Oiseau pessimiste

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Ce piaf se dit que la vie n’est pas rose,
Lui qui se croit frêle comme un roseau ;
Il assombrit sa cervelle d’oiseau
D’un grand tourment, d’un désespoir sans cause.

Puisque la vie de malheurs se compose,
D’un mauvais sort nous sommes les vassaux ;
Rien ne nous sert de monter à l’assaut,
Le mieux nous fuit et le pire s’impose.

Noirs cauchemars, lorsque vous surgissez,
En inframonde il nous semble glisser ;
Nous n’avons rien pour vaincre la tristesse.

Ce volatile est vraiment mal barré,
Je ne sais pas à qui le comparer ;
C’est un perdant de la plus sombre espèce.

Cochonfucius

Lion céleste

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Quel animal ! Il est beau comme un ange,
Mais comme un homme il sent battre son coeur ;
À Cupidon, qui de lui fut vainqueur,
Il n’en veut point, cela n’a rien d’étrange.

Le temps s’avance, et son visage change,
Mais il vieillit sans perdre sa vigueur ;
Les ans pour lui n’ont pas trop de rigueur,
Lui, cependant, avec l’âge, il se range.

Quant à ses fils, ils sont grands, ces petits,
Pour les plaisirs ils sont pleins d’appétit ;
Par ces enfants sa grandeur se prolonge.

Ils parlent à leur père bien-aimé,
Ils ont appris les mots qu’il fait rimer ;
Quelquefois, même, ils l’entendent en songe.

Cochonfucius

Aigle sans nom

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Le ciel est sur mon arbre une vaste coupole,
Ma branche danse au vent qui vient des nécropoles ;
Moi qui n’ai pas voulu porter un nom banal,
Je suis l’aigle anonyme, un oiseau marginal.

Je demeure à ma place, avare de paroles,
Très sobrement je mange et rarement je vole ;
J’ai deux ou trois amis, revêtus de métal,
Ce sont des hommes forts, mais aucun n’est brutal.

Du Pôle à l’Équateur je plane sans effort,
Sans crainte je franchis les Portes de la Mort ;
Ma vie n’est pas précaire, elle est surnaturelle.

Mais j’aimerais trouver une âme fraternelle,
Qui accompagnerait mon errance éternelle ;
Je le dis à ma femme, elle n’est pas d’accord.

Cochonfucius

Un jeu de hasard

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Le Roi nous a reçus dans sa petite salle,
Car il s’y divertit, s’il est dans un bon jour ;
Nous fûmes trois seigneurs, l’ornement de la Cour,
Acceptant pour enjeux des sommes colossales.

Or, comment surmonter cette addiction fatale ?
Blaise Pascal en traite en un de ses discours ;
Mais nous ne l’aimons point, sa morale est brutale,
Il n’a pas bien compris que « Dieu » veut dire « Amour ».

Les joueurs pour gagner leur sagesse déploient,
Surtout Sa Majesté, qui la Chance tutoie ;
Dans le tirage au sort sont de secrets dangers.

Nul des quatre n’est sûr d’avoir les bonnes cartes,
Mêmes, elles sont parfois dans celles qu’on écarte ;
Qui gagne ? C’est le Roi, cela ne peut changer.

Cochonfucius

Papillon de juillet

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Cet insecte jamais n’est accablé de tâches,
Lui qui butine un peu, mais c’est en amateur ;
Il n’a jamais été un grand consommateur,
Ce n’est nullement lui qui les récoltes gâche.

Certains l’accuseront de s’enfuir, comme un lâche,
Quand il vient à passer devant un prédateur ;
Mais il n’a que mépris pour ces observateurs
Qui ne raisonnent guère, et des clichés remâchent.

Je l’estime avant tout pour sa légèreté
Qui confère à son vol un air de liberté ;
Il ne semble pas moins léger quand il se pose.

Que pense-t-il du froid ? Dort-il pendant l’hiver ?
Se téléporte-t-il dans un autre univers ?
Quels savants sur ce point des réponses proposent ?

Cochonfucius

Monstre ignorant

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Il oublie son savoir, il méconnaît ses maux,
De mille infirmités sa personne est atteinte ;
Il ne laissera pas échapper une plainte,
Lui qui n’est nullement jaloux des gens normaux.

Il écoute les fleurs, il parle aux animaux,
Son affection pour eux n’est aucunement feinte ;
Il laisse s’écouler sa vie en demi-teinte,
Pour évoquer son spleen il sait trouver les mots.

Que j’écrive sur lui n’est pas pour lui déplaire,
Ainsi quelques lecteurs partagent ses galères ;
D’autres, ça les fait rire, il ne leur en veut pas.

Il peut aussi m’aider à choisir des images,
Ce n’est pas évident, c’est assez chronophage,
Quand il a bien bossé je lui offre un repas.

Cochonfucius

Tour minimaliste

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Cette tour au Ponant modestement s’élève,
Je la vois rosissant aux derniers feux du jour ;
Des arbres merveilleux poussent aux alentours,
Il est doux de flâner dans ce décor de rêve.

D’un poète latin ce lieu fut le séjour,
Dont j’aime réciter deux ou trois strophes brèves ;
Au long des nuits d’hiver il écrivait sans trêve,
Mais sans jamais se perdre en de trop longs discours.

Il narre le meilleur, il raconte le pire,
Évoquant la naissance et la fin des empires ;
Or, tout ce qu’il en pense, il le dit sans façon.

L’amour est le sujet de ses plus belles pages,
Avec délectation, je les lis sur la plage ;
C’est beau comme un sonnet, beau comme une chanson.

Cochonfucius

Ancre d’or et de sinople

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Je connais le navire, il est mon bien-aimé,
Les marins sont charmants, le capitaine est sage ;
Jamais tu ne verras un plus bel équipage,
Jamais plus beau vaisseau tu ne pourras armer.

Tu vois que, sur le pont, tout est bien arrimé,
Que le journal du bord est dans un beau langage ;
En ordre et sans trembler nous faisons ce voyage,
Nous sommes les meilleurs (ce n’est pas pour frimer).

Qu’importent les propos de la sirène folle ?
Je ne crains nullement les caprices d’Éole ;
Je sais qu’on m’apprécie pour ma solidité.

Quand il nous faut cesser de parcourir l’espace,
J’agrippe mon cordage et la nef reste en place ;
Mon poste en aucun cas je ne saurais quitter.

Cochonfucius

Dame cathare

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Dans le manichéisme a grandi cette dame,
Un Maître pour le Bien, un pour le Mal aussi ;
Un binôme au pouvoir, ce n’est pas un souci,
Cela ne trouble pas la candeur de cette âme.

Ève comme Lilith, l’une et l’autre sont femmes,
Le serpent mêmement les tient à sa merci ;
L’Alpha et l’Oméga ont un rôle précis,
Tissant de l’univers la rigoureuse trame.

De l’Olympe sacré les dieux se sont enfuis,
À l’état de musées leurs temples sont réduits ;
Ils n’ont plus de valets, il n’ont plus de servantes.

La dame est sans égards pour les prêtres qui mentent,
Car leur Unité Triple est abracadabrante ;
Le Vatican pourra se la garder pour lui.

Cochonfucius

Fleurs méditantes

image de l’auteur

Ces fleurs, pour s’occuper, résolvent des problèmes,
Quoique, souventes fois, ça ne les mène à rien ;
Une pause elles font lorsque le soir survient,
Laissant leurs équations, laissant leurs théorèmes.

C’est ainsi chaque jour, car c’est ce qu’elles aiment,
C’est une activité qui leur forme entretient ;
Que ce soit inutile, elles s’en moquent bien,
Si ça ne te plaît pas, c’est du pareil au même.

Je ne sais pas de qui elles tiennent ce don,
Si ce fut un chercheur, un savant de renom,
Ou, plus banalement, un modeste écolâtre.

Ces belles fleurs n’auront jamais de doctorat,
Nulle grande revue ne les éditera ;
Elles n’en ont, vois-tu, strictement rien à battre.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

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