Biche de Roncevaux

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Les combats, tout un jour, ont effrayé la biche,
Des larmes vers le soir ont mouillé son regard ;
Elle voit qu’à présent des morts jonchent la friche,
Leurs âmes vers le ciel ayant pris leur départ.

Veillantif n’ira plus séduire les pouliches,
Lui qui à leur endroit prodiguait les égards ;
Les chiens des paladins pleureront dans leurs niches
Et leur sommeil sera peuplé de cauchemars.

Ces hommes qui jadis furent pleins d’espérance
Ont été livrés par Ganelon, le trompeur ;
Or ce traître en son coeur savoure leur souffrance.

Lors de son ambassade, il était mort de peur ;
L’empereur mettra fin à son outrecuidance,
Il ne poursuivra pas son oeuvre de sapeur.

Cochonfucius

Balance impartiale

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Je demeure équitable en toutes circonstances,
Apaisées sont mes nuits et sereins sont mes jours ;
J’aime la belle Fleur, dame de ce séjour,
Et tous mes mouvements sont à sa convenance.

Je ne fais aucun bruit, je travaille en silence,
Je reste sur ma table au mitan de la tour ;
Si, pour me consulter, quelqu’un fait un détour,
Il sait bien que je suis la plus juste balance.

Des règles que je suis j’ignore la raison,
Cela, c’est du ressort du maître de maison ;
Newton les lui transmit grâce à d’obscurs symboles.

Je ne varie jamais, je peux vous l’assurer ;
Quand furent mes plateaux bénis par le curé,
Il dit une homélie, et non des fariboles.

Cochonfucius

Dieu des péristyles

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Ils me portent leurs morts pour les ressusciter,
Car leurs prêtres, vois-tu, me trouvent sympathique ;
Ils viennent m’adorer sous de vastes portiques,
Les plus beaux sont ornés de mon portrait sculpté.

Moi, je n’apprécie point leurs grouillantes cités,
Car je me sentais mieux dans les temples antiques ;
J’aimais entendre là des rumeurs prophétiques
Et les cris des démons, que je sais imiter.

J’aimais aussi le chant des dryades des arbres,
Ou le bruit d’un outil qui entame le marbre ;
J’abritais volontiers les baisers des amants.

Maintenant je m’ennuie dans mon froid monument,
Je pense que mon culte en vain se perpétue ;
Périssent-ils, ces gueux ? car sinon, je les tue.

Cochonfucius

Arbre sans protectrice

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Démons des bois, rendez-moi ma dryade,
Disait un arbre en répandant ses fleurs ;
Mais nul n’avait pitié de son malheur,
Il s’affligeait, voyant ces dérobades.

La belle était auprès d’une naïade,
Du végétal elle ignorait les pleurs ;
Pour voir la carpe aux subtiles couleurs
Elles plongeaient, sans craindre la noyade.

Le chêne a dit à son copain blessé :
Je suis marri de te voir rabaissé,
Adopte un elfe, en effet, ça soulage.

L’elfe lui dit : Je vais, si vous voulez,
Laisser mes ans près de vous s’écouler,
Cela me semble un parfait jumelage.

Cochonfucius

Arbres du roi

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Trois arbres ont poussé dans une cour carrée,
Plantés par mon grand-père, il y a bien longtemps ;
Ils furent de ma part l’objet de soins constants,
Leur croissance par rien ne fut contrecarrée.

Leurs dryades, vois-tu, elles sont délurées,
Avec elles je vis des moments épatants ;
Je n’en abuse point, car je n’ai plus vingt ans,
Les efforts que je fais sont de courte durée.

Elles sont courtisées par un trio de dieux
Qui sont plus dessalés que les anges des cieux ;
Avec ceux-là, c’est bref, c’est ardent, c’est intense.

Un démon d’inframonde ici s’est fourvoyé,
Lequel a vainement son charme déployé ;
Pour elles, ces gaillards sont de peu d’importance.

Cochonfucius

Fidélité aviaire

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L’oiselle pour l ’oiseau s’affaire,
Même, elle lui sert de surmoi ;
Ces deux partagent leurs émois
Sur les branches d’un conifère.

Tout le reste les indiffère
Et ne leur fait ni chaud ni froid ;
Ni du jardin, ni de la croix
Ils n’ont strictement rien à faire.

S’il vole, elle s’envole aussi,
Toujours ils agissent ainsi ;
C’est gravé dans leur caractère.

Ils ont bien tout ce qu’il leur faut,
Donc leur destin n’est pas austère ;
Ils le prennent pour ce qu’il vaut.

Cochonfucius

Comme une dame noble

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Licorne, dans l’indifférence,
Tu pars explorer l’infini ;
Ton parcours est mal défini,
D’ailleurs, tu aimes cette errance.

Lorsque Jeanne sauva la France,
Par toi son cheval fut béni :
À tous ceux qui furent bannis
Tu redonnas de l’assurance.

Tu ne flattes pas les puissants,
Mais les matelots de la flotte;
Du charpentier tu bois le sang

Au mât d’une nef sans pilote,
Tu hisses ton beau pavillon ;
Il est orné d’un papillon.

Cochonfucius

Monstre des sept sanctuaires

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Je hante volontiers les demeures divines,
De salutaires lieux pour l’âme et pour le corps ;
J’apprécie surtout ceux dont sobre est le décor,
Ceux dans lesquels un dieu dans l’ombre se devine.

J’aime aussi, cependant, qu’un diable s’y confine,
Ou même, pourquoi pas, le Valet de la Mort ;
Le vin sacramentel, je le bois sans remords,
Surtout s’il s’assortit d’une galette fine.

Des prophètes, des saints, j’admire les portraits ;
C’est chargé de magie, mieux que de l’art abstrait,
Ces statues, ces tableaux sont le baume de l’âme.

Je fus iconoclaste, il y a fort longtemps,
J’ai changé d’attitude, et j’en suis bien content ;
Dans mon coeur j’entretiens une éternelle flamme.

Cochonfucius

Un dragon rêve de la Croix

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Un songe a tourmenté l’étrange créature
Dont l’âme éprouve alors un profond désarroi ;
Ce dragon se rêvant sur une haute croix
Ne sait pas d’où lui vient cette déconfiture.

Nul ne veut compatir aux tourments qu’il endure,
Aussi, rien ne lui sert de donner de la voix ;
Ils lui sont inconnus, les visages qu’il voit
Tournés vers son malheur qui s’acharne et qui dure.

Un érudit l’observe, il couvre un parchemin
De phrases qu’il destine à ses frères humains ;
Aussi, de temps en temps, dans la marge il dessine.

Son corps ne verse pas une goutte de sang,
Mais en dépit de ça, la douleur l’assassine,
Il perd un peu l’espoir, il se sent impuissant.

Cochonfcuius

Fleur d’un royaume barbare

image de l’auteur

Loin des jardins pousse la fleur,
Dans la plus sinistre des landes ;
De la cueillir nous avons peur,
Même si le Roi le demande.

J’ignore quelle est sa valeur,
Mais je suppose qu’elle est grande ;
Car elle a pour admirateurs
Des anges qui du ciel descendent.

Vais-je l’offrir à la princesse ?
Ça pourrait fâcher son amant,
Il me punirait durement.

Fleur, là où tu es je te laisse ;
Mais prends garde au Prince Charmant,
À ce séducteur de drôlesses.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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