Un ambicerf en quête d’infini

o2muimage de l’auteur

L’ambicerf court en poursuivant son âme,
Il suit sa voie vers le soleil levant ;
Lui qui s’enivre en écoutant le vent,
Il court toujours, son coeur n’est qu’une flamme.

Puis il s’arrête, et noblement il brame,
Ou bien se tait, méditant et rêvant ;
C’est un sportif, ce n’est pas un savant,
D’aucune intrigue il ne connaît la trame.

Il sera seul, comme il l’a toujours su,
Mais il l’accepte, il n’en est pas déçu,
Il ne craint point le trépas implacable.

Dieu bénira son effort persistant,
Aucun danger que la vie ne l’accable ;
Il le sait bien, mais il tremble, pourtant.

Cochonfucius

Planète de Schrödinger

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image de l’auteur

Au Déluge ils n’ont pris que douze chats dans l’Arche,
Des chats intermittents qui se cachaient sous l’eau ;
Les autres animaux avaient fui au galop,
Dont quelques survivants sur cet Océan marchent.

Pour observer un chat c’est toute une démarche,
Deux ou trois physiciens se mettent au boulot,
Ayant pour chef Dirac (notre copain Paulot) ;
Car tous, nous écoutons ce sage patriarche.

Quelques observateurs ont parfois défailli,
Leur coeur perplexe fut par le doute assailli,
Ne pouvant démêler le noeud d’un polynôme.

Nous tenons de ces chats un décompte officiel,
Calculant, tout au moins, des résultats partiels ;
Nous détenons la clé d’un étrange royaume.

Cochonfucius

Vingt-six lettres

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image de l’auteur

Z dit que Dieu nous aide et l’Y dit que non,
X déteste les math, W la nature ;
V ne peut voir un U, non pas même en peinture ;
T insulte les S, les traitant de guenons.

R ne manque pas d’air, mais Q manque de fion,
P se croit un Pi grec, O se sent immature ;
N semble sans amour, M l’appelle rature,
L voudrait s’envoler, K se croit un troufion.

J soigne son ego, I travaille son moi,
H ne fait que fumer, G maîtrise une loi ;
Dans l’effort F y casse, E ça vient d’une ponte.

D semble si dément, C pense au logiciel,
B veut donner le ton, A c’est un ange au ciel,
Le seigneur de l’Aleph n’y trouve point son compte.

Cochonfucius

Brandisseur de lance

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Image du blog Herald Dick Magazine

Tu fais sonner ta parole railleuse
Qui du public agrémente les jours ;
Pour tes héros, bien dur est le séjour
Dans tes maisons folles et batailleuses.

Or, tu manies la langue ténébreuse
Qui sur soi-même, aussi bien, fait retour ;
Aux beaux acteurs, tu joues de plaisants tours,
Les reléguant aux destinées ombreuses.

L’avez-vous lu, est-il proche de vous ?
Il écrivit pour le sage et le fou,
Il nous montra leur plaisir et leur peine,

Ainsi, la mort du plus grand des Romains
Nous est contée par sa puissante main,
Et l’avancée des arbres dans la plaine.

Cochonfucius

Un vicaire

vicaire

Composition de l’auteur

J’ai entendu parler d’un curé solitaire.
Il cherchait vainement l’aide qui lui manquait ;
Un jour, un paroissien lui offre un perroquet
Qui, avec dignité, se comporte en vicaire.

Mais cet oiseau avait la chasteté précaire :
Souvent, au poulailler, le soir, il pratiquait
Des vices dont le prêtre, à bon droit, s’offusquait,
Lui qui se comportait en pieux célibataire.

À la fin, le curé punit le débauché :
Il s’arme d’un rasoir afin de retrancher
Les plumes qui rendaient sa tête magnifique.

Le dimanche suivant, un chauve vient prier.
Notre vicaire, alors, se met à lui crier
« Dis-nous quelle est la poule avec qui tu forniques !»

Cochonfucius

Les voix

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Toile de Waterhouse

Jeanne allait au combat sur sa blanche cavale.
Il fallut traverser une noire forêt.
Des guerriers un peu fous et des prêtres discrets
Ont formé autour d’elle une escorte loyale.

On entendit au loin sonner la cathédrale.
Aussitôt le vaillant seigneur Gilles de Rais
A mis dans le sous-­bois sa monture à l’arrêt.
Il pose une question d’une voix sépulcrale :

Jeanne, en ce même instant, un ange parle­-t-­il ?
Il se moque, le preux, le plaisant, le subtil,
Des transcendantes voix parlant à la bergère.

Jeanne dit : Compagnon, ici c’est Dieu qui parle,
Comme en un futur siècle à un autre grand Charles.
Par anticipation je suis son héritière.

Cochonfucius

Colonne de l’ambiserpent

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image de l’auteur

Si tu vois celui-là, mieux vaut que tu décampes,
Car ce monstre n’est pas un mangeur de souris ;
Des rois sous sa morsure ont noblement péri,
Ce n’est pas un lézard, c’est une horreur qui rampe.

Dans le sang d’un humain chaque jour il se trempe,
Son corps s’y abandonne et son âme sourit ;
En son coeur de reptile un noir dessein mûrit,
D’une autre vie ce soir il soufflera la lampe.

À quoi peut-il rêver chaque fois qu’il s’endort ?
Qu’il crucifie un dieu, comme le fit Pilate ?
Qu’on lui fait un blason d’argent, de sable et d’or ?

Mais il préférerait un emblème écarlate,
Une rouge bannière aux couleurs de l’amour ;
Il cesse de rêver, il dort d’un sommeil lourd.

Cochonfucius

Aquila sociabilis

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image de l’auteur

Il aime bavarder, ce chercheur de lumière,
Un peu moins, maintenant qu’il est devenu vieux ;
Car c’est avec lenteur qu’il traverse les cieux,
Mais ce n’est pas demain qu’il sera mis en bière.

Jamais à nul Abel il n’a jeté la pierre,
Lui qui ne maudira ni les gens ni les lieux ;
Tous les petits travers trouvent grâce à ses yeux,
Même ceux des blaireaux dans leurs sombres tanières.

Son coeur n’est plus brûlant, ni vif comme l’éclair,
Mais il ne faiblit point quand il va prendre l’air,
Lui qui ne sera plus amoureux des nuages.

Cet aigle paresseux n’écrit pas de romans,
Sa plume préférant rimer brièvement ;
Il se souvient de tout, même des jours d’orage.

Cochonfucius

Katzenturm

ommp

image de l’auteur

La tour du Seigneur Chat domine un fier rivage
Sous un ciel parcouru de magiques nuages ;
Il porte, ce héros, le nom de Chat Botté,
Dans un livre je vois ses exploits racontés.

Un ogre fut l’auteur de terribles ravages,
Lui qui se transformait en animal sauvage ;
Mais quand le chat chez lui s’en vint prendre le thé,
Ce monstre fut puni, qui l’avait mérité.

Parfois, le marquis songe au moulin de son père,
Il revoit le partage imposé par ses frères ;
Mais rien ne leur servit d’avoir meilleure part.

Avec une héritière il s’en fut à l’église,
En de nobles habits, non pas en toile grise ;
Le chat lui avait fait prendre un nouveau départ.

Cochonfucius

Sagesse du comte Roland

omel

image de l’auteur

Les Francs ne disent rien, dont est la joie tarie,
Mais des anges sont là, qui soutiennent Roland ;
Ils ont pris, ce matin, les ordres de Marie,
Leur candide fraîcheur calme ce coeur brûlant.

Le fier Turpin, couché, de sa faible voix prie,
Chargé d’un bel espoir qu’il conserve en mourant ;
Assez loin dans le ciel, quelques noirs corbeaux crient,
Encore un peu plus haut passe un nuage errant.

L’armée des Sarrasins est maintenant muette ;
Ce silence n’est pas dicté par le remords,
Il l’est peut-être un peu par le respect des morts.

Dans les deux camps, les preux sont munis d’amulettes,
Car du noir inframonde ils redoutent le feu ;
Le comte les rassure : «ainsi l’a voulu Dieu.»

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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