Fantôme sans visage

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Je ne suis pas céphalophore,
Mon chef est perdu, carrément ;
Pour moi, ce fut un changement,
D’ailleurs je m’en tracasse encore.

Moi qui fus de ceux qui dévorent,
Je n’absorbe plus d’aliments ;
C’est un véritable tourment,
L’Univers me semble inodore.

Quant à mes plaisirs amoureux
Qui furent doux et savoureux,
Ils m’ont quitté, par forfaiture.

Mortel, ta vie est un trésor
Que tu dois goûter sans remords ;
Éphémère en est la nature.

Cochonfucius

Goupil de Dionysos

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Museau dans la boisson vermeille,
Qu’ai-je à faire des lendemains ?
M’angoisser, ainsi qu’un humain
Qui son compte en banque surveille ?

Je suis fils du Dieu des bouteilles,
Il me guide sur les chemins ;
La vigne bénie par sa main
Grandit sur une basse treille.

J’habite un logis de fortune
Et parfois je dors sous la lune ;
Je l’appelle ma grande soeur.

Je demande à la tavernière
D’ouvrir plus souvent sa tanière
Pour y retenir les chasseurs.

Cochonfucius

Atelier d’Héphaïstos

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Travail d’Héphaïstos, labeur obsessionnel,
Il forge des trésors, sans jamais voir le ciel,
Dans son noir atelier, comme dans une alcôve,
Sous le brûlant regard des grandes flammes fauves.

De tous les Immortels, ce brave homme est celui
Qui plus souvent travaille, hier comme aujourd’hui ;
C’est pesante corvée, dont rien ne le soulage,
Mais qui le met souvent dans une joie sauvage.

Marteleur obstiné dont le front s’alourdit,
Et qu’Aphrodite, en vain, attendra dans son lit,
De la pesante forge il goûte l’atmosphère,
Mais ce vieil artisan n’est pas homme d’affaires.

Cochonfucius

Vitalité

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Goupil-paon, plein de vie,
Un vrai fils de l’été ;
Un beau monstre enchanté,
La foule en est ravie.

Tu sais des mélodies,
Tu es fait pour chanter ;
Je t’entends répéter,
Oiseau qui psalmodies.

Tes jours sont une ivresse,
Un rêve, une allégresse ;
Dommage pour les sourds.

Prends soin de ta personne !
Si la triste heure sonne,
Il te reste l’amour.

Cochonfucius

Oeuvres d’Héphaïstos

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Le dieu boiteux, forgeron redoutable,
Forge le cuivre et l’argent du Pérou ;
Son logis tremble à chacun de ses coups,
Les autres dieux le trouvent imbattable.

Un verre en main, bouteille sur la table,
Il prend sa pause en buvant comme un trou ;
Posant son verre, il bosse comme un fou,
Créant ainsi des trésors véritables.

Il est jaloux, mais il n’est pas amer,
Il se console en offrant quatre fers
Au fier Pégase ; ils lui seront propices.

Par lui, le fer est fier d’être battu ;
Pour son ardeur, et pour d’autres vertus,
Nous admirons ce dieu sans artifices.

Cochonfucius

Yinsoul, Yangsoul 魂魄

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Il a deux âmes, l’univers,
Deux puits de sagesse profonde ;
L’une et l’autre sont vagabondes,
On les trouve en des lieux divers.

Ceux qui dorment les yeux ouverts
Captent de ces âmes les ondes ;
Elles n’éclairent point le monde
Car elles restent à couvert.

Par notre mort, par notre vie,
Par notre chair inassouvie
Chacun de nous les reconnaît.

Pour nous guider sur leurs chemins,
Nous nous aidons des parchemins
D’un sage ermite japonais.

Cochonfucius

Cinq morues volantes

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C’est la morue d’azur qui voyage sans trêve,
Espérant, grâce à ça, rompre son célibat ;
De gueules, la morue vers le ciel d’or s’élève,
Qui veut, avec un ange, engager un combat.

C’est la morue de pourpre, aimant trop les débats,
Qui ne connaît point l’art de la sentence brève ;
Mais la morue de sable, approchant de la grève,
À l’ombre d’une roche abrite ses ébats.

La morue de sinople émigre en Angleterre
Afin d’y méditer dans un lieu solitaire,
Trouvant que les morues, ses soeurs, font trop de bruit.

Leur mère était, dit-on, la morue de montagne
Qui baronne fut faite, au temps de Charlemagne,
Pour lui avoir offert un grand panier de fruits.

… on en fait de la brandade :
https://heraldiqueblog.wordpress.com/2023/02/27/en-reponse-a-planete-zodiacandra/

Voyageur intrépide

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J’aime arriver, j’aime surtout partir,
Voir du pays, découvrir d’autres vies ;
Si, d’aventure, une route dévie,
J’en remercie tous les dieux, sans mentir.

Vous déplorez ma quête inassouvie,
Vous demandez « Que peut-il en sortir ? »
Et je réponds « Rien ne sert d’aboutir,
Heureux qui erre au gré de ses envies. »

Des vagabonds toujours l’âme progresse ;
Homère a fait jadis son tour de Grèce,
Ulysse en mer a, comme on dit, ramé.

Si la routine est ce que vous aimez,
Elle a son charme aussi, je le confesse,
Notamment, pour les vieillards désarmés.

Cochonfucius

Tombereau

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Dès l’aube, au pied de ma maison,
Une charrette bien connue ;
Réveillant toute l’avenue,
Elle traverse les saisons.

Nul ne sait quelle est la raison,
En ces instants, de sa venue ;
Peut-être est-elle saugrenue,
Sur ce sujet, nous nous taisons.

Le grincement brise les songes
Quand nos façades elle longe ;
Chaque matin, coquin de sort !

La somnolence est abolie,
Dont ce charretier nous spolie ;
Le fera-t-il jusqu’à sa mort ?

Cochonfucius

En réponse à « Oiseau presque indescriptible »

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D’après le grand Carl von Linné,
J’ai des traits indéterminés,
Il reconnut qu’il était vain
De trop vouloir m’examiner.*

Pourtant il n’a pas lésiné
Sur les recherches; fasciné
Par ma beauté, un écrivain,
Pour moi s’est même ruiné.

Pierrette

*Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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