Opération du Saint Esprit

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Sous mon aile j’ai pris les fragiles humains,
Une vierge mignonne a conçu par ma grâce ;
Son fils à l’Adversaire a vaillamment fait face,
Lui qui fut le Salut, la Vie et le Chemin.

Des scribes l’ont décrit sur quatre parchemins,
Des hommes par milliards ont marché sur ses traces ;
Des moines l’ont chanté de leurs voix jamais lasses,
Eux qui furent vainqueurs de l’Empire Romain.

Un miracle n’est pas un simple sortilège,
Car il peut éloigner les démons sacrilèges ;
Dans l’inframonde obscur chacun d’eux redescend.

Vous pouvez ressentir ma présence invisible,
Moi qui sais vous guider vers un bonheur paisible ;
Pleines sont, grâce à moi, les mains des innocents.

Cochonfucius

Flamant gris

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Cet échassier arpente une lointaine terre,
Il ne craint pas le loup, ni le goupil sournois ;
Il est par les étangs nourri comme il se doit,
Il est fort satisfait de sa vie solitaire.

Il capture parfois des éphéméroptères,
Car il en est gourmand, je ne sais pas pourquoi ;
C’est un piètre gibier, fretin de peu de poids,
Mais ne discutons pas ses goûts alimentaires…

Des oiselles, son coeur n’en voulut choisir qu’une ;
Leur rencontre, ce fut un bonheur imprévu,
Ils ont refait le monde, ensemble, sous la lune.

Ils furent, au printemps, de beaux enfants pourvus,
Ça fait un beau vacarme, ils sont une vingtaine,
Tu les vois patauger dans l’eau de la fontaine.

Cochonfucius

Deux chevaux aquatiques

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Ces coursiers des bas-fonds sont porteurs de messages,
Tu peux voir que ce sont des animaux marins ;
Virgile les appelle « hippocampes divins »,
Plusieurs nobles tombeaux s’ornent de leur image.

Pour comprendre leur langue, il convient d’être un mage,
Un poète apnéiste, ou encore un ondin ;
Leur lexique est transcrit sur un long parchemin
Qu’on trouve quelque part, dans les tiroirs d’un sage.

La nuit, ces messagers ne dorment que d’un oeil ;
Ils veillent, certains soirs, en lisant des recueils
De sonnets concoctés par le Dieu des Ténèbres.

Sur terre ils ne vont pas, nous leur en savons gré,
Ils vivent dans les flots, qui sont, pour eux, sacrés ;
C’est leur refuge sûr, c’est un lieu qu’ils célèbrent.

Cochonfucius

Ralentir

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La sagesse, dit-on, de la lenteur est fille,
Sache que rien de grand ne se fait en un jour ;
Qu’importe si le temps file comme une anguille,
Tu dois en profiter, qu’il soit long, qu’il soit court.

Pour le contemplatif, mille vérités brillent
Dans un nuage qui le firmament parcourt ;
Chaque tige de blé que tranche la faucille
Nous dit un petit mot, n’y restons donc pas sourds.

Ceux qui fidèlement ce gai savoir retiennent,
Ceux qui dans les détails à tout lire ont appris,
Ceux-là seront d’accord avec ce que j’écris.

Les poètes, dit-on, peu de savoir détiennent,
Mais se sont procuré ce qui n’a pas de prix :
Il importe donc peu qu’autre chose ils obtiennent.

Cochonfucius

Diable invisible

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Le diable transparent récite un madrigal,
Il veut gagner le coeur de la chèvre Blanchette ;
Il rêve qu’ils pourront mêler leurs barbichettes
Dans une imitation de bonheur conjugal.

Elle ne voudra pas d’un rapport illégal,
Car son âme n’est pas de celles qu’on achète ;
Elle aimerait plutôt trouver une cachette,
(En ville ou dans les bois, cela lui est égal).

Au vieux bouc elle doit accorder ses faveurs ;
S’il éloigne le diable, il sera son sauveur,
Mais d’un pareil combat, l’issue est incertaine.

Ou bien, si le démon se laissait émouvoir,
Chacun serait content de lui dire au revoir,
Surtout s’il s’en allait vers des contrées lointaines.

Cochonfucius

Dame des grands chemins

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L’Amazone parcourt les routes de l’Empire,
Observant les couleurs de la terre et des eaux ;
Son brave palefroi sait que ce monde est beau,
Il est émerveillé, mais il ne peut le dire.

Elle ne compte plus les splendeurs qu’elle admire,
Que ce soit dans l’automne ou dans le renouveau ;
Choisissant pour dormir de modestes hameaux,
Elle s’y trouve mieux qu’avec de nobles sires.

Elle a de bons copains chez les hommes des bois,
Elle chante pour eux, aux heures où l’on boit ;
Vers un autre univers sa chanson les embarque.

Sachant que le bonheur ne dure pas toujours,
Elle attend calmement le verdict de la Parque,
Blottie entre les bras d’un heureux troubadour.

Cochonfucius

Débat du coeur et du corps du barde

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Du barde, les deux chefs ont quelques désaccords,
Nul ne sait arbitrer ce genre de bisbille ;
Aucun des deux cerveaux ne contrôle ce corps,
Le conflit lui permet de reprendre ses billes.

Les deux âmes, pourtant, voudraient faire un effort,
Elles s’entendent bien, ce sont de bonnes filles ;
Mais jamais elles n’ont le moindre réconfort,
Je les vois capoter, leur moral part en vrille.

Les organes, ce sont de bien modestes pions,
Aucun d’entre eux n’exhibe un profil de champion ;
Plus d’un trouverait mieux d’habiter un bouvreuil.

Un coeur est naturel, l’autre est artificiel,
L’esprit de chacun d’eux est très superficiel ;
La vertu d’espérance, ils en ont fait leur deuil.

Cochonfucius

Nef en mer inconnue

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Presque tout l’équipage a quitté le navire,
Eux qui furent pourtant des marins vertueux ;
Le projet du skippeur leur semblait tortueux,
Qui leur avait promis le meilleur et le pire.

Le jour de leur départ, il ne sut quoi leur dire,
Il leur fit ses adieux, cet homme affectueux ;
Puis se replongea dans ses rêves fastueux,
Cherchant à devenir un bâtisseur d’empire.

Ce métier, tu le sais, comporte des dangers,
Depuis l’Antiquité cela n’a pas changé ;
N’affronte pas les flots, si cela t’intimide.

Le Nouveau Monde fut trop loin pour les Gaulois,
Ils trouvaient que la mer est sans règle et sans loi ;
Maître Obélix disait qu’elle était trop humide.

Cochonfucius

Fleur de Sainte Blondinette

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Plus d’un démon rêve à sa chevelure blonde,
De quoi fendre leurs coeurs durs comme des galets ;
Mais aucun d’eux ne sait accéder à son monde,
Cela n’arriverait que si Dieu le voulait.

La Dame est une Sainte, à nulle autre seconde,
Née dans une masure et non dans un palais ;
Chaque fois qu’elle prie, les anges lui répondent,
Qui, pour l’accompagner, disent leur chapelet.

Le seul homme qu’elle aime est l’ermite Guillaume
Dont la plume inspirée presque jamais ne chôme ;
Mais ce n’est pas un saint, c’est un sacré coureur.

Elle se fit recluse aux rives de Dordogne ;
Un ange l’y suivit, déguisé en cigogne,
Un brave séraphin, nullement discoureur.

Cochonfucius

Dame d’inframonde

image de l’auteur

Mes repas sont réduits à l’essentiel,
Une biscotte, une pomme bien mûre ;
Chaque dimanche, une olive en saumure,
Au Nouvel An, deux tartines de miel.

J’ai dû quitter mon cousin Gabriel,
Car il voulait garder son âme pure ;
De mon tourment, je crois qu’il n’en a cure,
Il est content d’être un ange du ciel.

D’être bannie ne me rend pas morose,
Je me souviens du Prince et de sa rose ;
J’ai ce beau livre et ses jolis dessins.

Cet inframonde est aussi pour les sages,
Car tu sais bien qu’ils ne sont pas des saints
Et qu’il vaut mieux douter de leur message.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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