Monstre cellérier

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Dans ma cave réside un monstre lucifuge,
Je pense qu’il agit en buveur clandestin ;
C’est un comportement qui remonte au déluge,
« Est calix sanguinis » grogne-t-il en latin.

Il échappe aux regards par mille subterfuges,
Sauf s’il est endormi dans le petit matin ;
Loin de lui le désir de quitter son refuge,
Car il est affaibli par l’âge qui l’atteint.

Aucun désir en lui d’une vie éternelle,
Du prêtre il n’entend point la sotte ritournelle ;
Il n’a point pour mentor l’ensoutané paillard.

Il n’est pas dangereux, c’est un monstre ordinaire,
Par manque d’exercice il devient rondouillard ;
Mais je ne lui dis rien, cela, c’est son affaire..

Cochonfucius

Loup d’azur et d’or

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Naguère, je chantais la Lune et son halo,
Ma complainte amusait les petits angelots ;
La Lune est toujours là, pourtant je n’en ai cure,
Peu m’importe aujourd’hui que ma nuit soit obscure.

Jeune, je traversais mon domaine au galop,
Sautant de roc en roc je savais passer l’eau ;
L’âge venu, mes pieds de faible créature
Hésitent, comme ceux d’un pauvre être immature.

J’aligne sans raison des mots que je rumine,
D’un rire rarement ma face s’illumine ;
Ce n’est pas un cadeau de devenir si vieux.

Or, parfois, le matin, quand les oiseaux babillent,
Un grand soleil d’antan sur ma grise âme brille ;
Alors, je me souviens d’autres temps, d’autres lieux.

Cochonfucius

Gyrovague affaibli

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Le vieux marcheur perclus prend garde à chaque pierre,
Nous le voyons boiter aux abords du vieux pont ;
Tu dis qu’il a trop bu, mais nous te détrompons,
Chaque jour il s’arrête après une ou deux bières.

Même usé, l’homme reste un chercheur de de lumière,
Son esprit va toujours par gambades et bonds ;
La tavernière, aimable avec ce vagabond,
À goûter de sa verve est souvent la première.

Les chansons qu’il aimait dans sa jeunesse entendre,
Avec des traits moqueurs ou des paroles tendres,
Sont à présent pour lui le meilleur réconfort.

Il aime aussi les tours du renard, ce malin,
Ainsi que le rêveur affrontant des moulins ;
Ce sont choses qu’il peut vous narrer sans effort.

Cochonfucius

Cornes et barbe

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Le bouc est philosophe, il dissèque des choses,
Observant les vivants dont le monde est peuplé ;
Il aime, comme toi, les astres contempler,
Surtout la blanche lune et ses métamorphoses.

Il écoute les voix du prince et de sa rose,
Ainsi que le renard parlant d’un champ de blé ;
Il guide le troupeau qu’il aide à rassembler,
Autour duquel les chiens sagement se disposent.

Il ne craint point l’éclair qui frappe l’horizon,
Ni le lourd sanglier, ni l’ours, ni le bison ;
Auprès de son harem il s’empresse aux aurores.

Caprin bien inspiré, penseur au doux regard,
Tu égales Leibniz ou tu vaux plus encore,
Vois comme la bergère a pour toi des égards.

Cochonfucius

Jardin des végétaux

image de l’auteur

C’est un endroit perdu, la vigne folle y court,
Si rares sont les fleurs qu’on les distingue à peine ;
Ce lieu reçut jadis un peu d’eau de la Seine,
Les gens se sont lassés, l’affaire a tourné court.

Nulle trace de pas, personne aux alentours,
Mais nul besoin non plus de la présence humaine ;
La Lune et le Soleil chaque saison ramènent,
Entre la feuille et l’astre est un constant amour.

Ce jardin, traversant le calme et la tourmente,
Subit le sort auquel il est prédestiné ;
Le plus grand calme règne en son âme dormante.

Pas question de le peindre ou de le dessiner,
Non plus de distiller les choses qui fermentent ;
Nous laisserons ce lieu doucement décliner.

Cochonfucius

Noble monstre

image de l’auteur

C’est un être tordu qui baigne dans sa gloire,
Lui qu’un fier troubadour chante à cor et à cri ;
On le célèbre aussi dans de savants écrits
Afin que son nom soit gravé dans nos mémoires.

Courageux en l’échec, modeste en la victoire,
On trouve en sa personne un seigneur aguerri ;
La Reine le reçut en ses jardins fleuris
Afin d’encourager ses vertus méritoires.

Le Roi lui a servi son plus excellent vin ;
À cette table, ensuite, une danseuse vint
Dont le costume fut d’élégant cachemire.

La Princesse, dit-on, lui faisait les yeux doux,
Elle qui paraissait le trouver à son goût ;
Le Bouffon le tenait en sa ligne de mire.

Cochonfucius

Premières paroles de Lao-Tseu

Photographie de Bernard Oh

Tracer la voie n’est la rendre éternelle ;
Si le Néant au Début sert de nom,
L’Être au vivant servira de surnom.
Ne cherche point d’essence universelle :

La goutte d’eau, la modeste étincelle
Que pour si peu de chose nous tenons,
Sont l’une et l’autre un robuste chaînon
De la subtile harmonie naturelle.

Celui qui sait, qu’il se garde d’écrire
Ou que ce soit pour nous donner à rire :
Celui qui rit n’a point perdu son jour.

Parole utile, elle est rarement claire ;
Parole sage, elle est parfois vulgaire,
Mais le silence est le meilleur discours.

Cochonfucius

Dame des rêves savoureux

image de l’auteur

Je te retrouve quand je dors,
Tous mes soucis alors décampent ;
Mon corps se réchauffe à ton corps,
C’est un joli sujet d’estampe.

Dans ce songe mon coeur bat fort,
Mon âme s’accroche à la rampe ;
C’est presque trop pour ce vieux porc,
Même s’il est de bonne trempe.

Ton corps ondule avec lenteur
Dans un parc aux mille senteurs,
C’est alors que je me sens vivre.

La nuit n’a pas de lendemain,
Le temps a perdu son chemin ;
C’est un beau chapitre à mon livre.

Cochonfucius

Dive bouteille

image de l’auteur

Le sang du Fils de Dieu consacré sur l’autel,
Il ne s’agit pas là d’un sombre sortilège ;
La belle âme du prêtre est plus blanche que neige,
Sauf quelques exceptions, mais c’est accidentel.

En bouteille est le vin du commun des mortels,
En avaler souvent n’est pas un sacrilège ;
Nous le prenons par droit, et non par privilège,
Dans une humble taverne ou dans un grand hôtel.

Les avenants comptoirs sont de zinc ou de marbre ;
Tu peux aussi t’asseoir à l’ombre d’un bel arbre,
Oubliant en ce lieu la ville et son raffut.

Bacchus fut bien souvent célébré sous ma plume ;
De mes prédécesseurs c’est aussi la coutume,
Et du bon Rabelais s’adossant à son fût.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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