Porc d’azur

brk1

image de l’auteur

Il se sent rassuré par sa bedaine ronde,
Il n’aura plus l’idée de maigrir, désormais,
Ce brave porc d’azur sourit plus que jamais
Qui sur bons aliments sa corpulence fonde.

Pas de plus beau bestiau sur la terre ou dans l’onde,
Sa présence, toujours, fait son petit effet,
Ce vieux cochon en a, dit-on, dans le buffet,
C’est un noble animal, c’est un homme du monde.

Gentil porc, quels seront tes plaisirs de vieillard?
Vas-tu vivre ta vie comme un rude gaillard,
Un pourceau d’Epicure, un héros qu’on imite ?

Des mythes d’autrefois je ne suis abusé ;
Te dire mes plaisirs, c’est un peu malaisé,
Je n’en prends guère plus que n’en trouve un ermite.

Cochonfucius

Grande licorne de sinople

gaillard.png

image de l’auteur

Elle vient au jardin manger des roses blanches,
Sans dédaigner, non plus, la bonne herbe du pré ;
Sur les petits fraisiers, gourmande, elle se penche,
Vérifiant que les fruits sont mûrs et empourprés.

D’autres jours, elle va dans les flots de la Manche
Que survole à minuit l’oiseau d’ivoire ambré,
D’un geste négligent, elle brise une branche
De corail qui poussait sur un récif doré.

Licorne de sinople, ô ma muse sereine,
Ton âme, en ce moment, de sonnets n’est pas pleine,
Tu ne te plonges pas dans des romans d’amour.

Tu danses dans les bois, parmi les feuilles jaunes,
Adorant le dieu Pan et consolant les faunes ;
Car ils n’existent plus, mais ils rêvent toujours.

Ange maudit

auray.png

image de l’auteur

Ce vieil ange maudit rit comme une baleine,
Nul ne le voit faiblir, ni tomber en langueur,
Car son nouveau statut l’a rempli de vigueur
Et l’état de démon ne lui fait nulle peine.

Je le vois voltiger dans la nuit incertaine ;
Un ange du climat ne craint point la rigueur,
Planer, c’est un plaisir, ce n’est pas un labeur,
L’air est pur au-dessus des vallons et des plaines.

Ces ailes enchantées ont si souvent battu
Qu’elles ont renforcé leur magique vertu ;
Il ne fait pas pitié, ce monstre, il fait envie.

Ignorant les soucis, survivant sans efforts,
L’ange-démon ne sait que penser de la vie,
On peut encore moins lui parler de la mort.

Cochonfucius

 

Taverne des Trolls

orlienas1.png

image de l’auteur

Une auberge modeste où la servante est belle,
Le tabouret du bar, la table ornée de fleurs,
C’est le plaisir des trolls à la vive couleur
Célébrant chaque jour la cervoise immortelle.

Intact est leur amour de la bière nouvelle
Quand avec le printemps commence la chaleur,
Cette boisson leur fait oublier leurs douleurs,
La saveur du breuvage adoucit leur cervelle.

Apprivoisant l’esprit et renforçant le corps,
Un élixir pareil n’est pas fait pour les porcs ;
Il charme au quotidien les dieux et les déesses.

Il ne faut seulement que s’éloigner un peu
Pour que notre vessie relâche un litre ou deux,
Dont notre âme n’est pas entièrement maîtresse.

Cochonfucius

Prélat sans souci

poligny.png

image de l’auteur

Face au public qui n’attend rien de toi,
Tu parles bien, tu livres ta pensée,
La tête haute, ou quelquefois baissée,
Tu es conteur (plaisantin, selon moi).

Face au public qui t’entend sans émoi,
Tu n’as jamais une voix offensée ;
Dans ton vieux coeur, ta patience amassée
Calme ton âme et te laisse tout coi.

Comme ils sont clairs, les rayons de ta vue,
Ton âme chante et s’en retrouve émue,
Tu nous transmets les paroles d’antan.

Dans le jardin, je vois ton franc visage
Qui montre bien que ton coeur est content,
Sage prélat, maître du témoignage.

Cochonfucius

Passage d’un aigle de gueules

nanterre.png

image de l’auteur

Survolant le village aux odeurs de grillade,
C’est, crois-je reconnaître, un aigle d’autrefois ;
Esquissant un sourire, à sa santé je bois
Un vieux vin vendangé par les douces dryades.

On dirait, cet oiseau, qu’il me lance une oeillade,
Veut-il donc affirmer qu’il est de bonne foi,
Ou veut-il consoler le peuple en désarroi ?
Quelle est ton intention, parle-nous, camarade.

Il regarde voler des moineaux, ces pierrots
Qui volent des morceaux de pain petits et gros,
Il aime bien les voir divaguer à leur guise.

Le monarque du ciel s’éloigne tout à coup,
Et le coq de la cour en aigle se déguise,
Je crois qu’il peut, de même, imiter Dupanloup.

Cochonfucius

 

Oiseau-patriarche

keskastel.png

image de l’auteur

Devenu vieux, l’oiseau vit son enfance,
Il prend refuge en son propre passé ;
Les tendres liens ne sont pas tous cassés,
Il garde amour de son ancienne France.

France est maison, Armorique est errance,
De Celtes sont souvenirs entassés ;
Un jour d’école, on le croit effacé,
Il en revient à Quimper souvenance.

Mère ou servante, une dame bretonne
Me dit toujours des contes qui m’étonnent,
Sans craindre trop la noirceur de l’oubli.

Le centre ville est orné de quinconces,
Dans les faubourgs, c’est la terre des ronces,
Ce monde est juste, il n’a pas un faux pli.

Cochonfucius

 

Dame du nectar

lardemelle

image de l’auteur

La dame des grands crus, quittant son auréole,
Trinque avec le serpent auprès d’un mur ancien ;
Le reptile en question, fidèle comme un chien,
À la dame adressa ces subtiles paroles :

«Du jardin de jadis nous ne regrettons rien,
Car ce fut un temps mort, ce fut une vie molle ;
Nous ne regrettons pas notre jeunesse folle,
Ni ce qui fut le mal, ni ce qui fut le bien. »

«Cependant, dit la dame, on nous mit à la porte.»
«Mais c’est ce qui pouvait nous arriver de mieux.»
La dame ne veut plus débattre de la sorte,

En silence elle boit la coupe de vin vieux,
Elle goûte au nectar que Dieu le père approuve
Et que lui ont vendu les enfants de la louve.

Cochonfucius

Roi celte mélomane

maverick2.png

image de l’auteur

Ce vieux roi se languit des chants de Cornouailles,
Ceux que le Barzaz Breiz a fréquemment cités ;
Le peintre qui, ce jour, vient orner sa muraille,
Tout en les trouvant beaux, ne peut les imiter.

Le monarque aime aussi la clameur des sonnailles
Et la danse des pins nouvellement plantés,
La sieste au chaud du jour sur des bottes de paille,
Les harpes, les sabots, le vin et la gaîté.

Quand, au seuil de l’hiver, le toit du palais fume,
Le roi songe au passé, sa vieille âme s’embrume,
Malgré le bon bouffon dont le coeur est léger ;

Alors, il va marcher dans Quimper, dans sa ville,
Récitant sa prière ainsi qu’un vieux berger
Dont le chemin, dit-on, n’a pas été facile.

Cochonfucius

 

Dupanloup voit une ondine

ondine.png

Composition de Pierrette
(D’après Cochonfucius)

Le père Dupanloup, non loin d’une rivière,
Faisait une excursion, profitant de l’été.
Une femme apparut : ça le fit sursauter.
Or, c’était une ondine, et pour lui, la première.

Elle se tenait là, ni modeste ni fière,
Ne dissimulant point son étrange beauté.
L’évêque se sentit de désir transporté :
On lisait dans ses yeux sa muette prière.

Belle, venez vers moi, vous pourriez trouver pire,
Si vous me recevez, si vous daignez m’élire,
Jamais n’aurez tenu un si charmant oiseau.

Monseigneur, ce n’est point que me manque l’envie,
Ou que du haut clergé je me montre ennemie ;
Mais j’aime un petit troll, qui est vraiment plus beau.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.