Coq sylvestre

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Le coq sylvestre avance en un discret sentier,
S’il est pris de fringale, il ronge des écorces,
Les saveurs du printemps lui donnent de la force,
Et s’il lance son cri, ce n’est pas à moitié.

Car ce coq vagabond, ce courageux routier
A déjà traversé la Sardaigne et la Corse,
Il peut en être fier, il peut bomber le torse,
Il remplit bien son rôle, il connaît son métier.

Regarde son oeil noir où brille une étincelle !
Pareille flamme peut enflammer une oiselle,
Faire naître en son cœur un langoureux frisson ;

Surtout quand elle entend cet appel formidable :
Au plus profond des bois résonne la chanson
Du seigneur coq errant, vainqueur de tous les diables.

Cochonfucius

Fringale de poule

dizier

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La poule dévorant les vermisseaux d’avril
À sagesse ne songe et non plus à folie ;
Blanche est sa déjection sur la dalle polie
Où se dresse parfois son coq noble et viril.

La cour est maintenue à l’abri des périls
Par un vaillant molosse à la toison pâlie ;
Et le prudent fermier rarement le délie
Car il en a gardé un effroi puéril.

La poule se nourrit de beaux insectes frêles
Qui cherchent leur chemin parmi les herbes grêles
Ou qui se vont enfouir au plus glauque des bois.

Or, j’aime cette cour où surgit, par surprise,
Un enfant du dieu Pan qui sonne du hautbois
Dont le son lancinant s’envole dans la brise.

Cochonfucius

Printemps du maître Schlingo

banne

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L’hippopotame en mai par amour se consume,
Il nous dit « Me voici tout à fait allumé »,
Le beau Charlie Schlingo le voit se consumer
Et voudrait le soigner avec des coups d’enclume.

Il marche sur les mains, car telle est sa coutume,
Chose qu’en aucun cas l’hippo ne peut mimer ;
Et ce fou, contemplant l’animal désarmé,
Demande gentiment : «Vieux, qu’est-ce qui t’allume ?»

Pour cette flamme éteindre, il te faut toujours boire
Du nectar enchanté qui brouille ta mémoire,
Ou marcher sur les mains, ou lire des sonnets.

Et l’hippopotamette, on n’a pas besoin d’elle,
Crois-moi, brave bestiau, ces dames sont cruelles,
Tu te porteras mieux si tu le reconnais.

Cochonfucius

Bûcheron plantigrade

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Compère l’ours brandit à bout de bras
Son instrument, qui plaisir lui procure ;
Il peut couper la branche la plus dure,
Il tranche net, l’arbre vous le dira.

Au fond des bois où nul ne pénétra
Sauf ce bel ours à riante figure,
Au fond des bois, dans la lumière obscure,
Parmi les os de ceux qu’il dévora,

Ce plantigrade et ses reflets d’albâtre
D’une vestale ont fait une idolâtre ;
Pour la tanière, elle a laissé le temple,

Et plus ne prie le dieu qu’elle a quitté,
Mais le grand ours, content de l’abriter,
Qui de ses yeux de braise la contemple.

Cochonfucius

Licorne d’abondance

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De la sainte licorne est la légende brève,
Elle offre des fruits mûrs en fonction des saisons.
Licorne d’abondance, éleveuse de rêves,
Elle dicte au rimeur des sonnets à foison.

Son manoir est au loin, derrière l’horizon,
Dans ce séjour obscur, elle chante sans trêve ;
Licorne de taverne et licorne de grève
Lui ont rendu visite en sa vieille maison.

Parfois, des pharaons voulaient que dans leur tombe
Les suivît cette fée qui jamais ne succombe
À la mélancolie, à l’ivresse des pleurs.

La voix de la licorne en de tels cas s’apaise ;
Elle reste immobile et se livre à l’ascèse,
Son esprit renonçant aux désirs sans valeur.

Cochonfucius

 

Grand-mère magicienne

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Les sorts qu’elle a jetés ne sont pas rigoureux,
Nul paysan ne craint la ronde magicienne ;
On lui vient acheter des philtres à l’ancienne,
Pour être invulnérable ou pour être amoureux.

Elle vous a guéris, bergers jeunes et vieux,
Quand vous alliez la voir avec le coeur en peine,
Vous faisant avaler une potion bien saine ;
Vous retrouviez le souffle et vous vous sentiez mieux.

Mais son savoir, jamais ses mots ne le dévoilent,
Ni son art ancestral d’écouter les étoiles,
Ni le grimoire ancien qui plus ou moins rimait.

Les sorciers ne vont plus, en puissant équipage
Conquérir des trésors sur de lointains rivages
Où veillent les dragons, tranquilles désormais.

Cochonfucius

Création: mots et images

création
Toute œuvre, écrite ou peinte, est une création
Car l’artiste opère la transmutation
Du réel et il nous invite à le rejoindre
Dans son univers mental là où il peut peindre

Son doux rêve de plénitude ou ses terreurs
Souterraines. L’imagination est alors
Aux prises avec le sens du monde et d’ores
Et déjà, propose ses conjectures à l’heure

Où l’invisible doit être mis à jour par
L’artiste qui l’invente à partir du visible.
Par le mot, je peux contempler le monde, par

L’image, je visite les directions
Du sens. Est-ce que la civilisation
Lutte contre la nuit en cherchant la clarté ?

Pierrette
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Un livre d’images

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image de Pierrette
Iconographe et barde, en un accord parfait,
Produisent un recueil qui des tableaux arbore ;
C’est comme un bel objet que l’artisan redore,
De la Terre et du Ciel un étonnant reflet.

Héphaïstos et Zeus en restent stupéfaits ;
Ils lisent un fragment, ils en veulent encore,
Que ce soit inspiré par Desbordes-Valmore
Ou par un vieux bouquin trouvé dans un buffet.

L’obscurité des nuits, la fraîcheur matinale
Et bien d’autres moments vivent dans ces Annales,
Jusqu’aux amusements des trolls et des lutins.

À trois muses, merci : la douce Dionysienne,
Puis, verseuse de vin, la folle Clunisienne,
Et celle à qui je dois ces jolis tableautins.

L’imagination

Bagnols-en-Forêt_(Var)

Blason de Bagnols-en-Forêt

En quittant le monde de la réalité,
L’esprit de l’homme se plaît à vagabonder.
L’image incertaine de lieux familiers
Surgit alors d’un souvenir hésitant, et
L’imagination lui propose des visions
Irréelles de paysages envoûtants. Mais
Parfois, aux heures sombres, il est la proie des
Cauchemars hallucinants de bêtes, de lions…
L’inquiétude naturelle de l’homme le
Lance à la recherche de la vraie vie dont il
Se peut que le songe lui offre de subtiles

Images. Le rêve s’épanche bien souvent
Dans la vie réelle au point de constituer le
Centre vivant et mystérieux de l’existence.

Pierrette

 

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L’imagination de l’eau

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image de Pierrette

L’eau presque transparente a des fantasmes bleus ;
Sirènes, cachalots, mots gelés, îles-lettres,
Monstres qu’elle imagine et fait surgir à l’être,
Y compris, certains jours, des vaisseaux fabuleux.

L’eau presque insignifiante a des vues d’avenir ;
Elle projette en elle une muse nageuse,
Elle s’envole au ciel et redescend, neigeuse,
Et va sur l’Everest pour n’en plus revenir.

Nous aimons contempler ce monde issu de l’eau.
La vague, le reflux, le calme, la banquise,
Nous y voyons autant de figures exquises
Que fait venir à nous la fantaisie des flots.

 

Cochonfucius

 

Ambiporc d’azur

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image de l’ auteur

Le grand Buffon, jamais, ne décrit son pareil ;
Capable du meilleur et capable du pire,
L’ambiporc se prélasse aux confins de l’Empire
En lisant des extraits du Livre de Vermeil.

Cet animal bleuit sous l’effet du soleil ;
Lorsque la nuit est noire, il mange des lampyres,
Et compose un sonnet quand la lune l’inspire,
Il chante des chansons quand il n’a pas sommeil.

Il ne craint pas le vent qui survient en rafales :
Sans le moindre manteau sur son corps bicéphale,
Il affronte, joyeux, la brise et les embruns.

Mais c’est un porc ermite, il se tient loin des hommes,
Car il se dissimule aussitôt qu’on le nomme ;
Ce que je dis de lui vient d’un savoir restreint.

Cochonfucius

Gyrovague d’azur

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image de l’ auteur

Il eut, jadis, des frères et des soeurs ;
Les oubliant pour la muse immortelle,
Vers le grand Sud il suivit l’hirondelle
Et délaissa les faciles douceurs.

Sans aucun livre et sans nul professeur
Il a reçu les leçons les plus belles,
Il a goûté la saveur éternelle
De l’univers en sa douce noirceur.

Cette leçon maintes fois entendue
Faisant surgir la joie inattendue,
Il la retient, il en est bien content.

Jamais ne fut prière en sa mémoire ;
Il ne suit pas le chemin de la gloire,
C’est un oiseau, profitant du printemps.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

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Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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