Au jardin des impermanences

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Ne confonds pas ces fleurs avec des immortelles,
Bref sera leur séjour au jardin clairsemé ;
À cette règle stricte, aucune n’est rebelle,
Nulle ne veut garder ce qu’elles ont aimé.

N’ayant point jalousé le vol des hirondelles,
Elles les voient partir dans l’automne enflammé ;
De retour au printemps, ces compagnes fidèles
Par d’autres fleurs verront le jardin transformé.

Or, ces oiseaux non plus ne craignent pas la mort,
Délicate est leur âme, éphémère est leur corps
Dont jamais un tombeau n’entretient la mémoire.

J’aurai le souvenir, aux derniers de mes jours,
D’une fleur, d’un poème ou bien de mes amours,
Pour que sereine soit la fin de cette histoire.

Cochonfucius

Nef de plomb

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Ce vaisseau appartient au plus puissant mécène,
Mais sa coque est de plomb, non de fer ni d’argent ;
Il flotte pourtant bien, ce qui surprend les gens,
Par bon vent de travers il remonte la Seine.

Auprès du capitaine, une dame sereine
Médite au gré de l’onde et du décor changeant ;
Quand le soleil décline, à ses amours songeant,
Elle écoute la voix de sa soeur la sirène.

Lorsque de telles nefs ne navigueront plus,
Plusieurs regretteront qu’elles aient disparu ;
Au musée l’on verra leurs rouges oriflammes.

Un marin retraité, buvant dès le matin,
Sur ce thème écrira quelques vers en latin ;
Des mots évocateurs, écrits avec son âme.

Errance du penseur solitaire

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Je trouve reposant d’aller en divers lieux,
Je fus prédestiné à ces vagabondages ;
J’allais par les chemins au printemps de mon âge,
Ce sont deux ou trois rues maintenant ; je suis vieux.

Je croise des passants, gens de tous les milieux,
Assez facilement le dialogue s’engage ;
J’ai même rencontré d’autres bibliophages
Avec lesquels, d’ailleurs, je m’entendis au mieux.

Au troquet, partageant les urbaines légendes,
Nous nous réhydratons, tandis que le temps fuit ;
De nos plaisanteries la serveuse est friande.

Nous nous appliquons à la sauver de l’ennui,
Nous qui par son sourire avons été séduits ;
Or, cela peut durer, car elle en redemande.

Cochonfucius

Nef ascendante

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Une pente liquide à gravir, c’est du sport,
Et ce lac incliné, c’est vraiment un délire ;
Nous l’escaladons mieux que tout autre navire,
À l’horizon déjà je vois les quais du port.

Tu dois être prudent quand tu tires des bords,
Cette montée oblique est ce qu’on fait de pire ;
Neptune a parsemé de pièges son empire,
Homme, sois vigilant sur tribord et bâbord.

Ainsi, nous progressons sur la pente liquide,
Le soleil nous éclaire et la lune nous guide ;
L’ondin nous voit passer sans trop mal réagir.

Fais gaffe au cachalot, quelquefois il se fâche,
D’un certain point de vue le voyage ça gâche ;
Aussi, quand tous les vents se mettent à rugir.

Cochonfucius

Les ondins et le rat

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Le rat craint les ondins, il lâche sa quenouille
Pour se placer sous la protection des corbeaux ;
Il leur dit qu’il les aime et qu’il les trouve beaux,
Mais pour eux, ce rongeur n’est rien qu’une fripouille.

Les lavandières, quand Jean l’Ondin fait l’andouille,
Prononcent des jurons, délaissant leurs travaux ;
Elle l’appellent plouc, Seigneur des Caniveaux,
Abruti de première et Minable Pedzouille.

Traité de tous les noms, l’ondin ne fait qu’en rire ;
Si l’une d’elles crie qu’elle le fera frire,
« À poêle » est sa réponse, il est un peu moqueur.

Guère aimé des corbeaux, maudit par les commères,
Il n’a point de soupirs ni de larmes amères,
Désinvolte est son âme et paisible son coeur.

Cochonfucius

Arbre intemporel

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Arbre qui de Chronos l’emprise désamorce,
D’un monde parallèle il sut franchir le seuil ;
Ce puissant végétal n’en tire aucun orgueil,
Tu ne le verras point se vanter de sa force.

Nul ver ne se nourrit de la chair de son torse,
Nul champignon pervers ne le mène au cercueil ;
Jamais aucun corbeau ne portera son deuil,
Aucun castor glouton ne mordra son écorce.

Je n’ai jamais connu cet autre firmament ;
Aristote, d’ailleurs, en parle rarement,
Les touristes non plus n’y vont pas, même en rêve.

La lune vient parler, certains soirs, avec lui,
Perdus dans cet échange ils traversent la nuit ;
Or, bien qu’intemporel, il trouve la vie brève.

Cochonfucius

Derniers jours de Maître Coq

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Paisible est Maître Coq, jadis aventureux,
Dans la sérénité que l’âge lui procure ;
Il passe ses vieux jours dans une pièce obscure,
Ses potes lui ont dit qu’il peut compter sur eux.

Il se souvient des lieux où son coeur fut heureux,
Où son âme connut de belles aventures ;
Il trouve maintenant refuge en l’écriture,
Il ne se risque plus à des jeux dangereux.

Il n’eut jamais de goût pour les plaisirs barbares ;
Jamais dans la tempête il ne tenait la barre,
Il préférait toujours dans un port s’abriter.

Son temps est de paresse et de mélancolie,
Ce n’est plus la saison de faire des folies ;
Ses derniers jours n’ont pas un goût d’éternité.

Cochonfucius

Éléphant des montagnes

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Je respire un air pur, je vis sur les hauteurs,
C’est de neige fondue que souvent je m’abreuve ;
Mes pattes souplement sur les pentes se meuvent,
Bien que je ne sois pas un animal sauteur.

Les élégants dahus sont mes admirateurs,
Afin de me complaire, ils font tout ce qu’ils peuvent ;
J’en suis fort estimé, leur zèle en est la preuve,
Je me prends à sourire à leurs propos flatteurs.

Parfois à ce propos un poète élucubre,
Il pense à haute voix, j’entends sa voix lugubre ;
Cet homme ne lit pas dans mon coeur d’éléphant.

J’aime mieux écouter la dame de Luzarches :
Elle me rend visite avec ses trois enfants,
En cette compagnie, sur les sentiers je marche.

Cochonfucius

Griffon d’argent

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Tout jeune, ce griffon connut une déesse,
Il était à ses pieds, timide et langoureux ;
Celle-ci, amusée de ce piètre amoureux,
Ne l’estimait pas plus qu’un chien tenu en laisse.

Ce pauvre soupirant, dépourvu de sagesse,
Étant intoxiqué, se croyait bienheureux ;
Lui qui d’un tel bonheur se croyait désireux,
Couvait d’un doux regard sa cruelle maîtresse.

Tu fus libre jadis, griffon, t’en souviens-tu ?
Un sage te montrait la Voie et sa Vertu,
Ton coeur était serein, ton âme était légère.

Mais tu as préféré te mettre à la merci
D’un Cupidon pervers, tu te fais du souci,
Tu n’apprivoiseras jamais cette mégère.

Cochonfucius

Ce lépidoptère est alerte

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Tu me verras danser, ivre parmi les fleurs,
Ou parcourir, le soir, des forêts de symboles ;
Enfant déjà, j’étais une chenille folle,
Et maintenant je suis un papillon charmeur.

Sur moi les cancrelats font courir des rumeurs,
Car ces insectes-là sont bavards et frivoles ;
Je te demanderai d’ignorer leurs paroles,
Moi qui n’ai que mépris pour leurs sautes d’humeur.

Dans les champs et les prés, cent mille fleurs m’attendent,
Elles n’aiment que moi, c’est ce qu’elles prétendent,
Mais elles s’ouvriront à d’autres, j’en suis sûr.

La lune est un glaçon, le soleil est de flamme,
Les fleurs savent aimer un peu mieux que les femmes ;
Au profond de leur âme, elles n’ont rien d’impur.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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