Drac d’azur

image de l’auteur

Le drac d’azur ne vit jamais dans une étable,
Mais au fond du jardin de l’hôpital des fous.
Est-ce dans une grotte, est-ce dans un grand trou ?
Il a le verre en main, le flacon sur la table.

Son oncle était marquis, son aïeul connétable,
Lui, c’est moins d’embarras, car il n’est rien du tout ;
Les honneurs, la richesse, à vrai dire, il s’en fout,
En fait de nonchaloir, je le crois imbattable.

Voudriez-vous avoir un tel époux, madame ?
Car, jamais de tels gens n’importunent les femmes,
Ni ne deviennent durs quand ils sont malheureux.

Le matin, sans ronfler, ils dorment dans la chambre,
Ramassent au jardin les feuilles en novembre,
Et mangent du magret, s’ils ont un petit creux.

Cochonfucius

Ballus à la campagne

Photographie de JBB (droits réservés)

Voici le vieux Ballus marchant au pâturage
Où, le soir, ont dansé (peut-être) des lutins.
La prairie tout entière est ornée ce matin
De givre flamboyant aux couleurs de mirage.

Que vient chercher Ballus en ces humbles parages ?
Est-ce le souvenir d’un vieux Bénédictin
Qui lui avait appris sa prière en latin ?
Est-ce l’odeur qui monte après le labourage ?

La terre est en repos, car c’est bientôt l’hiver.
Très peu d’arbres au bois gardent un peu de vert,
Du ciel ont disparu les oiseaux de passage.

Si ce vieillard aime à folâtrer dans les champs,
C’est qu’à l’oisiveté son coeur a du penchant ;
Vous ne prendrez donc point ce Ballus pour un sage.

Cochonfucius

Malédiction d’un fruit

image de l’auteur

La noirceur de la Faute était dans une pomme,
De quoi nous transformer en valets de l’Enfer ;
Ce reptile abrité par le feuillage vert
Il est de ces seigneurs qu’avec crainte l’on nomme.

Adam parfois l’avait rencontré, dans un somme,
Il tremblait à la vue de cet être pervers ;
Il t’avait imploré, Maître de l’Univers,
Afin de conjurer cet ennemi de l’homme.

Mais la pomme était belle, et ce fruit fut cueilli,
À nous en préserver les anges ont failli ;
C’en est fait de notre âme et de son innocence.

Cependant, nous avons épargné le serpent ;
Nous avons laissé fuir cet animal rampant,
Car déjà nous savons pardonner les offenses.

Cochonfucius

Douceur monastique

Composition de l’auteur
Un moine sur un banc de pierre
Déguste un pot de bonne bière ;
Il en remercie le Bon Dieu
Qui boit du pinard dans les cieux.

C’est un art, savourer la vie,
Une voie par lui bien suivie ;
Il se tient pour digne héritier
De la femme du charpentier.

Si le diable au couvent se glisse,
Moines contre lui vont en lice :
Satan, tu n’as jamais rien pu
Contre des gens qui ont bien bu !

Cochonfucius

Nous sommes des errants

image de l’auteur

En marche ou au repos, notre âme est agitée,
Cette fragile nef dérive au gré de flots,
Très instable, malgré le soin des matelots,
Irrésistiblement par Neptune emportée.

Elle fut vainement par Cupidon flattée ;
Le grand âge peut-il lui donner du repos ?
Sera-t-elle apaisée par de sages propos ?
Sans doute, la pauvrette en serait enchantée.

Ainsi rêve un penseur dans le jour finissant,
Ainsi va son esprit lentement mûrissant ;
Il voudrait soulager cette âme inassouvie.

Pas moyen de savoir s’il dit vrai, s’il a tort,
S’il a quelques lueurs quant au sens de sa vie :
S’il en a juste assez pour accueillir la mort.

Cochonfucius

Bélier du Seigneur Azazel

image de l’auteur

Les prêtres m’ont offert au démon solitaire,
Ils disent qu’ils l’ont fait pour agir saintement ;
Je risque de subir de mauvais traitements,
Lesquels, précisément ? cela reste un mystère.

Ils n’osent affronter ce cruel adversaire,
N’ayant aucune armée, ni même un régiment ;
Ils suivent donc leur Loi, l’étrange document
Qu’en cadeau de départ ils me dédicacèrent.

Oh ! J’aimerais m’enfuir à bord d’un grand vaisseau,
Et peu m’importeraient des vagues les assauts ;
Je voudrais m’éloigner du diable sanguinaire.

Cochonfucius

Victime de sa rage et de sa cruauté,
De mes brebis je vais regretter la beauté,
Elles par qui mes jours parfois s’illuminèrent…

Planète Prozacandra

image de l’auteur

Notre faune est placide et n’est pas trop vilaine,
Même les grands félins se laissent apaiser ;
Aux noirs rhinocéros nous faisons des baisers,
Nous offrons du fromage aux corbeaux de la plaine.

Un prophète égaré chevauche une baleine,
Un poulpe en araignée se laisse déguiser ;
La paix règne entre nous, faut-il le préciser,
Bacchus est de la fête, et son cousin Silène.

D’agréables saisons se montrent tour à tour,
Quelques festivités célèbrent leur retour ;
Les roses des jardins se portent à merveille.

Nous prenons nos cachets, pour nous, c’est essentiel.
Vive le médecin qui sur notre humeur veille !
Ce bonheur, peu nous chaut qu(il soit artificiel.

Cochonfucius

Détachement

image de l’auteur

Ce coeur, ce pauvre coeur que tout mal abandonne,
Dorénavant, va-t-il aux loisirs s’adonner ?
S’il tarde à te répondre, il faut lui pardonner,
Ses mots sont tout en vrac, attendons qu’ils s’ordonnent.

La lune le pétrit, la brume le façonne,
Il va comme un errant dans les champs moissonnés ;
Il entend, vers le soir, une cloche sonner,
Il se met à rêver d’un village en Essonne.

Comme un lecteur gourmand qui d’un livre s’empare,
À rêver d’un ailleurs voici qu’il se prépare,
Un coin de l’avenir ou du lointain passé.

Une muse il entend, une voix amicale,
Sa présence embellit la chambre monacale ;
Nulle amante jamais ne la put surpasser.

Cochonfucius

Aigle-muse

image de l’auteur

De toute pesanteur peut triompher ma grâce,
J’ai trente soupirants, mais je n’en aime aucun ;
Il ne me déplaît pas d’être aimée de chacun,
Tout en décourageant quiconque me pourchasse.

J’écoute leurs propos, je les regarde en face,
Ils comprendront bientôt qu’ils me sont importuns ;
Les nobles héritiers, les hommes du commun,
Je sais parfaitement les remettre à leur place.

Les plus faibles d’entre eux perdent leur dignité ;
Doutant de ma sagesse et de ma chasteté,
Ils m’appellent perdante et pauvre malheureuse.

Un homme pourrait-il m’asservir à des liens ?
Cela ne sera point, lecteur, tu le sais bien,
Je n’ai rien à cirer de leurs offres douteuses.

Cochonfucius

Plante sans nom

image de l’auteur

Nature me créa par une fantaisie,
Je dois donc accepter ma singularité ;
Je ne déteste pas mon genre de beauté,
Trouvant que ma couleur est assez bien choisie.

Linné trouvait des noms chargés de poésie,
Mais dans son grand recueil, le mien n’est pas cité ;
Ça confère à mon charme un peu d’opacité,
Je manifeste ainsi mon idiosyncrasie.

Je n’eus jamais besoin de savoir le latin
Pour aimer le soleil, la rosée du matin
Et des oiseaux du ciel les mots pleins de sagesse.

Anonyme je suis, depuis la nuit des temps,
Nul ne parle de moi, mais j’existe, pourtant ;
Dans mon humble terroir,je suis une princesse.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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