Silence au manoir

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Pas de lieu plus calme, je pense,
Que ce très modeste logis ;
Nul éclat de voix n’y surgit,
Nul prêcheur ses mots n’y dispense.

Perdu dans une plaine immense,
Cet édifice est tout petit ;
Trois ermites s’y sont blottis
Pour y partager leurs silences.

Ils méditent sans trop penser,
Sans rien évoquer d’insensé ;
C’est une vie austère et douce.

Ont-ils jadis connu l’amour
Et ses bienfaisantes secousses ?
Mais qu’en reste-t-il, à ce jour ?

Cochonfucius

Le feu clair

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Flamme qui pâle s’illumine,
Qui faible même peut sembler ;
Quel clair-obscur inégalé !
Le coin du feu fait grise mine.

Dans le jardin rôde une hermine
Dont le corps est ensorcelé ;
Voyant la braise étinceler,
Vers la fenêtre elle chemine.

Ce brasier qui guère ne luit,
Cela rend plus sombre la nuit ;
C’est une ténébreuse flamme.

Il faut se faire une raison ;
J’orne d’un tel feu mon blason,
Presque aussi pâle que mon âme.

Cochonfucius

Hexapode joyeux

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Je goûte une vie savoureuse,
Tant pour l’âme que pour la chair ;
Je suis en un lieu qui m’est cher,
Loin de toute embrouille foireuse.

Ici, nulle discorde affreuse,
Tout est lisible et tout est clair ;
Nous sommes libres comme l’air,
Ce n’est pas une phrase creuse.

Ici, des esprits avisés
Jamais ne seront divisés ;
Car nous sommes des enfants sages.

Laissons le temps de dérouler,
Laissons notre vie s’écouler ;
Je sais que ce n’est qu’un passage.

Cochonfucius

Oiseau prophète

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Je dis leur avenir aux femmes,
Quand elles veulent le savoir ;
Je le déchiffre en un miroir,
Je le décrypte en une flamme.

Je vois tout ce qui peut se voir,
La bonne fortune ou le drame ;
Je vois les changements d’une âme
Et la couleur de son vouloir.

Je devine les jeux d’alcôve ;
La tendresse qui l’amour sauve,
Les adultères palpitants.

La route qui sera suivie
Donnera du sens à leur vie ;
Pour moi, ce n’est rien d’important.

Cochonfucius

Moisson future

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De rêves se nourrit ma vie,
De fantasmatiques moissons ;
Je n’écoute aucune leçon,
Je prends conseil de mes envies.

Ce dont ma vieille âme est ravie,
C’est d’un rien, c’est d’une chanson ;
Les mots font retentir leur son
Et l’oreille en est assouvie.

Jours de plaisir, jours de douleur,
Autant de jours, autant de fleurs :
Sur chaque gâteau, sa cerise.

Je ne sais plus, je perds le fil,
Sous la grêle un carreau se brise ;
D’Atropos je vois le profil.

Cochonfucius

Poisson sobre

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Je suis buveur d’eau, par nature,
Elle qui me rend pur et beau ;
Je n’imite pas le corbeau
Qui dévore les grappes mûres.

J’avale un bouillon de culture,
J’y trouve tout ce qu’il me faut ;
De l’authentique, rien de faux,
La plus excellente pâture.

Je ne suis pas un ruminant
Et moins encore un abstinent ;
Je ne consomme rien d’étrange.

L’eau, dans son retour éternel,
Comble tous mes besoins charnels ;
Tu me vois plus heureux qu’un ange.

Cochonfucius

Papillon nostalgique

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Je fus heureux dans mon enfance,
Je suis un peu vieux, maintenant ;
Sans que cela soit surprenant,
Je suis à présent sans défense.

Ma vie n’est qu’une impermanence,
Du jour de son commencement ;
Mon corps se défait, doucement,
Dans une aimable nonchalance.

Moi qui jamais ne fus très fort,
Mon présent s’appelle inconfort ;
J’accepte ça, comme un vieux sage.

Rien ne me fut jamais acquis ;
J’ai pris, comme n’importe qui,
Deux ou trois plaisirs au passage.

Cochonfucius

Silence d’une fleur

image de l’auteur

Ma candeur est inégalée,
Moi qui suis la fleur sans souci ;
Comme il en fut toujours ainsi,
Chacun le sait dans la vallée.

Jamais je ne suis affolée,
Tout est pour moi net et précis ;
L’oiseau le sait, l’insecte aussi,
Qui me chantent à la volée.

Qu’ai-je à faire de ma beauté ?
Je suis la fleur de chasteté,
Telle une vestale en son temple.

Qu’ai-je à faire de ma vertu ?
L’été vient, le printemps s’est tu,
Mon silence est à son exemple.

Cochonfucius

Objet magique

image de l’auteur

Voici la corne fructifère,
Généreuse, été comme hiver ;
Elle abonde en trésors divers,
C’est excellent pour tes affaires.

Tu auras ce que tu préfères,
L’objet te donne le feu vert ;
Parle en prose ou bien parle en vers,
Car ce détail nous indiffère.

Jamais tu ne seras bredouille ;
Plus chanceux que les orpailleurs,
Tu as du luxe, et du meilleur.

J’en connais qui le sous-sol fouillent,
Celui d’ici ou bien d’ailleurs ;
Laissons creuser ces niquedouilles.

Cochonfucius

Trinité modeste

image de l’auteur

Nous sommes trois dieux nonchalants,
L’univers nous remarque à peine ;
Nous semons des paroles vaines,
Ce n’est rien de désopilant.

Nous n’avons créé nul Adam,
Désertique est notre domaine ;
Aucune Vierge Souveraine,
Aucun Charpentier Transcendant.

Rien pour nous ne compte beaucoup
Sinon de boire quelques coups
Au bar, en face de l’église ;

C’est là que tu peux nous trouver,
Parmi des humains dépravés ;
Nous avons soif, qu’on se le dise !

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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