Marche au hasard

Composition de l’auteur

Je traverse la ville, un rêve poursuivant,
Assez indifférent à ce que fait la foule
Et fort peu attentif aux pavés que je foule ;
Je vais, ainsi que vont les feuilles dans le vent.

Je ne réfléchis point, et je vais de l’avant,
Je ne songe pas plus que la froide eau qui coule ;
Un moineau qui sautille, un pigeon qui roucoule,
J’imite en mes actions ces modestes vivants.

Je suis celui qui va, sans clameur et sans fièvre,
La paix dans mon regard et le sourire aux lèvres :
Le beffroi me salue de sa voix de métal.

Pour des compétitions, faut-il que l’on s’entraîne ?
Je ne suis point de ceux qu’attire un piédestal,
Non plus de ceux pour qui le monde est une arène.

Cochonfucius

Une feuille dans le vent

image de l’auteur

La brise m’a posée sur la plage de sable
Dans un vent sans pitié pour les humains frileux ;
Nulle présence ici, c’est normal, car il pleut,
Toujours vont déferlant les vagues inlassables.

Déprimant est ce ciel qui oublie d’être bleu,
La tristesse en mon coeur devient ineffaçable ;
Parmi tous les vivants, nul n’est impérissable,
C’est assez désolant, sans être scandaleux.

De certains d’entre nous survivent quelques rimes
Porteuses d’un sourire, ou d’un peu de déprime ;
Ça console un vieillard, ça fait rire un enfant.

Tout peut s’y retrouver, même les catastrophes ;
Savoir à tout propos composer quelques strophes,
C’est ainsi, quelquefois, qu’une âme se défend.

Cochonfucius

Démon-tortue

image de l’auteur

Le diable-tortue chante, et ça nous fait frémir,
Il réveille les morts au fond des sépultures ;
C’est très inconfortable, et c’est contre nature,
Les pauvres trépassés ne peuvent que gémir.

Aucun ange du ciel ne les vient secourir,
Ils n’échapperont pas au son qui les torture ;
Au démon ces défunts sont jetés en pâture,
Ce n’est pas un cadeau, pour ceux-là, de mourir.

Un pareil châtiment pour deux ou trois bévues,
Ils estiment que c’est une peine imprévue ;
Car ils croyaient trouver le repos dans la mort.

Nul ne sait apaiser la bête inassouvie
Ni mettre à la raison ce monstre sans remords ;
Nous en viendrions presque à regretter la vie.

Cochonfucius

Déclin d’Ulysse

image de l’auteur

Vaisseau vétuste, un peu poussif,
Que pousse une brise menue ;
Une sirène à voix ténue
Chante sans efforts excessifs.

Ce délabrement progressif,
Quelle amère déconvenue !
Brûlants de larmes retenues,
Nous lâchons des soupirs furtifs.

Ainsi notre vigueur se fane ;
Les sbires de l’enfer profanent
Les autels qu’ils ont piratés.

Gravez une épitaphe brève
Sur nos tombeaux déshérités ;
Le temps qui reste, un mauvais rêve.

Cochonfucius

Trois fleurs éphémères

image de l’auteur

Leur charme sera-t-il par leur mort aboli ?
Dans le pré s’interroge un sagace herbivore ;
Troublé par la question que son âme élabore,
Il erre à petits pas sous le ciel qui pâlit.

Ainsi qu’un artisan qui son oeuvre polit,
La nature au printemps cet herbage décore ;
Ou bien c’est le travail de la déesse Flore,
Assistée quelquefois par un démon joli.

Fleurs sans être des fleurs, dit un poète en Chine ;
Sur le bord du papier son ami les dessine,
J’ai lu ce texte-là, mais je ne sais plus où.

Après elles viendront des floraisons nouvelles,
Aucun être ici-bas n’a de vie éternelle ;
Dans nos coeurs, les défunts disent « Souvenez-vous ».

Cochonfucius

Force de l’oie

image de l’auteur

Du cosmos, l’oie comprend les lois,
Car elle y trouve ses repères ;
Ce sont la musique des sphères
Ainsi que la règle de trois.

Ce palmipède a le coeur droit,
Lui qui fit honneur à son son père ;
Les difficultés, il les gère,
Il ne craint le chaud ni le froid.

Il sait contrôler ses dépenses,
Il dit toujours tout ce qu’il pense,
Sans se répandre en grands discours.

Ses amours ne sont point fanées,
En dépit du poids des années ;
Elles lui sont d’un grand secours.

Cochonfucius

Démon frivole

image de l’auteur

Le diable est danseur de tango,
Car c’est la danse qu’il préfère ;
C’est l’occasion d’avoir affaire
Aux gens qui sentent le fagot.

Il s’agite en pas inégaux,
Être en rythme, ça l’indiffère ;
Partenaire, faudra t’y faire,
Ne contrarie pas son ego.

Il dit « C’est pour nous refroidir
Et c’est pour nous désengourdir,
Ne craignez rien, douce Eurydice. »

La belle qui ne répond rien
Regrette ses amants terriens,
Eux qui son absence maudissent.

Cochonfucius

Les pommiers

image de l’auteur

Au jardin de Newton sont douze grands pommiers,
Leurs places sagement leur furent assignées ;
Le domaine est tenu par un brave fermier,
Nulle tâche par lui ne sera dédaignée.

La maison du chercheur, de lumière baignée,
Vibre d’activité, de la cave au grenier ;
La tête du savant, de bon sens imprégnée,
Déborde, ce matin, de songes printaniers.

L’esprit de ce héros bien rarement s’égare,
Il n’est pas de ceux qui n’ont rien dans le cigare ;
Déjà, dans son enfance, il nous émerveillait.

Dans un monde tordu son âme reste droite,
Elle est fort rigoureuse, elle n’est pas étroite ;
Il atteindrait la Lune, un jour, s’il l’essayait.

Cochonfucius

Scribe en sa cellule

image de l’auteur

Ma plume écrit sur des sujets divers,
Au point du jour est ma muse éveillée ;
Devant elle est mon âme agenouillée,
Puis ces deux-là parlent à coeur ouvert.

J’ai traversé de fort nombreux hivers
Dans ce réduit, cellule dépouillée ;
Le souffle court, la carcasse rouillée,
Je suis en paix avec mon univers.

Tant que j’aurai des rimes dans la tête,
Je les dirai, pour moi c’est une fête ;
Pour les soigner je fais quelques efforts.

Les grands auteurs qui m’ont servi de guides,
Je les admire, ils furent intrépides ;
Je ne pourrai jamais être aussi fort.

Cochonfucius

Dame délirante

image de l’auteur

Ceux de son patelin la trouvent un peu folle,
Mais son esprit est calme et son coeur apaisé ;
Elle est très attentive , et répond sans biaiser,
C’est avec grand plaisir que j’entends ses paroles.

Son délire, pourtant, s’exprime en paraboles,
C’est juste la façon qu’elle a de s’amuser ;
Ces mythes ne sont pas là pour nous abuser,
Elle maîtrise bien l’usage des symboles.

Elle sait évoquer la vie ou le trépas,
Si tu n’y comprends goutte, elle n’insiste pas ;
Elle laisse danser sa langue bien pendue.

Elle a de gros bouquins, traduits de l’allemand,
Où ces matières sont disséquées savamment ;
Mais ils sont rédigés en phrases distendues.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

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