Le seigneur d’Alpha Scarabaei

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De ministres ce roi se prive sans dommage,
Il gouverne tout seul, car c’est un vieux bandit ;
Mais tu peux observer que nul ne le maudit,
Car aucun vil forfait n’a terni son image.

Le peuple ne va pas jusqu’à lui rendre hommage,
Ce recoin du Cosmos n’est pas un paradis ;
La boue couvre les sols et baigne les taudis,
Les troquets sont fermés, les gens sont au chômage.

Ils chantent cependant, malgré tous leurs soucis,
Ne pouvant s’attrister, car leur âme est ainsi ;
Ils vont vers le bonheur par une route ardue.

Certains jours j’aimerais pouvoir en faire autant,
Je suis contre les maux un piètre combattant ;
Je fais quelques efforts, mais c’est peine perdue.

Cochonfucius

Festin du garonnosaure

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D’abord l’apéritif, un verre de vin vieux,
Un Pessac-Léognan dont son âme est ravie ;
Une fois que sa soif est vraiment assouvie,
Il emplit son assiette, et rassasie ses yeux.

Un tel monstre n’est pas à l’image de Dieu,
Jamais par ses pareils la messe n’est servie ;
Apprendre une prière, il n’en a pas envie,
C’est un être vulgaire, un sonnet lui plaît mieux.

Qu’on bénisse les plats, ça n’en vaut pas la peine,
Ce n’est qu’une lubie des cervelles humaines ;
La table est consacrée par l’éclat d’un beau jour.

En épilogue vient un clair alcool de poire ;
Qu’importent les honneurs et qu’importe la gloire,
Qu’importe la grandeur, et qu’importe l’amour ?

Cochonfucius

Oiseau dévastateur

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S’il passe par chez toi, les dégâts seront lourds,
Il brisera le mur où sont les hirondelles ;
Elles tremblent au son de ses battements d’ailes,
Un pareil prédateur est pire qu’un vautour.

Elles implorent Dieu, qui souvent fait le sourd,
Car il veut, de la sorte, éprouver ses fidèles ;
L’oiseau cent fois maudit frappe une citadelle
Dont je vois s’écrouler la muraille et la tour.

Qui nous délivrera de ce monstre farouche ?
Quel habile tireur dans ce corps fera mouche ?
Peut-être faudrait-il qu’il fût un oiseleur.

De vaincre, cependant, l’espérance est ténue,
Même en mettant à prix la peau du harceleur ;
De ce long cauchemar la fin reste inconnue.

Cochonfucius

Cupidon-Grenouille

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Le dieu vole, venant de sa demeure humide,
C’est un étrange feu qui brille dans ses yeux :
Il tourne sur la ville, il reconnaît les lieux,
Lui qui souvent choisit la débauche pour guide.

Rares sont en ce lieu les pucelles timides,
Cupidon, quant à lui, trouve que c’est tant mieux ;
Il cherche une victime en parcourant les cieux,
Ses ailes se déploient, qui brassent l’air limpide.

Les flèches qu’il envoie ne lui coûtent pas cher
Et peuvent provoquer le péché de la chair ;
Mais ce n’est pas la mort, ni le malheur d’une âme.

Sans lui, qu’en serait-il de Lilith et d’Adam ?
Où serait donc Ronsard sans ses désirs ardents ?
Toi qui n’es pas de bois, pourquoi craindre une flamme ?

Cochonfucius

Epsilon Hippopotami

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Cette étoile grimace et cela m’interloque,
Cela perturbe aussi les habitants du ciel ;
Aurait-elle surpris l’archange Gabriel
Sur Terre accomplissant des gestes équivoques ?

A-t-elle d’un trou noir capté le soliloque,
Fut-elle importunée par cet astre cruel ?
Je pose ces questions au Seigneur Azazel,
Il réfléchit un peu, puis il dit qu’il s’en moque.

De ce corps je reçois l’incertaine lumière,
Je demeure pensif en finissant ma bière ;
J’ignorais qu’une étoile eût aussi des tourments.

De la terrasse on peut scruter le firmament,
Ça permet d’oublier ce monde de poussière ;
« N’oublie pas de régler », me dit la tavernière.

Cochonfucius

Grenouille vertueuse

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Je ne fais que le bien, sur la terre et dans l’eau,
Ce qui est bien normal, car je suis fraîche et pure ;
Tu ne verras en moi nulle pensée obscure,
Innocents sont les mots que je chante en solo.

Pas plus que les agneaux, je ne trouble les flots,
Mon coeur est le plus doux de toute la la nature ;
Cela fut attesté dans la littérature,
Pour le bac on en fit un sujet de philo.

Très jeune, j’avais l’art d’éviter les excès,
De mon terroir jamais je n’interdis l’accès ;
Je fais partie de ceux qui leurs devoirs remplissent.

Pour fuir une dispute, il suffit de plonger ;
Quand on est aquatique, il faut savoir nager,
Le moyen d’être bon, c’est d’être sans malice.

Cochonfucius

Dragon frivole

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Je suis l’indifférent, le dragon sans souci,
Paisibles sont mes jours, légères mes pensées ;
J’ai peu de souvenirs des galères passées ;
Les tourments de jadis se sont bien adoucis.

Je sais que les vivants sont des morts en sursis,
Mon âme cependant n’en est point offensée ;
Acceptant les ennuis sans en être blessée,
Elle a de la pitié pour les coeurs endurcis.

Avec de vieux copains souvent je m’entretiens,
Les mots nous font du bien, le rire nous soutient,
À remplir nos godets la tavernière veille.

Tantôt vient la froidure et tantôt la chaleur,
Mais à chaque printemps reparaissent les fleurs ;
De ces simples bonheurs mon esprit s’émerveille.

Cochonfucius

Sagesse d’une paire de pantoufles

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Nous occupons un coin de la chambre aux murs verts,
Nul rêve ne survient en notre âme dormante ;
Nous aimons contempler la soubrette charmante,
Elle met de la joie dans ce calme univers.

Jamais elle ne dit si l’amour la tourmente,
Elle le dissimule au fond de ses yeux clairs ;
Notre maître est épris, qui sans en avoir l’air
Se confond en égards pour sa chère servante.

Accompagnant ses pas, car c’est notre boulot,
Nous suivons le couloir sans prendre le galop ;
Plus vite cependant que ne vont les tortues.

Dans la pièce d’entrée nous attend le manteau,
Lequel voisine avec son pote le chapeau ;
À nouer ses lacets le maître s’évertue.

Cochonfucius

Dynastie oubliée

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Que savons-nous de vous, famille décadente ?
Où sont-ils, les galants de la reine Margot ?
Et Pausole, le roi qui n’était pas bigot ?
La cendre ne sait pas où va la flamme ardente.

Les comtesses jolies, qui furent sacripantes,
Ne pourront désormais nourrir de vils ragots;
Le royal trésorier a perdu son magot,
Le bouffon ne dit plus de choses décapantes.

L’alchimiste ne cuit aucune panacée,
Du poète de cour la lyre s’est lassée ;
L’héraldiste n’a plus ni tourteaux, ni besants.

Vers la démocratie notre Histoire débouche,
Ne soyons pas pressés, c’est par petites touches ;
Du passé nous avons des vestiges pesants.

Cochonfucius

Méditation d’un fruit

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Ce noir serpent m’en veut, je le lis dans ses yeux,
Je risque de passer un bien mauvais quart d’heure ;
Je sais bien qu’à l’automne il faut que les fruits meurent,
Mais je regretterai ce jardin merveilleux.

Ici vit une femme à l’image de Dieu,
Elle est assez mignonne et tout juste majeure ;
L’Adversaire va-t-il l’abuser de ses leurres ?
Il n’est point d’animal plus sournois sous les cieux.

Souvent à sa victime il promet des plaisirs,
D’un vin fait de son sang proposant une coupe ;
Toujours il fait appel à de sombres désirs.

Il dissèque sa proie, l’examine à la loupe,
La vainc facilement, car il sait les choisir ;
Des perdants d’inframonde elle rejoint la troupe.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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