Maître Coq et son mur de sable

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La poule familière et la poule inconnue
Près de ce mur orné vont prendre leur repos ;
Le portrait d’un grand coq se présente à leur vue,
Jamais leurs tendres yeux n’ont rien vu d’aussi beau.

Le mur n’est pas dressé le long d’une avenue,
Mais dans la basse-cour, où l’on marche en sabots ;
Par les longs jours d’été, son ombre est bienvenue,
L’image resplendit, plus noble qu’un drapeau.

Avec ce Maître Coq, il ferait bon s’ébattre
La basse-cour prendrait un petit air folâtre
Sans rien perdre, pourtant, de sa tranquillité.

L’amour fait oublier tout ce qui est funeste,
Le renard, l’épervier, la belette et le reste
Des prédateurs troublant notre sérénité.

Cochonfucius

 

Pan-démon

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Pan, devenu démon, dans les enfers voyage,
Il dit que l’ombre en est reposante à ses yeux.
C’est un joyeux démon, ce fut un brave dieu,
On dit même qu’il fut beau cadavre, au passage.

D’ici jusqu’aux enfers, quel long pèlerinage,
Quel dépaysement, quel changement de lieu !
En inframonde, il n’est nul Soleil dans les cieux,
Et l’on y meurt, parfois, sans laisser d’héritage.

Un démon ne doit rien aux hommes, ici-bas,
Tranquilles sont ses jours, paisible est son trépas,
Il habite un désert dont son âme est ravie.

Aurait-il préféré le destin d’un vieux porc,
Cultivant son plaisir, satisfait de sa vie ?
Aucun démon divin n’envie un cochon mort.

Cochonfucius

Monstre à cornes de bouc

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C’est un monstre inconnu, je ne sais pas son âge,
Je constate qu’il a de drôles de façons ;
Il refuse souvent de payer sa boisson
Au prétexte qu’il doit attendre un héritage.

Mais il n’est pas méchant, ce curieux personnage,
Il connaît de vieux airs qu’il joue sur un basson,
Même s’il ne sait plus les mots de la chanson
Qu’on lui chanta jadis, dans son humble village.

Or, voici ma question : ce monstre est-il un sage?
Il faut le demander aux gens de sa maison,
Mais ils ne disent rien, sans doute ont-ils raison.

Sage, il l’est, je le crois, plus que n’est un bison ;
Sauf s’il va dans un puits, car alors nous lisons
Qu’un fin renard a su le berner au passage.

Cochonfucius

Seigneur à forte ramure

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Que remarquer en lui, son étrange beauté,
Son regard inspiré, son humour effroyable ?
Tout cela fait de lui un monstre peu croyable,
Un fier démon porteur d’une sombre clarté.

Que ce soit au soleil ou dans l’obscurité,
Il s’active pour nous, ce seigneur admirable,
Même, il pense pour nous, ce qui est agréable,
Ce personnage actif, mais jamais agité.

Il ne perd pas son temps pour une humble fleurette,
Et pour lui ne sont point les folles amourettes ;
Il traite l’essentiel, ce maître de rigueur.

Il n’analyse pas la forme des nuages,
Il retient tous les noms, mais pas tous les visages,
Il sait neutraliser ce qui lui sert de coeur.

Cochonfucius

 

Jumarts d’azur

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Ces deux jumarts surgissent dans l’aurore,
Presque jamais ils ne se lèvent tard ;
De gambader, chacun possède l’art,
Qui sa crinière avec panache arbore.

Ces deux jumarts qui d’azur se colorent
Dans l’existence ont pris un bon départ ;
Ils n’ont pas peur de franchir un rempart,
Ils n’ont souci d’un fauve qui dévore.

Ils sont charmants, ces deux jumarts indiens,
Ambassadeurs d’un autre méridien,
J’aime observer ces bêtes merveilleuses.

Les nuits, les jours et les ans passeront ;
Dans ma mémoire, encore ils danseront,
La vie, pour eux, n’est jamais périlleuse.

Cochonfucius

Porc de plaisance

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Ce porc aime traîner en d’agréables lieux,
Soit au comptoir d’un bar, soit sous une tonnelle,
Découvrant des plaisirs et des saveurs nouvelles,
C’est un porc hédoniste, à la face des cieux.

Dionysos, le plus doux, le plus charmant des dieux,
Nous verse le nectar de sa grâce immortelle ;
Il descend de son ciel de vendange éternelle,
Trinque avec les buveurs, et le monde va mieux.

Quand les verres sont pleins, qu’importe la misère,
En taverne, la vie ne saurait être amère,
Patron, d’encore un coup faites-nous la faveur.

Je ne tiens plus debout,que veux-tu qu’on y fasse,
Le trottoir est instable, et la terre est bien basse,
Un bon godet de plus sera-t-il mon sauveur ?

Cochonfucius

Cupidon des daims

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Le Cupidon des daims, nul dieu ne le maîtrise,
Jupiter n’a pour lui nulle sévérité ;
L’ermite des forêts, malgré sa sainteté,
Devant ce cervidé montre une âme soumise.

Aux daims, chaque printemps, des amours sont promises;
Quand la flèche est en route, on ne peut l’arrêter
(Puis, tomber amoureux, c’est bon pour la santé);
Qu’importe au bel archer si quelques coeurs se brisent!

Mais au bois sont aussi des sorcières cachées
Par qui sont les douceurs de l’amour empêchées,
À leur place survient la guerre entre rivaux.

Sur des millions d’années, cette lutte infinie
Des paisibles bestiaux déchire l’harmonie;
Être un daim, malgré tout, vaut mieux que d’être un veau.

Cochonfucius

Oie de sinople

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Jamais ne fut une oie dite sans foi ni loi,
Tu ne peux, dans la cour, trouver plus brave bête ;
Ce bel oiseau, toujours, inspira les poètes
Par son plaisant discours qui dit on ne sait quoi.

Elle est, l’oie de sinople, un exemple pour moi,
Son coeur n’a rien de froid, ni rien de malhonnête,
Son âme a du respect pour la vieille planète,
Elle vit tout le jour sans peine et sans émoi.

La grâce de son chant, c’est d’être ce qu’il est ;
Et peu m’importe, à moi, s’il est beau, s’il est laid,
J’aime l’oie de sinople, elle est charmante et vive.

Ne lui reprochez point son allure naïve,
Prenez-la pour modèle, et qui l’aime la suive,
La sagesse d’une oie, c’est ce qu’il nous fallait.

Cochonfucius

Mur de Piaf-Tonnerre

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J’ai décoré le mur du manoir qui m’est cher ;
Il se dresse, superbe, au bout d’une avenue,
Et les passants, saisis d’une extase ingénue,
Disent «D’un tel pinceau, comment n’être pas fier?»

J’ai pris l’or du soleil et l’azur de l’éther,
Posant sur la muraille une brosse menue ;
Ainsi, ma silhouette, autrefois méconnue,
Orne ce monument plus beau qu’un temple khmer.

Autrefois, j’habitais des logis de fortune,
Quelque peu méprisé des gens de la commune ;
Mais à ma réussite, ils devront applaudir.

Elle peut m’apporter, cette maison charmante,
De plaisants visiteurs et la plus douce amante,
Derrière ce beau mur que je vois resplendir.

Cochonfucius

Pachyderme lutécien

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On offre à l’éléphant, boulevard Saint-Germain,
Un grand bol de calva sur une table basse ;
Son existence entière en tels plaisirs se passe,
Ce pachyderme vit sans peur du lendemain.

Il se fait dorloter par ses frères humains,
Et, du soir au matin, ce sont bonheurs fugaces,
Le grand éléphant d’or jamais ne se tracasse,
En ce vieil animal bat le coeur d’un gamin.

«Comment te portes-tu, éléphant sans histoire ?
Réponds à ma question sans détours oratoires,
Car nous nous comprenons, nous sommes deux anciens.»

«Je ne vais pas répondre en des termes habiles,
Mais j’ai juste accepté que mon sort fût facile,
Donc, léger à subir, mais pas tant que le tien.»

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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