Élan bipède invisible

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Cet être est fugitif, ainsi que l’eau qui coule,
Jamais il ne fait voir la forme de son corps ;
On dit qu’il est cousin du Valet de la Mort
Et qu’il a pour amis les zombies et les goules.

Dans l’obscur inframonde il prend un bain de foule
Et boit un coup avec le démon Belphégor ;
Il mange des merguez et des côtes de porc,
La serveuse lui chante une chanson tamoule.

Dès sa petite enfance, il fut un hors-la-loi,
Aux anges du Seigneur il inspirait l’effroi ;
De toute bonne action fut son âme ennemie.

Il terrorise aussi les prophètes braillards,
Leur faisant réciter des poèmes paillards ;
Ils protestent en vain contre cette infamie.

Cochonfucius

Moine bibliophile

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Livres autour de lui, formant une muraille,
Ce sont beaucoup de mots et peu de vérités ;
Plusieurs auteurs sont nuls, d’autres sont des canailles,
Le moine n’attend rien de leur sincérité.

Il écrit même, un peu, mais ce n’est rien qui vaille,
Rien qui soit composé pour la postérité :
Cependant il s’applique, on dirait qu’il travaille,
Désarmant de candeur et de simplicité.

Dans un lointain passé, ce fut un cénobite,
Il est devenu vieux, donc il se fait ermite ;
Il dit que c’est dans l’ordre, et que c’est pour le mieux.

Il a le souvenir d’aimables tavernières,
Depuis la plus ancienne, et jusqu’à la dernière,
Il se souvient qu’il fut un comique, à leurs yeux.

Cochonfucius

Danse avec les démons des sables

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Au désert fut un ermite
Reclus comme en un tombeau ;
Ce que ces lieux ont de beau,
C’est l’horizon sans limite.

Un démon (rien de nouveau)
Vient, qui à pécher l’incite ;
Ce moine un mantra récite
Comme font quelques dévots.

Le corps du démon s’enflamme,
La musique emplit son âme ;
Puis il se met à sauter.

En un danseur il se change,
Il devient pareil aux anges ;
Tu peux l’entendre chanter.

Cochonfucius

Lapinot transfuge

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Ma vie est en albums, trouvez-les, lisez-les,
Elle eut ses temps de peine et ses temps d’allégresse ;
Tantôt des avanies et tantôt des caresses,
Mais, même de ma mort, j’ai su me consoler.

Vers d’autres univers un jour je suis allé,
Qu’importe que ma vie, vue de l’un d’entre eux, cesse ?
Bien sûr, ça fit pleurer ma gentille princesse,
Ça me fit aussi voir un monde décalé.

Chaque fois qu’une belle aventure est parue,
Ma renommée auprès des lecteurs s’est accrue ;
Ils aiment mon auteur, fantaisiste et moqueur.

Certes, je n’ai rien fait pour mériter la gloire,
Mais ce sont des projets où j’ai mis tout mon coeur ;
Ma défaite souvent fut comme une victoire.

Cochonfucius

Planète Pibracandra

image de l’auteur

Les habitants sont des elfes qui dansent,
De partenaire ils adorent changer ;
Mais ils le font sans se mettre en danger,
Nul n’est jaloux, c’est pour eux l’évidence.

Un clair soleil, une atmosphère dense,
Pas trop de pluie au temps de vendanger ;
Aucun rongeur dans les blés engrangés,
De beaux jardins, de vastes résidences…

Du noir cosmos ne vient nul visiteur,
Ce monde échappe à l’oeil inquisiteur
De l’astronome en son observatoire.

Elfes légers, ne vous tourmentez pas,
Buvez un verre avec votre repas
Et profitez d’une vie transitoire.

Cochonfucius

Moulin du tsarévitch

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L’enfant sort dans le matin clair
Et du blanc moulin prend la route ;
Il sait qu’il règnera, sans doute,
Mais préfère écrire des vers.

L’aile, au plus léger souffle d’air,
Dans un frémissement s’arcboute ;
En-dessous d’elle, un âne broute,
Que la meunière a mis au vert.

Du bon meunier survient la fille
Qui voit l’enfant, dont les yeux brillent ;
Pour elle, il a fait un sonnet.

Elle lui dit « Parle à ma mère,
Que le tsar m’invite, elle espère,
Depuis le temps qu’on se connaît. »

Cochonfucius

Une fourmi

Peinture de Dai Jin

Jour et nuit sur la terre au même instant existent.
Vie et mort en mon âme ont droit de s’exprimer ;
Si je ne parviens pas à les faire rimer,
La chose reste vraie, leur conjonction subsiste.

Nul ne sait pour combien de nouveaux tours de piste
Je peux courir encore et danser et trimer.
Le couperet final n’est pas pour nous brimer,
C’est à devoir mourir que notre vie consiste.

Heureux ce bref répit s’il nous permet de rire,
De boire et de chanter. Car tout ce qui respire
A le même destin que feuilles en hiver.

Heureuse la fourmi posée sur la brindille
Naviguant au ruisseau, sur qui le soleil brille :
Elle a foi dans son sort et dans notre univers.

Cochonfucius

Si les bouteilles buvaient

Image de l’auteur

J’ai rêvé que j’errais au fond d’un souterrain,
Et que, l’obscurité n’étant pas la nuit noire,
On pouvait observer, toutes en train de boire,
Des bouteilles auprès des grands tonneaux de vin.

Des bouteilles buvant, quel sujet de chagrin !
Le vin est dangereux, et la chose est notoire.
Il donne à qui l’absorbe une force illusoire
Et fait s’aventurer sur de glissants terrains.

Bouteilles, cessez donc de vous intoxiquer !
La bouteille répond : Non, je vais t’expliquer,
Je ne bois nullement, car, comme tu t’en doutes,

Je n’ai pas de vrai corps, je suis un contenant
Portant un contenu toujours impermanent ;
Laisse-moi te verser un godet pour la route.

Cochonfucius

Baron céleste

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Je traverse le ciel, vêtu d’un gros chandail,
Car trop lourde serait mon amure de cuivre ;
Un nuage véloce, et que j’aime poursuivre,
Au long d’un clair matin m’éloigne du bercail.

Je suis un aristo, j’échappe à tout travail,
Définitivement ce statut m’en délivre ;
Je feuillette, le soir, tranquillement, des livres,
Assis sur une pierre, auprès de mon portail.

Un grand seigneur qui vole, est-ce une chose étrange ?
Je dois probablement être cousin des anges,
Ou filleul d’un d’entre eux, (je m’appelle Michel).

Mon voisin le marquis, jadis mon condisciple,
Dit que sorcière fut ma grand-tante Rachel
Et que je suis moi-même ennemi du dieu triple…

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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