Délire d’architecte

image de l’auteur

Par cette bizarre structure,
As-tu voulu nous divertir ?
Sa vue fait en nous retentir
Un vacarme de conjectures.

Tous les goûts sont dans la nature,
À cela je dois consentir ;
Sauf que ton oeuvre, sans mentir,
Est de trop étrange facture.

Mon avis n’est pas d’un grand poids,
Mais te le transmettre je dois ;
Par ce moyen je me rassure.

Tu aimes ce que tu produis
Car ta sagesse t’y conduit ;
Tu n’as pas commis d’imposture.

Cochonfucius

Mégacéros malhabile

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Ce maladroit animal
Lance des appels à l’aide;
Sa détresse est sans remède,
Ça va de plus en plus mal.

Souffrir, pour lui, c’est normal,
Avec très peu d’intermèdes ;
Quand au désespoir il cède,
Son malheur est maximal.

Aimer serait salutaire,
Faire un saut jusqu’à Cythère ;
Prendre une épouse, au hasard…

Vaut-il mieux choisir la grue,
Ou bien la jument qui rue ?
Ou la fille du lézard ?

Cochonfucius

Prophète encanaillé

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Le Précurseur visite un quartier mal famé,
Croyant qu’il serait bon d’y porter la Lumière ;
Il veut en profiter pour boire un peu de bière
Et rêver en plein jour aux yeux de Salomé.

Les troquets, dans ce coin, ne sont guère animés,
Notre saint homme est seul avec la tavernière ;
Avec lui, celle-ci se montre familière,
Il n’aura certes pas l’idée de l’en blâmer.

Son visage n’est pas celui d’une princesse,
Mais son sourire est là, qui semble une promesse,
L’ascète du désir éprouve les tourments.

Le farceur Cupidon, qui leurs deux coeurs enflamme,
Se croit-il le sauveur de cette brave femme,
Pense-t-il lui donner le meilleur des amants ?

Cochonfucius

Sagesse du hérisson

image de l’auteur

J’aime le Portugal, j’aime la Bulgarie,
Tous les jardins du monde ont pour moi des attraits ;
Aux regards des humains, souvent, je me soustrais,
Blasé de leur langage et de leurs singeries.

Je parle avec mon frère ou avec ma chérie,
L’un pour l’autre n’ayant pas le moindre secret ;
Ou bien, nous échangeons quelques clins d’oeil discrets,
N’exagérant jamais dans nos taquineries.

Certains jours, nous dînons chez mon cousin, l’oursin ;
Il sait nous proposer des aliments très sains,
Il est plutôt beau gosse, il sait parler aux femmes.

Il se moque de nous, ça ne va pas bien loin,
Il s’en faut de beaucoup que le torchon ne crame ;
Il respecte les gens, sa parenté, du moins.

Cochonfucius

Vers un autre monde

Composition de l’auteur

La vestale aux douces rondeurs
Menait l’existence idéale
De ceux qu’abrite la splendeur
D’une forteresse ecclésiale ;

C’était un havre de candeur,
Un paradis pour la moniale ;
On n’en sentait pas la fadeur,
Ni la routine un peu triviale.

Mais quand l’arbre redevint vert,
Quand le printemps chassa l’hiver,
Elle rêva d’étreindre un fauve ;

Le cloître n’est plus un rempart,
Nous la voyons sur le départ :
Avec un troll, elle se sauve.

Cochonfucius

Ambinosaure

image de l’auteur

Nous voyons s’approcher le monstre aux yeux baissés,
Pour nous en protéger, prions Sainte Eugénie ;
Elle a plus de pouvoir que Sainte Stéphanie,
Elle exauce les voeux qui lui sont adressés.

Un peu d’argent, pour elle, il vous faut dépenser,
Puis un ou deux billets pour Sainte Mélanie ;
Mais ne prévoyez rien pour Sainte Virginie,
On peut se contenter de ne pas l’offenser.

L’artiste les figure avec des robes blanches,
De bande dessinée il en fit une planche ;
Ses dessins sont fixés sur les murs du moutier.

Son excellent travail fut béni par les prêtres,
Admiratifs qu’ils sont pour les dons de ce maître ;
Modestement, il dit : « c’est juste mon métier. »

Cochonfucius

Siamois en Eden

image de l’auteur

Ces deux têtes, sans s’aimer,
Sur le même corps se dressent ;
Pas de cadet, pas d’aîné,
Qui aura le droit d’aînesse ?

Ventre toujours affamé,
Coeur d’une grande rudesse ;
Si leurs mains pouvaient s’armer,
Elles seraient chasseresses.

Les parents sont mécontents
De les voir souffrir autant,
Ça devient insupportable.

Dieu, qui est peut-être aux cieux,
Mit, par mystère, en ce lieu,
Des tourments bien regrettables.

Cochonfucius

Pont de la Palombe

image de l’auteur

Cet ouvrage récent connecte deux quartiers
Paisibles, non touchés par les rumeurs urbaines ;
À la belle saison, des badauds s’y promènent,
Eux qui avaient suivi les travaux du chantier.

Leur faudrait-il marcher vers des terres lointaines ?
Ce qui est près de nous, pourquoi le décrier ?
Au contraire, je dis : La plume et l’encrier
Doivent chanter les buts que l’on atteint sans peine.

Après leur promenade, ils vont à la buvette
Auprès du petit bois où chante la fauvette ;
Ils écoutent grogner le tavernier bourru.

La serveuse au patron fera baisser les armes,
Car d’un gentil regard il apprécie le charme ;
Quant au vin de ce lieu, c’est loin d’être un grand cru.

Cochonfucius

L’araignée du piano

image de l’auteur

Ici les musiciens viennent trop rarement,
Les cordes, tout le jour, observent le silence ;
Ce beau meuble subit des mouches l’insolence,
Je les vois atterrir et souiller l’instrument.

Une araignée, qui voit cet envahissement,
Finit par décider d’en faire sa pitance ;
Elle a bien vite fait d’interrompre leur danse
En dévorant leurs corps, sans avertissement.

Un poète rêveur survient, qui la contemple ;
Il écrit ce sonnet, vraiment, sans y penser ;
Il faut lui pardonner, car c’est un insensé.

L’araignée du piano, comme un prêtre en son temple,
Par son digne maintien donne le bon exemple ;
Mais c’est bien superflu, soit dit sans l’offenser.

Cochonfucius

Oiseau factionnaire

image de l’auteur

Posé sur une jambe, il cède à la torpeur
Comme s’il entendait la voix d’une sirène ;
En rêve il a conquis les faveurs d’une reine,
Il sourit sous l’effet de ce songe trompeur.

Il cède à ses ardeurs que plus rien ne réfrène,
Dans un flot de plaisir il noie toutes ses peurs ;
Son amour le consume et son âme est sereine,
D’un capiteux parfum respirant les vapeurs.

Ce songe est envoyé par un mauvais génie
Qui le veut pervertir, dans sa ruse infinie ;
Je ne dis point son nom, car on me le défend.

C’est un bon serviteur, mais c’est un mauvais maître,
Il malmène l’insecte ainsi que l’éléphant ;
Je le tiens à distance, au moins quatorze mètres.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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