Lune de sinople

image de l’auteur

J’ai rêvé d’une verte lune,
D’un globe métamorphosé ;
J’entendis, sans surprise aucune,
Un chant par elle composé.

Sous cet astre, une dame brune
Était venue se reposer ;
Mais une averse inopportune
A menacé de l’arroser.

Un dieu plein de délicatesse
A protégé cette princesse,
En un lieu sûr il l’installa.

J’ignorais le nom, moi, profane,
De cet immortel épiphane
Qui veillait dans le pâle éclat.

Cochonfucius

Arbre précurseur de la croix

image de l’auteur

L’âme des végétaux est au destin soumise,
Affrontant les tourments sans craindre la douleur ;
Les arbres abattus au pied des autres gisent,
Je ne sais pas s’ils ont le souvenir des fleurs.

Ce qu’ils pensent de nous, jamais ils ne le disent,
N’ayant point le souci de se mettre en valeur ;
L’un d’entre eux se souvient d’une antique traîtrise,
Il n’a pas oublié le reptile enjôleur.

La Dame fut tentée par la pomme vermeille
Dont les parfums valaient ceux du miel des abeilles ;
Alors survint pour nous le temps du désespoir.

De l’arbre, on fit la Croix, pire qu’une potence
Mais qui fut l’instrument de notre renaissance ;
Car ce jour a marqué la fin des siècles noirs.

Cochonfucius

Stadtmusikanten

image de l’auteur

Aime notre musique, elle te réconforte,
Elle adoucit les moeurs, mais ça, tu le savais !
Comme si dans une eau ton âme tu lavais,
Ce qui la renouvelle et qui la rend plus forte.

Tu dois reconnaissance aux gens de notre sorte,
Ils sont pleins de vigueur et n’ont rien de mauvais ;
Ne tourne point le dos en disant « Je m’en vais »,
Car tu n’es point de ces amis que vent emporte.

Tu écoutes nos airs, tu n’es plus solitaire,
Tu goûtes l’harmonie du ciel et de la terre ;
Tu es rempli d’amour, n’en sois pas étonné.

Tu seras pour toujours notre auditeur joyeux,
Tu nous protègeras lorsque nous serons vieux ;
Tu ne perdras jamais l’envie de fredonner.

Cochonfucius

Nef du porc

image de l’auteur

Nous avons pris la mer à la saison des pluies,
Après de brefs adieux, dans le petit matin ;
Le soir il a fallu débarquer trois mutins
Sur un îlot désert, au risque qu’ils s’ennuient.

Nous avons vu danser des pétrels en folie,
Sur le point de voler vers des pays lointains ;
Pterodroma Mollis était leur nom latin,
J’ai gardé deux ou trois de leurs plumes jolies.

Un ondin, par l’odeur du vieux rhum attiré,
Se hissa sur le pont qu’on venait de cirer ;
Il ne fut guère aimable, on l’a servi quand même.

Cet invité savait boire modérément,
De plus, il nous donna divers renseignements
Dont l’écrivain du bord tira plusieurs poèmes.

Cochonfucius

Forteresse de Tachkent

image de l’auteur

La ville est défendue par quatorze barrières
Où quatorze guetteurs scrutent les horizons ;
L’ennemi ne se montre en aucune saison,
L’officier trouve ça mauvais pour sa carrière.

Le sultan dans sa tour garde une prisonnière,
Je ne sais depuis quand, ni pour quelle raison ;
Il devrait bien plutôt l’avoir en sa maison,
Cette dame y serait un rayon de lumière.

Qui pourra délivrer cette sombre beauté ?
Comment briser ce piège à quatorze côtés ?
Personne ne s’y risque, et moi,je le déplore.

Sultan, comment fais-tu pour trouver le sommeil ?
Comment digères-tu les plats que tu dévores ?
La prisonnière attend de revoir le soleil.

Cochonfucius

Improbable idylle

image de l’auteur

Parsifal a séduit la reine des marmottes,
Je peux vous assurer que cela n’est pas rien ;
Mais ce grand chevalier, c’est un homme de bien,
Car devant toute épreuve, il est droit dans ses bottes.

Sa Majesté l’estime et d’un duché le dote,
Ainsi que d’un anneau venu des temps anciens ;
Elle place en ses mains tout l’or qu’elle détient,
Mais aussi les vaisseaux les plus grands de sa flotte.

Le bouffon dit alors qu’elle en fait un peu trop,
Car ce duc est issu d’un banal hobereau ;
Elle ordonne à ce clown de bien vouloir se taire.

Un jongleur en plaisante au moment du repas,
Mais il est rembarré par un vieux dignitaire
Qui dit « C’est notre Reine, alors, n’y touchons pas. »

Cochonfucius

Poisson de banlieue

Sages sont tes propos, poisson de Palaiseau,
Ton modeste silence est une panacée ;
Tu ne t’attardes point aux fables des roseaux,
Eux dont Blaise Pascal célébrait la pensée.

Tu es indifférent aux pannes de réseau,
Elles n’affectent point ta vie bien agencée ;
Tu poursuis vivement ta compagne élancée,
Tu sais la bécoter comme un petit oiseau.

Tu ris du vieux pêcheur dont la ligne s’emmêle,
Tu fais des compliments aux anguilles rebelles .
J’imagine parfois que l’on t’entend chanter.

Tu ne verras jamais le monde océanique,
Tu finiras tes jours comme un doux retraité,
Ou comme un fier ancêtre aux pouvoirs chamaniques.

Cochonfucius

Ambiquark polychrome

image de l’auteur

Moi, je suis plus subtil qu’un photon de soleil,
Et si tu me voyais, tu battrais des paupières ;
Mais, pauvre moucheron attiré par la bière,
Tu ne vois que ton verre éclairant ton sommeil.

Je n’envie nullement le neutrino vermeil.
Peu digne de séduire un chercheur de lumière ;
Je n’ai rien à cirer de la sombre matière,
Absurdement pesante, incapable d’éveil.

Je transcende l’espace et je nargue le temps,
Entouré du fracas d’électrons crépitants ;
Je ris d’un physicien qui se croit un génie.

Des plumitifs sur moi bâtiront des romans,
Mais qui ne se vendront pas trop abondamment ;
Nul ne peut imiter ma sagesse infinie.

Cochonfucius

Bouc oenologue

image de l’auteur

J’observe le raisin, méticuleusement,
Je suis fort satisfait de ses nuances mauves ;
On en tire le sang de celui qui nous sauve
Par le Verbe qui fut, dès le commencement.

La vigne a profité d’un temps qui fut clément,
Le vent n’a point agi comme une bête fauve ;
Ce lieu fut protégé comme par une alcôve,
Le vigneron sourit dans son contentement.

L’hiver, pas trop de vent et pas trop de flocons,
Sans qu’on parle pourtant d’un Noël au balcon ;
Très indulgente fut l’humeur de la nature.

Si de goûter mon vin vous êtes désireux,
Faites-le-moi savoir par un mot d’écriture,
Car j’aime partager ce nectar savoureux.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.