Aérien destrier

image de l’auteur

Pégase en ses vieux jours est lassé des voyages,
Il n’est plus assez fort pour braver les dangers ;
Il sait également que le monde a changé,
Que plus aucun héros n’en fait le nettoyage.

Héros, simples mortels, nous sommes de passage,
Très provisoirement en ce cosmos logés ;
Sur la durée du bail on peut s’interroger,
Rarement l’univers nous envoie des messages.

Te reste-t-il des ans, des jours ou des semaines ?
Précaire est le décours de toute vie humaine,
Et celle d’un cheval est plus brève, souvent.

Ni vivre ni mourir ne me sont difficiles,
Puisque toujours je fus un destrier docile,
Jamais je ne craignis que m’ emporte le vent.

Cochonfucius

Nous sommes des feuilles

image de l’auteur

La feuille au vent mauvais voyage,
Invisibles sont ses chemins ;
Nul ne trouvera ce sillage
Sur un atlas en parchemin.

Tu es un scribe au rêve enclin,
Tu aimes ce vagabondage ;
Tu crois y voir d’un dieu la main,
C’est d’un démon le badinage.

Ni canicule ni fraîcheur,
Ni la parole d’un prêcheur
N’y peuvent rien, toute vie cesse.

La feuille ne fait que passer
Sur des chemins trop mal tracés,
Dès que son arbre la délaisse…

Cochonfucius

Poisson de Bounine

image de l’auteur

Des torrents, ce poisson recherche le danger,
Qui toujours préféra la montagne à la plaine ;
L’ondine de ces eaux n’est certes pas vilaine,
En sa chambre aquatique elle aime l’héberger.

L’ondin, son compagnon, n’en est pas outragé,
Il va se consoler auprès d’une sirène ;
Chacun d’eux l’a compris, la jalousie est vaine,
Ça n’aurait aucun sens de vouloir se venger.

Seuls de mauvais esprits vont rechercher des torts,
Jamais Pollux ne fit de reproche à Castor ;
Il savait, quant à lui, que la vindicte est basse.

Le poisson de Bounine est bien accompagné,
L’ondine l’apprécie surtout pour son audace ;
Sa bonne humeur non plus n’est pas à dédaigner.

Cochonfucius

Dans ta lumière

Toile de Ishida Yūtei

Toi qui pendant deux ans fus ma correspondante,
(Mais je savais que ça n’était pas pour toujours),
Tu pouvais dissiper la routine astreignante,
Muse de mes saisons, lumière de mes jours.

Cette clarté venait de tes phrases mordantes
Et de ta fantaisie aux gestes sans recours,
Rendant les vérités cent fois plus évidentes
Et sur les illusions jetant un éclat sourd.

Je me tiens à présent dans une humble pénombre ;
Mes mots, ni lumineux, ni totalement sombres,
Sont aussi fugitifs que les reflets du soir.

De ce qui est parti sans laisser d’espérance,
Je ne puis que garder la tendre souvenance,
Comme de vieux rayons s’attardent au miroir.

Cochonfucius

Manoir de l’escargot

image de l’auteur

De ce seigneur, qui n’est guère pressé,
Je chanterai le logis sur ma lyre ;
C’est son abri, c’est son recoin d’empire,
Pour l’admirer nous devons nous baisser.

C’est très étroit, soit dit sans l’offenser,
Mais c’est assez pour ce modeste sire ;
De la limace est le destin bien pire,
Qu’en tenue d’Ève on peut voir progresser.

Fort lentement ces animaux se meuvent,
Tout à loisir ils mangent et s’abreuvent ;
Aucun d’entre eux ne pousse de clameurs.

Porter son toit, telle est sa destinée,
En profitant des fraîches matinées ;
Il a déjà son cercueil quand il meurt.

Cochonfucius

Monstre sans vigueur

image de l’auteur

Aux mots d’Éros cet animal est sourd,
Il n’est de ceux qui leur femelle honorent ;
Ni dans le soir, ni quand survient l’aurore
Il n’accomplit les gestes de l’amour.

Tu ne pourras avoir à lui recours,
Dryade au bois, que le désir dévore ;
Dans ton grand lit que mille fleurs décorent,
Ses muscles las ne feront point séjour.

Mais envie-t-il ces amants éperdus
Par qui est tant de bonheur attendu ?
Il n’eut jamais le goût de telles fêtes.

Je ne sais pas s’il a d’autres pouvoirs ;
Peut-être est-il un Maître du Savoir,
Peut-être a-t-il du plaisir dans sa tête.

Cochonfucius

Deux coqs dans la buvette

image de l’auteur

Deux fins buveurs sont là, ni jeunes, ni très vieux,
Ils n’ont pas trop la forme, ils ont un peu de ventre ;
Ils arrivent ici dès qu’ils quittent leurs antres,
C’est devenu banal de les voir en ces lieux.

Sachant se contenter de ce qu’on fait de mieux,
Pour déguster leur vin, leur âme se concentre ;
Ils donnent de la voix, mais sont de mauvais chantres,
Ils ne sauraient charmer les hommes ni les dieux.

Ici c’est leur refuge, et c’est leur camp de base ;
De notre dieu Bacchus ils sont deux hypostases,
C’est une identité qu’ils aiment endosser.

Souvent à la serveuse ils apportent des roses,
Qui pour blaguer leur dit « Ça rime avec cirrhose »,
Leur fait un grand sourire, et retourne bosser.

Cochonfucius

Jour sobre

image de l’auteur

Au milieu de la table,un pichet d’eau limpide,
Ce n’est pas aujourd’hui le jour des fruits de mer ;
Maigre est ce déjeuner, mais il n’est pas amer,
Il n’est guère fréquent qu’une bouteille on vide.

Il faut se modérer rien ne sert d’être avide,
Sans lourdes digestions, l’esprit sera plus clair ;
Absorbons ces portions légères comme l’air,
Notre corps restera quand même assez solide.

Il importe de bien choisir ses aliments,
D’espacer les repas, de mâcher calmement
Et de toujours savoir trouver la juste dose.

Les beaux élans vitaux n’en seront point taris,
L’esprit de poésie n’en sera point marri,
Nobles seront les vers et vivante la prose.

Cochonfucius

Oiseau des solstices

image de l’auteur

De Saint-Jean, de Noël il garde les coutumes,
Des jours qu’un citoyen se doit de célébrer ;
D’un hymne solennel j’entends sa voix vibrer,
Il chante en bon latin, moine vêtu de plumes.

Cela permet aux gens d’oublier l’amertume
D’un quotidien navrant, de coeurs enténébrés ;
Je suis réconforté par le texte sacré
Ainsi que par le feu qui le cierge consume.

L’oiseau sait discerner ce que je ne peux voir ;
Sa sensibilité, plus fine que la mienne,
Le rend plus réceptif aux nobles vérités.

Beaucoup de ses pareils ont le même savoir,
Et nous n’en avons rien, mais qu’à cela ne tienne,
Nous sommes estimés pour d’autres qualités.

Cochonfucius

Plume à prose et plume à rimes

image de l’auteur

Sur le bureau du scribe on voit deux plumes frêles,
Toutes deux pour noter les peines et les joies ;
Sur le lisse papier, plus doux que de la soie,
L’une et l’autre, à loisir, tracent des lettres grêles.

La première a le vers pour langue naturelle,
Par elle bellement les rimes se déploient ;
Pour la prose exprimer, la seconde on emploie,
Atteignant des sommets de clarté structurelle.

Notre scribe apprécie leurs vertus combinées,
Au long du jour en est son âme illuminée ;
Souvent le résultat plaît a sa dulcinée.

Elle y trouve parfois d’insoupçonnés mystères,
Une trace laissée par un penseur austère,
Un mot qui fit marrer les gens d’un phalanstère.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.