Planète Diracandra

image de l’auteur

Sur cet astre, pas de mystère,
Pas d’impénétrables taillis ;
Mais rien que de charmants pays,
Autant de nouvelles Cythères.

Aucun habitant n’est austère,
Même, ils sont plutôt dégourdis ;
Aucun besoin de Paradis
Car ils l’ont sur leur propre Terre.

C’est très tentant pour les humains,
Mais nous ignorons le chemin ;
Puis cette zone est trop lointaine.

Seuls y sont allés trois corbeaux,
Là-bas morts et mis au tombeau ;
Et leur fin, dit-on, fut sereine.

Cochonfucius

Château d’Arpajon

image de l’auteur

C’est ici qu’a grandi la vicomtesse exquise,
Nourrie de catéchisme et de petits gâteaux ;
Sa gouvernante fut une belle marquise,
Son précepteur un moine, érudit, mais pataud.

De sa naissance on n’a nulle date précise,
Ils n’en parleront pas, les murs du vieux château ;
On en a seulement la chronique indécise
Venant d’un rédacteur qui nous mène en bateau.

La belle sut écrire une émouvante prose
Mêlant à sa vraie vie des actes inventés ;
La fin de ce récit n’est pas à l’eau de rose.

Des pages de souffrance ou bien de volupté,
Du bruit, de la fureur, d’habiles métaphores,
Espérons qu’elle va nous en offrir encore.

Cochonfucius

Roi sans entrain

image de l’auteur

Il était un vieux roi timide et solitaire,
Un fragile vieillard dont l’esprit s’égarait ;
Souvent à ses dépens le bouffon se marrait,
Mais le monarque alors ne faisait que se taire.

Plus jeune, il se plongeait dans les plaisirs vulgaires,
Mais son âme à présent leur trouvait moins d’attraits ;
Même les voluptés, où son corps se vautrait
En douce compagnie, ne le tentaient plus guère.

Il acceptait pourtant de trinquer avec nous,
Trouvant encore assez plaisant de boire un coup ;
Aussi, d’encourager le labeur viticole.

Personne ne t’en veut, pauvre roi désarmé ;
Le noir caveau, bientôt, sur toi se va fermer,
Ta carcasse est déjà la proie des morticoles.

Cochonfucius

Fugacité

image de l’auteur

Sur nos planètes règne un soleil hasardeux,
Nous pensons qu’il en vient à ses heures dernières ;
Soyons reconnaissants pour sa faible lumière,
Il est usé par l’âge, et ce n’est pas honteux.

L’homme s’essouffle aussi quand il devient trop vieux,
Lui qui ne pourra pas revenir en arrière ;
Il perd son arrogance et sa flamme guerrière,
Il devient plus modeste, et cela, c’est tant mieux.

Certains rêvent d’un monde où les âmes s’envolent,
Car ils furent séduits par de saintes paroles ;
D’autres préfèreront se débrouiller sans Dieu.

Le soleil songe-t-il à sa folle jeunesse ?
Vainement sur ce point j’interroge les cieux,
Je ne suis pas certain d’avoir la bonne adresse.

Cochonfucius

Honneur à la sonnante

image de l’auteur

Elle éveille les gens quand survient l’aube claire
Et sait, comme le coq, annoncer le matin ;
Ce vibrant du carillon n’est pas pour nous déplaire,
Nous sortons vivement de nos draps de satin.

La cloche indique aussi le temps crépusculaire,
Si souvent évoqué dans les textes latins ;
De l’horloge elle suit le parcours circulaire
Et sonne aussi le glas quand une vie s’éteint.

Nous aidant à franchir les heures douloureuses,
Accompagnant nos coeurs dans un jour sépulcral,
Elle offre à nos tympans son timbre magistral.

Du coq de ce clocher, serait-elle amoureuse ?
Je ne sais si par elle il se sent attiré,
Je ne crois pas l’avoir entendu soupirer.

Cochonfucius

Licorne et loup

image de l’auteur

La fable quelquefois semble une parabole,
Comme nous le voyons quand le loup parle au chien ;
Mais de licorne et loup, je ne vous dirai rien,
Sinon que l’autre jour j’en ai fait des symboles.

Sage est le Seigneur Loup, mais la Licorne est folle,
Car son âme confond le mal avec le bien ;
Je ne la juge pas, Dieu reconnaît les siens,
Sur de pareils sujets, jamais je n’extrapole.

Rarement tu pourras les voir en même lieu,
Sur les doigts d’une main les exemples se comptent ;
Ils ne complotent rien ensemble, et c’est tant mieux.

La licorne est duchesse et le loup n’est qu’un comte,
De pareils titres ont peu de sens, à mes yeux ;
Ils ne t’apporteront ni l’honneur, ni la honte.

Cochonfucius

Nef des saucisses

image de l’auteur

La brise est favorable, éloignons-nous du port !
Sitôt que nous verrons un piroguier qui rame,
Nous commémorerons notre ancêtre le porc,
Son style poétique et ses cent kilogrammes.

Notre vaillante nef n’est pas en chocolat,
Des charpentiers bretons finement l’assemblèrent.
Dès les premiers instants, sur l’onde elle vola ;
Les beaux oiseaux marins jamais ne s’en troublèrent.

Ce bateau doit porter la gloire des saucisses
Vers des cieux inconnus, de lointains contreforts ;
Et que nul coup du sort jamais ne t’obscurcisse,
Splendeur immaculée des filles de Francfort.

Cochonfucius

Fables et rencontres

image de l’auteur

La fable dit les rencontres galantes,
Les vains remords et les vaines amours ;
À de tels vers Cupidon n’est pas sourd,
Qui plaisent à sa malice volante.

La vie commune est parfois éprouvante,
La solitude est un morne séjour ;
Et tout cela doit nous quitter, un jour,
Car éphémère est toute âme vivante.

D’y réfléchir je ne peux me lasser,
Mais d’en parler, faudrait-il s’empresser ?
Sans avancer, mon esprit se démène.

Ce qui existe, à son tour, passera,
La vie d’un homme ou bien celle d’un rat ;
Rien n’y feront les paroles humaines.

Cochonfucius

Hache du roi

Image du blog Herald Dick Magazine

Vient le roi, brandissant sa hache diabolique ;
D’autant plus effrayant est son rire ingénu.
Cet outil est sacré, c’est presque une relique,
Le bois tremble en voyant paraître l’acier nu

Qui jadis fut béni dans une basilique,
Par un vieux cardinal qui avait beaucoup bu ;
Et les enfants de choeur, de leurs voix angéliques,
Chantèrent, là-dessus, des airs du père Ubu.

Le bois et le monarque ont un rapport mystique,
Et cela crée entre eux quelques liens fantastiques :
C’est, du moins, ce qu’affirme un livre que j’ai lu.

Le roi marche, à présent, dans la forêt nordique,
Brandissant noblement l’instrument fatidique :
Arbres, veuillez mourir, et qu’on n’en parle plus.

Cochonfucius

Oiseau sans paradis

image de l’auteur

Au paradis ne vit nul oiseau, dit le prêtre,
Tous vont en inframonde à l’heure de leur mort,
Retrouvant en ce lieu le démon Belphégor
Qui de tout volatile est le seigneur et maître.

Le moine, qui m’a l’air d’un peu mieux s’y connaître,
Prend alors la parole et dit son désaccord ;
Puisque de nos oiseaux sont purs l’âme et le corps,
Le bonheur éternel est fait pour eux, peut-être.

L’oiseau dit « Pour les morts, il n’est point de survie,
Un cadavre ne fait ni pitié ni envie ;
Disparaître à la fin, c’est le sort de chacun.

On tire le rideau quand le spectacle cesse,
Vers le vestiaire alors les spectateurs se pressent ;
La lumière s’éteint quand il n’en reste aucun. »

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.