Temple au fond de la friche

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Ici nulle trace d’allées,
Jamais de jardinier ici ;
J’aime que l’endroit soit ainsi,
Comme une sauvage vallée.

Une cabane bricolée
Trône au fond de ce ramassis ;
Et c’est un sanctuaire aussi,
Pour la dryade inconsolée.

Elle qui perdit sa beauté
Et se morfond en chasteté,
Cet abri précaire est son temple.

Elle découvre les vertus
D’une âme où le désir s’est tu ;
D’Artémis elle suit l’exemple.

Cochonfucius

Dédicace

Toile Wassily Kandinsky

Je dédicace au milligramme des miromesnils
Menus solstices posés sur le solfège
Menus armateurs Menus yacks ou moralisateurs
M’instruisent de leurs régularités
Plombiers du pharaon sur la rhubarbe
Sapeur persuadé par les harmonicas

Je saborde ainsi d’un jardin à l’autre
roide polymorphe et plus justifié
qu’un palanquin de tison ou l’attentisme
quand la flatuosité est coupole du verbiage
Vipère ô pyramidale autopsie
et le jubilatoire périscope de confiture au diapason

Je basculerai au fil des phlogistiques.

Cochonfucius

Nef à la dérive

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La vague se soulève et le nuage crève,
Qui depuis ce matin au ponant se forma ;
Entends battre la voile, entends craquer le mât,
Neptune de ses coups nous harcèle sans trêve.

Ce voyage, au départ, était comme un beau rêve,
Mais de mauvais desseins l’océan s’anima ;
Trompeuse avait été la douceur du climat,
Il aurait mieux valu ne point quitter la grève.

Nous étions bien peinards, buvant sous une treille,
Admirant la serveuse et ses lèvres vermeilles ;
En l’aimable taverne il faisait bon s’asseoir.

Mais la noire bourrasque a déchiré les voiles,
J’entends hurler le vent, le ciel n’a pas d’étoiles,
Les requins nous auront pour leur repas du soir.

Cochonfucius

Arbre de l’infante

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Sur une branche est un oiseau sans crainte,
C’est de l’infante un compagnon prisé ;
Sur ses mains, même, il aime se poser,
Son amitié pour elle n’est pas feinte.

Elle lui chante une douce complainte
Sur les méfaits d’un vieux renard rusé ;
Un noir corbeau par lui fut abusé
Sur ce même arbre, auprès du mur d’enceinte.

L’oiseau répond de sa timide voix,
Aux trois couplets il ajoute un envoi ;
D’une cigale on entend la rengaine.

C’était au temps où l’infante chantait,
Où le bon roi mille roses plantait,
Où le bouffon soupirait pour la reine.

Cochonfucius

Bouffon qui sautille

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Cet amuseur débile imite une grenouille,
Puis il brasse de l’air avec ses petits bras ;
Il déclame un poème, un monstrueux fatras,
Après un bon début, cela part en quenouille.

Il prétend qu’aujourd’hui la Muse le chatouille,
Ensuite il parle d’elle avec un rire gras ;
Pendant un long quart d’heure, il récite un mantra,
Tout en nous faisant voir les portraits qu’il barbouille.

Il mime un apostat sur un tas de fagots,
Il imite un bourgeois recomptant son magot ;
Il saute en titubant, car c’est ainsi qu’il danse.

Il montre un papegault (c’est un chardonneret),
Il vient enfin s’asseoir à notre table immense,
Le Roi lui verse à boire, il est tout guilleret.

Cochonfucius

Danse avec les chèvres

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Un vieux taureau dansait avec ses deux biquettes,
La lampe dans l’étable avait un faible éclat ;
Il dansait vaillamment, bien qu’il fût un peu las,
La pluie frappait le toit en faisant des claquettes.

Pas de parquet au sol, ni la moindre moquette,
De tels luxes ne sont pas pour ces endroits-là ;
D’ailleurs, ce n’était pas en un soir de gala,
Pas de robe fendue ni de belles jaquettes.

Quelques rares oiseaux chantaient dans le jardin,
Sans beaucoup de recherche, et sur un ton badin ;
Les chèvres, par instants, devenaient impudiques.

Le taureau, peu sensible aux traits de Cupidon,
Restait indifférent, comme un vieux myrmidon ;
Quant à lui, son plaisir fut purement ludique.

Cochonfucius

Autour d’Alpha Draconis

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Sur une humble planète, une Dame lointaine
Vint d’un autre univers, sans aucun compagnon ;
Au bout de trois années naquit l’enfant mignon
Que lui fit concevoir une Fée, sa marraine.

Arrive une luciole avec son lumignon
Pour saluer ce fils, âgé d’une semaine ;
Ensuite une brebis à l’abondante laine
Puis un ours débonnaire, ainsi qu’un porc grognon.

Ce petit fut cousin du Fils du Charpentier
Qu’appellent les Terriens « sauveur du monde entier » ;
Mais pas de croix pour lui, ni de fatal calice.

Une fois dans sa vie, il eut un visiteur,
C’est Victor Segalen, des Muses serviteur,
Lequel était passé par le miroir d’Alice.

Cochonfucius

Insecte d’argent

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Je suis le compagnon des lilas et des roses,
Sans être le plus fort, je suis bien le plus beau ;
De mille êtres ailés je porte le flambeau,
Car ils m’admirent tous, et défendent ma cause.

Je n’ai jamais écrit, ni en vers, ni en prose,
J’aime les textes brefs gravés sur les tombeaux ;
J’aime entendre la pie, le choucas, le corbeau,
Eux qui savent lutter contre la sinistrose.

Quand arrive l’été, je ris, je fais l’amour,
Je cesse mes travaux, je dépose les armes ;
Mais cela n’a qu’un temps, c’est un bonheur trop court.

L’automne, puis l’hiver sont le temps des alarmes ;
Mes dossiers sont en ordre, il reste peu de jours,
Aucun humain sur moi ne versera de larmes.

Cochonfucius

Papillon d’octobre

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L’automne est avancé, mais la lumière est belle,
Je n’en profiterai que pour un temps trop bref ;
Le vieux nocher du Styx me prendra dans sa nef,
Mon âme à ce sujet jamais ne se rebelle.

Aucun insecte avec les dieux ne se querelle,
Nous les reconnaissons pour maîtres et pour chefs ;
Une abeille contre eux n’a jamais de griefs,
Elle qui se conduit en servante fidèle.

En attendant ce jour, je plane et je voltige,
Je m’élève au zénith sans craindre le vertige ;
J’aime une jeune muse, et cela me rend fort.

Je l’entend fredonner des chants inimitables,
Je les apprends par coeur, cela m’est profitable ;
Je les dis doucement, dans la nuit, quand je dors.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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