Leosiris et Sethleo

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Voici deux frères vigoureux,
Deux fauves devant qui l’on tremble ;
Eux qui furent nourris ensemble,
Ils ont souffert, priez pour eux.

Étant, l’un et l’autre amoureux
D’Artémis, ils se désassemblent ;
L’un pour l’autre un malfaiteur semble,
L’épisode est malencontreux.

Quant au meurtrier de son frère,
La déesse ne sait qu’en faire ;
Il n’a point agi comme un dieu.

Elle l’exile auprès d’Hélène
(Cette Artémis est bien vilaine !) ;
Il fait de Troie un mauvais lieu.

Cochonfucius

Arbre qui remonte le temps

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Traversant les siècles sans nombre,
Je les explore vaillamment ;
J’y retrouve d’anciens moments
D’amour, abrités sous mon ombre.

Je vois, au lieu de leurs décombres,
De fantastiques monuments ;
Je vois le brouillon d’un roman
S’écrire en la mansarde sombre.

Dans un lointain passé je plonge
(Et cela n’est pas un mensonge) ;
Je vois la pomme et le serpent.

J’entends le rire d’Aphrodite
Qui par son époux fut maudite ;
J’entends la flûte du dieu Pan.

Cochonfucius

Papesse des oiseaux

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Huppe de majesté, en visite à Saint-Pierre,
Deux de ses cardinaux marchent à ses côtés ;
L’un d’eux est son cousin, l’autre est le Chat Botté,
Ces deux-là sont vraiment des chercheurs de lumière.

La cloche les salue de sa voix familière,
Le Pape dit les mots du Bénédicité ;
Par la vue de la Huppe il est tout excité,
Il la voudrait choisir pour sa seule héritière.

Le Fils du Charpentier débouche une bouteille,
Il récite un sonnet dont chacun s’émerveille ;
La musique sacrée fait un boucan d’Enfer.

La Huppe a remplacé le Pape sur son trône,
Aux gens du peuple elle a donné des pièces jaunes
Frappées à l’effigie du Prince Lucifer.

Cochonfucius

Cloche d’inframonde

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Un univers sans âme, une étendue déserte ;
Les échos de la voix d’un démon tentateur ;
J’ai rêvé que j’étais, perplexe spectateur,
Arrivé dans ce lieu par une porte ouverte.

L’air était un poison, ma peau devenait verte,
Je n’étais secouru par aucun sauveteur ;
Mais, je ne sais comment, j’ai pris de la hauteur,
Sans craindre, désormais, de courir à ma perte.

Puis, je me suis perdu dans un vagabondage ;
J’aventurai mes pas sur un pont de cordages,
Espérant que ce jeu devait finir bientôt.

S’agissait-il d’un jeu ? N’était-ce qu’un délire ?
Ce qui me réveilla, j’hésite à vous le dire,
C’est un son familier, la cloche d’un bateau.

Cochonfucius

Craindre de franchir le seuil

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Je vois un nouveau monde et je reste à la porte,
La crainte me saisit, la honte me retient ;
Je sais que je devrais tenir meilleur maintien,
Cependant, je faiblis, que le diable m’emporte.

Alors qu’en temps normal, l’audace me soutient,
Mon âme en ce moment ne se sent pas bien forte ;
Ma flamme m’abandonne et ma vaillance est morte,
Quelques frémissements, c’est tout ce que j’obtiens.

Le désir s’affaiblit, le seuil est toujours là,
Mais ce portail magique en vain se dévoila :
Je ne tenterai point cette étrange aventure.

Quand l’histoire prend fin, le scribe tire un trait ;
Regrette-t-il ce monde auquel il s’est soustrait ?
Il y reste attaché, car c’est dans sa nature.

Cochonfucius

Seuil de l’inconnu

image de l’auteur

Me franchir, c’est quitter ta contrée familière,
Tu hésites, sans doute, et tu as bien raison ;
Je t’offre une aventure assez particulière,
Peut-être, tu devrais rester dans ta maison.

Dans l’autre endroit, de rien ne servent les prières,
Ni d’avoir bien appris, autrefois, tes leçons ;
Tu seras entraîné dans une errance fière,
Tu seras accueilli d’une étrange façon.

Ce monde est angoissant, mais il n’est pas hostile,
Malgré quelques démons rôdant aux péristyles ;
Tu seras désarmé par leur simplicité.

Ici la Vérité, d’une brise vêtue,
Chevauche, sous le nom d’Improbabilité,
Son rapide coursier, une noble Tortue.

Cochonfucius

Un penseur sobre

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Je ne m’investis point dans des projets frivoles,
J’attends des arguments quelque peu convaincants ;
Je ne convoite pas tous les postes vacants,
Si je navigue, c’est avec une boussole.

Je parle simplement, sans user d’hyperboles,
Ce qui me permet d’être un bon communicant ;
J’ai toujours évité d’user d’intoxicants,
J’éloigne les prêcheurs usant de fariboles.

Si la métaphysique est en vue, je me sauve ;
Je ne médite point sur des secrets d’alcôve ;
Je ne me plonge point dans les vieux parchemins.
 
Je plaisante parfois, mais c’est en restant digne,
Si j’écris à quelqu’un, je pèse chaque ligne ;
Je tâche d’être honnête, autant qu’il est humain.

Cochonfucius

Carrosse du couronnement

image de l’auteur

Je fus Dauphin dès ma naissance,
Je suis votre Roi, maintenant ;
Roi des seigneurs et des manants,
Roi de bienveillante puissance.

Les plus nobles Dames de France
Viennent à mon couronnement ;
Dans mon carrosse, galamment,
J’en prends une en robe garance.

Je veille, en route, à son confort,
J’y consacre tous mes efforts
(En essayant de rester sage).

Son coeur en sera-t-il conquis ?
Elle dit « Non, j’aime un marquis,
Point n’aurez-vous droit de cuissage. »

Cochonfucius

Messire Fringant

image de l’auteur

Ce papillon n’a de son père
Nul souvenir, c’est évident ;
Il n’en souffre point, je l’espère,
Pas plus que n’en souffrit Adam.

Son existence est sans mystère,
Il ne fait rien de fatigant ;
Il agit en célibataire,
Il veut qu’on le trouve élégant.

Carl von Linné sait son lignage,
Il en donne un clair témoignage ;
Qu’il dorme en paix dans son tombeau…

Un rayon de lumière blanche
Baigne les dernières pervenches ;
Du Fringant s’éteint le flambeau.

Cochonfucius

Couple nostalgique

image de l’auteur

L’arbre vieillit, la dryade soupire,
Où s’en alla leur juvénile ardeur ?
Il est passé, le temps de la verdeur,
C’est au repos, maintenant, qu’ils aspirent.

Chronos les tient en ses cruelles spires,
J’entends l’écho de son rire moqueur ;
Il peut compter nos battements de coeur,
Il sait la fin de tout ce qui respire.

En ses vieux jours, l’arbre reste dressé,
Par sa faiblesse il n’est pas rabaissé ;
De souvenirs son âme s’illumine.

En leur hiver est un faible soleil
Qui vers aucun printemps ne s’achemine,
Mais bien plutôt vers l’éternel sommeil.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

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