Oiseau dégustateur

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J’aime plonger mon bec dans le jus de la treille,
Mais rares sont les gens qui m’ouvrent leur cellier ;
Rien ne sert que je sois parmi leurs familiers,
Ni que de mon oeil rond je lorgne une bouteille.

J’aime mieux du bon vin que le miel des abeilles,
Ou que les aliments des moines réguliers ;
Je ne dédaigne pas les fruits sur l’espalier,
Ni les morceaux de pain tombés de la corbeille.

Je ne bois pas souvent, que veut-on que j’y fasse ?
J’accepte le réel sans faire la grimace ;
Ce qu’on ne peut avoir, ça ne me manque pas.

Je ne fais pas d’efforts pour qu’un poème en sorte,
Si le scribe s’y met, je marche dans ses pas ;
Surtout quand il me verse un peu de boisson forte.

Cochonfucius

Ermite sentencieux

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Mon rêve de grandeur, une bulle crevée,
Je n’ai plus de désir, je n’ai plus d’idéal ;
Je vais bientôt cesser d’être un scribe féal,
Ma retraite sera de silence abreuvée.

Peu m’importe à présent d’habiter dans un trou,
C’est tout ce qui convient à ma modeste bourse ;
Solitaire je suis, comme l’enfant d’une ourse
Ou comme, sous la lune, un sombre loup-garou.

Étais-je plus heureux quand je taillais la route ?
Quand je bravais la pluie, passant entre les gouttes ?
Je n’ai jamais été du côté des vainqueurs.

Ici, que du banal et rien de fantastique.
Un refuge discret, cellule monastique,
Le vide en mon cerveau, le sourire en mon coeur.

Cochonfucius

Maître Loup

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Je suis le Seigneur Loup, le bon sens incarné,
Même si les humains me traitent de rebelle ;
J’aime terroriser les moutons sans cervelle,
Ainsi que leur bélier lourdement encorné.

J’épargne le berger au manteau suranné,
J’ai du respect pour lui et pour son chien fidèle ;
Je ne désire pas sur eux prendre modèle,
Je n’irai pas, pourtant, jusqu’à les condamner.

Tu ne me verras point dévorer des racines,
Je ne suis pas friand de cette médecine,
Pas plus que de moutarde ou de fromage frais.

Je suis un prédateur, je vis de mes conquêtes,
Je les aimerais moins si tu me les offrais ;
Tu n’as sans doute pas un tel projet en tête.

Cochonfucius

Chapelle à tous les vents

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Ma porte n’est jamais fermée,
Je ne crains pas les indiscrets ;
Cierges d’espoir ou de regret,
Leur flamme est ici consumée.

Assis dans la nef embaumée,
Un moine au monde se soustrait ;
Il en oublie les faux attraits,
Son âme n’est plus désarmée.

Sous un vitrail haut en couleur,
Il voit s’apaiser ses douleurs ;
Il dit l’oraison coutumière.

Il fredonne, il ferme les yeux,
Il oublie la date et le lieu ;
Il devient chercheur de lumière.

Cochonfucius

Arbre et serpent

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Celle qui par le fruit fut faite pécheresse,
Quels mots de Gabriel pourront la consoler ?
Ils sont partis au loin, primates affolés,
Le noir serpent s’en moque et j’y songe sans cesse.

Parmi leurs descendants, des princes, des princesses,
Des poètes subtils, de gloire auréolés,
Mais d’autres souffriront, perdus, déboussolés ;
Pourront-ils transcender leur humaine bassesse ?

Hommes, n’écoutez point cette triste chanson,
Savourez donc plutôt les rires des buissons ;
Cultivez sagement votre terre natale.

Je ne suis, après tout, qu’un vieil arbre pensant ;
J”ai vécu trop longtemps, j’attends l’issue fatale,
Seul en ce grand jardin qui n’est plus très passant.

Cochonfucius

Gravitation romantique

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La pomme de Newton tombe dans les herbages,
Ce fruit miraculeux disparaît à nos yeux ;
Peut-être est-il toujours sous le regard de Dieu,
Mais les simples mortels en ont perdu l’image.

Le sage physicien contemple les nuages,
Cherchant la juste Loi qu’ils suivent dans les cieux ;
Leur mouvement n’est pas ce qu’il comprend le mieux,
Mais son esprit vaillant jamais ne perd courage.

Clairement, le cosmos est une mécanique,
Peut-être ondulatoire ou peut-être quantique ;
Mille détails obscurs s’éclairciront ainsi.

Mais il se fait grand temps d’aller à la cantine,
D’autant plus que, mardi, c’est jour de galantine ;
Le Seigneur Estomac le tient à sa merci.

Cochonfucius

Boit-sans-soif

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Elle ne mange rien, la sorcière édentée,
La sombre magicienne aux pouvoirs abolis ;
Elle partage avec quelques démons salis
Une épaisse potion qui semble ensanglantée.

Visage de momie, chevelure argentée,
Elle attend simplement de sombrer dans l’oubli ;
Ce qu’il reste de vie dans ce corps affaibli,
Elle en profite un peu, sans en être enchantée.

Elle n’écoute plus le grillon du foyer
Qui dans le lourd breuvage a failli se noyer ;
Elle ne goûte plus sa simple ritournelle.

Elle confond souvent les noms de ses amis,
Ne sachant même plus lequel fut son promis ;
Il lui reste, du vin, la saveur éternelle.

Cochonfucius

Un long sentier vers les Cévennes

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Prenant une pause estivale,
Je progressais dans la clarté ;
Parti d’une ville papale,
J’ai pris les chemins écartés.

J’avais de modestes sandales,
C’était ma coutume, en été ;
Ma pitance fut monacale,
Modèle de sobriété.

Mais quel décor pour ces dînettes !
La montagne et le firmament,
Les étoiles et les planètes.

Puis, j’ai passé de bons moments
Quand survint une blondinette
Qui partagea mon campement.

Cochonfucius

Se coucher comme les poules

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Ce monarque affaibli va dormir de bonne heure,
Les veilles de jadis ayant ridé son front ;
Il ne s’attable plus parmi tous ses barons,
À peine a-t-il mangé deux tartines de beurre.

Il comprend désormais que la gloire est un leurre,
Il la laissera donc à ceux qui en voudront ;
Le pillage sera l’affaire des larrons,
Le désir de grandeur plus jamais ne l’effleure.

Par la guerre on faiblit, par la pais l’on est fort,
Un nain vivant vaut mieux qu’un géant mort.
Éviter les conflits, tel est le vrai courage.

Mon Roi, reposez-vous sans craindre le trépas,
Votre douceur vaut mieux que force ni que rage ;
Prenez toujours, le soir; un modeste repas.

Cochonfucius

Ambichien maigre

image de l’auteur

Je suis nourri d’indigentes pensées,
Car il me vient moins d’une idée par jour ;
Tu peux le voir, je ne pèse pas lourd,
Ma pauvre vie n’est pas bien agencée.

Que reste-t-il de ma fougue passée ?
Je marche un peu, mais j’ai le souffle court ;
On entend moins mon luth de troubadour,
Puisque la muse en est presque lassée.

C’est mon destin, donc je dois m’incliner,
Tout ce qui vit finit par décliner ;
De rien ne sert une parole amère.

Je vais laisser mes jours s’effilocher,
Je vois la fin doucement approcher ;
Je le savais, que j’étais éphémère.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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