Sur une basse branche

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De mes modestes fruits la biche s’est nourrie
Et l’écureuil aussi, mais ça, c’est évident ;
Ils ont vite mûri sous des soleils ardents,
Je les ai consacrés à la Vierge Marie.

Tu peux les voir dansant, comme le vent varie,
Le bienfaisant zéphyr ou l’aquilon mordant ;
Dans son jardin les a bénis le père Adam,
Lui duquel nullement la grâce n’est tarie.

Quand la martre survient, les écureuils détalent,
Car cette prédatrice est envers eux brutale ;
Jamais cet animal ne se montre clément.

Rien ne saurait troubler notre âme végétale
Dont la sérénité semble presque totale ;
Nul ne fera de nous des héros de roman.

Cochonfucius

Paon d’inframonde

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Plumes d’argent, motifs ornementaux,
Chef élégant qu’une aigrette décore ;
Lui, ce démon qui les défunts dévore,
Semble avoir l’air d’un bon vivant, plutôt.

Ces malheureux, peu leur chaut qu’il soit beau
Ou que l’épée d’un archange il arbore ;
En ces bas-fonds ils voudraient vivre encore,
Et se nourrir, et boire un verre d’eau.

Le paon s’en moque, et de sa voix puissante
Il se répand en phrases offensantes ;
Il jure autant que fait un vieux marin.

Même sur terre, il était assez vache,
Menant son peuple à grands coups de cravache ;
Il est ainsi, ce cruel souverain.

Cochonfucius

La tour d’abondance

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À tous ses occupants elle offre la richesse,
Ça vient d’un sortilège opérant dans la nuit ;
Une table s’anime et de l’or est produit,
Personne n’a compris d’où viennent ces largesses.

Quelquefois, cependant, ce phénomène cesse,
Il se peut que ce soit l’effet d’un court-circuit ;
Mais un peu de temps passe, et le retour s’ensuit,
La tour verse à nouveau son offrande en espèces.

Le trésor s’accumule, on n’en voit pas le bout,
Certains jours, ça nous semble une histoire de fou,
Un excès de magie, tous les coeurs s’en alarment.

Quand même, nous avons les meilleurs aliments,
Nous en sommes contents, nous qui sommes gourmands,
Et, reconnaissons-le, l’abondance a son charme.

Cochonfucius

Amphore des chevaliers

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Les buveurs ont rejoint la table circulaire
Où vient les divertir un jongleur bondissant ;
Moi, j’offre à tout ce monde un élixir puissant
Qui permet aux humains d’oublier leurs galères.

Un chevalier, vois-tu, c’est un homme ordinaire,
N’attendons pas de lui des exploits fracassants ;
Plutôt que de combattre et de verser le sang,
Il s’attable et s’abreuve, usage millénaire.

À ses voisins de table il narre ses hauts faits,
Il en rajoute un peu, c’est du bon vin l’effet ;
Il émaille sa vie de triomphes sans nombre.

Lui qu’on vit chevaucher dans le soleil couchant,
Lui dont mélancolique et discret fut le chant,
Le voici tout gaillard, il n’a plus rien de sombre.

Cochonfucius

Ambilapinot athlétique

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En quittant son logis, son corps il assouplit,
Il gambade en avril, il galope en décembre ;
Nous pouvons rarement le trouver dans sa chambre,
Il s’active au-dehors, ça ne fait pas un pli.

Notre Ambilapinot, ce sportif accompli,
Doit nécessairement mouvoir ses quatre membres ;
Son corps en plein effort élégamment se cambre,
L’enthousiasme l’emporte et la force l’emplit.

Il est évidemment moins porté sur l’étude,
De sa culture on peut noter l’incomplétude ;
D’ailleurs, les érudits, pour lui, sont des serins.

Pas très porté, non plus, sur les cérémonies,
S’il doit y prendre part, c’est avec ironie
Qu’il remplira son rôle, assez mal, je le crains.

Cochonfucius

Ange interlope

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Nous ne tirons de lui que d’obscures paroles,
Il s’exprime ou se tait selon son bon vouloir ;
Il est discret, toujours, et furtif quand il vole,
Qui le peut discerner dans les lueurs du soir ?

Son oeil peut déchiffrer les arides symboles,
Y compris quand un signe est écrit noir sur noir ;
Il joue de la litote, et non de l’hyperbole,
Lui qui jamais ne porte un message d’espoir.

Il connaît la couleur et le pouvoir des rêves,
Surtout dans les instants de somnolence brève ;
Il sait ce que tu vois quand tu fermes les yeux.

Il aime se moquer des braves cénobites,
Il trouble leur labeur et les lieux qu’ils habitent ;
C’est un ange, pourtant, par la grâce de Dieu.

Cochonfucius

Les saisons de l’oiseau

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J’aime les jours d’été, je préfère l’automne,
J’adore le printemps, je ne crains pas l’hiver ;
Quant au son du tonnerre, au blanc feu de l’éclair,
Voilà ce qui me charme et qui presque m’étonne.

Quel peut être mon rôle au sein de l’univers ?
Ainsi je m’interroge, à chaque heure qui sonne ;
Qu’il ne soit nullement besoin de ma personne,
Cela se pourrait bien, le débat reste ouvert.

Ma brillante jeunesse est maintenant fanée ;
Mon ardeur s’est perdue et mon vol se fait lourd,
Je ne pourchasse plus d’impossibles amours.

Mon coeur songe toujours aux défuntes années,
Il ne peut rien changer, le temps qui reste est court,
Ne le gaspillons pas en stériles discours.

Cochonfucius

Mallarmé

Sculpture de Marcel Duchamp

La confiture vol d’une flamme à la crème
Le trident des loisirs pour la tout tartiner
Se pose (je dirais nourrir un stratagème)
Vers le torchon brûlé son ancien foyer

Mais sans or soupeser que cette ligne lue
La glaciation du feu toujours un peu rieur
Originellement la soudaine berlue
Dans le boyau d’un moine et de son supérieur

Et la crudité d’un petit gendre diffame
Celle qui ne trouvant plâtre cireux au poids
Rien qu’à simplifier avec poivre la flamme

Accomplit par son bec fustigeante un exploit
En semant un radis sur le sol qu’elle écorche
Pendant que dans un coin tout un chacun se torche.

Cochonfucius

Chapelle de Nulle Part

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Sur le porche figure une inscription gothique,
Un errant la déchiffre au soleil vespéral ;
Il lui semble que c’est un précepte moral
Issu probablement d’une sagesse antique.

Le fantôme du lieu, fredonnant un cantique,
Hante paisiblement ce décor minéral ;
Il habita jadis auprès d’un littoral,
Une rive propice aux rêves romantiques.

Dans son nid, sur le mur, une hirondelle dort,
En songe elle se croit une guivre aux yeux d’or ;
Le vagabond s’éloigne, éclairé par la lune.

Dans cette basse nef ne viennent que des morts ;
Ils n’ont nullement l’air de déplorer leur sort,
Le trépas fut pour eux la fin des infortunes.

Cochonfucius

Oiseau marsupial

image de l’auteur

Vers les lointaines mers où voguent les baleines,
J’anime mon plumage et j’agite mes os ;
Dans la douceur de l’air, je survole les eaux
Afin de regagner la verdoyante plaine.

Mon grand-oncle Mouton, maître vêtu de laine,
Dit que j’ai la sagesse (à peu près) d’un roseau ;
Son propos fait honneur à ma tête d’oiseau,
Il faut que je le dise à ma charmante Hélène.

Pourtant, quand il dit ça, je demeure pensif,
Car mon oisillon pousse un murmure plaintif,
Il veut quitter la poche, et chacun peut l’entendre.

Ce vieillissant mouton se montre trop savant,
L’enfant veut s’en aller, et moi, je dois descendre,
Peut-être il veut laisser une place au suivant.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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