Royal clébard

image de l’auteur

C’est un chien couronné, dont l’âme est fort subtile ;
De son vaste verger, il surveille les fruits,
Mais en laisse cueillir aux pauvres qui s’exilent,
Il n’est guère de roi plus généreux que lui.

On sent dans ce jardin l’odeur des pêches mûres,
On y entend aussi le criquet striduler ;
Cette chaleur d’été n’est pas une torture
Si, dans le frais ombrage, on vit dissimulé.

Quelques moines d’azur, célébrant Aphrodite,
Savent que ce grand roi les garde du danger ;
On peut bien les traiter de joyeux cénobites,
Ils prennent tout leur temps pour boire et pour manger.

Cochonfucius

Cheval aux trois lunes

Composition de l’auteur

Cheval d’or et boeuf d’or, quittant le sol humide,
Parcourent en volant l’azur de l’univers ;
Ils y sont accueillis par trois lunes timides
Qui saluent leur présence en récitant des vers.

L’ange contemporain des Grandes Pyramides
Dit des blagues datant de quatre mille hivers
(Celles qui amusaient son esclave numide) ;
Les bestiaux sont heureux de le voir toujours vert.

L’étoile brille clair dans ce monde sans arbres ;
Sans nul regret des sols de gravier ni de marbre,
Chacun se laisse aller, dans les airs se mouvant.

Moi, dès que je le peux, j’entre en un pareil songe ;
Comme boeuf et cheval, dans l’azur je me plonge
Et je me rêve ainsi, sur les ailes du vent.

Cochonfucius


Ornithologie approximative

Composition de l’auteur

Oiseaux de sable sont corbeaux ;
D’argent, ce sont pluvians d’Asie.
D’hermine, aigle de Malaisie,
De sinople, un piaf pas très beau.

D’azur, mouette de poésie ;
De gueules, comme un vif flambeau,
L’hirondelle auprès d’un tombeau :
D’or, saffre de Papouasie.

Oiseaux sont pour faire semblant,
Surgis tout droit d’un papier blanc
Où sans contrôle une plume erre ;

Oiseaux pour chasser le cafard,
Pour oublier le temps blafard,
Et pour nourrir l’imaginaire.

Cochonfucius

Dragon du ciel d’or

Composition de l’auteur

Une lyre sonnait dans la mer sans îlots ;
C’était plaisir d’entendre une harmonie éclore,
Comme la nuit profonde accouche d’une aurore
Ou qu’Aphrodite, un jour, semble naître des flots.

Le dragon du ciel d’or en oublie ses complots,
Sûr que la mélodie va le bercer encore,
Ému par les accents de l’instrument sonore
Qui passe en un instant du sourire au sanglot.

De gueules, c’est le ciel qui, plein de joie, enfante
Un vaste soleil d’or aux clartés triomphantes,
Baignant dans la chanson que répète le vent.

Et ce poème unit la lyre à voix humaine
Avec le dragon vert qu’abandonne la haine,
Et le ciel rouge et jaune, et le soleil levant.

Cochonfucius

Trois lions joueurs

image de l’auteur

Trois petits lions joueurs sous le grand soleil rude,
Sans nul souci du temps qui coule au sablier,
Sans un soupçon d’ennui, sans nulle lassitude,
S’amusent sur la place à des jeux oubliés.

Or, cette activité n’est jamais inféconde ;
Oublieux du malheur qui pourrait survenir,
Ils apprennent ainsi à savourer le monde,
Et, quand ils seront vieux, quels charmants souvenirs !

Je reste à regarder ces lionceaux pacifiques,
Tâchant d’interpréter leur jeu mystérieux,
Qui, peut-être, est repris des traditions antiques
Apprises dans l’Eden, sous le regard de Dieu.

Cochonfucius

Chemins qui ne mènent nulle part

image de l’auteur

En la forêt déconcertante,
Trompeurs sont de nombreux sentiers ;
Se perdent des troupeaux entiers
Qui suivent ces voies déroutantes.

D’y pénétrer, cela te tente,
Pour suivre un parcours forestier ;
Guide, ce n’est pas mon métier,
D’être rimeur je me contente.

Tu veux donc partir à tout prix
Car de ces bois tu es épris ;
Je trouve la chose insensée.

Tu t’en iras, j’en suis d’accord,
Préserve ton âme et ton corps ;
Moi, je t’accompagne, en pensée.

Cochonfucius

Paradis grand-ducal

Image du blog Herald Dick Magazine

Ce beau jardin n’est point borné de palissades,
Il y pousse la vigne apaisant les douleurs,
C’est plein de braves gens qui vivent sans frayeur,
Et, entre les repas, s’en vont en promenade.

Tous les oiseaux du ciel y jouent la sérénade ;
Les animaux des bois n’y versent pas de pleurs.
L’abeille est au travail sur les plus douces fleurs,
L’escargot tient son rang de goûteur de salade.

Voyageur, ce jardin, mais il n’attend que toi ;
Tu t’y reposeras sous un beau coin de toit,
Contemplant les fruits mûrs et cent autres merveilles ;

Car c’est la paix qui règne en cet aimable lieu,
Et l’abondance aussi, pour le plaisir des yeux,
Dans le parfum subtil de la grappe vermeille.

Cochonfucius

Bergère et soldat

La belle au capitaine a donné l’anneau d’or ;
Qu’il est fier, l’officier, d’une telle victoire !
Le soldat lui en veut ; or (la chose est notoire),
C’est au sabre qu’on tranche un pareil désaccord.

Le soldat, contemplant son capitaine mort,
Comprend que son action n’a rien de méritoire :
Qu’on fasse une chanson de cette brève histoire,
Cela n’adoucit point la rigueur de son sort.

La bergère à ces deux désirs était en proie ;
Désirs d’hommes dont l’âme et le sabre guerroie,
Le métier de soldat, certains jours, est impur.

Pour le fier capitaine, à l’église, un grand cierge ;
Pour l’amant fusillé, le dos contre le mur,
Un pleur au coin de l’oeil de l’innocente vierge.

Cochonfucius

Dragon d’Égypte

image de l’auteur

Ce dragon cherche la bataille,
Il va sans bruit sous le ciel noir ;
Ne refusant point la ripaille,
Gorgé de viande on peut le voir.

Il use rarement ses pattes,
Car son squelette est un peu mou,
— Vaste museau mais tête plate —
Plus rusé que le renard roux.

Quand ça se trouve, il se fait tendre,
Et que de douceur dans ses chants !
Moi, j’ai du plaisir à l’entendre,
Je me dis qu’il n’est pas méchant.

Cochonfucius

Sire Loup

image de l’auteur

Je suis le Seigneur Gris, le maître de ces bois,
Je règne dans le calme et dans la paix de l’âme ;
Mon coeur n’est plus baigné par trop de vives flammes,
Je ne suis nullement une bête aux abois.

J’ai deux ou trois copains qui sont de bon aloi,
Je suis assez fidèle et presque monogame.
Ma compagne, la Louve, est une noble dame,
Nous fûmes, sans église, unis par Saint Éloi.

Précaires sont mes jours, instables mes pensées,
Ma vie guère souvent ne fut bien agencée ;
Le destin de ce jour, je le laisse advenir.

Les richesses jamais ne me firent envie,
De modestes plaisirs mon âme est assouvie,
Ayant, pour seul trésor, deux ou trois souvenirs.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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