Nef en mer inconnue

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Presque tout l’équipage a quitté le navire,
Eux qui furent pourtant des marins vertueux ;
Le projet du skippeur leur semblait tortueux,
Qui leur avait promis le meilleur et le pire.

Le jour de leur départ, il ne sut quoi leur dire,
Il leur fit ses adieux, cet homme affectueux ;
Puis se replongea dans ses rêves fastueux,
Cherchant à devenir un bâtisseur d’empire.

Ce métier, tu le sais, comporte des dangers,
Depuis l’Antiquité cela n’a pas changé ;
N’affronte pas les flots, si cela t’intimide.

Le Nouveau Monde fut trop loin pour les Gaulois,
Ils trouvaient que la mer est sans règle et sans loi ;
Maître Obélix disait qu’elle était trop humide.

Cochonfucius

Fleur de Sainte Blondinette

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Plus d’un démon rêve à sa chevelure blonde,
De quoi fendre leurs coeurs durs comme des galets ;
Mais aucun d’eux ne sait accéder à son monde,
Cela n’arriverait que si Dieu le voulait.

La Dame est une Sainte, à nulle autre seconde,
Née dans une masure et non dans un palais ;
Chaque fois qu’elle prie, les anges lui répondent,
Qui, pour l’accompagner, disent leur chapelet.

Le seul homme qu’elle aime est l’ermite Guillaume
Dont la plume inspirée presque jamais ne chôme ;
Mais ce n’est pas un saint, c’est un sacré coureur.

Elle se fit recluse aux rives de Dordogne ;
Un ange l’y suivit, déguisé en cigogne,
Un brave séraphin, nullement discoureur.

Cochonfucius

Dame d’inframonde

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Mes repas sont réduits à l’essentiel,
Une biscotte, une pomme bien mûre ;
Chaque dimanche, une olive en saumure,
Au Nouvel An, deux tartines de miel.

J’ai dû quitter mon cousin Gabriel,
Car il voulait garder son âme pure ;
De mon tourment, je crois qu’il n’en a cure,
Il est content d’être un ange du ciel.

D’être bannie ne me rend pas morose,
Je me souviens du Prince et de sa rose ;
J’ai ce beau livre et ses jolis dessins.

Cet inframonde est aussi pour les sages,
Car tu sais bien qu’ils ne sont pas des saints
Et qu’il vaut mieux douter de leur message.

Cochonfucius

Modeste lion

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Tu me prends pour le roi, mais je ne suis qu’un pion,
Je n’ai pas le pouvoir d’affronter les tempêtes ;
J’ai trop de courants d’air qui traversent ma tête,
Tu me crois un plongeur, je ne suis qu’un ludion.

Je n’ai pas amassé des trésors par millions,
Je suis un triste sire, une bien pauvre bête ;
Je n’ai pas le talent d’animer une fête,
Je ne peux imiter les ruses d’un espion.

J’ai du mal à venir à bout de mes ennuis ;
Bien loin d’être un héros des Mille et Une Nuits,
Je suis une chimère, un animal étrange.

Je ne sais m’abriter s’il se met à pleuvoir,
J’ai très peur de glisser sur une peau d’orange,
J’ai quelques vieux copains que je n’ose revoir.

Cochonfucius

Monstre affligé

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Je suis pourvu d’une âme où règne la tristesse,
Elle éprouve à loisir la noirceur de l’ennui ;
J’entrevois le bonheur, et voilà qu’il s’enfuit,
Voilà qu’il me trahit, dans sa scélératesse.

J’étais moins dépressif au temps de ma jeunesse,
J’avais de plaisants jours et de charmantes nuits ;
Ils se sont assombris, les rêves d’aujourd’hui,
Ce sont des cauchemars de la plus laide espèce.

Bientôt je serai mort ; que faire, en attendant ?
Rester au coin d’un feu qui n’est plus très ardent ?
Même du désespoir, je ne me sens pas digne.

Mais la fin de mes jours, c’est la fin des douleurs,
C’est le temps de tracer une dernière ligne
Et de pouvoir quitter cette vie sans valeur.

Cochonfucius

Vers le soir

Toile de Norman Rockwell

Le soleil du volcan trace des rayons noirs,
La pie en sautillant lance un cri de menace.
Un nuage pluvieux près de l’horizon passe,
C’est le déclin du jour, pas encore le soir.

Le chat reste au jardin mais ne veut pas s’asseoir,
Il ne poursuivra pas la jacassante agasse.
La rose en fin d’été est languissante et lasse,
Ses pétales au sol ont commencé à choir.

Je lève mon godet, je trinque au soleil sombre,
Car dans fort peu d’instants il dormira dans l’ombre,
Et je commencerai mes travaux de la nuit.

Travaux sans grande ampleur, ma vie n’en a aucune,
Au destin sur ce point je n’ai nulle rancune,
Vivre modestement, c’est beaucoup moins d’ennuis.

Cochonfucius

Dolmen magique

image de l’auteur

Le barde se confronte au parchemin pensant,
Son esprit ne sait plus ni les mots, ni les choses ;
Son obscur subconscient en ordre se dispose
Et son surmoi figure aux abonnés absents.

Il est sans intention, nullement agissant ;
Son âme peut sembler nouvellement éclose ,
Plusieurs observateurs pensent qu’il se repose,
Mais son coeur doit lutter contre un courant puissant.

Blotti sous le dolmen, un noir démon l’épie,
Lequel du karma veut aussi se détacher ;
Il a pris, pour l’instant, la forme d’une pie.

Il se croit fort discret, mais il est mal caché,
Le barde peut le voir en plissant ses paupières,
Alors, il en sourit près des divines pierres.

Cochonfucius

Dragon de novembre

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Ce monstre inoffensif marche paisiblement,
Aucun désir pervers ne traverse son âme ;
Ce buveur de rosée, ce producteur de flammes,
Il fut pour la dryade un chaleureux amant.

Il trouve des trésors, il ne dit pas pas comment ;
Sur lui les chevaliers brisent leurs fortes lames,
Ils n’auront pas son chef pour l’offrir à leur Dame ;
Ils la contenteront par d’autres ornements.

Il a quelques bouquins, mais il en veut encore,
Ce sont de beaux objets, qui tous ses murs décorent ;
Des contes, des sonnets, des thèses, des romans.

Il pourrait s’en lasser, mais ce n’est pas probable;
Il est trop dépendant de ces vieux documents,
Des Brèves de Comptoir et des recueils de fables.

Cochonfucius

Oiseau qui n’écrit pas

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Moi qui n’ai jamais eu la folie des grandeurs,
L’encrier de chez moi, nullement je n’y touche ;
Je me méfie des mots qui sur rien ne débouchent,
De prose ni de vers je ne serai vendeur.

D’autres pour s’exprimer ne manquent pas d’ardeur,
Pour eux, le coche est loin de monter sans la mouche ;
Ils dévoilent leur âme, ils ne sont pas farouches,
Et, s’ils sont indiscrets, c’est en toute candeur.

D’étaler mes tourments n’est pas dans ma nature,
J’ai d’autres intérêts que la littérature :
M’abriter quand il pleut, m’envoler s’il fait beau.

Rien n’est là pour durer dans ce monde qui change ;
Je suis comme un noyé qui s’enfonce dans l’eau
Ou les cendres d’un mort qui descendent le Gange.

Cochonfucius

Mandala

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Je regarde un tracé dont j’ignore le thème,
Oeuvre d’un vieux rêveur ou d’un moine dément ;
C’est une symétrie, un enchevêtrement,
Je n’y vois rien qui puisse inspirer un poème.

Cela fut-il construit pour résoudre un problème ?
Pourrait-on là-dessus méditer longuement ?
Non, ça ne me dit rien, c’est un peu désarmant,
C’est un contour abstrait, c’est un obscur graphème.

Sur le marché de l’art, ça ne vaut pas bien cher,
C’est une oeuvre futile, et qui manque de chair ;
Nul ne lui trouvera de valeur symbolique.

Tiens ! je vois son auteur, c’est un ange de Dieu ;
Il voulut célébrer Marie, reine des cieux,
Son pinceau, cependant, n’est pas très catholique.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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