Grenouille magistrale

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Une grenouille en vint à donner des leçons
À la troupe d’errants, de vieux livres chargée,
Et tout autour du Maître en bon ordre rangée,
Des disciples choisis, de bien vaillants garçons.

Le Maître argumenta de diverses façons ;
La grenouille, ironique, ou peut-être outragée,
Toujours lui rétorqua d’une phrase inchangée,
Un peu comme un refrain rythmant une chanson.

De l’étrange animal, on ne fit pas le siège,
Qui point ne fut d’iceux que l’on peut prendre au piège;
Ce batracien volant s’éleva dans les nues.

Le Maître, à son départ, fit silence, un moment,
Puis, sur cet épisode, il conclut sobrement :
«Certains jours, voyez-vous, ma sagesse est ténue.»

Cochonfucius

Pitance de Gaulois

vihiers

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Il passe sous un arbre où vit sa soeur Hulotte ;
Il fouille le terreau, de son nez retroussé,
L’esprit toujours joyeux (s’il n’est pas courroucé),
Il écrase les glands sous ses fines quenottes.

Il s’endort vers l’aurore, au chant de la linotte
Dont le rythme accompagne un rêve cadencé ;
Le coeur du sanglier, plein d’affects nuancés,
Inspire à son esprit les plus subtiles notes.

Il aimerait sans doute être un petit oiseau
Dissimulant son nid dans l’ombre des roseaux,
Chantant plus ou moins fort, selon ses états d’âme.

Cependant, pour choisir, c’est trop tard, désormais.
Parfois, sa condition le laisse songeur, mais
Au Seigneur Bélénos, il n’adresse aucun blâme.

 Cochonfucius

Rongeur de sinople

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Ce rongeur innocent se nourrit de verdure,
Et Nature jamais ne songe à l’en priver ;
Sa pitance du jour est facile à trouver,
L’approvisionnement n’est pas une aventure,

Il dort, aussi longtemps que la nuit est obscure,
Et de rêver aussi, ça peut lui arriver ;
Car le songe survient au gré de la nature,
Et tout ce qu’un dormeur, la nuit, peut éprouver.

Un jour qui se termine, et l’autre recommence,
Ce rongeur fait sa vie dans les plaines de France
Et nul mauvais penchant ne tourmente son coeur.

Car il ne se perd pas dans des errances fières,
Il n’entre pas au bar pour boire de la bière :
Jamais il n’offre un verre au tavernier songeur.

Cochonfucius

Poésie héraldique 3, le recueil

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Or, sable, sinople
Marquis à plumes
Saint Gulier
Mur du baron de Cornegidouille
Goupil de sinople
Soleil de Nouvelle Aquitaine
poisson-troll
Grenouille magistrale
Pitance de Gaulois
Rongeur de sinople
Amiral au masque d’or
Grand oiseau migrateur
Leçon du barde-loutre
Quelques trolls
Poissons qui dansent
Le reptile et l’oiseau
Paladin britannique
Birague voit un dragon
Taureau solitaire
Ours-Piaf de gueules
Chevreau vagabond
Sauteur-grimpeur
Aigle des confins
Torcerf
Ours alchimiste
Multiples sagesses
Art pariétal
Basilic des murailles
Manoir de Piaf-Tonnerre
Le seigneur Azazel
Forgeurs de lune
César lotophage
Le train où vont les choses

Amiral au masque d’or

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Mon grand-oncle amiral, un fantôme que j’aime,
Dort sous son masque d’or au pénétrant regard ;
Même si ce n’est pas une grande œuvre d’art,
Cela mérite bien que j’écrive un poème.

Mais aurais-je voulu être amiral, moi-même?
Non, jamais mon cursus ne prit un tel départ,
Et je n’ai nul regret, à présent qu’il est tard,
De n’avoir point cueilli la gloire et ses emblèmes ;

Pour goûter de la mer la grâce et la beauté,
Nul besoin de voguer en une escadre fière ;
Car il vaut mieux garder sa liberté entière.

Ainsi, bel amiral, ce que tu as été,
Ce dont se souviendront les traités militaires,
Est-ce autant que le vol d’un papillon d’été?

Cochonfucius

Grand oiseau migrateur

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Le firmament sans borne est un chemin pour moi
Et ma carte routière est la voûte étoilée ;
Par aucun prédateur mon âme n’est troublée,
Je suis un migrateur, je vole sans effroi.

Mes jours sont lumineux, mes nuits sont sans émoi,
De cent menus trésors ma personne est comblée ;
Dans l’air frais, survolant une terre brûlée,
Immense est la douceur qu’en ce temps je perçois.

Dans les pays du Sud sont des fruits désirables,
Aux vastes oasis, des jardins admirables
Où la Reine enhardie reçoit ses beaux amants.

C’est ainsi que, souvent, l’Europe je délaisse
Pour aller rencontrer cette douce Maîtresse
Qui me fait bon accueil, et me trouve charmant.

Cochonfucius

Leçon du barde-loutre

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Le malheur, le bonheur, reçois-les en silence,
Tu feras ça sans peine, étant devenu vieux ;
Ne doit leur différence être grande, à tes yeux,
Biens rares sont les cas de se mettre en défense.

Si tu crois que le monde est plein de turbulence,
Accepte ce verdict, et tâche, de ton mieux,
De trouver ton refuge aux plus paisibles lieux
Dans lesquels ta présence est proche de l’absence.

Un inconfort n’est pas la source de tourments,
Tu ne peux rien soigner par des gémissements,
Une épreuve n’a pas la valeur d’un martyre.

Ce que je te dis là, si tu l’as entendu,
Porte-le dans ton âme ; et ton corps, détendu,
Librement goûtera les plaisirs qui l’attirent.

Cochonfucius

 

Quelques trolls

quelques-trolls

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Troll d’argent, tu connais des blagues polissonnes ;
À table tu les dis, ton regard restant pur.
Troll de gueules, ta face évoque le fruit mûr
Du pampre qui ma treille en septembre festonne.

Loin des humains, ta danse, excellent troll d’azur,
Apporte un air joyeux dans les bois en automne ;
Troll de sinople, on sait ton plaisir monotone,
Absorber de la bière en contemplant un mur.

Troll d’or (et je t’admire à cause de cela)
Tu narres des récits au somptueux éclat ;
Troll de sable, en quittant ta maison délabrée,

Tu gagnes la taverne en mes vers célébrée.
Troll d’hermine, élégant comme l’est un prélat,
Tu es de tes pareils celui qui plus m’agrée.

Cochonfucius

Poissons qui dansent

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Ces beaux poissons, s’ils dansent dès l’aurore,
C’est pour fêter le mois d’avril, qui sait ?
Je me souviens qu’un d’entre eux bondissait
Hors de l’étang que les algues décorent:

Il célébrait la saison que j’adore
Et son plaisir jamais ne tarissait,
Le jour levant point ne l’éblouissait,
Je l’ai bien vu, et je le vois encore.

Auprès de l’eau se promenait un chat
Qui ce poisson au bonheur n’arracha,
Comme aurait fait un félin qui s’ ennuie :

Il laissa vivre, aussi bien, le suivant,
Chat dont le poil frémit au gré du vent,
Qui vite rentre au gîte, en cas de pluie.

Cochonfucius

Le reptile et l’oiseau

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image de l’auteur
Crocodile ou pluvian, lequel a nos faveurs ?
Lequel est plus souvent présent dans nos pensées ?
Moi, j’aime de l’oiseau la tournure élancée,
L’esprit plein de finesse, et le regard rêveur.

Du reptile, on a dit le rôle protecteur.
Attaquer le pluvian serait chose insensée ;
Le croco n’use point d’approches nuancées
Pour montrer sa colère à des perturbateurs.

Ces deux amis, pourquoi les mettre en concurrence ?
Leur inégalité, ce n’est qu’une apparence,
Chaque matin les voit plus proches devenir.

Crocodile et pluvian, c’est à votre mémoire
Et à votre santé qu’ici nous allons boire,
Vrais complices que rien ne saurait désunir.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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