Aigle-muse

image de l’auteur

De toute pesanteur peut triompher ma grâce,
J’ai trente soupirants, mais je n’en aime aucun ;
Il ne me déplaît pas d’être aimée de chacun,
Tout en décourageant quiconque me pourchasse.

J’écoute leurs propos, je les regarde en face,
Ils comprendront bientôt qu’ils me sont importuns ;
Les nobles héritiers, les hommes du commun,
Je sais parfaitement les remettre à leur place.

Les plus faibles d’entre eux perdent leur dignité ;
Doutant de ma sagesse et de ma chasteté,
Ils m’appellent perdante et pauvre malheureuse.

Un homme pourrait-il m’asservir à des liens ?
Cela ne sera point, lecteur, tu le sais bien,
Je n’ai rien à cirer de leurs offres douteuses.

Cochonfucius

Plante sans nom

image de l’auteur

Nature me créa par une fantaisie,
Je dois donc accepter ma singularité ;
Je ne déteste pas mon genre de beauté,
Trouvant que ma couleur est assez bien choisie.

Linné trouvait des noms chargés de poésie,
Mais dans son grand recueil, le mien n’est pas cité ;
Ça confère à mon charme un peu d’opacité,
Je manifeste ainsi mon idiosyncrasie.

Je n’eus jamais besoin de savoir le latin
Pour aimer le soleil, la rosée du matin
Et des oiseaux du ciel les mots pleins de sagesse.

Anonyme je suis, depuis la nuit des temps,
Nul ne parle de moi, mais j’existe, pourtant ;
Dans mon humble terroir,je suis une princesse.

Cochonfucius

Poisson de Leskov

image de l’auteur

J’habite un océan sans bords,
La vague n’atteint nulle grève ;
Les villes, je les vois en rêve,
Avec leur église et leur port.

En rêve, je rencontre un porc
Qui compose des chansons brèves ;
L’écho les répète sans trêve,
Assourdies par le vent du Nord.

Pour mes frères, poissons limpides,
Le temps n’est jamais insipide ;
La mer est un riche univers.

Nous ne lisons dans aucun livre,
Nous ne récitons pas de vers ;
Car nous nous contentons de vivre.

Cochonfucius

Prendre son envol

image de l’auteur

Le roi Minos est grand, mais ce n’est qu’un traître,
Lui qui nous enferma déloyalement ;
Mais cette lourde porte, en se refermant,
De monter vers le ciel nous a laissés maîtres.

Je me sens plus léger qu’un oiseau champêtre,
Je vais donc m’approcher du clair firmament ;
De mon père j’entends l’avertissement,
Mais j’en fais peu de cas, je me sens renaître.

Sa prudence est trop grande, elle est surannée ;
Puisque nous le pouvons, allons jusqu’aux cieux,
Car je voudrais bien, moi, tutoyer les dieux.

Je m’éloigne de vous, rivages sableux,
Déjà par le soleil est ma peau tannée ;
Je ne redoute rien sous ce beau ciel bleu.

Cochonfucius

Fier hybride

image de l’auteur

À nul de mes cousins je ne suis comparable,
Mon esprit par chacune est jugé savoureux ;
Chacune se sent bien dans mes bras vigoureux,
Dans leur lit me trouvant à chacun préférable.

Je sais éliminer des rivaux redoutables,
N’ayant presque jamais d’indulgence pour eux ;
Dès qu’elle n’entend plus leurs discours amoureux,
La belle fait de moi son amant véritable.

Cependant, j’aime aussi boire avec mes amis
Dans un petit troquet de la rue Saint-Rémi ;
Je pense qu’il s’agit d’un plaisir légitime.

J’écris quelques sonnets, n’en soyez pas surpris,
Bien que ce soit un art que je n’ai pas appris ;
J’évite d’y mêler des choses trop intimes.

Cochonfucius

Quatre valets du goupil-paon

image de l’auteur

Par le Valet de Pique est ma jument sellée,
Et c’est à l’écurie que ce serviteur dort.
La crinière est par lui proprement démêlée,
Il parle à cette bête en patois de Belfort.

Par le Valet de Coeur est balayée l’allée
Quand les arbres sont veufs de leur feuillage d’or ;
Je lui donne du cidre, au moins quatre bolées,
Cette fraîche potion revigore son corps.

Le Valet de Carreau la voiture dépanne,
Il sait aussi régler la chaudière à propane ;
Je lui verse du vin, car il l’a mérité.

Quant au Valet de Trèfle, étrange personnage,
Il se repose au lieu de faire le ménage ;
En vain nous lui parlons de solidarité.

Cochonfucius

Structure inachevée

image de l’auteur

Le fameux bricoleur, à court de stratagèmes,
Cessa de découper et d’assembler le bois ;
Plusieurs points de détail lui posaient des problèmes,
Il se mit à penser, sans trop savoir à quoi.

Il refit ses calculs un grand nombre de fois,
Sans pouvoir s’empêcher d’énoncer des blasphèmes ;
Il épargna pourtant le charpentier en croix
Pour qui, depuis toujours, son respect fut extrême.

Il maudit cependant les papes et les saints,
Traitant l’apôtre Paul de cloporte malsain ;
Il ne recula point devant cette hérésie.

Nous le vîmes bientôt retrouver sa raison ;
Comme on était alors dans la belle saison,
Il s’en alla flâner selon sa fantaisie.

Cochonfucius

Pseudo-quark

image de l’auteur

Je suis très délicat, je fais dans la dentelle,
Je suis comme un photon qui jamais ne s’éteint ;
Je verse aux neutrinos leur café du du matin,
Ils bénissent mon nom de louange immortelle.

C’est grâce à mon éclat que la matière est belle,
Surtout quand elle adopte un aspect cristallin ;
J’ajuste les noyaux, car je suis très malin,
Ceux qui ont fait leur temps iront à la poubelle.

J’aime aussi, certains jours, me moquer des savants,
Surtout quand leurs idées ne sont plus dans le vent ;
Ma forme leur échappe et leur reste inconnue.

À mon pote Gluon je consacre un tanka,
Un texte plein de verve et plein de retenue ;
Je le fais illustrer par le maître Édika.

Cochonfucius

Presque lisible

image de l’auteur

La déontologie se lit
Dans le blason du pot de crème,
À pétrir comme un théorème
Sur une descente de lit.

Cela sera mis à profit
Par le crustacé monotrème,
Lui pour qui prend fin le carême,
Lui dont le lacet se défit.

Il est des lombrics qu’on adore,
Au moins chez les braves pandores,
Ils n’ont pas peur des physiciens.

Tout ce qu’un chacal veut connaître,
C’est le surnom d’un plasticien,
Dans mon abri le vent pénètre.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.