Dame de la lune printanière

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Un oiseau noir chante avec impudence,
Car il croyait obtenir le pouvoir ;
Mais, comme il chante, et qu’on ne peut le voir :
Mauvaise à lui se montre Providence.

Jamais pouvoir ne procure abondance,
Sauf à quitter ce côté du miroir ;
Le Pélican n’obtient aucun terroir,
Il s’aperçoit que c’est une évidence.

Un oiseau noir qui n’a point de parents
À bien chanter en mon jardin se prend ;
Aux musiciens, quelque chose il enseigne.

Le noir n’est pas la plus laide couleur :
La Dame en fait un signe de valeur,
Or, approuver cette Dame, je daigne.

Cochonfucius

Clown de Verlaine

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Je suis le clown malin, je peux tout imiter;
Je manie de l’humour l’indomptable puissance,
Je trouve au fond de moi la force et l’assurance
Sous couvert de sottise et de simplicité.

Je plaisante à loisir, et sans nécessité,
Oubliant tout respect, cultivant l’arrogance;
Le public indigné recule quand j’avance,
Car mon esprit moqueur ne sait se limiter.

Chaque heure, chaque instant de ma clownesque vie
Me dérobe à moi-même, au tombeau me convie,
Une saveur funèbre imprègne mes discours.

Le clown, tel le Sauveur qui sur sa croix trépasse,
Se moque de Tartuffe et de ses messes basses ;
Il vit selon la Loi qu’il prêche tous les jours.

Cochonfucius

Chanson du roi de la mer

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Roi de tous les poissons que l’eau peut contenir,
Ce seigneur est, comme eux, fort habile à se taire;
Dans la salle du Trône, il siège, solitaire,
En un état d’esprit qu’on ne peut définir.
Son vieux coeur de monarque est plein de souvenirs,
Il baigne dans une eau qui point ne désaltère ;
Son âme est un secret, son règne est un mystère,
Le présent lui échappe, ainsi que l’avenir.
Ce bonhomme jamais n’usa de sortilèges,
Il n’a pas de malice, il est blanc comme neige,
Partageant avec l’eau transparence et douceur.
Existe-t-il, pourtant, ce grand roi secourable ?
Mais, s’il se montre absent, n’en sois pas misérable :
Il joue à se cacher, c’est un esprit farceur.

Cochonfucius

Or, sable, sinople

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La mouche se posa sur la muraille dure
Au lieu de se cacher dans l’ombre d’un cyprès ;
L’insecte en profita pour admirer de près
L’image tracée là, comme une enluminure.

Si ton oreille fine entendait son murmure,
Tu surprendrais alors le compliment secret
Adressé à l’auteur de ces fabuleux traits,
Peintre dont le pinceau sur les murs s’aventure.

Or, nous ne craignons point que le ciel s’obscurcisse;
Ni qu’un bourdonnement trop fort ne retentisse:
Invisible sera cette intruse en ces lieux.

Le peintre, cependant, sur un point se tourmente:
Faut-il portraiturer la bestiole obsédante ?
Peintre, oublie-la plutôt, le mur sans elle est mieux.

Cochonfucius

Marquis à plumes

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D’un marquis magicien, c’est la demeure, ici,
Que transforme en oiseau un étrange artifice ;
Non pas pour amuser l’oiseleur de service,
Mais pour prendre son vol, et pour chanter, aussi.

Et sachez que fort peu de seigneurs sont ainsi,
Car un tour de magie leur semble un maléfice ;
Mais ce marquis l’apprit de sa bonne nourrice,
Sans pourtant devenir un sorcier endurci.

Étant ce volatile au plumage admirable,
Il a fait ses amis du chêne et de l’érable,
Et trouve fréquemment un insecte à son goût.

Vers le soir, que chacun s’abrite et se délasse,
Je le vois admirer ses plumes dans la glace,
Qui sont d’un bel azur, surtout celles du cou.

Cochonfucius

Saint Gulier

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Ce saint de bonne humeur, dont l’abord est plaisant,
Mais étrange, songez qu’il n’a ni dieu ni maître ;
Faut-il, à ce propos, le faire comparaître
Devant l’inquisiteur aux arguments cuisants ?

Je dis qu’on doit l’absoudre, il n’est pas malfaisant,
Ce n’est qu’un brave ermite, et ce n’est pas un prêtre;
Or, si vous lui parlez, ce qu’il prétend connaître,
Il ne le puise pas en des bouquins pesants.

Ce saint sans religion, qu’il nous ait en sa garde,
Qu’on en dise du bien dans les chansons des bardes;
Qu’il songe en liberté, qu’il médite à loisir,

Dans son refuge, loin de l’humaine misère,
Plus distant des cités qu’un berger de Lozère ;
Saint Gulier, le patron de notre bon plaisir.

Cochonfucius

Mur du baron Cornegidouille

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Sire Cornegidouille, un baron plein d’orgueil,
Construisit un manoir en calcaire de Douvres
Où furent accrochés plus de tableaux qu’au Louvre,
Qu’il contemple en buvant son verre de Bourgueil.

Mais aucun visiteur ne franchira son seuil ;
Le beau portail de sable au grand jamais ne s’ouvre,
Aveugle est le grand mur qu’un emblème recouvre,
Aveugle est le logis, comme sont les cercueils.

À frapper au guichet, qui pourrait condescendre ?
Ce serait affronter l’oracle de Cassandre,
Ce serait s’attirer d’inquiétants lendemains.

De ce baron tordu, nul ne saura l’histoire,
Nul ne chroniquera la lignée dérisoire,
Mais la cornegidouille amuse les humains.

Cochonfucius

Goupil de sinople

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Le goupil de sinople est l’auteur de chansons
Que lui-même apprécie, qu’il fredonne à toute heure ;
Que ce soit en mangeant des tartines de beurre
Ou bien en repassant, le soir, ses caleçons.

Les paroles sont là pour un temps, puis s’en vont,
Rares dans son logis sont celles qui demeurent ;
Dans le fond des placards, les mélodies se meurent,
Et nous sommes émus quand nous les retrouvons.

Mais que sont les chansons, que sommes-nous pour elles?
Pourquoi, celles d’antan, les trouvons-nous si belles?
Et pourquoi le goupil ne peut-il s’en lasser?

La saveur du présent, la douceur du passé,
Le bonheur de chanter, le plaisir de penser,
Tout est dans les chansons, anciennes ou nouvelles.

Cochonfucius

Soleil de Nouvelle Aquitaine

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Notre soleil n’est pas sauvage,
Ce n’est pas l’astre du désert ;
Mais dans le vignoble il nous sert,
Qui nous procure nos breuvages.

Du vin, ne soyons en servage,
De ce trouble où l’âme se perd,
Dont vaincu fut plus d’un expert,
Dont se perdit plus d’un ménage.

Bien que ce nectar soit exquis,
En abuser n’est pas requis,
Même si Bacchus nous y pousse.

La foi, disons-nous à ce dieu,
Se manifeste d’autant mieux
Que notre ivresse reste douce !

Cochonfucius

Poisson-troll

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Dans le fleuve profond qui serpente en nos plaines,
Le poisson-troll médite, en son fief isolé,
Des algues entouré, des mouettes survolé,
Son esprit s’éloignant des plaisirs et des peines.

Il ne s’en va jamais rencontrer la sirène,
(Songez que les poissons ne savent point parler),
Mais en cette eau limpide, il peut la contempler,
Il ne la trouve pas tout à fait inhumaine.

«Sirène,accepte à boire, et puis, raconte-moi
Si le vieux poisson-troll est aimable avec toi,
Tu peux me le chanter, ou tu peux me l’écrire.»

«Sois tranquille, écrivain, nous n’éprouvons ici
Ni peine, ni chagrin, ni regret ni souci,
Et j’aime ce poisson, sa tête me fait rire. »

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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