Langue des cygnes

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Notre jargon ne peut être imité,
Il est obscur, il est indécryptable ;
Des cygnes c’est la langue véritable,
Dame Léda dit l’avoir inventé.

Celle par qui fut Pollux enfanté
En a charmé son amant redoutable ;
De nous l’apprendre, elle fut charitable,
Avec ces mots nous pouvons mieux chanter.

Chacun des mots rime avec son contraire,
Tous sont vivants, mais aucun n’est vulgaire,
Entre eux, parfois, il semblent conspirer/

De nos aïeux nous restent des complaintes,
Nos troubadours vécurent sans contraintes,
Nous constatons qu’ils ont bien déliré.

Cochonfucius

Cette Dame est un ange

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Sa demeure est là-haut, tout là-haut, dans le ciel,
En un jardin magique où la brise murmure ;
D’un athlétique archange étincelle l’armure,
Le domaine est enclos d’un mur immatériel.

L’invincible guerrier, cousin de Gabriel,
Sent que l’Amour atteint son âme jadis pure ;
Il sait que, cependant, la Dame n’en a cure,
Dont rien ne peut toucher le coeur immatériel.

Il écrit un sonnet qui son malheur expose,
Mais nul ne s’intéresse aux lignes qu’il compose;
Un angelot, pourtant, les orne de dessins.

Qui pourrait émouvoir cette Dame trop sage ?
Un pécheur repenti ? Un démon ? L’Esprit Saint ?
Un grand seigneur, usant de son droit de cuissage ?

Cochonfucius

Sagesse mandrykienne

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Du Concombre n’est pas la fine âme étourdie,
Monté sur son enclume, il traverse les cieux ;
Il atteint l’arc-en-ciel, on ne peut faire mieux,
Sa main garde le cap, et n’est pas engourdie.

Tu dis que sa légende est une parodie ?
Elle est pourtant prisée des hommes et des dieux ;
Ce légume masqué nous en met plein les yeux,
Lui dont la bonne humeur n’est jamais refroidie.

Quand je lis ses albums, au soir, à la chandelle,
Sur ce noble héros je veux prendre modèle ;
J’aimerais partager ses étranges savoirs.

L’enclume, je le sais, finit par redescendre,
Ainsi l’avait prévu la sagace Cassandre ;
Mais avec un échec cela n’a rien à voir.

Cochonfucius

La mer recommencée

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Nous voici loin des ports et loin des promontoires,
Sans croiser d’autre nef, ni le jour, ni la nuit ;
Le vent nous accompagne et l’horizon s’enfuit,
Le ciel étoilé dit toujours la même histoire.

La sirène surgit, séductrice notoire,
L’ondin reste caché prudemment, quant à lui.
Un vif poisson volant porte un reflet qui luit,
Je capte avec plaisir cet éclat transitoire.

Un ange est installé sur un nuage blanc,
Il dit qu’il nous protège (on sait qu’il fait semblant) ;
Nous filons vaillamment, mais sans forcer l’allure.

Notre grand passe-temps, c’est de laver le pont,
Ou sinon, pour vider la cale, nous pompons
En braillant des chansons qui à nos pères plurent.

Cochonfucius

Navigation sans visibilité

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Sur cette mer sont de brumeux chemins,
Assez hostile est ici la nature ;
Mais notre nef hardiment s’aventure,
Chargée qu’elle est de courageux humains.

Notre barreur a de robustes mains,
Lui qui la soif et la fringale endure ;
Il tient le cap sans craindre la froidure,
En espérant de meilleurs lendemains.

D’aller en mer n’est pas une infortune,
Car nous voyons des choses peu communes
Dont un rimeur aimerait se nourrir.

Souffrir un peu n’est point pour nous déplaire,
Nous méritons ainsi de bons salaires ;
Il nous faut juste éviter de mourir.

Cochonfucius

Fontaine des Trois Grâces

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Sous la pression, l’eau s’écoule en flots larges,
Tout au sommet, celles dont tu rêvais ;
Trois femmes dont les corps sont fort bien faits,
Qui volontiers de t’égayer se chargent.

De leurs portraits le scribe orna la marge
D’un bref traité sur ce monde imparfait ;
C’était un gars qui leurs trois noms savait.
Les lui apprit l’instituteur de Garges.

Elles sont nées dans des temps très lointains,
Peu d’érudits connaissent leur histoire ;
Plusieurs détails pour eux sont incertains.

De ces chercheurs défaille la mémoire,
Ce qui jamais ne bride leur entrain ;
Fort rarement un doute les étreint.

Cochonfucius

Fontaine par Jacky Dumergue et jbb (merci à Franquin)

Langue des mains

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Un geste quelquefois remplace un mot courant,
Ainsi l’on communique au milieu de la foule ;
Si ce n’est pas compris, tout au moins, ça défoule,
Mais, la plupart du temps,c’est assez transparent.

On peut en obtenir quelques effets marrants,
Sans élever le ton, et sans se mettre en boule ;
On peut donner à voir une forme qu’on moule,
Les gens ont pour cela des codes différents.

Cela permet aussi l’humour et l’ironie,
Aussi la métaphore, et l’heureuse harmonie,
Sans devoir pour cela faire entendre sa voix.

Les plus forts d’entre nous savent mimer le rire
Et sans fausse pudeur leurs impressions décrire ;
Comme les mots parlés, les gestes ont leurs lois.

Cochonfucius

Trolls en balade

Composition de l’auteur

Comment marche la nef qui n’a point de mâture ?
En se laissant porter par les courants sereins,
Elle glisse au hasard sous les astres d’airain ;
Son équipage est fait de trois trolls immatures

Ne sachant point parler (sauf en alexandrins).
Ils sont partis, lassés des herbeuses pâtures ;
Tant pis si l’Océan devient leur sépulture,
Autant vaut cette eau-là que les bords méandrins.

Ils voient, de loin, danser la licorne des dunes
Sous la blanche lumière émanant de la lune ;
Au rivage ne va leur improbable nef.

Si leur navigation, quelque peu hasardeuse,
Ramène à son départ leur coque baladeuse,
Vers le plus lointain cap ils iront, derechef.

Cochonfucius

Prédestination

image de l’auteur

Si tu sais ton destin, sache que c’est en vain,
Contente-toi d’aller par les routes tracées ;
Ton âme n’est point là pour être menacée
Ni pour se croire prise en d’invisibles mains.

Profite librement de tes jours incertains,
Ne laisse pas surgir de sinistres pensées ;
À personne ne fais de demande insensée,
En agissant ainsi, tu n’aurais que dédain.

Sache-le, cher lecteur, la vie est peu de chose,
De faible valeur sont les biens qu’elle propose ;
Certains jours, cependant, peuvent se montrer doux.

Lune et soleil au ciel pour nous tous sont les mêmes,
Il faut vivre à loisir, parler à ceux qu’on aime,
Et savourer les mots des sages et des fous.

Cochonfucius

Chat ministre

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Je ne mettrai jamais le royaume à l’envers,
Vu le peu d’intérêt qu’aux affaires je porte ;
Qu’il vienne des souris, c’est tout ce qui m’importe,
Et que le grand palais soit bien chauffé, l’hiver.

Je veux des gueuletons de quatre-vingts couverts,
Ça m’offre plus de choix dans les plats que j’emporte ;
Assez discrètement, sinon, je me comporte,
Surtout quand, dans ma vie, rien ne va de travers.I

Je veux terroriser les oiseaux de la plaine
Je veux débobiner les pelotes de laine,
Ce seront mes plaisirs, le reste est peu de chose.

Je n’ai pas d’ambition, mon programme est réduit,
Car je laisse filer tout ce qui se produit,
Des litiges d’humains, ce sont de vaines causes.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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