Ambicarnivore

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Je suis un prédateur, mais j’aime voir des fleurs,
Je suis un combattant, mais je sais être tendre ;
Or, sur ces qualités, je ne veux pas m’étendre,
Les vivants et les morts connaissent ma valeur.

Calme dans le plaisir comme dans la douleur,
Tu ne m’entendras point en clameurs me répandre ;
Quand un rival me dit d’aller me faire pendre,
Je poursuis l’entretien sans baisser les couleurs.

Je salue poliment mes anciennes maîtresses,
Avec elles j’évoque aussi le bon vieux temps ;
Cela, sans regretter les jours de ma jeunesse.

Tu ne me verras plus rien faire d’important,
Mes jours sont désormais livrés à la paresse ;
Ma tanière est un lieu plutôt réconfortant.

Cochonfucius

Phlogonaute

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C’est un dauphin gourmand de flammes et de braises,
Du feu de l’inframonde il aime les couleurs ;
Il avale un tison sans la moindre douleur,
Avec la salamandre il rit dans les fournaises.

Le froid ne peut non plus lui causer un malaise,
Car il sait conserver son interne chaleur ;
Son ventre est un réchaud, sa bouche est un brûleur,
Il fait bouillir la mer, il noircit les falaises.

Neptune le respecte et s’en méfie un peu,
Lui qui n’aime pas trop qu’on joue avec le feu,
Sur la falaise il donne un petit coup d’éponge.

Rouges sont les coraux, car ils sont embrasés,
Un poème l’a dit, qui fut de Francis Ponge ;
Je ne peux imiter son excellent phrasé.

Cochonfucius

Roi kabbaliste

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En sa cellule ténébreuse,
Le vieux roi thaumaturge oeuvrait ;
Traçant des formules ombreuses,
Il encodait de lourds secrets.

Au fond de sa cervelle creuse,
Un univers il découvrait ;
Il produisit des lois nombreuses,
Qu’aux gens d’inframonde il offrait.

Pour une vouivre à l’agonie,
Il fit une cérémonie
Afin de la réconforter.

Un chat noir près de lui ronronne,
Que nul Cupidon n’éperonne ;
Les rats courent en liberté.

Cochonfucius

Un pichet d’Alsace

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Goûte-moi ce vin blanc, toi dont l’oeil étincelle,
Ton âme et ton palais en seront éblouis ;
Le vigneron pour lui prend des soins inouïs,
Peu s’en faut, pour le coup, que mon corps ne chancelle.

Ton âme peut sentir sa chaleur naturelle,
Ton esprit dans l’affaire est comme évanoui ;
Tu te mets à sourire et tu te réjouis,
Tu comprends que la vie n’est pas toujours cruelle.

Le charmant échanson le sert juste assez frais,
Laisse-le reposer, ne le bois pas d’un trait,
Ferme un instant tes yeux, tes tracas vont s’éteindre.

Aristote l’a dit, je suis ce que je bois,
En rêve j’entendis sa magistrale voix ;
De ses sages couleurs mon coeur voudrait se teindre.

Cochonfucius

Oiseau de la grisaille

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Cet oiseau gris n’est pas un chercheur de lumière,
Il aime la pénombre, il sort quand il est tard ;
Nous admirons pourtant le bleu de ses paupières,
Cela rend caressants ses paisibles regards.

Il boit de la rosée, il n’aime pas la bière,
Il la trouve vulgaire, il la laisse aux renards ;
Il marivaude un peu, son coeur n’est pas de pierre,
Il récite des vers aux serveuses de bar.

Il se met à chanter quand elles se font tendres,
Revigorant un feu qui couvait sous la cendre ;
Cupidon peut alors le vaincre sans effort.

Voir un pareil oiseau, c’est un très bon présage,
Vieux poète, tu dois lui faire bon visage,
Surtout quand il se tait, car son silence est d’or.

Cochonfucius

Hippocéros de la nécropole

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J’aime vagabonder parmi les sépultures,
J’aime parler aux morts en leur froide cité ;
Je n’y vais pourtant pas pour les solliciter,
Car écouter les gens n’est point dans leur nature.

Ils ne peuvent quitter leurs demeures obscures,
Ni de nul agrément ne peuvent profiter ;
Mais pour eux, ce n’est pas une calamité,
Thanatos les sevra de leur soif d’aventure.

La bise se déchaîne, ils restent bien couverts ;
Pour ces calmes gisants, rien ne va de travers,
On n’est pas plus heureux sur la plage de Sète.

Je croise des corbeaux qui partagent mes goûts,
Ainsi que des rongeurs sortant de leurs égouts ;
Nous sommes au charnier trois sortes de poètes.

Cochonfucius

Chameau retraité

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Je fus dur au labeur, mais c’est chose passée,
Je savoure la fin d’une vie de chameau ;
Fort paresseusement, je joue avec des mots
Qui reflètent parfois l’une ou l’autre pensée.

Mes rencontres d’amour se font plus espacées,
Je m’enflamme un peu moins pour un regard nouveau ;
Je dis des mots gentils à mes anciens rivaux,
Je regarde dormir une muse lassée.

Or, suis-je un peu plus sage, ou suis-je un peu plus fou ?
Ai-je dès à présent la mémoire qui flanche ?
L’âme d’un vieux chameau, c’est une page blanche.

Plus troubles sont mes yeux, plus faibles mes genoux,
En matière d’amour ma flamme est apaisée ;
Mais je mène une vie qui n’est pas malaisée.

Cochonfucius

Gravir quelques marches

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Je vais jusqu’au grenier sans ménager ma peine,
Sous chacun de mes pas j’entends gémir le bois ;
Ces lieux sont parcourus par un courant d’air froid,
Par-dessus la chemise on supporte une laine.

De vieux bouquins, là haut, plusieurs malles sont pleines,
Rien que de les ranger peut prendre plusieurs mois ;
C’est ce que j’aime faire en grignotant des noix,
Dans un assez grand sac, j’en ai quelque centaines.

Bien des gens avant moi vécurent dans ces lieux,
Des sages qui lisaient ce qu’on trouve de mieux ;
De nobles érudits, des chercheurs de lumière.

On y voyait aussi quelques buveurs de bière ;
Mais ils sont à présent sous une froide pierre,
Ayant remis leur âme entre les mains de Dieu.

Cochonfucius

Monstre au sang vert

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Du cosmos il voudrait explorer les mystères,
Je lui dis que sans doute il en serait déçu ;
Il me conseille alors de bien vouloir me taire,
Car d’un sujet pareil je n’ai jamais rien su.

Il peut malaisément passer inaperçu,
Lui qui visiblement est exoplanétaire ;
Cet être, toutefois, se sent chez lui sur Terre,
Dont certains habitants l’ont d’ailleurs bien reçu.

Sur ses faits amoureux je ne veux pas m’étendre,
Je les prise fort peu, tu pouvais t’y attendre ;
Mais je suis indulgent pour ses quelques faux pas.

Je ne l’ai jamais vu séduire une hirondelle,
Aucune n’a pensé qu’il pût être fidèle ;
Que cela leur importe, il ne le comprend pas.

Cochonfucius

Entomothéologie

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Dieu se change en insecte et fait le tour du monde,
Lui qui a tout son temps, il marche à petits pas,
Il lance des bons mots, les diables lui répondent ;
Qu’ils soient un peu moqueurs, ça ne le gêne pas.

Il voit autour de lui la vie et le trépas,
Sa vitesse est de moins d’un mètre par seconde ;
Il fait de vieux débris son modeste repas,
Il en trouve à foison sur la terre et sur l’onde.

C’est assez décevant pour ceux qui cherchent Dieu
Dont le trône de gloire est au plus haut des cieux ;
C’est quelque peu frustrant pour tous ces bons apôtres.

Dans un coin de Bretagne, un modeste aumônier
En son coeur a gardé la foi du charbonnier ;
Il sait que Dieu peut prendre une forme, ou une autre.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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