Autour d’Alpha Draconis

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Sur une humble planète, une Dame lointaine
Vint d’un autre univers, sans aucun compagnon ;
Au bout de trois années naquit l’enfant mignon
Que lui fit concevoir une Fée, sa marraine.

Arrive une luciole avec son lumignon
Pour saluer ce fils, âgé d’une semaine ;
Ensuite une brebis à l’abondante laine
Puis un ours débonnaire, ainsi qu’un porc grognon.

Ce petit fut cousin du Fils du Charpentier
Qu’appellent les Terriens « sauveur du monde entier » ;
Mais pas de croix pour lui, ni de fatal calice.

Une fois dans sa vie, il eut un visiteur,
C’est Victor Segalen, des Muses serviteur,
Lequel était passé par le miroir d’Alice.

Cochonfucius

Insecte d’argent

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Je suis le compagnon des lilas et des roses,
Sans être le plus fort, je suis bien le plus beau ;
De mille êtres ailés je porte le flambeau,
Car ils m’admirent tous, et défendent ma cause.

Je n’ai jamais écrit, ni en vers, ni en prose,
J’aime les textes brefs gravés sur les tombeaux ;
J’aime entendre la pie, le choucas, le corbeau,
Eux qui savent lutter contre la sinistrose.

Quand arrive l’été, je ris, je fais l’amour,
Je cesse mes travaux, je dépose les armes ;
Mais cela n’a qu’un temps, c’est un bonheur trop court.

L’automne, puis l’hiver sont le temps des alarmes ;
Mes dossiers sont en ordre, il reste peu de jours,
Aucun humain sur moi ne versera de larmes.

Cochonfucius

Papillon d’octobre

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L’automne est avancé, mais la lumière est belle,
Je n’en profiterai que pour un temps trop bref ;
Le vieux nocher du Styx me prendra dans sa nef,
Mon âme à ce sujet jamais ne se rebelle.

Aucun insecte avec les dieux ne se querelle,
Nous les reconnaissons pour maîtres et pour chefs ;
Une abeille contre eux n’a jamais de griefs,
Elle qui se conduit en servante fidèle.

En attendant ce jour, je plane et je voltige,
Je m’élève au zénith sans craindre le vertige ;
J’aime une jeune muse, et cela me rend fort.

Je l’entend fredonner des chants inimitables,
Je les apprends par coeur, cela m’est profitable ;
Je les dis doucement, dans la nuit, quand je dors.

Cochonfucius

Biche de Roncevaux

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Les combats, tout un jour, ont effrayé la biche,
Des larmes vers le soir ont mouillé son regard ;
Elle voit qu’à présent des morts jonchent la friche,
Leurs âmes vers le ciel ayant pris leur départ.

Veillantif n’ira plus séduire les pouliches,
Lui qui à leur endroit prodiguait les égards ;
Les chiens des paladins pleureront dans leurs niches
Et leur sommeil sera peuplé de cauchemars.

Ces hommes qui jadis furent pleins d’espérance
Ont été livrés par Ganelon, le trompeur ;
Or ce traître en son coeur savoure leur souffrance.

Lors de son ambassade, il était mort de peur ;
L’empereur mettra fin à son outrecuidance,
Il ne poursuivra pas son oeuvre de sapeur.

Cochonfucius

Balance impartiale

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Je demeure équitable en toutes circonstances,
Apaisées sont mes nuits et sereins sont mes jours ;
J’aime la belle Fleur, dame de ce séjour,
Et tous mes mouvements sont à sa convenance.

Je ne fais aucun bruit, je travaille en silence,
Je reste sur ma table au mitan de la tour ;
Si, pour me consulter, quelqu’un fait un détour,
Il sait bien que je suis la plus juste balance.

Des règles que je suis j’ignore la raison,
Cela, c’est du ressort du maître de maison ;
Newton les lui transmit grâce à d’obscurs symboles.

Je ne varie jamais, je peux vous l’assurer ;
Quand furent mes plateaux bénis par le curé,
Il dit une homélie, et non des fariboles.

Cochonfucius

Dieu des péristyles

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Ils me portent leurs morts pour les ressusciter,
Car leurs prêtres, vois-tu, me trouvent sympathique ;
Ils viennent m’adorer sous de vastes portiques,
Les plus beaux sont ornés de mon portrait sculpté.

Moi, je n’apprécie point leurs grouillantes cités,
Car je me sentais mieux dans les temples antiques ;
J’aimais entendre là des rumeurs prophétiques
Et les cris des démons, que je sais imiter.

J’aimais aussi le chant des dryades des arbres,
Ou le bruit d’un outil qui entame le marbre ;
J’abritais volontiers les baisers des amants.

Maintenant je m’ennuie dans mon froid monument,
Je pense que mon culte en vain se perpétue ;
Périssent-ils, ces gueux ? car sinon, je les tue.

Cochonfucius

Arbre sans protectrice

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Démons des bois, rendez-moi ma dryade,
Disait un arbre en répandant ses fleurs ;
Mais nul n’avait pitié de son malheur,
Il s’affligeait, voyant ces dérobades.

La belle était auprès d’une naïade,
Du végétal elle ignorait les pleurs ;
Pour voir la carpe aux subtiles couleurs
Elles plongeaient, sans craindre la noyade.

Le chêne a dit à son copain blessé :
Je suis marri de te voir rabaissé,
Adopte un elfe, en effet, ça soulage.

L’elfe lui dit : Je vais, si vous voulez,
Laisser mes ans près de vous s’écouler,
Cela me semble un parfait jumelage.

Cochonfucius

Arbres du roi

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Trois arbres ont poussé dans une cour carrée,
Plantés par mon grand-père, il y a bien longtemps ;
Ils furent de ma part l’objet de soins constants,
Leur croissance par rien ne fut contrecarrée.

Leurs dryades, vois-tu, elles sont délurées,
Avec elles je vis des moments épatants ;
Je n’en abuse point, car je n’ai plus vingt ans,
Les efforts que je fais sont de courte durée.

Elles sont courtisées par un trio de dieux
Qui sont plus dessalés que les anges des cieux ;
Avec ceux-là, c’est bref, c’est ardent, c’est intense.

Un démon d’inframonde ici s’est fourvoyé,
Lequel a vainement son charme déployé ;
Pour elles, ces gaillards sont de peu d’importance.

Cochonfucius

Fidélité aviaire

image de l’auteur

L’oiselle pour l ’oiseau s’affaire,
Même, elle lui sert de surmoi ;
Ces deux partagent leurs émois
Sur les branches d’un conifère.

Tout le reste les indiffère
Et ne leur fait ni chaud ni froid ;
Ni du jardin, ni de la croix
Ils n’ont strictement rien à faire.

S’il vole, elle s’envole aussi,
Toujours ils agissent ainsi ;
C’est gravé dans leur caractère.

Ils ont bien tout ce qu’il leur faut,
Donc leur destin n’est pas austère ;
Ils le prennent pour ce qu’il vaut.

Cochonfucius

Comme une dame noble

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Licorne, dans l’indifférence,
Tu pars explorer l’infini ;
Ton parcours est mal défini,
D’ailleurs, tu aimes cette errance.

Lorsque Jeanne sauva la France,
Par toi son cheval fut béni :
À tous ceux qui furent bannis
Tu redonnas de l’assurance.

Tu ne flattes pas les puissants,
Mais les matelots de la flotte;
Du charpentier tu bois le sang

Au mât d’une nef sans pilote,
Tu hisses ton beau pavillon ;
Il est orné d’un papillon.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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