Roi sans majesté

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Ce roi gueule un peu fort, mais on le lui pardonne,
C’est moins pire que s’il faisait de longs discours ;
Il est assez subtil, ce n’est pas un balourd,
De sages courtisans toujours il s’environne.

L’orfèvre Saint Éloi lui fit une couronne,
Son chef en est couvert dès le début du jour ;
Avec l’évêque il peut parler de ses amours,
Surtout de Margoton, courtisane friponne.

Il sait bénir le buis pour le jour des Rameaux,
C’est dans la basilique où d’autres rois reposent ;
Sous les gisants de pierre ils abritent leurs os.

Il n’écrit jamais rien, ni en vers, ni en prose,
Il dit qu’être pensant c’est bon pour les roseaux ;
Mais il aime les voix du prince et de sa rose.

Cochonfucius

Ange-quark

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Les lois de l’univers point ne me désappointent,
Car je me sens chez moi dans les astres ardents ;
Je vois les neutrinos au lointain se perdant,
Tandis qu’à mes pareils sagement je m’accointe.

La lumière poursuit sa proie jamais rejointe,
Inondant le cosmos de photons débordants ;
Un chercheur les triture, alchimiste imprudent,
En plein dans l’algorithme un méchant bug se pointe.

La matière est une arme entre les mains de l’homme,
Lui qui fut au jardin vaincu par une pomme ;
Nous savons ce qu’il est, poussière dans le vent.

Par ses jeux dangereux il perdit l’Atlantide,
Dieu sait ce qu’il mijote en son esprit fétide ;
Et cet obscur primate est fier d’être vivant !

Cochonfucius

La tour et la roue

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La tour Eiffel s’adresse à nos antennes,
Voix traversant quelques nuages blancs ;
La roue du Temps, de son puissant élan,
Guide les sons vers des zones lointaines.

Brève est la Vie, la Mort est incertaine,
Et l’avenir est fait de faux-semblants ;
Car nous errons, nous n’avons aucun plan,
Notre vaisseau vogue sans capitaine.

La tour, la roue, mon cher Apollinaire,
Vont s’embrasser, foin des préliminaires,
Et tu pourras baptiser leurs enfants.

Oublie ces mots, faits d’une vaine écume ;
Ils sont venus d’une naïve plume
Qui d’une mouche a fait un éléphant.

Cochonfucius

Bouc de Mallarmé

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La brebis fuit un bélier noir,
De tendresse elle est assoiffée ;
Je lui dis « Ton regard de fée,
C’est le plus doux qu’on puisse voir. »

Mon coeur était en son pouvoir,
Mon âme en fut ébouriffée ;
Ma sagesse était décoiffée,
Mon esprit palpitait d’espoir.

J’étais comme un bouc émissaire
Qu’au désert le prêtres laissèrent,
À la brebis j’en fis l’aveu.

Elle dit « C’est des fariboles,
Tu n’es qu’un mâle un peu nerveux. » ;
Je vois Cupidon qui s’envole.

Cochonfucius

Nef de Benjamin Franklin

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Que le tonnerre gronde et que la foudre tombe,
Nous ne le craindrons plus, l’inventeur en répond ;
Un magique appareil, installé sur le pont,
Capte les électrons qui surgissent en trombes.

Le ciel est menaçant, les cumulus le plombent,
Un sombre vent rugit, mais nous nous en moquons ;
Notre ami le savant, de son esprit fécond,
Pourrait nous protéger, même contre une bombe.

Neptune ne prend pas cela pour un affront,
Il nous lance un message, et nous le déchiffrons,
Il dit que Benjamin ne peut lui faire d’ombre.

Lorsque le ciel s’apaise et redevient d’azur,
Ben délaisse un moment les courbes et les nombres,
Il récite un poème, et sourit dans l’air pur.

Cochonfucius

Logique et magie

Toile de Franz von Stuck

L’inspiration, du feu qui voudrait tout brûler :
Les décors familiers, les scénarios torrides,
Le personnage auquel l’auteur lâche la bride,
La métaphore au loin, qu’on voit étinceler.

La raison, devant ça, se met à panteler,
Elle préfère l’ordre, aussi son front se ride.
Elle a pour instrument une logique aride
Dont seul un discours clair parvient à s’exhaler.

Ces deux autorités chaque jour se bousculent ;
Les concilier serait un vrai travail d’Hercule,
Ou des géants qu’on trouve aux grimoires sanscrits.

À de pareils exploits je ne saurais prétendre :
Ces deux monstres je laisse, ou se battre, ou s’entendre,
Je vois ce qu’il en sort, et je vous le transcris.

Cochonfucius

Rêve d’une valise

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Dans un songe enchanté, j’ai vu le départ proche,
Un dieu me transportait, ou je ne sais pas qui ;
Sur la route il chantait « Rien n’est jamais acquis »,
Ce poème a charmé mon âme de valoche.

Nous avons progressé au travers d’un maquis,
Cet épineux parcours se fit sans anicroches ;
D’une église au lointain résonnèrent les cloches,
Le dieu sans trop d’efforts les obstacles vainquit.

Je n’avais nul regret du monde où sont les hommes,
Ces malheureux fautifs qui mordirent la pomme,
Regrettant le jardin dont ils furent bannis.

À vivre en d’autres lieux mon âme se dispose,
Peut-être en compagnie du prince et de sa rose ;
Trinité, je t’adore et mon coeur te bénit.

Cochonfucius

Quatre chevaliers

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Des mêmes armoiries ces quatre sont porteurs,
Qui sur les grands chemins ensemble se promènent ;
Je crois qu’ils sont tous quatre amoureux d’une reine,
Sans égards pour le roi qui fut leur bienfaiteur.

Nullement de la guerre ils ne sont amateurs,
Ils n’y voient qu’un assaut de brutalité vaine ;
Si l’on tue leurs amis, ça leur fait de la peine,
Mais ils n’abattront point des meurtres les auteurs.

Les armures pour eux ne sont que des symboles,
Comme les sont aussi des prêtres les étoles ;
Mais ils les porteront sans échanger des coups.

Je les vois occupés à vider une amphore ;
Leur visage bientôt de rose se colore,
Cet univers pour eux ne compte plus beaucoup.

Cochonfucius

Sobre manoir

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Bâti loin des chemins, ce gîte est délaissé,
Nul seigneur ne voulut pour demeure l’élire ;
Tu n’y entendras point les rumeurs de l’empire,
Toi qui dis qu’il est vain de s’y intéresser.

Tu n’y verras jamais nulle dame danser,
Car cet endroit n’a rien, vraiment, qui les attire ;
Soit dit sans offenser les gens qui le bâtirent,
Je pense qu’ils se sont vainement dépensés.

Les rhapsodes jamais en ce lieu ne s’abreuvent,
Mais à l’estaminet, sur la rive du fleuve ;
L’aimable tavernière accueille ces rimeurs.

— Édifice oublié, quelle est ta destinée ?
— Moi, je la définis comme indéterminée,
Ça me convient fort bien d’être un manoir dormeur.

Cochonfucius

Deux valets

image de l’auteur

Nous, serviteurs d’un maître vénérable,
Nous sommes fiers d’arborer ses couleurs ;
Et ce seigneur nous dit gens de valeur,
Il a sur nous un avis favorable.

Cela nous fait une vie convenable,
Ici ne sont point d’hommes querelleurs ;
Le temps s’écoule, à l’abri des malheurs,
Jour après jour, entre gens raisonnables.

Sur le blason ne sont point d’ornements,
L’enlumineur l’a tracé sobrement ;
Juste une nef à la fière mâture.

De liberté n’avons aucun désir,
Être valets, pour nous, c’est un plaisir ;
La vie est belle, et pourvu que ça dure !

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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