Oiseaux de la poste royale

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Ces deux oiseaux facteurs transmirent des missives,
Ils eurent du succès, on se les arrachait.
Les messages s’ornaient de très nobles cachets,
Mais parfois contenaient une prose lascive.

Je les voyais planer de l’une à l’autre rive,
Aux horizons lointains leur regard s’attachait ;
Au Ponant le soleil lentement se couchait,
Un nuage perdu partait à la dérive.

Ils ont aussi formé de jeunes apprentis,
Prenant le plus grand soin de ces braves petits ;
La Reine les logeait en sa belle demeure.

Leur petit déjeuner fut de chez Baillardran,
Un valet matinal le servait à sept heures,
De sucre raffiné les fraises saupoudrant.

Cochonfucius

Coq d’automne et coq d’été

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Le grand coq estival qui régna sans partage
Abdique, c’est l’automne, il n’en est pas amer ;
La brise devient fraîche, elle vient de la mer,
Le Ponant nous envoie quelques sombres nuages.

Le coq d’automne alors en ces lieux emménage,
À sa plus belle épouse il vient offrir un ver ;
Au soleil du matin, son chant traverse l’air,
Tout un chacun se dit que c’est un bon présage.

Les canards de l’étang se disent ses vassaux,
Mais aux canes jamais il ne donne l’assaut ;
La plus jeune, pourtant, lui trouve un certain charme.

Le coq d’été nous donne un dîner savoureux,
Je sais que son trépas ne fut pas douloureux ;
Pas d’obsèques pour lui, pas de deuil, pas de larmes.

Cochonfucius

Donjon des confins

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La salle est éclairée par quatre candélabres,
Où nous dormons, lisons, bavardons et mangeons ;
À partir vivre ailleurs jamais nous ne songeons,
Même si du donjon l’atmosphère est macabre.

Dans notre armurerie s’empoussièrent les sabres,
Jamais en en un combat nous ne nous engageons ;
Les corvées d’entretien, nous nous en déchargeons,
Nous n’intervenons point sur ce qui se délabre.

Maigres sont, cette année, les vendanges d’octobre,
Mais cette pénurie ne nous rendra pas sobres ;
Nous aurons d’autres vins dans nos coupes d’argent.

Et qu’importe, après tout, que ce lieu soit lugubre,
Que trouble soit son eau et son air insalubre ?
Rien ne nous servirait d’être trop exigeants.

Cochonfucius

Sur la croix

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Tu leur donnas ton fils, Maître de l’univers,
De son sang répandu cette croix se macule ;
Elle est du même bois que le bûcher d’Hercule,
De chênes qui ont vu leur centaine d’hivers.

Nul poète latin n’y consacra des vers,
Mais parmi le bon peuple une chanson circule ;
Trois modestes couplets, les rimes s’y bousculent,
Le rythme, cependant, marche un peu de travers.

Mémoire du public, romantique folklore,
De tes mille récits notre âme se colore ;
La rue te sert d’école et d’université.

Dure est du Créateur la fibre paternelle ;
Celle-ci ne doit point notre ire susciter,
Au Fils nous demandons l’indulgence éternelle.

Cochonfucius

Sans paratonnerre

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Tu devrais le savoir, la nef craint les orages,
Le plus sage barreur est contre eux désarmé ;
L’équipage parfois est réduit à ramer
Ou, dans les pires cas, à s’attendre au naufrage.

Mais le grand calme plat nous met aussi en rage,
Tu vois cet océan, nous devons l’écumer ;
Et toi, pendant ce temps, tu te plais à rimer
En admirant la vague et le plaisant rivage.

À ces broutilles, toi, tu veux bien t’arrêter,
Puis avec tes papiers te mettre en sûreté
Aux lieux où la cervoise est à flots déversée ;

Écris donc un peu moins, navigue plus souvent,
Apprends à maîtriser la puissance du vent
Et celle de l’ondine en la vague bercée…

Cochonfucius

Sainte Girafe

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Elle assista la Reine en ses derniers instants,
Afin qu’elle ne fût aux enfers consumée ;
Cette girafe anglaise était du Prince aimée,
Lui qui devint le Roi, de son deuil s’attristant.

Tant de beaux sentiments en ce grand coeur battant,
Tant de chastes amours en cette âme enflammée !
Sa foi ne fut jamais par le doute entamée,
En laquelle régnait un éternel printemps.

Son propos était clair, sa parole était belle,
Elle qui n’était point du nombre des rebelles ;
Son puissant corps savait endurer la douleur.

Le rire du bouffon ne l’a pas offensée,
Elle sait qu’il n’a point de mauvaises pensées ;
Il veut, par son humour, conjurer le malheur.

Cochonfucius

Cellier de Socrate

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Douze amphores, dans ma demeure,
Celles que m’offrit ma moitié ;
Mieux vaut faire envie que pitié,
Ils ne boivent plus, ceux qui meurent.

Qui peut savoir quand viendra l’heure
De prendre congé du cellier ?
Deuil d’un agneau, deuil d’un bélier,
Dans les deux cas la brebis pleure.

Chassons maintenant le souci
Car les dieux ne sont pas sévères ;
Ils savent bien trinquer aussi.

(Socrate ainsi s’est exprimé,
C’est dans ma mémoire imprimé ;
Tout comme lui je persévère.)

Cochonfucius

Combustion

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D’un bois très sec fut vivante la flamme,
Et bienvenue, car le soir descendait ;
Ce feu dansant le monde transcendait,
Un réconfort pour le corps et pour l’âme.

Jadis venait ici la noble Dame
Qui le latin et le grec entendait ;
À ses faveurs un barde prétendait,
Qui d’un refus jamais ne fit un drame.

Il était sage, il était un peu fou,
Lui qui souvent ne faisait rien du tout ;
Pour tout pécule il avait sa folie.

La Dame l’a repris sur plusieurs points,
Mais tu sauras qu’il ne s’en vexa point ;
Ils ont vécu loin de Mélancolie.

Cochonfucius

Serpent de la vigne

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Ce reptile qui mord dans les grappes juteuses,
Il n’aurait point l’idée de manger d’autres fruits ;
Il aime dérober d’un labeur le produit,
Cette pitance est douce à sa langue menteuse.

La Dame fut trompée par ses paroles creuses,
Adam fut à son tour par de tels mots séduit ;
Quelque démons alors ont ce jardin détruit,
Non sans s’être gavés de pommes savoureuses.

Malheur pour cet ancêtre et pour ses descendants !
Beaucoup d’entre eux cuiront dans un brasier ardent,
D’une vie de pécheur la juste pénitence.

Quand auras-tu pitié de nous, Dieu paternel ?
Tu sais que tes enfants ne sont pas éternels,
Mais peut-être, pour toi, c’est de peu d’importance.

Cochonfucius

L’oiseau qui lit Du Bellay

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Pour découvrir une oeuvre il n’est jamais trop tard,
L’oiseau nourrit ainsi son âme béotienne ;
Puis il en parle avec la dame clunisienne
Qu’il nomme, en plaisantant, Noble Mère des Arts.

Il lira Du Bellay, comme on lit au plumard,
Profitant des leçons que les sonnets contiennent ;
Il aime cet auteur, il aime aussi Étienne
De La Boétie qu’il découvrit par hasard.

Les poètes, pour lui, sont une étrange faune,
Qu’ils soient des bords du Rhin, qu’ils soient des bords du Rhône,
Magique est le talent qu’ils savent déployer.

Pour certains, ces auteurs s’occupent de broutilles
Et l’on eût dû plutôt leur présenter des filles ;
Je n’en suis pas d’accord, mais c’est vous qui voyez.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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