Quatre chevaliers

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Des mêmes armoiries ces quatre sont porteurs,
Qui sur les grands chemins ensemble se promènent ;
Je crois qu’ils sont tous quatre amoureux d’une reine,
Sans égards pour le roi qui fut leur bienfaiteur.

Nullement de la guerre ils ne sont amateurs,
Ils n’y voient qu’un assaut de brutalité vaine ;
Si l’on tue leurs amis, ça leur fait de la peine,
Mais ils n’abattront point des meurtres les auteurs.

Les armures pour eux ne sont que des symboles,
Comme les sont aussi des prêtres les étoles ;
Mais ils les porteront sans échanger des coups.

Je les vois occupés à vider une amphore ;
Leur visage bientôt de rose se colore,
Cet univers pour eux ne compte plus beaucoup.

Cochonfucius

Sobre manoir

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Bâti loin des chemins, ce gîte est délaissé,
Nul seigneur ne voulut pour demeure l’élire ;
Tu n’y entendras point les rumeurs de l’empire,
Toi qui dis qu’il est vain de s’y intéresser.

Tu n’y verras jamais nulle dame danser,
Car cet endroit n’a rien, vraiment, qui les attire ;
Soit dit sans offenser les gens qui le bâtirent,
Je pense qu’ils se sont vainement dépensés.

Les rhapsodes jamais en ce lieu ne s’abreuvent,
Mais à l’estaminet, sur la rive du fleuve ;
L’aimable tavernière accueille ces rimeurs.

— Édifice oublié, quelle est ta destinée ?
— Moi, je la définis comme indéterminée,
Ça me convient fort bien d’être un manoir dormeur.

Cochonfucius

Deux valets

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Nous, serviteurs d’un maître vénérable,
Nous sommes fiers d’arborer ses couleurs ;
Et ce seigneur nous dit gens de valeur,
Il a sur nous un avis favorable.

Cela nous fait une vie convenable,
Ici ne sont point d’hommes querelleurs ;
Le temps s’écoule, à l’abri des malheurs,
Jour après jour, entre gens raisonnables.

Sur le blason ne sont point d’ornements,
L’enlumineur l’a tracé sobrement ;
Juste une nef à la fière mâture.

De liberté n’avons aucun désir,
Être valets, pour nous, c’est un plaisir ;
La vie est belle, et pourvu que ça dure !

Cochonfucius

Au jardin des impermanences

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Ne confonds pas ces fleurs avec des immortelles,
Bref sera leur séjour au jardin clairsemé ;
À cette règle stricte, aucune n’est rebelle,
Nulle ne veut garder ce qu’elles ont aimé.

N’ayant point jalousé le vol des hirondelles,
Elles les voient partir dans l’automne enflammé ;
De retour au printemps, ces compagnes fidèles
Par d’autres fleurs verront le jardin transformé.

Or, ces oiseaux non plus ne craignent pas la mort,
Délicate est leur âme, éphémère est leur corps
Dont jamais un tombeau n’entretient la mémoire.

J’aurai le souvenir, aux derniers de mes jours,
D’une fleur, d’un poème ou bien de mes amours,
Pour que sereine soit la fin de cette histoire.

Cochonfucius

Nef de plomb

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Ce vaisseau appartient au plus puissant mécène,
Mais sa coque est de plomb, non de fer ni d’argent ;
Il flotte pourtant bien, ce qui surprend les gens,
Par bon vent de travers il remonte la Seine.

Auprès du capitaine, une dame sereine
Médite au gré de l’onde et du décor changeant ;
Quand le soleil décline, à ses amours songeant,
Elle écoute la voix de sa soeur la sirène.

Lorsque de telles nefs ne navigueront plus,
Plusieurs regretteront qu’elles aient disparu ;
Au musée l’on verra leurs rouges oriflammes.

Un marin retraité, buvant dès le matin,
Sur ce thème écrira quelques vers en latin ;
Des mots évocateurs, écrits avec son âme.

Errance du penseur solitaire

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Je trouve reposant d’aller en divers lieux,
Je fus prédestiné à ces vagabondages ;
J’allais par les chemins au printemps de mon âge,
Ce sont deux ou trois rues maintenant ; je suis vieux.

Je croise des passants, gens de tous les milieux,
Assez facilement le dialogue s’engage ;
J’ai même rencontré d’autres bibliophages
Avec lesquels, d’ailleurs, je m’entendis au mieux.

Au troquet, partageant les urbaines légendes,
Nous nous réhydratons, tandis que le temps fuit ;
De nos plaisanteries la serveuse est friande.

Nous nous appliquons à la sauver de l’ennui,
Nous qui par son sourire avons été séduits ;
Or, cela peut durer, car elle en redemande.

Cochonfucius

Nef ascendante

image de l’auteur

Une pente liquide à gravir, c’est du sport,
Et ce lac incliné, c’est vraiment un délire ;
Nous l’escaladons mieux que tout autre navire,
À l’horizon déjà je vois les quais du port.

Tu dois être prudent quand tu tires des bords,
Cette montée oblique est ce qu’on fait de pire ;
Neptune a parsemé de pièges son empire,
Homme, sois vigilant sur tribord et bâbord.

Ainsi, nous progressons sur la pente liquide,
Le soleil nous éclaire et la lune nous guide ;
L’ondin nous voit passer sans trop mal réagir.

Fais gaffe au cachalot, quelquefois il se fâche,
D’un certain point de vue le voyage ça gâche ;
Aussi, quand tous les vents se mettent à rugir.

Cochonfucius

Les ondins et le rat

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Le rat craint les ondins, il lâche sa quenouille
Pour se placer sous la protection des corbeaux ;
Il leur dit qu’il les aime et qu’il les trouve beaux,
Mais pour eux, ce rongeur n’est rien qu’une fripouille.

Les lavandières, quand Jean l’Ondin fait l’andouille,
Prononcent des jurons, délaissant leurs travaux ;
Elle l’appellent plouc, Seigneur des Caniveaux,
Abruti de première et Minable Pedzouille.

Traité de tous les noms, l’ondin ne fait qu’en rire ;
Si l’une d’elles crie qu’elle le fera frire,
« À poêle » est sa réponse, il est un peu moqueur.

Guère aimé des corbeaux, maudit par les commères,
Il n’a point de soupirs ni de larmes amères,
Désinvolte est son âme et paisible son coeur.

Cochonfucius

Arbre intemporel

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Arbre qui de Chronos l’emprise désamorce,
D’un monde parallèle il sut franchir le seuil ;
Ce puissant végétal n’en tire aucun orgueil,
Tu ne le verras point se vanter de sa force.

Nul ver ne se nourrit de la chair de son torse,
Nul champignon pervers ne le mène au cercueil ;
Jamais aucun corbeau ne portera son deuil,
Aucun castor glouton ne mordra son écorce.

Je n’ai jamais connu cet autre firmament ;
Aristote, d’ailleurs, en parle rarement,
Les touristes non plus n’y vont pas, même en rêve.

La lune vient parler, certains soirs, avec lui,
Perdus dans cet échange ils traversent la nuit ;
Or, bien qu’intemporel, il trouve la vie brève.

Cochonfucius

Derniers jours de Maître Coq

image de l’auteur

Paisible est Maître Coq, jadis aventureux,
Dans la sérénité que l’âge lui procure ;
Il passe ses vieux jours dans une pièce obscure,
Ses potes lui ont dit qu’il peut compter sur eux.

Il se souvient des lieux où son coeur fut heureux,
Où son âme connut de belles aventures ;
Il trouve maintenant refuge en l’écriture,
Il ne se risque plus à des jeux dangereux.

Il n’eut jamais de goût pour les plaisirs barbares ;
Jamais dans la tempête il ne tenait la barre,
Il préférait toujours dans un port s’abriter.

Son temps est de paresse et de mélancolie,
Ce n’est plus la saison de faire des folies ;
Ses derniers jours n’ont pas un goût d’éternité.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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