Fille du roi

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Notre roi sur son pont
Entend parler sa fille ;
Ce père de famille
Sagement lui répond.

Il voudrait être bon
Comme un soleil qui brille :
Gentiment il babille,
Toujours elle dit « Non ».

Il voudrait être ferme
Et dans la tour l’enferme
Afin de l’avertir.

Dans cette chambre basse
Il croit qu’elle trépasse ;
Il tombe en repentir.

Cochonfucius

Roseau qui chante

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Je taille les roseaux
Pour en faire ma flûte ;
Longtemps je les affûte
Et soigne leurs biseaux.

Chantant pour les oiseaux,
Dryades, vous leur plûtes ;
Ensuite, vous leur lûtes
Un bel arioso.

Je n’ai rien d’autre à dire ;
Je vais ranger ma lyre
Car le silence est d’or.

Dans une autre aventure
J’ai perdu ma ceinture ;
Je n’en dis rien, je dors.

Cochonfucius

Poisson de Janus

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Ce poisson bicéphale, il n’a pas forme humaine,
Il ferait mieux d’aller se cacher dans un puits ;
Nous n’aimons nullement le rencontrer la nuit,
Il semble un revenant lorsque la lune est pleine.

Il trouble les ondins, il fait fuir les sirènes,
Neptune ne sait pas ce qu’on fera de lui ;
Des démons, sans nul doute, ici l’ont introduit
Pour, une fois de plus, faire une blague obscène.

Aphrodite envers lui n’aura nulle tendresse,
À d’autres elle ira prodiguer ses caresses ;
Il n’a pas ce qu’il faut pour être son vainqueur.

Il sévissait déjà du temps de mon grand-père ;
Il doit bientôt mourir, ou du moins, je l’espère ;
Notre monde ira mieux sans ce vieil arnaqueur.

Cochonfucius

Pichet de Verlaine

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En taverne le temps s’accélère et s’enfuit,
Dès qu’une chope est vide, elle est à nouveau pleine ;
La belle tavernière a soin de Paul Verlaine,
Le poète maudit qui son coeur a séduit.

Assez peu de buveurs dans ce petit réduit,
Disant au long du jour quelques paroles vaines ;
Ils viennent partager leurs joies et leurs déveines,
Le malheur du poète en rimes se traduit.

Il est désargenté, mais il tient table ouverte,
Ne voulant être seul avec sa boisson verte ;
Il fredonne tout bas quand il est éméché.

Parfois vient un touriste, amateur de folklore,
Qui l’état de ces lieux nullement ne déplore,
Mais goûte les propos du rhapsode fauché.

Cochonfucius

Un lézard au hasard

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J’ai rêvé que j’étais un lézard en hiver,
Ce songe me semblait un délire mystique ;
La lune prononçait des paroles christiques,
La terre était d’azur et le ciel était vert.

Une luciole vint, qui me dicta des vers,
Ayant interrompu son vol acrobatique ;
Un blaireau m’expliqua des mots d’informatique
Que, très probablement, je compris de travers.

Je me mis à planer dans la brise marine,
Dans le lointain voguait la nef de la tsarine ;
Pour barreur, elle avait un polytechnicien.

Les matelots jouaient une musique indienne,
Le grand mât du navire était fait d’obsidienne ;
Et cela se passait dans des temps très anciens.

Cochonfucius

Voyelles

Toile de Kandinsky

Jars noir, Freux blanc, Tic roux, Nu vert, Flot bleu : vaisselles,
Je dirai quelque jour vos démences brisantes
Jars, noir trajet foutu des couches ignorantes
Qui patinent autour des conventions nouvelles,

Tranches d’os ; Freux, jongleurs des voleurs et des fentes,
Frasques des nautoniers, cerfs blancs, chocs de dentelles ;
Tic, pourpres, caramel, rire des péronnelles
Dans la Lozère ou les largesses nivelantes ;

Nu, cycles, ossements crétins des gens timides,
Pont des baquets avec leurs hérons, pont des rides
Que Cordélia imprime avec un air très pieux ;

Flot, suprême électron et ses marcheurs étranges,
Rivages traversés des Martres et des Anges,
Flot des hérons, rayon chavirant de Ses Yeux !–

Cochonfucius

L’oiseau de janvier

image de l’auteur

La neige tombera demain de ce ciel gris,
Ou ne tombera pas, je ne sais pas encore ;
Les pics reflèteront la couleur de l’aurore,
Des corbeaux de la plaine on entendra les cris.

Oiselles d’autrefois, dont mon coeur fut épris,
Mon souvenir en vous sans doute s’évapore ;
Mais lorsque se vida la boîte de Pandore,
L’espérance y resta, c’est un joyau sans prix.

Un frais printemps viendra reverdir la charmille,
De nouveaux nids verront de nouvelles familles ;
Des oisillons viendront découvrir l’univers.

Notre Terre est ainsi, vieille sans être usée,
C’est une aire de jeux, ce n’est pas un musée,
Bien apaisantes sont les longues nuits d’hiver.

Cochonfucius

Porte Saint Denis

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Va sur la Rive Droite (il te faut passer l’eau),
Marche un peu vers le nord, avance, à l’aventure ;
Tu trouveras beaucoup de ruelles obscures,
Tu pourras y croiser le bourge et le prolo.

L’argent dans ces quartiers ne coule pas à flots,
Les commerces y sont de diverses natures ;
Certains sont exercés par d’humbles créatures
Qui gagnent leur pitance en un réduit bien clos.

Tu dois flâner ici sans tomber dans l’excès,
Quant aux lieux de débauche, évites-en l’accès,
Puisque tout leur attrait n’est que vain artifice.

Adopte le maintien d’un jeune homme rangé,
Sache en toute saison te garder du danger ;
Mais tu peux prendre un verre au Bar des Maléfices.

Cochonfucius

Humble ambicoq

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C’est un monstre timide, il demeure caché,
Il quitte rarement sa demeure champêtre ;
Cette tanière n’a ni porte ni fenêtres,
Il est recommandé de s’y tenir couché.

Une oiselle l’aima, son coeur en fut touché,
Mais il n’a point tenté d’en devenir le maître ;
À cet amour fragile et qui venait de naître,
Il a voulu goûter, sans devoir s’attacher.

Il est comme un reclus derrière une muraille,
Comme un mort dans sa tombe, après les funérailles ;
Citoyen du sous-sol, habitant du Néant.

Il ne dira plus rien, car telle est sa nature,
Un prolixe discours lui semble malséant ;
L’ambicoq n’est pas fait pour la littérature.

Cochonfucius

Arbre lunaire

image de l’auteur

L’arbre croît lentement sur l’aride terrain,
Ce décor minéral est un lieu de tortures ;
Pauvre en est le feuillage et basse la stature,
Le satellite est sec, la vie manque d’entrain.

Un plumitif sur lui fait des alexandrins,
À ses rares lecteurs il les jette en pâture ;
L’arbre ne pense rien de ces jeux d’écriture,
Ça pourrait aussi bien être du mandarin.

Ici, pas de vallon, pas de pré, pas de dune,
C’est un lieu desséché, c’est le sol de la Lune ;
Nul jamais n’eut l’idée d’y prendre son repos.

La Terre au firmament, digne et majestueuse,
Adresse au végétal d’équivoques propos,
Lequel ne comprend point ces phrases sinueuses.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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