Éléphant des montagnes

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Je respire un air pur, je vis sur les hauteurs,
C’est de neige fondue que souvent je m’abreuve ;
Mes pattes souplement sur les pentes se meuvent,
Bien que je ne sois pas un animal sauteur.

Les élégants dahus sont mes admirateurs,
Afin de me complaire, ils font tout ce qu’ils peuvent ;
J’en suis fort estimé, leur zèle en est la preuve,
Je me prends à sourire à leurs propos flatteurs.

Parfois à ce propos un poète élucubre,
Il pense à haute voix, j’entends sa voix lugubre ;
Cet homme ne lit pas dans mon coeur d’éléphant.

J’aime mieux écouter la dame de Luzarches :
Elle me rend visite avec ses trois enfants,
En cette compagnie, sur les sentiers je marche.

Cochonfucius

Griffon d’argent

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Tout jeune, ce griffon connut une déesse,
Il était à ses pieds, timide et langoureux ;
Celle-ci, amusée de ce piètre amoureux,
Ne l’estimait pas plus qu’un chien tenu en laisse.

Ce pauvre soupirant, dépourvu de sagesse,
Étant intoxiqué, se croyait bienheureux ;
Lui qui d’un tel bonheur se croyait désireux,
Couvait d’un doux regard sa cruelle maîtresse.

Tu fus libre jadis, griffon, t’en souviens-tu ?
Un sage te montrait la Voie et sa Vertu,
Ton coeur était serein, ton âme était légère.

Mais tu as préféré te mettre à la merci
D’un Cupidon pervers, tu te fais du souci,
Tu n’apprivoiseras jamais cette mégère.

Cochonfucius

Ce lépidoptère est alerte

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Tu me verras danser, ivre parmi les fleurs,
Ou parcourir, le soir, des forêts de symboles ;
Enfant déjà, j’étais une chenille folle,
Et maintenant je suis un papillon charmeur.

Sur moi les cancrelats font courir des rumeurs,
Car ces insectes-là sont bavards et frivoles ;
Je te demanderai d’ignorer leurs paroles,
Moi qui n’ai que mépris pour leurs sautes d’humeur.

Dans les champs et les prés, cent mille fleurs m’attendent,
Elles n’aiment que moi, c’est ce qu’elles prétendent,
Mais elles s’ouvriront à d’autres, j’en suis sûr.

La lune est un glaçon, le soleil est de flamme,
Les fleurs savent aimer un peu mieux que les femmes ;
Au profond de leur âme, elles n’ont rien d’impur.

Cochonfucius

Colombe d’argent

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Que n’ai-je du corbeau le modeste plumage !
J’ai de cette blancheur pour ma peine hérité ;
Je n’y peux rien changer, je dis que c’est dommage,
Mais je dois accepter cette réalité.

Et le Créateur veut que je lui rende hommage,
Peut-être, je devrais ses louanges chanter ?
De plus, le Saint Esprit contrefait mon image,
Le troisième larron de notre Trinité.

Certes, les immortels ont besoin de victimes,
Et même, pour cela le peuple les estime,
Mais cela n’en fait pas des dieux selon mon coeur.

Le fils du charpentier prétend qu’à son baptême
J’ai chanté qu’il serait des noirs démons vainqueur ;
Mais il rêve éveillé, vois-tu, c’est son problème.

Cochonfucius

Floraison sauvage

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Au mitan de la friche est une étrange fleur,
Dans le monde du rêve elle a son origine ;
Elle porte bonheur, du moins, je l’imagine,
Même sans arborer de riantes couleurs.

Elle a bien supporté du climat les rigueurs,
Les vers n’ont point porté atteinte à ses racines ;
Linné sur un album joliment la dessine,
Sur ce portrait l’on voit sa grâce et sa vigueur.

Cette noble fleurette est nourrie de lumière ;
De la laisser en paix la faune est coutumière,
Aucun mouton jamais ne la viendra brouter.

Des herbes de la friche elle n’est point la reine ;
Certaines, cependant, l’ont prise pour marraine,
Elles ont bien choisi, je n’en veux point douter.

Cochonfucius

Ailes de sinople

image de l’auteur

Sages oiseaux de mer, vous ne redoutez rien,
Vous qui suivez du ciel les vastes avenues ;
Avec Poséidon, divinité chenue,
Depuis la nuit des temps vous vous entendez bien.

Vous allez au-devant de la nef qui revient,
Porteuse des trésors d’une terre inconnue ;
Le capitaine entend vos cris de bienvenue,
Il sait qu’il n’est pas loin du lieu qui est le sien.

Vous aimez, vous aussi, partir à l’aventure,
Car le goût du voyage est dans votre nature ;
Comme nous, vous aimez retourner à bon port.

Portez-vous toujours bien, nobles oiseaux de France,
Car votre vol plané porte notre espérance ;
J’aime vous voir aller si vite et sans effort.

Cochonfucicus

Lierre sentencieux

image de l’auteur

Dans l’existence, il faut que l’on s’accroche,
Disait-il quand nos murs il habillait ;
Et par endroits, même, il s’entortillait
Et s’incrustait sur la paroi de roche.

Il instruisait ses frères et ses proches,
À mieux pousser, toujours il les formait ;
Il le faisait, sauf quand il s’endormait,
Ce vert mentor sans peur et sans reproche.

Prenant l’avis de son cousin le houx,
Il préparait des messages pour nous ;
En l’écoutant, les fleurs furent pensives.

De l’imiter avions-nous le désir ?
Sur cette terre il est d’autres plaisirs
Que d’adopter une forme invasive.

Cochonfucius

Les rois philosophes

Toile de Delacroix

Un roi en manteau bleu offrit la liberté
A ceux de ses soldats qui aimaient leur village ;
Ils ont eu des ennuis avec leur voisinage,
On chuchotait partout qu’ils avaient déserté.

Un roi en manteau blanc voulut l’égalité
Entre les gens de haut et de plus bas lignage ;
Avec les grands seigneurs ça causa du tirage,
Ils grognaient « Quel mépris pour notre qualité ».

Un roi en manteau rouge a dit « Soyons tous frères,
Dieu nous l’a demandé, tant le fils que le père » ;
On l’accusa d’avoir par trop de dévotion.

A ces rois novateurs on a tranché la tête
Et fait de leurs manteaux un drapeau pour la fête.
Je lève donc mon verre à la révolution.

Cochonfucius

Entomologie pour débutants

image de l’auteur

L’insecte ne détient qu’un modeste apanage,
Il n’a de ses parents presque rien hérité ;
Mais lui, joyeusement, se livre aux badinages,
Il trouve sa fortune en sa précarité.

Tu ne le verras point s’astreindre au jardinage,
Mais il connaît les fleurs, il sait en profiter ;
Sur elles se posant, ou dans leur voisinage,
Il en tire sa force et sa sérénité.

Il a pu constater que la rose est prudente,
On ne la compte point dans les rangs des perdantes ;
Aux poètes jadis elle sait qu’elle a plu.

D’avoir sa préférence, il n’ose le prétendre
Car elle n’a rien fait pour le lui faire entendre ;
Il est trop vieux, l’amour ne l’intéresse plus.

Cochonfucius

Sagesse de l’ambitigre

image de l’auteur

C’est un grand érudit, maître de l’exégèse,
Il sait toujours comment aux sources remonter ;
Les récits de jadis, il peut les raconter,
À l’école déjà je le trouvais balèze.

Il commente à loisir la poésie anglaise,
De chaque oeuvre tragique il voit les bons côtés ;
Même, du coq à l’âne il s’amuse à sauter,
Mêlant habilement la thèse et l’antithèse.

Quand il fut amoureux, sa plume s’égarait,
Car en de tels instants l’esprit se désassemble ;
Il n’a plus ce problème, à ce qu’il me paraît.

Il fait ce qu’il préfère et ce qui bon lui semble ;
Je l’entendis souvent qui des blagues narrait
Pour une tavernière, ils en ont ri ensemble.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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