Ange agnostique

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L’ange manque de foi, bizarre phénomène,
C’est un penseur sceptique, un rêveur, un blagueur ;
Nul archange du ciel ne lui en tient rigueur,
Il est encore loin de la noirceur humaine.

Je ne vois aucun trouble en son âme incertaine,
Il n’est point abusé par un démon trompeur ;
Son coeur immatériel n’éprouve aucune peur,
Lequel est aussi pur que l’eau d’une fontaine.

Ce noble messager, de lumière vêtu,
Sur de pareils sujets n’a jamais débattu,
Quelque chose me dit qu’il n’en a pas envie.

Ne lui demande pas d’accomplir cet effort,
Qu’il soit imperméable au divin, c’est sa vie,
Lui qui n’a pas besoin de conjurer la mort.

Cochonfucius

Dans ma friche

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Je suis l’hôte discret d’une prairie déserte,
Je m’installe, rêveur, sous un nuage blanc ;
J’ai perdu toute idée de profit ou de perte,
Je vais sans me presser, je n’applique aucun plan.

Je laisse de côté ce qui me déconcerte,
Pourquoi m’y arrêter, je n’en ai pas le temps…
Je n’ai jamais été de ces gens qui dissertent,
Je ne me pris jamais pour un homme important.

Je ne fais presque rien, je regarde et j’écoute
Et je ne tente point de dissiper mes doutes ;
Je crois avoir compris que le silence est d’or.

Comme tout un chacun, je quitterai ce monde,
Ne sombre pas alors dans la peine profonde,
Je sais, dès aujourd’hui, que fragile est mon corps.

Cochonfucius

Paresse d’une étoile

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C’est un astre perdu qui n’en fait qu’à sa tête,
Nous avons oublié comment il se nommait ;
C’est sans doute un Alpha, puis le nom d’une bête,
Ou encore Epsilon, le saurons-nous jamais ?

Aucun docte chercheur n’ira faire une enquête,
C’est un astre inutile, et qui rien ne promet ;
Nul rédacteur non plus, pas même un exégète,
Tout est donc comme si du ciel on le gommait.

Il n’est ni dans la Loi ni dans les Écritures,
Ni dans les faux versets produits par imposture ;
Et nul auteur n’en fit le décor d’un roman.

Il n’éclaira jamais nos joies ni nos souffrances,
Qu’il soit ou non réel, aucune différence,
Il s’introduit ici, je ne sais pas comment.

Cochonfucius

Planète Diracandra

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Sur cet astre, pas de mystère,
Pas d’impénétrables taillis ;
Mais rien que de charmants pays,
Autant de nouvelles Cythères.

Aucun habitant n’est austère,
Même, ils sont plutôt dégourdis ;
Aucun besoin de Paradis
Car ils l’ont sur leur propre Terre.

C’est très tentant pour les humains,
Mais nous ignorons le chemin ;
Puis cette zone est trop lointaine.

Seuls y sont allés trois corbeaux,
Là-bas morts et mis au tombeau ;
Et leur fin, dit-on, fut sereine.

Cochonfucius

Château d’Arpajon

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C’est ici qu’a grandi la vicomtesse exquise,
Nourrie de catéchisme et de petits gâteaux ;
Sa gouvernante fut une belle marquise,
Son précepteur un moine, érudit, mais pataud.

De sa naissance on n’a nulle date précise,
Ils n’en parleront pas, les murs du vieux château ;
On en a seulement la chronique indécise
Venant d’un rédacteur qui nous mène en bateau.

La belle sut écrire une émouvante prose
Mêlant à sa vraie vie des actes inventés ;
La fin de ce récit n’est pas à l’eau de rose.

Des pages de souffrance ou bien de volupté,
Du bruit, de la fureur, d’habiles métaphores,
Espérons qu’elle va nous en offrir encore.

Cochonfucius

Roi sans entrain

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Il était un vieux roi timide et solitaire,
Un fragile vieillard dont l’esprit s’égarait ;
Souvent à ses dépens le bouffon se marrait,
Mais le monarque alors ne faisait que se taire.

Plus jeune, il se plongeait dans les plaisirs vulgaires,
Mais son âme à présent leur trouvait moins d’attraits ;
Même les voluptés, où son corps se vautrait
En douce compagnie, ne le tentaient plus guère.

Il acceptait pourtant de trinquer avec nous,
Trouvant encore assez plaisant de boire un coup ;
Aussi, d’encourager le labeur viticole.

Personne ne t’en veut, pauvre roi désarmé ;
Le noir caveau, bientôt, sur toi se va fermer,
Ta carcasse est déjà la proie des morticoles.

Cochonfucius

Fugacité

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Sur nos planètes règne un soleil hasardeux,
Nous pensons qu’il en vient à ses heures dernières ;
Soyons reconnaissants pour sa faible lumière,
Il est usé par l’âge, et ce n’est pas honteux.

L’homme s’essouffle aussi quand il devient trop vieux,
Lui qui ne pourra pas revenir en arrière ;
Il perd son arrogance et sa flamme guerrière,
Il devient plus modeste, et cela, c’est tant mieux.

Certains rêvent d’un monde où les âmes s’envolent,
Car ils furent séduits par de saintes paroles ;
D’autres préfèreront se débrouiller sans Dieu.

Le soleil songe-t-il à sa folle jeunesse ?
Vainement sur ce point j’interroge les cieux,
Je ne suis pas certain d’avoir la bonne adresse.

Cochonfucius

Honneur à la sonnante

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Elle éveille les gens quand survient l’aube claire
Et sait, comme le coq, annoncer le matin ;
Ce vibrant du carillon n’est pas pour nous déplaire,
Nous sortons vivement de nos draps de satin.

La cloche indique aussi le temps crépusculaire,
Si souvent évoqué dans les textes latins ;
De l’horloge elle suit le parcours circulaire
Et sonne aussi le glas quand une vie s’éteint.

Nous aidant à franchir les heures douloureuses,
Accompagnant nos coeurs dans un jour sépulcral,
Elle offre à nos tympans son timbre magistral.

Du coq de ce clocher, serait-elle amoureuse ?
Je ne sais si par elle il se sent attiré,
Je ne crois pas l’avoir entendu soupirer.

Cochonfucius

Licorne et loup

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La fable quelquefois semble une parabole,
Comme nous le voyons quand le loup parle au chien ;
Mais de licorne et loup, je ne vous dirai rien,
Sinon que l’autre jour j’en ai fait des symboles.

Sage est le Seigneur Loup, mais la Licorne est folle,
Car son âme confond le mal avec le bien ;
Je ne la juge pas, Dieu reconnaît les siens,
Sur de pareils sujets, jamais je n’extrapole.

Rarement tu pourras les voir en même lieu,
Sur les doigts d’une main les exemples se comptent ;
Ils ne complotent rien ensemble, et c’est tant mieux.

La licorne est duchesse et le loup n’est qu’un comte,
De pareils titres ont peu de sens, à mes yeux ;
Ils ne t’apporteront ni l’honneur, ni la honte.

Cochonfucius

Nef des saucisses

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La brise est favorable, éloignons-nous du port !
Sitôt que nous verrons un piroguier qui rame,
Nous commémorerons notre ancêtre le porc,
Son style poétique et ses cent kilogrammes.

Notre vaillante nef n’est pas en chocolat,
Des charpentiers bretons finement l’assemblèrent.
Dès les premiers instants, sur l’onde elle vola ;
Les beaux oiseaux marins jamais ne s’en troublèrent.

Ce bateau doit porter la gloire des saucisses
Vers des cieux inconnus, de lointains contreforts ;
Et que nul coup du sort jamais ne t’obscurcisse,
Splendeur immaculée des filles de Francfort.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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