Cloche d’inframonde

image de l’auteur

Un univers sans âme, une étendue déserte ;
Les échos de la voix d’un démon tentateur ;
J’ai rêvé que j’étais, perplexe spectateur,
Arrivé dans ce lieu par une porte ouverte.

L’air était un poison, ma peau devenait verte,
Je n’étais secouru par aucun sauveteur ;
Mais, je ne sais comment, j’ai pris de la hauteur,
Sans craindre, désormais, de courir à ma perte.

Puis, je me suis perdu dans un vagabondage ;
J’aventurai mes pas sur un pont de cordages,
Espérant que ce jeu devait finir bientôt.

S’agissait-il d’un jeu ? N’était-ce qu’un délire ?
Ce qui me réveilla, j’hésite à vous le dire,
C’est un son familier, la cloche d’un bateau.

Cochonfucius

Craindre de franchir le seuil

image de l’auteur

Je vois un nouveau monde et je reste à la porte,
La crainte me saisit, la honte me retient ;
Je sais que je devrais tenir meilleur maintien,
Cependant, je faiblis, que le diable m’emporte.

Alors qu’en temps normal, l’audace me soutient,
Mon âme en ce moment ne se sent pas bien forte ;
Ma flamme m’abandonne et ma vaillance est morte,
Quelques frémissements, c’est tout ce que j’obtiens.

Le désir s’affaiblit, le seuil est toujours là,
Mais ce portail magique en vain se dévoila :
Je ne tenterai point cette étrange aventure.

Quand l’histoire prend fin, le scribe tire un trait ;
Regrette-t-il ce monde auquel il s’est soustrait ?
Il y reste attaché, car c’est dans sa nature.

Cochonfucius

Seuil de l’inconnu

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Me franchir, c’est quitter ta contrée familière,
Tu hésites, sans doute, et tu as bien raison ;
Je t’offre une aventure assez particulière,
Peut-être, tu devrais rester dans ta maison.

Dans l’autre endroit, de rien ne servent les prières,
Ni d’avoir bien appris, autrefois, tes leçons ;
Tu seras entraîné dans une errance fière,
Tu seras accueilli d’une étrange façon.

Ce monde est angoissant, mais il n’est pas hostile,
Malgré quelques démons rôdant aux péristyles ;
Tu seras désarmé par leur simplicité.

Ici la Vérité, d’une brise vêtue,
Chevauche, sous le nom d’Improbabilité,
Son rapide coursier, une noble Tortue.

Cochonfucius

Un penseur sobre

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Je ne m’investis point dans des projets frivoles,
J’attends des arguments quelque peu convaincants ;
Je ne convoite pas tous les postes vacants,
Si je navigue, c’est avec une boussole.

Je parle simplement, sans user d’hyperboles,
Ce qui me permet d’être un bon communicant ;
J’ai toujours évité d’user d’intoxicants,
J’éloigne les prêcheurs usant de fariboles.

Si la métaphysique est en vue, je me sauve ;
Je ne médite point sur des secrets d’alcôve ;
Je ne me plonge point dans les vieux parchemins.
 
Je plaisante parfois, mais c’est en restant digne,
Si j’écris à quelqu’un, je pèse chaque ligne ;
Je tâche d’être honnête, autant qu’il est humain.

Cochonfucius

Carrosse du couronnement

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Je fus Dauphin dès ma naissance,
Je suis votre Roi, maintenant ;
Roi des seigneurs et des manants,
Roi de bienveillante puissance.

Les plus nobles Dames de France
Viennent à mon couronnement ;
Dans mon carrosse, galamment,
J’en prends une en robe garance.

Je veille, en route, à son confort,
J’y consacre tous mes efforts
(En essayant de rester sage).

Son coeur en sera-t-il conquis ?
Elle dit « Non, j’aime un marquis,
Point n’aurez-vous droit de cuissage. »

Cochonfucius

Messire Fringant

image de l’auteur

Ce papillon n’a de son père
Nul souvenir, c’est évident ;
Il n’en souffre point, je l’espère,
Pas plus que n’en souffrit Adam.

Son existence est sans mystère,
Il ne fait rien de fatigant ;
Il agit en célibataire,
Il veut qu’on le trouve élégant.

Carl von Linné sait son lignage,
Il en donne un clair témoignage ;
Qu’il dorme en paix dans son tombeau…

Un rayon de lumière blanche
Baigne les dernières pervenches ;
Du Fringant s’éteint le flambeau.

Cochonfucius

Couple nostalgique

image de l’auteur

L’arbre vieillit, la dryade soupire,
Où s’en alla leur juvénile ardeur ?
Il est passé, le temps de la verdeur,
C’est au repos, maintenant, qu’ils aspirent.

Chronos les tient en ses cruelles spires,
J’entends l’écho de son rire moqueur ;
Il peut compter nos battements de coeur,
Il sait la fin de tout ce qui respire.

En ses vieux jours, l’arbre reste dressé,
Par sa faiblesse il n’est pas rabaissé ;
De souvenirs son âme s’illumine.

En leur hiver est un faible soleil
Qui vers aucun printemps ne s’achemine,
Mais bien plutôt vers l’éternel sommeil.

Cochonfucius

Noblesse du requin

image de l’auteur

Je ne fréquente plus la route des cargos,
Je préfère de loin la paix des eaux profondes ;
Les calamars géants sont presque mes égaux,
Eux qui ont la beauté des anges d’inframonde.

D’innombrables noyés ces lieux sont le tombeau,
Leurs corps sont grignotés par des larves immondes ;
Ils changent de couleur, il perdent des lambeaux,
Les crabes croque-morts dans leurs entrailles pondent.

Je suis de ceux qui fuient la lumière des cieux,
Car l’obscure clarté des grands fonds me plaît mieux ;
Cet environnement convient à ma nature.

Rien n’égale, pour moi, le goût d’un oiseau mort,
Pas même la saveur d’un vieux pêcheur d’Armor,
Pas même des morceaux de sirène immature.

Cochonfucius

Manoir délabré

image de l’auteur

De l’antique manoir est l’état déplorable,
Il y règne, de plus, le manque d’aliments ;
Cependant les cafards y courent hardiment,
Attendant, sans faiblir, des temps plus favorables.

Jadis vécurent là des hommes vénérables,
Et leur deuil, à présent, nous portons tristement ;
Leurs tombes, respectant un strict alignement,
Forment un rang modeste, à l’ombre des érables.

L’eau du ciel s’introduit par les toits défoncés,
Le soleil jette un oeil par les planchers percés ;
En la chambre du fond vit un fantôme pâle.

Un survivant, qui songe à ce passé flétri,
Arpente vainement la pièce principale ;
Il n’est nul souvenir dont il ne soit meurtri.

Cochonfucius

Ambiconnil

image de l’auteur

J’habite un souterrain dans un bois de sapins,
Dans la friche voisine est une herbe ténue ;
Je suis l’Ambiconnil, et non l’Ambilapin,
Une telle nuance est, certes, méconnue.

Je fus pris pour sujet d’une fable en latin,
Une pièce de vers que nul n’a retenue ;
Des textes les plus beaux, le sort est incertain,
C’est ce que dit le druide à la barbe chenue.

Des barbares l’ont-ils fait passer par le feu ?
Je sais qu’ils sont très forts à de tels petits jeux
Et qu’ils le font avec une grâce ineffable.

Je ne parlerai plus de ces mal élevés,
J’attends qu’un autre auteur nous fasse une autre fable ;
C’est un fort beau sujet, pour des gens cultivés.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

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