Arbre de Bramimonde

image de l’auteur

Au jardin sont la reine et son amant fidèle,
Je suis le protecteur de ce couple élégant ;
Ils me disent souvent que ma ramure est belle,
Je leur réponds qu’ils sont des papillons fringants.

Ils seront séparés par la guerre cruelle,
Eux qui sont ennemis de l’Empereur des Francs ;
Je verrai dans ce lieu l’homme mourir pour elle
en l’un de ces combats que je trouve navrants.

La reine brisera du temple les statues,
Ne voulant plus d’un Dieu qui permet que l’on tue,
Sans même le connaître, un tel homme de bien.

Turold célèbrera cet univers en flammes,
Disant que des héros montent au ciel les âmes ;
Ce n’est qu’un troubadour, le pauvre, il n’en sait rien.

Cochonfucius

Un soir

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J’éteins une chandelle,
Il faut dormir, ma foi ;
Pour rêver d’autrefois
Ou de choses nouvelles.

Où sont les hirondelles
Qui nichaient près du toit ?
Parties, comme il se doit,
Mais je me souviens d’elles.

Mon âme, au gré du vent,
Vagabonde en rêvant
Et parle avec la lune.

La confuse rumeur
Du jour, à présent, meurt ;
De pensées, plus aucune.

Cochonfucius

Trinité périssable

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Cette triple entité ne fait point parler d’elle,
Ni par les fils d’Adam, ni par les papegaults ;
N’ayant pu recruter nul prêtre et nul bigot,
Elle vit, sans broncher, sa condition mortelle.

Déserte est la forêt, mais la lumière est belle,
Sous les feuilles tombées dort un bel escargot ;
Il parle, dans son rêve, à la Brave Margot
Qui se promène avec la vache Mirabelle.

Viendra se recueillir, sur la tombe, un crapaud,
Un être romantique et fan de l’Oulipo ;
De prier, cependant, l’animal se dispense.

Ne crains pas le trépas, précaire trinité,
Souviens-toi des bienfaits dont tu as profité ;
Quitter la vie n’est pas si dur qu’on ne le pense.

Cochonfucius

Requiem

Toile de Kubin

Un jour viendra la mort, et mon temps prendra fin,
Je serai attentif à comment je respire,
Dirai mon dernier vers si la muse m’inspire,
Un dernier jeu de mots, peut-être pas bien fin.

Ne plus sentir la soif ni éprouver la faim,
Ni craindre que mon sort évolue vers le pire,
Et savoir que le mal n’a plus sur moi d’empire,
Tout ça donne à la mort un céleste parfum.

A chaque instant ce sont foules de gens qui meurent.
D’eux ni de leur action, souvent, rien ne demeure,
Même si leur départ est noble et solennel.

Que sommes-nous, sinon un remous transitoire,
Goutte d’eau dans la mer, virgule dans l’Histoire,
Aucun de nous ne peut se prétendre éternel.

Cochonfucius

Une comptine

Fiona Sansom

Mon pouce a décidé que j’irais en voyage,
Comptant sur mon index pour montrer le chemin.
Le majeur était seul pour porter les bagages ;
L’annulaire lisait le guide Michelin.

Quant à l’auriculaire, à la paresse enclin,
Il se laissait porter dans ce vagabondage
Ainsi que les cinq doigts que j’ai sur l’autre main.
J’étais, on peut le dire, en léger équipage.

La route est rectiligne et baignée de fraîcheur,
D’immenses horizons attirent le marcheur
Qui sait aller au loin sans que rien ne le presse.

Un petit animal, soudain, vint à passer,
Un chat qui demandait à être caressé :
Ici, premier arrêt, un moment de tendresse.

Cochonfucius

Planète Pierdacandra

image de l’auteur

Les nobles de chez nous sont des vaches sacrées,
Cette réalité surprend les étrangers ;
Mais c’est un simple fait, qu’il n’ont pas à juger,
C’est dans notre culture une coutume ancrée.

La noblesse n’est pas une caste exécrée,
Surtout celle d’ici, laquelle est sans danger ;
Le peuple souverain n’y voudra rien changer,
Toujours très modéré dans les lois qu’il se crée.

Jamais l’égalité ne sera proclamée,
Ni nos âmes jamais ne seront enflammées,
Car la foule, chez nous, ne fait rien de brutal.

Il ne nous convient pas de faire du vacarme,
Ni de revêtir des armures de métal ;
Tous nos affrontements sont des combats sans armes.

Cochonfucius

Coursier du roi

image de l’auteur

Je voudrais déserter les sentiers de la gloire,
Et, si je le pouvais, je deviendrais un porc ;
Mais je fais de mon mieux pour accepter ce corps,
Ainsi que ce destin, fugace et transitoire.

Le Roi me dit vaillant, je voudrais bien le croire,
Mais comme destrier je ne suis pas bien fort ;
Quand j’entends un guerrier qui sonne de son cor,
Je m’attends aussitôt à de sanglants déboires.

Sire, je ne dis pas ça pour vous offenser,
Mais l’argent d’une guerre est en vain dépensé,
Même dans un espoir de victoire éclatante.

Je vois mille blessés qui baignent dans leur sang ;
Mais, si c’est à ce prix qu’un monarque est puissant,
Je dois lui préférer un errant sous sa tente.

Cochonfucius

Epsilon Camelopardalis

image de l’auteur

La sixième planète abrite un très vieux mage,
Lequel, sur ses vieux jours, devient un plaisantin ;
Il fut moine, pourtant, dans un passé lointain,
Mais il s’est défroqué, ce qui n’est pas dommage.

Il aime déchiffrer de multiples langages,
Mais les plus amusants sont bien ceux des humains ;
La plupart ont perdu leur sagesse en chemin,
Un délire étonnant désormais s’en dégage.

Sa planète est jolie, mais c’est un astre mort,
Ce savant reste seul avec son athanor ;
Il tâche de gérer des ressources restreintes.

Son étoile toujours lui donne sa clarté,
Donc, il se dit qu’il n’est pas temps de déserter ;
Il voit venir sa fin, sans éprouver de crainte.

Cochonfucius

Oiseaux transcendants

image de l’auteur

Nous chantons les splendeurs de la terre et des eaux,
Nous admirons surtout la nature sauvage ;
Nous pouvons voyager vers de lointains rivages,
Nous célébrons le chêne et vantons le roseau.

Sur Terre, aucun endroit n’a de plus beaux oiseaux,
Nulle part on ne voit de si nobles plumages ;
La sirène se tait face à notre ramage,
Les fileuses de mort délaissent leur fuseau.

Les arbres, contemplant le soleil qui décline,
Méditent sur leur vie et dans le vent s’inclinent ;
Le plus âgé d’entre eux nous parle gentiment.

Ils vivent comme nous la présence divine ;
Quant aux humains, très peu désormais la devinent,
Car leur monde est atteint de désenchantement.

Cochonfucius

Adam boréal

Image du blog Herald Dick Magazine

Je suis l’Adam régnant sur un Eden de glace,
Et pour pêcher, je dois la banquise casser ;
Quand je naquis ici, dans un lointain passé,
Mon paternel m’offrit cette puissante masse.

Sous deux ou trois peaux d’ours, ma compagne m’embrasse ;
Dans la neige du Nord sont nos chemins tracés,
Rarement le soleil s’en vient les effacer,
Puis, aux jours les plus froids, la lune le remplace.

J’aime, au coeur de l’hiver, allumer des flambeaux
Et conserver la viande en de profonds caveaux ;
J’aime ce beau jardin, dont le pôle est le centre,

Le fer tombé du ciel, dont nul ne sait le prix,
Mon modeste destin, qui n’est dans nul écrit,
La chair et le poisson dont je nourris mon ventre.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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