Requiem

Toile de Kubin

Un jour viendra la mort, et mon temps prendra fin,
Je serai attentif à comment je respire,
Dirai mon dernier vers si la muse m’inspire,
Un dernier jeu de mots, peut-être pas bien fin.

Ne plus sentir la soif ni éprouver la faim,
Ni craindre que mon sort évolue vers le pire,
Et savoir que le mal n’a plus sur moi d’empire,
Tout ça donne à la mort un céleste parfum.

A chaque instant ce sont foules de gens qui meurent.
D’eux ni de leur action, souvent, rien ne demeure,
Même si leur départ est noble et solennel.

Que sommes-nous, sinon un remous transitoire,
Goutte d’eau dans la mer, virgule dans l’Histoire,
Aucun de nous ne peut se prétendre éternel.

Cochonfucius

Une comptine

Fiona Sansom

Mon pouce a décidé que j’irais en voyage,
Comptant sur mon index pour montrer le chemin.
Le majeur était seul pour porter les bagages ;
L’annulaire lisait le guide Michelin.

Quant à l’auriculaire, à la paresse enclin,
Il se laissait porter dans ce vagabondage
Ainsi que les cinq doigts que j’ai sur l’autre main.
J’étais, on peut le dire, en léger équipage.

La route est rectiligne et baignée de fraîcheur,
D’immenses horizons attirent le marcheur
Qui sait aller au loin sans que rien ne le presse.

Un petit animal, soudain, vint à passer,
Un chat qui demandait à être caressé :
Ici, premier arrêt, un moment de tendresse.

Cochonfucius

Planète Pierdacandra

image de l’auteur

Les nobles de chez nous sont des vaches sacrées,
Cette réalité surprend les étrangers ;
Mais c’est un simple fait, qu’il n’ont pas à juger,
C’est dans notre culture une coutume ancrée.

La noblesse n’est pas une caste exécrée,
Surtout celle d’ici, laquelle est sans danger ;
Le peuple souverain n’y voudra rien changer,
Toujours très modéré dans les lois qu’il se crée.

Jamais l’égalité ne sera proclamée,
Ni nos âmes jamais ne seront enflammées,
Car la foule, chez nous, ne fait rien de brutal.

Il ne nous convient pas de faire du vacarme,
Ni de revêtir des armures de métal ;
Tous nos affrontements sont des combats sans armes.

Cochonfucius

Coursier du roi

image de l’auteur

Je voudrais déserter les sentiers de la gloire,
Et, si je le pouvais, je deviendrais un porc ;
Mais je fais de mon mieux pour accepter ce corps,
Ainsi que ce destin, fugace et transitoire.

Le Roi me dit vaillant, je voudrais bien le croire,
Mais comme destrier je ne suis pas bien fort ;
Quand j’entends un guerrier qui sonne de son cor,
Je m’attends aussitôt à de sanglants déboires.

Sire, je ne dis pas ça pour vous offenser,
Mais l’argent d’une guerre est en vain dépensé,
Même dans un espoir de victoire éclatante.

Je vois mille blessés qui baignent dans leur sang ;
Mais, si c’est à ce prix qu’un monarque est puissant,
Je dois lui préférer un errant sous sa tente.

Cochonfucius

Epsilon Camelopardalis

image de l’auteur

La sixième planète abrite un très vieux mage,
Lequel, sur ses vieux jours, devient un plaisantin ;
Il fut moine, pourtant, dans un passé lointain,
Mais il s’est défroqué, ce qui n’est pas dommage.

Il aime déchiffrer de multiples langages,
Mais les plus amusants sont bien ceux des humains ;
La plupart ont perdu leur sagesse en chemin,
Un délire étonnant désormais s’en dégage.

Sa planète est jolie, mais c’est un astre mort,
Ce savant reste seul avec son athanor ;
Il tâche de gérer des ressources restreintes.

Son étoile toujours lui donne sa clarté,
Donc, il se dit qu’il n’est pas temps de déserter ;
Il voit venir sa fin, sans éprouver de crainte.

Cochonfucius

Oiseaux transcendants

image de l’auteur

Nous chantons les splendeurs de la terre et des eaux,
Nous admirons surtout la nature sauvage ;
Nous pouvons voyager vers de lointains rivages,
Nous célébrons le chêne et vantons le roseau.

Sur Terre, aucun endroit n’a de plus beaux oiseaux,
Nulle part on ne voit de si nobles plumages ;
La sirène se tait face à notre ramage,
Les fileuses de mort délaissent leur fuseau.

Les arbres, contemplant le soleil qui décline,
Méditent sur leur vie et dans le vent s’inclinent ;
Le plus âgé d’entre eux nous parle gentiment.

Ils vivent comme nous la présence divine ;
Quant aux humains, très peu désormais la devinent,
Car leur monde est atteint de désenchantement.

Cochonfucius

Adam boréal

Image du blog Herald Dick Magazine

Je suis l’Adam régnant sur un Eden de glace,
Et pour pêcher, je dois la banquise casser ;
Quand je naquis ici, dans un lointain passé,
Mon paternel m’offrit cette puissante masse.

Sous deux ou trois peaux d’ours, ma compagne m’embrasse ;
Dans la neige du Nord sont nos chemins tracés,
Rarement le soleil s’en vient les effacer,
Puis, aux jours les plus froids, la lune le remplace.

J’aime, au coeur de l’hiver, allumer des flambeaux
Et conserver la viande en de profonds caveaux ;
J’aime ce beau jardin, dont le pôle est le centre,

Le fer tombé du ciel, dont nul ne sait le prix,
Mon modeste destin, qui n’est dans nul écrit,
La chair et le poisson dont je nourris mon ventre.

Cochonfucius

Élan bipède invisible

image de l’auteur

Cet être est fugitif, ainsi que l’eau qui coule,
Jamais il ne fait voir la forme de son corps ;
On dit qu’il est cousin du Valet de la Mort
Et qu’il a pour amis les zombies et les goules.

Dans l’obscur inframonde il prend un bain de foule
Et boit un coup avec le démon Belphégor ;
Il mange des merguez et des côtes de porc,
La serveuse lui chante une chanson tamoule.

Dès sa petite enfance, il fut un hors-la-loi,
Aux anges du Seigneur il inspirait l’effroi ;
De toute bonne action fut son âme ennemie.

Il terrorise aussi les prophètes braillards,
Leur faisant réciter des poèmes paillards ;
Ils protestent en vain contre cette infamie.

Cochonfucius

Moine bibliophile

image de l’auteur

Livres autour de lui, formant une muraille,
Ce sont beaucoup de mots et peu de vérités ;
Plusieurs auteurs sont nuls, d’autres sont des canailles,
Le moine n’attend rien de leur sincérité.

Il écrit même, un peu, mais ce n’est rien qui vaille,
Rien qui soit composé pour la postérité :
Cependant il s’applique, on dirait qu’il travaille,
Désarmant de candeur et de simplicité.

Dans un lointain passé, ce fut un cénobite,
Il est devenu vieux, donc il se fait ermite ;
Il dit que c’est dans l’ordre, et que c’est pour le mieux.

Il a le souvenir d’aimables tavernières,
Depuis la plus ancienne, et jusqu’à la dernière,
Il se souvient qu’il fut un comique, à leurs yeux.

Cochonfucius

Danse avec les démons des sables

image de l’auteur

Au désert fut un ermite
Reclus comme en un tombeau ;
Ce que ces lieux ont de beau,
C’est l’horizon sans limite.

Un démon (rien de nouveau)
Vient, qui à pécher l’incite ;
Ce moine un mantra récite
Comme font quelques dévots.

Le corps du démon s’enflamme,
La musique emplit son âme ;
Puis il se met à sauter.

En un danseur il se change,
Il devient pareil aux anges ;
Tu peux l’entendre chanter.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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