Lapinot transfuge

image de l’auteur

Ma vie est en albums, trouvez-les, lisez-les,
Elle eut ses temps de peine et ses temps d’allégresse ;
Tantôt des avanies et tantôt des caresses,
Mais, même de ma mort, j’ai su me consoler.

Vers d’autres univers un jour je suis allé,
Qu’importe que ma vie, vue de l’un d’entre eux, cesse ?
Bien sûr, ça fit pleurer ma gentille princesse,
Ça me fit aussi voir un monde décalé.

Chaque fois qu’une belle aventure est parue,
Ma renommée auprès des lecteurs s’est accrue ;
Ils aiment mon auteur, fantaisiste et moqueur.

Certes, je n’ai rien fait pour mériter la gloire,
Mais ce sont des projets où j’ai mis tout mon coeur ;
Ma défaite souvent fut comme une victoire.

Cochonfucius

Planète Pibracandra

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Les habitants sont des elfes qui dansent,
De partenaire ils adorent changer ;
Mais ils le font sans se mettre en danger,
Nul n’est jaloux, c’est pour eux l’évidence.

Un clair soleil, une atmosphère dense,
Pas trop de pluie au temps de vendanger ;
Aucun rongeur dans les blés engrangés,
De beaux jardins, de vastes résidences…

Du noir cosmos ne vient nul visiteur,
Ce monde échappe à l’oeil inquisiteur
De l’astronome en son observatoire.

Elfes légers, ne vous tourmentez pas,
Buvez un verre avec votre repas
Et profitez d’une vie transitoire.

Cochonfucius

Moulin du tsarévitch

image de l’auteur

L’enfant sort dans le matin clair
Et du blanc moulin prend la route ;
Il sait qu’il règnera, sans doute,
Mais préfère écrire des vers.

L’aile, au plus léger souffle d’air,
Dans un frémissement s’arcboute ;
En-dessous d’elle, un âne broute,
Que la meunière a mis au vert.

Du bon meunier survient la fille
Qui voit l’enfant, dont les yeux brillent ;
Pour elle, il a fait un sonnet.

Elle lui dit « Parle à ma mère,
Que le tsar m’invite, elle espère,
Depuis le temps qu’on se connaît. »

Cochonfucius

Une fourmi

Peinture de Dai Jin

Jour et nuit sur la terre au même instant existent.
Vie et mort en mon âme ont droit de s’exprimer ;
Si je ne parviens pas à les faire rimer,
La chose reste vraie, leur conjonction subsiste.

Nul ne sait pour combien de nouveaux tours de piste
Je peux courir encore et danser et trimer.
Le couperet final n’est pas pour nous brimer,
C’est à devoir mourir que notre vie consiste.

Heureux ce bref répit s’il nous permet de rire,
De boire et de chanter. Car tout ce qui respire
A le même destin que feuilles en hiver.

Heureuse la fourmi posée sur la brindille
Naviguant au ruisseau, sur qui le soleil brille :
Elle a foi dans son sort et dans notre univers.

Cochonfucius

Si les bouteilles buvaient

Image de l’auteur

J’ai rêvé que j’errais au fond d’un souterrain,
Et que, l’obscurité n’étant pas la nuit noire,
On pouvait observer, toutes en train de boire,
Des bouteilles auprès des grands tonneaux de vin.

Des bouteilles buvant, quel sujet de chagrin !
Le vin est dangereux, et la chose est notoire.
Il donne à qui l’absorbe une force illusoire
Et fait s’aventurer sur de glissants terrains.

Bouteilles, cessez donc de vous intoxiquer !
La bouteille répond : Non, je vais t’expliquer,
Je ne bois nullement, car, comme tu t’en doutes,

Je n’ai pas de vrai corps, je suis un contenant
Portant un contenu toujours impermanent ;
Laisse-moi te verser un godet pour la route.

Cochonfucius

Baron céleste

image de l’auteur

Je traverse le ciel, vêtu d’un gros chandail,
Car trop lourde serait mon amure de cuivre ;
Un nuage véloce, et que j’aime poursuivre,
Au long d’un clair matin m’éloigne du bercail.

Je suis un aristo, j’échappe à tout travail,
Définitivement ce statut m’en délivre ;
Je feuillette, le soir, tranquillement, des livres,
Assis sur une pierre, auprès de mon portail.

Un grand seigneur qui vole, est-ce une chose étrange ?
Je dois probablement être cousin des anges,
Ou filleul d’un d’entre eux, (je m’appelle Michel).

Mon voisin le marquis, jadis mon condisciple,
Dit que sorcière fut ma grand-tante Rachel
Et que je suis moi-même ennemi du dieu triple…

Cochonfucius

Feuillage alangui

image de l’auteur

Quelques feuilles sous un ciel bleu,
Un climat de mélancolie ;
Leur bonne humeur est abolie,
Leur vaillant coeur devient frileux.

Silence dans les bois ombreux,
Ce n’est plus le temps des folies ;
Les fleurs sont encore jolies,
Mais c’est la fin des jours heureux.

Le ciel est chargé de symboles,
La brise dit des paraboles ;
Un oiseau songe à ses plaisirs.

L’automne est une page blanche,
Nous entendons craquer les branches ;
Il ne nous reste aucun désir.

Cochonfucius

Minotaure aventureux

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Il navigue au coeur de l’orage,
Il n’a jamais eu peur de l’eau ;
Quittant le port de Saint-Malo,
Il atteint d’étranges parages.

Les gens l’ont surnommé « Nuage »,
Car il va, survolant les flots
Et les récifs ou les îlots,
Même au risque d’un échouage.

Mieux qu’une machine à vapeur,
Le vent du Nord est son moteur ;
Ou les autres, en alternance.

Dans la guerre ou bien dans la paix,
Il glisse, sans changer d’aspect,
Au-dessus de la mer immense.

Cochonfucius

Croco végétarien

image de l’auteur

Il se nourrit de fruits, ce crocodile,
Aussi de sauge, et puis de radis noirs ;
Il met au frais sa récolte du soir
Puis la dévore au bord des flots tranquilles.

Il entretient un potager fertile,
S’il fait trop sec il manie l’arrosoir ;
Un vieux pluvian veille sur son plantoir,
Qui le distrait par des blagues futiles.

La terre l’aime, et sait combler ses voeux,
Son cousin l’aide, ainsi que ses neveux ;
La vigne pousse à l’adret d’une butte.

Il se repose à l’ombre d’un tilleul,
Buvant du vin qu’apporte son filleul ;
Son petit-fils joue quelques airs de flûte.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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