il n’est point lassé
Offre toujours ses rayons empressés,
Que leur élan parmi l’espace mène.

Près du canal, que de temps passera,
Que de bonheur on y pourchassera,
Dont il se rit : la chose est trop humaine.

Cochonfucius

Sobriété du bouc

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À ce vieux bouc l’herbe suffit ;
De Cupidon ne reçoit flèche,
Ni aucun rêve qui l’allèche,
Ni de rival aucun défi.

Ce bouc n’est pas un porc bouffi,
Jamais il n’est battu en brèche ;
Et si son gosier se dessèche,
De la source il fait son profit.

Loin de tracas et loin d’envie,
C’est ainsi que finit sa vie
Dont corrigés sont les travers.

Que lui fait la voix des poètes,
Lui qui se tait, comme un ascète,
De son printemps à son hiver.

Cochonfucius

Sagesse d’une souche

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Quoiqu’un arbre en un bois ne soit pas immortel,
Sur une ample période il conserve la vie ;
Si la ramure il perd, que chacun lui envie,
La souche reste là, plane comme un autel.

Des arbres ébranchés montrent un charme tel
Que les oiseaux du ciel à ces dieux sacrifient,
Que les druides du coin leur calvaire édifient,
Que le ciel printanier leur dédie son pastel.

Dans l’ombre, cependant, les souches sont à l’aise,
Qui ne risquent pas trop de se changer en braise,
Ni ne s’altéreront, pour un oui, pour un non.

Heureuse la forêt où s’élève un tel temple :
La souche pour tout arbre est là comme un exemple,
Même sur les écus qu’ici nous blasonnons.

Cochonfucius

Grue d’orage

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Nuages qui sourient quand je passe près d’eux,
À les mener au loin une brise est active ;
Je plane dans l’orage, humble grue attentive,
J’aime glisser ainsi dans ce ciel hasardeux.

Moins de temps qu’il n’en faut pour compter jusqu’à deux,
Et l’éclair a produit cette lumière vive
Par quoi, quand il survient, les cieux nocturnes vivent,
Même si le fracas les rend cauchemardeux.

L’eau peut mouiller mes pieds, je n’ai pas de souliers,
Je resterai posée en haut d’un peuplier
Pour observer l’averse inondant les bleuets.

Oiseaux, répondez-moi, l’orage est une fête ;
Il ne fait rien qui puisse effrayer les fauvettes,
Même si plus d’un astre en est rendu muet.

Cochonfucius

Dame au croissant

lachap

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C’est la dame au croissant, éloignée des querelles,
Visitant les troquets au long du boulevard ;
Elle boit un godet d’eau-de-vie de prunelle,
Son beau visage est rouge, et ce n’est pas de fard.

C’est une inspiratrice étrange et solennelle
Dont on fit maints portraits par pur amour de l’art ;
Elle garde en dépôt cette lune éternelle
Qui charme au fond des bois les loups et les renards.

J’aime entendre sa voix aux nuances éteintes,
Elle qui sait user d’humour en demi-teinte ;
J’aime les clairs reflets parsemant ses cheveux.

Les leçons d’autrefois, qu’elle mit en pratique,
Valent les postulats de la sagesse antique ;
Je fus son apprenti, j’en fais ici l’aveu.

Cochonfucius

Le Seigneur de Tralfamadore

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Il visite la Terre, ignorant ses dangers,
Nous pouvons contempler sa démarche sereine ;
Il est spécialement admiré des sirènes
Qui jamais n’avaient vu un pareil étranger.

Dans la steppe il avance à petits pas légers,
Il longe un estuaire où chantent les baleines ;
Mais que préfère-t-il, la montagne ou la plaine ?
Il ne veut pas répondre, il n’y a pas songé.

La police voudrait savoir quel rôle il joue ;
Elle fouille en détail l’appartement qu’il loue
Et ne trouve nulle arme, elle fait buisson creux.

Il n’est point conquérant, ce grand seigneur fragile,
Il lit, chaque matin, des livres de Virgile,
Et dans l’après-midi, un grimoire en hébreu.

Cochonfucius

Grande sagesse du crocodile

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Il n’a pas pu manger les flamants roses,
Ni le taureau qui buvait au ruisseau,
Ni les castors, ni les petits oiseaux,
Ce crocodile, ayant sa gueule close ;

Mais il attend, tranquille, il se repose,
Sans un regard pour nef ou pour vaisseau,
Sans écouter le gazouillis de l’eau,
Ni du têtard voir les métamorphoses.

Il chasse, calme, et sans se hérisser,
Au long des bords de sable tapissés,
Il faut manger, mais pourtant, rien ne presse,

Enfin, il trouve un gibier à son gré,
Poisson d’azur aux petits yeux dorés,
Un de ceux qui d’excréments se repaissent.

Cochonfucius

Bouffon saturnien

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Un bouffon de Saturne ici-bas s’exila,
Le pape au Vatican lui offrit son vieux trône ;
Un pitre saturnien est une belle icône,
Les cardinaux ont dit « Allons ! Restons-en là. »

Quel métier fera-t-il, l’amuseur que voilà ?
Va-t-on l’introniser protecteur de la faune,
Ou rédacteur en chef de «La Rouge et la Jaune»?
Va-t-il désensabler la dune du Pilat ?

Je crois qu’il repeindra la muraille de Chine,
Et, faisant oublier sa lointaine origine,
Un fauteuil obtiendra parmi les immortels ;

Qu’il remporte un succès, j’arrive à le comprendre,
Cet enfant du cosmos, les dieux l’ont voulu tel
Que du ciel vers la terre il sache bien descendre.

Cochonfucius

Vestale murale

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C’est la grande vestale, une charmante fille
Dont l’habit monastique est un peu raccourci ;
Elle rêve au jardin, loin des pesants soucis
Qui ne lui feront rien, tant que le soleil brille.

Sa prière du soir au lointain s’éparpille
Et s’en va vers les dieux, vers les démons aussi ;
Le diable et le bon ange ensemble, c’est ainsi,
La trace d’un sourire aux yeux qui s’écarquillent.

Doucement soupirant, la vestale si belle
Aime se consacrer au temple de Cybèle
Et ne regrette point qu’on la prive d’amour.

Arès, peut-être, aura son rouge coeur de femme,
Ses soeurs, probablement, n’en feront pas un drame,
Clôture en lieu sacré ne dure pas toujours.

Cochonfucius

Âne à logique

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Il réfléchit sur l’herbe, il médite debout,
Mais cet âne pensant n’écrit pas une ligne ;
Il n’est pas citoyen de l’empire des signes,
Il pense sans parler, comme le marabout.

Il songe à des bouquins relus de bout en bout.,
Celui dont le pelage a la blancheur du cygne ;
Il n’a jamais été de ceux qui se résignent,
Son processus mental est pur, et sans tabou.

Car la logique est grande, une âme en est comblée,
Des structures sans nom sont par elle assemblées,
Heureux sont les mortels qui savent l’accueillir,

Nous admirons cet âne à la robuste tête,
Lui dont l’intelligence est toujours à la fête,
Laissons-le dans son pré toujours se recueillir.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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