Sur la croix

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Tu leur donnas ton fils, Maître de l’univers,
De son sang répandu cette croix se macule ;
Elle est du même bois que le bûcher d’Hercule,
De chênes qui ont vu leur centaine d’hivers.

Nul poète latin n’y consacra des vers,
Mais parmi le bon peuple une chanson circule ;
Trois modestes couplets, les rimes s’y bousculent,
Le rythme, cependant, marche un peu de travers.

Mémoire du public, romantique folklore,
De tes mille récits notre âme se colore ;
La rue te sert d’école et d’université.

Dure est du Créateur la fibre paternelle ;
Celle-ci ne doit point notre ire susciter,
Au Fils nous demandons l’indulgence éternelle.

Cochonfucius

Sans paratonnerre

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Tu devrais le savoir, la nef craint les orages,
Le plus sage barreur est contre eux désarmé ;
L’équipage parfois est réduit à ramer
Ou, dans les pires cas, à s’attendre au naufrage.

Mais le grand calme plat nous met aussi en rage,
Tu vois cet océan, nous devons l’écumer ;
Et toi, pendant ce temps, tu te plais à rimer
En admirant la vague et le plaisant rivage.

À ces broutilles, toi, tu veux bien t’arrêter,
Puis avec tes papiers te mettre en sûreté
Aux lieux où la cervoise est à flots déversée ;

Écris donc un peu moins, navigue plus souvent,
Apprends à maîtriser la puissance du vent
Et celle de l’ondine en la vague bercée…

Cochonfucius

Sainte Girafe

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Elle assista la Reine en ses derniers instants,
Afin qu’elle ne fût aux enfers consumée ;
Cette girafe anglaise était du Prince aimée,
Lui qui devint le Roi, de son deuil s’attristant.

Tant de beaux sentiments en ce grand coeur battant,
Tant de chastes amours en cette âme enflammée !
Sa foi ne fut jamais par le doute entamée,
En laquelle régnait un éternel printemps.

Son propos était clair, sa parole était belle,
Elle qui n’était point du nombre des rebelles ;
Son puissant corps savait endurer la douleur.

Le rire du bouffon ne l’a pas offensée,
Elle sait qu’il n’a point de mauvaises pensées ;
Il veut, par son humour, conjurer le malheur.

Cochonfucius

Cellier de Socrate

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Douze amphores, dans ma demeure,
Celles que m’offrit ma moitié ;
Mieux vaut faire envie que pitié,
Ils ne boivent plus, ceux qui meurent.

Qui peut savoir quand viendra l’heure
De prendre congé du cellier ?
Deuil d’un agneau, deuil d’un bélier,
Dans les deux cas la brebis pleure.

Chassons maintenant le souci
Car les dieux ne sont pas sévères ;
Ils savent bien trinquer aussi.

(Socrate ainsi s’est exprimé,
C’est dans ma mémoire imprimé ;
Tout comme lui je persévère.)

Cochonfucius

Combustion

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D’un bois très sec fut vivante la flamme,
Et bienvenue, car le soir descendait ;
Ce feu dansant le monde transcendait,
Un réconfort pour le corps et pour l’âme.

Jadis venait ici la noble Dame
Qui le latin et le grec entendait ;
À ses faveurs un barde prétendait,
Qui d’un refus jamais ne fit un drame.

Il était sage, il était un peu fou,
Lui qui souvent ne faisait rien du tout ;
Pour tout pécule il avait sa folie.

La Dame l’a repris sur plusieurs points,
Mais tu sauras qu’il ne s’en vexa point ;
Ils ont vécu loin de Mélancolie.

Cochonfucius

Serpent de la vigne

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Ce reptile qui mord dans les grappes juteuses,
Il n’aurait point l’idée de manger d’autres fruits ;
Il aime dérober d’un labeur le produit,
Cette pitance est douce à sa langue menteuse.

La Dame fut trompée par ses paroles creuses,
Adam fut à son tour par de tels mots séduit ;
Quelque démons alors ont ce jardin détruit,
Non sans s’être gavés de pommes savoureuses.

Malheur pour cet ancêtre et pour ses descendants !
Beaucoup d’entre eux cuiront dans un brasier ardent,
D’une vie de pécheur la juste pénitence.

Quand auras-tu pitié de nous, Dieu paternel ?
Tu sais que tes enfants ne sont pas éternels,
Mais peut-être, pour toi, c’est de peu d’importance.

Cochonfucius

L’oiseau qui lit Du Bellay

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Pour découvrir une oeuvre il n’est jamais trop tard,
L’oiseau nourrit ainsi son âme béotienne ;
Puis il en parle avec la dame clunisienne
Qu’il nomme, en plaisantant, Noble Mère des Arts.

Il lira Du Bellay, comme on lit au plumard,
Profitant des leçons que les sonnets contiennent ;
Il aime cet auteur, il aime aussi Étienne
De La Boétie qu’il découvrit par hasard.

Les poètes, pour lui, sont une étrange faune,
Qu’ils soient des bords du Rhin, qu’ils soient des bords du Rhône,
Magique est le talent qu’ils savent déployer.

Pour certains, ces auteurs s’occupent de broutilles
Et l’on eût dû plutôt leur présenter des filles ;
Je n’en suis pas d’accord, mais c’est vous qui voyez.

Cochonfucius

Ange agnostique

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L’ange manque de foi, bizarre phénomène,
C’est un penseur sceptique, un rêveur, un blagueur ;
Nul archange du ciel ne lui en tient rigueur,
Il est encore loin de la noirceur humaine.

Je ne vois aucun trouble en son âme incertaine,
Il n’est point abusé par un démon trompeur ;
Son coeur immatériel n’éprouve aucune peur,
Lequel est aussi pur que l’eau d’une fontaine.

Ce noble messager, de lumière vêtu,
Sur de pareils sujets n’a jamais débattu,
Quelque chose me dit qu’il n’en a pas envie.

Ne lui demande pas d’accomplir cet effort,
Qu’il soit imperméable au divin, c’est sa vie,
Lui qui n’a pas besoin de conjurer la mort.

Cochonfucius

Dans ma friche

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Je suis l’hôte discret d’une prairie déserte,
Je m’installe, rêveur, sous un nuage blanc ;
J’ai perdu toute idée de profit ou de perte,
Je vais sans me presser, je n’applique aucun plan.

Je laisse de côté ce qui me déconcerte,
Pourquoi m’y arrêter, je n’en ai pas le temps…
Je n’ai jamais été de ces gens qui dissertent,
Je ne me pris jamais pour un homme important.

Je ne fais presque rien, je regarde et j’écoute
Et je ne tente point de dissiper mes doutes ;
Je crois avoir compris que le silence est d’or.

Comme tout un chacun, je quitterai ce monde,
Ne sombre pas alors dans la peine profonde,
Je sais, dès aujourd’hui, que fragile est mon corps.

Cochonfucius

Paresse d’une étoile

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C’est un astre perdu qui n’en fait qu’à sa tête,
Nous avons oublié comment il se nommait ;
C’est sans doute un Alpha, puis le nom d’une bête,
Ou encore Epsilon, le saurons-nous jamais ?

Aucun docte chercheur n’ira faire une enquête,
C’est un astre inutile, et qui rien ne promet ;
Nul rédacteur non plus, pas même un exégète,
Tout est donc comme si du ciel on le gommait.

Il n’est ni dans la Loi ni dans les Écritures,
Ni dans les faux versets produits par imposture ;
Et nul auteur n’en fit le décor d’un roman.

Il n’éclaira jamais nos joies ni nos souffrances,
Qu’il soit ou non réel, aucune différence,
Il s’introduit ici, je ne sais pas comment.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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