Sur la mer

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Un marin réconforte une sirène triste,
Sourires échangés, platoniques amours ;
C’est un petit bonheur qui dure un temps très court,
L’ondine se console avec un apnéiste.

Le capitaine croit que Neptune l’assiste,
Mais les dieux bien souvent à nos désirs sont sourds ;
Des récifs sont placés tout au long du parcours,
Des pièges que la nef rencontre à l’improviste.

En partant de son port le vaisseau fut béni
Par quelques mots latins d’un sage moine carme ;
Un démon fut vaincu dans ce combat sans armes.

Or, tant que leur labeur ne sera pas fini,
Les matelots craindront pour cette nef qui tremble,
Mais vivront cette peur dignement, dans l’ensemble.

Cochonfucius

Biche d’argent

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Je n’arnaque point les corbeaux,
Le croire, c’est une hérésie ;
Jamais de telles fantaisies
Ne traverseront mon cerveau.

Moi, je me nourris d’ambroisie,
Jamais de foin, c’est pour les veaux ;
La fermière les trouve beaux,
Je n’en ai point de jalousie.

Fabuliste, ton papier blanc
Semble appeler des mots troublants,
Ton esprit n’est pas ordinaire.

Je suis une biche, pendard,
Et non ce truand de renard,
Surveille ton imaginaire.

Cochonfucius

Arbre de marbre

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Je ne crains point le ciel qui devient noir,
Moins menaçant que n’est un incendie ;
Je ne crains point les faunes d’Arcadie,
Même s’ils sont amateurs de foutoir.

Je suis un arbre aux magiques pouvoirs,
Par ma force est la dryade enhardie ;
Sa voix s’élève en douces mélodies,
Formant un chant de détresse et d’espoir.

Je dis des vers, ceux que je me rappelle,
Tel un vieux moine en la verte chapelle ;
L’herbe m’écoute et n’en retiendra rien.

J’oublie des mots, mais qu’à cela ne tienne,
Je suis ainsi, les phrases vont et viennent,
Changent de forme et tissent d’autres liens.

Cochonfucius

Laforgue voit des oiseaux

Peinture chinoise

Voici venir le temps des savoureux costumes
Sur les quais de la Seine, et sur les boulevards.
Le très proche printemps s’annonce au ciel blafard,
Et déjà nos jardins au matin se parfument.

Du vert par-ci par-là, quelques fleurs dans la brume,
Telles que les refont, chaque année, nos regards,
Avec un peu d’avance ou un peu de retard,
Et déjà nos oiseaux montrent leurs neuves plumes.

De ce printemps nouveau, la splendeur est en route,
Elle a mûri dehors, sans que ton coeur s’en doute.
« Il rit d’oiseaux, le pin de la façade nord ! »

Oiseaux qui des beaux jours portent la certitude,
Dont le chant nous émeut par une plénitude
Qui nous apaise, et qui nous rend un peu plus forts.

Cochonfucius

Seigneur des éléphants

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J’arbore deux glaives d’ivoire,
Telle est la volonté des dieux ;
Je ne m’en sers jamais, c’est mieux,
Même en cas de colère noire.

Ici j’ai de l’eau fraîche à boire,
Cela, c’est un bienfait des cieux ;
La source est plaisante à mes yeux,
Je peux m’y baigner sans déboires.

Je suis Maître des éléphants,
Ce sont mes petits, mes enfants,
Je les préfère aux sauterelles.

Sans crainte du serpent maudit,
Nous vivons dans un paradis ;
Nul ne nous vient chercher querelle.

Cochonfucius

Le seigneur de Pétaouchnok

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J’ai reçu pour domaine un petit coin de terre,
Je ne suis qu’un baron, je ne suis pas un roi ;
Mon territoire vit sous de paisibles lois,
Je parviens à m’entendre avec mes feudataires.

Un prêtre m’a transmis son goût pour les mystères,
Je n’en suis pas encore à partager sa foi ;
Je suis assez prudent, je crois ce que je vois,
Et non ce qu’autrefois des bardes racontèrent.

Certes, je fus crédule, au temps de mes amours,
Car je tenais pour vrais les mots des troubadours
Quand d’une vie commune ils chantaient les délices.

Je ne regrette rien, j’ai de beaux souvenirs,
Même si, certains jours, j’ai bu le noir calice
Offert par Cupidon, quand il nous veut punir.

Cochonfucius

Lutin d’été

image de l’auteur

Les fruits des vieux jardins ont des goûts de liqueurs,
Je viens les savourer quand les ombres s’allongent ;
Par-delà l’horizon le rouge soleil plonge,
Hypnos dans peu de temps sera notre vainqueur.

Je suis un vieux lutin, jadis un peu moqueur,
Mais guère maintenant, car j’ai jeté l’éponge ;
Mes années révolues me font l’effet d’un songe,
Vous ne me verrez point m’en faire chroniqueur.

Je contemple un fruit mûr que la brise balance,
J’écoute du verger le bienheureux silence ;
Les oiseaux sont partis, l’astre nocturne luit.

Ici venait danser la farfadette brune,
Ensemble nous goûtions la saveur de la nuit ;
Mais elle a disparu, je n’ai plus que la lune.

Cochonfucius

Saint Ambiveau

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Il se souvient des mots du fils du charpentier,
Il est prédicateur de la Bonne Nouvelle ;
Les archanges du ciel l’éventent de leurs ailes,
Il a des auditeurs venus du monde entier.

Sa mère l’abreuva de l’eau d’un bénitier,
Son père l’instruisit avec le plus grand zèle ;
C’est ainsi qu’il devint un apôtre fidèle,
Digne représentant de ce noble métier.

Il a quelques défauts, mais Dieu les lui pardonne,
À qui sans hésiter son âme s’abandonne ;
C’est un humble pécheur, ce n’est pas un héros.

Il demande un secours aux âmes charitables,
Il sait qu’il peut compter sur des gens équitables ;
Certains même voudront lui offrir l’apéro.

Cochonfucius

Nid de l’oiseau magicien

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Le vieil ornithologue a rêvé de le voir,
Ce nid dont la structure est si bien agencée ;
De l’oiseau bâtisseur la subtile pensée
S’appuie sur un solide et ancestral savoir.

« Tu peux fort aisément trouver le nid du loir,
Il est fait de jolies brindilles amassées ;
D’autres formes de nid sont partout recensées,
Mais je n’en aime aucun, malgré ton bon vouloir. »

Ainsi se lamentait ce chercheur aux traits mornes ;
Certes, son désespoir nous a paru sans bornes,
Nous n’avons pu traiter sa demande à la noix.

Le voilà qui poursuit son errance éternelle ;
Au lieu d’être avec nous, buvant sous la tonnelle,
Il parcourt les sentiers, au plus profond des bois.

Cochonfucius

Moines au cabaret

image de l’auteur

En la sombre taverne, où les boissons abondent,
Les moines aiment rire, et la patronne aussi ;
Les uns sont au comptoir, les autres sont assis,
Vers tous les horizons leur esprit vagabonde.

Sur les deux Testaments leur bonne humeur se fonde,
Dont ils ont retenu mille plaisants récits ;
Ce n’est pas un péché de badiner ainsi,
Ça ne fait qu’amuser le Créateur du monde.

Le troquet sert aussi quelques braves marchands,
Les bons moines sur eux n’ont rien dit de méchant ;
Ils se moquent un peu, de façon fraternelle.

Un poète parfois vient au vin s’adonner,
Qui les Psaumes sacrés s’amuse à fredonner ;
Un vieux moine après lui reprend ces ritournelles.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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