
image de l’auteur
Certains préfèrent le servage,
Tel est le dindon. L’élevage
Ne l’effraie point bizarrement,
Il suffit qu’il ait son breuvage.
Pierrette
Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

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Certains préfèrent le servage,
Tel est le dindon. L’élevage
Ne l’effraie point bizarrement,
Il suffit qu’il ait son breuvage.
Pierrette

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Cette oie, refusant l’esclavage,
A pu se soustraire au gavage
Et se nourrit très sobrement
Au coeur de la forêt sauvage.

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Le grand basilic d’or aime les mois d’été,
La lumière est pour lui un bienfaisant liquide ;
Il s’étale au soleil, son esprit fait le vide,
La nature et son âme ont la même clarté.
C’est un savant reptile, amateur de beauté,
Savourant la couleur des raisins translucides
Ou le subtil éclat d’un lac aux eaux limpides ;
Mais il aime surtout flâner en liberté.
Puis l’automne s’en vient, les pommes arrondies,
Merveilleux ornement des prés de Normandie,
Autrefois célébrées par Guy de Maupassant.
Les vapeurs du calva chatouillent ses narines,
Faisant vibrer son coeur plus vite en sa poitrine ;
Mais il n’en prend pas trop, cet alcool est puissant.

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Que la lune soit blonde ou brune, toujours pour
Elle, les champignons se lèvent. Sa lumière
Blanche leur plaît autant que l’obscurité. Hier
Encore je les ai vus se rassembler pour
Aller l’admirer. Parfois elle les force
A faire des ronds de sorcières, ce qui
Ne leur plaît guère. Dès qu’elle se radoucit
Le matin, ils accourent de toutes leurs forces
Bien campés sur leur unique jambe ferme,
Encore tout enrobés de rosée. On voit
Les girolles, coulemelles, cèpes des bois
Danser avec les chanterelles des prés. Si
La lune est descendante, ensemble ils rient. On dit
Que personne dans la forêt n’est mal luné.
Pierrette

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Dans les Terres Neuves,
Premier samedi d’automne :
La fête au village.

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Les arbres garderont leur allure altière
Car depuis toujours ils savent que la matière
Se renouvelle ils ne sont pas du tout de marbre
Mais vivants et restent ici avec le bestiaire.
Pierrette

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Le temps va nuancer les couleurs forestières,
Comme arrange ses fleurs la fine bouquetière ;
Puis nous verrons tomber les feuilles des grands arbres
Sur le sol de la friche et du froid cimetière.

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L’alchimiste a lentement préparé,
En montrant même un peu de gourmandise,
Une potion qui sent la vieille église,
Ou d’un sous-bois le parfum éthéré.
C’est la potion dont lui-même se grise
Et dont il peut aussi se restaurer ;
Elle est formée d’insectes mordorés,
De chocolat, de lait, de fleurs exquises.
Poudre écrasée au creux d’un mortier lourd,
Jus fermenté au secret d’une alcôve,
Une senteur de fruit, sauvage et fauve,
Sur l’estomac, ce philtre est un velours,
Tout imprégné d’une sagesse pure,
Mais son effet pas bien longtemps ne dure.

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Je me rends bien compte
que je suis à côté de la
la plaque en ce monde,
je suis de ces Hommes qui
crèvent de ne pas mourir.*
*
Je vis mais sans vivre en moi ;
Et mon espérance est telle
Que je meurs de ne pas mourir.
Je vis déjà hors de moi
Depuis que je meurs d’amour ;
Car je vis dans le Seigneur
Qui m’a voulue pour lui.
Quand je lui donnai mon coeur,
Il y inscrivit ces mots :
Je meurs de ne pas mourir…
Ah ! qu’elle est triste la vie,
Où l’on ne jouit pas du Seigneur !
Et si l’amour lui-même est doux
La longue attente ne l’est pas ;
Ôte-moi, mon Dieu, cette charge
Plus lourde que l’acier,
Car je meurs de ne pas mourir.
Je vis dans la seule confiance
Que je dois un jour mourir,
Parce que, par la mort, c’est la vie
Que me promet mon espérance.
Mort où l’on gagne la vie,
Ne tarde pas, puisque je t’attends,
Car je meurs de ne pas mourir.
Ô vie, que puis-je donner
À mon Dieu qui vit en moi
Si ce n’est de te perdre, toi,
Pour mériter de le goûter !
Je désire en mourant l’obtenir,
Puisque j’ai si grand désir de mon Aimé
Que je meurs de ne pas mourir.
Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l’Église
Poésie « Vivo sin vivir en mí » (trad. OC, Cerf, 1995, p. 1221)

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Ecoute, écoute, voici l’automne. Le vent,
Les nuages, le feu de bois font qu’il est
La saison des tempêtes, celle où les accents
De la joie alternent avec les soupirs. Les
Feuilles séchées sont chassées par le vent tandis
Que les joncs murmurent sur les étangs. Demain
L’orage flamboyant viendra sous la pluie
Et les frimas jusqu’à ce que le vent enfin
Lassé, daigne repartir vers d’autres régions
Tournoyant, sifflant, rasant les grandes bruyères
Terminées par les forêts. Oui c’est le vent, on
L’entend qui corne novembre, laissant les vignes
Rouges blessées, il rafle le long de l’eau les
Feuilles mortes. Vent dis-moi, est-ce un signe?
Pierrette
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Échiqueté de sable et de tanné au puits d’argent brochant sur le tout
Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.
Pour vivre heureux, vivons cachés
Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.
"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.
écoutons à l'infini...
... le premier matin du monde est aujourd'hui ...
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