Ange de gueules

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Image du blog Herald Dick Magazine

Mes jambes me servent de bras,
L’avenir vient à petits pas ;
J’attends le temps des primevères
Pour voleter dans l’aube claire.

Ange (ou démon, peut-être bien)
Du passé je ne me souviens
Qu’en la matinale dormance ;
Et ce sont des jours sans romance.

Jamais ne fut ma face peinte
Au recto d’une image sainte ;
Je suis un ange suranné,
Rêvant dans un jardin fané.

Cochonfucius

Arbre des bénédictions

omnf

image de l’auteur

Lui qui est jeune et souple, il est fait de bois vert,
Il n’est point au jardin, mais près d’un marécage ;
Il voit à l’horizon ses frères du bocage,
Il bénit chaque jour l’auteur de l’univers.

Je l’entends consacrer des animaux divers,
De l’ignoble serpent il maudit les truquages ;
Il purifie le sol où seront les pacages,
Il glorifie l’été, il adoucit l’hiver.

Il console parfois Lilith qui se lamente,
De même, il réconforte Eve qui se tourmente,
Il offre des perchoirs aux petits oiseaux gris.

Cet univers nouveau n’eut pas de cimetière,
Chaque être y conserva sa liberté entière ;
Un livre d’autrefois l’a joliment décrit.

Cochonfucius

Nef hautement précaire

omna

image de l’auteur

Cette nef sans mâture emporte les défunts,
Qui sait vers quel endroit, vers l’antre des murènes ?
Vers l’île de Thulé, dont aimable est la reine ?
Vers la Rive de Nacre, aux fabuleux parfums ?

Contournant les récifs qu’arrosent les embruns,
Le modeste vaisseau suit sa route sereine ;
Il est, en maints endroits, guidé par les sirènes
Ou par un bel ondin aux charmants cheveux bruns.

Que demander de plus, du moment qu’elle flotte
Et que le timonier toujours reste en éveil,
Et qu’il observe aussi la lune et le soleil ?

Neptune peut souvent leur servir de pilote,
Il sait les préserver de cent démons retors,
Assisté par Protée, un aimable mentor.

Cochonfucius

Quatre saisons, quatre fleurs

nenuphars

Composition de l’auteur

Le nénuphar de sable aimait l’obscurité ;
De gueules, son comparse était vraiment splendide ;
D’hermine, leur cousin prenait des airs morbides.
Le nénuphar d’argent embellissait l’été.

Ils ne venaient pas tous aux endroits souhaités ;
Au bord de leur étang, le sol parfois aride
Faisait le désespoir de l’ondine timide
Dont j’aimais la tendresse et l’immobilité.

Aucunement, vois-tu, de préférence n’ai-je
Pour un jour de soleil ou pour un jour de neige :
De l’ondine, jamais ne varie la pâleur.

La feuille de sinople accueille une grenouille
À peine distinguée, tant la brume la brouille ;
Du fier printemps, déjà, se montre la couleur.

Cochonfucius

Celle qui se laisse vivre

omxy

image de l’auteur

« Elle séduit nos coeurs, la vestale indolente »,
C’est ce qu’ont déclaré les moines assemblés ;
Elle dont les cheveux ont la couleur du blé,
Nous admirons l’éclat de sa démarche lente.

Un souffle printanier sous sa robe volante,
Par un tel horizon nos regards sont comblés ;
Nous entendons les mots de nos esprits troublés,
Recevant de ses yeux la lumière aveuglante.

Cupidon, dans ce cloître au matin surgissant,
Des lois du monastère efface la mémoire ;
La Règle fait silence, inutile grimoire.

Hantés par son reflet, fantôme caressant,
Nous déclarons qu’elle est notre seule maîtresse ;
Mais de n’y point toucher, ça nous met en détresse.

Cochonfucius

Trois couronnes héréditaires

omi

image de l’auteur

Du roi de Frépillon, monarque décadent,
Le joli pantalon s’orne de couleurs vives ;
Il offre, en ayant bu, sa couronne aux convives,
Qui refusent toujours, d’ailleurs, c’est plus prudent.

Le roi de Garabagne a deux grands chiens grondants,
Mais ce ne sont vraiment que des bêtes craintives ;
Leur âme a peur, souvent, de se montrer fautive,
Ce qui leur donnerait des remords abondants.

Le roi de Milpodvash, il baigne dans l’ivresse,
D’une noble odalisque il reçoit les caresses ;
À la prochaine coupe il préfère songer.

Chacun peut se tenir sur son trône sans honte,
Le peuple est indulgent pour ces braves gérontes ;
Dans leurs menus plaisirs ils se peuvent plonger.

Cochonfucius

Une amnésie

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Toile de Van Gogh 

— Si j’allais devenir un vieillard amnésique,
Mes mains se souviendraient de certaines rondeurs ;
Puis j’entendrais parfois le tonnerre grondeur
Et je demanderais de qui est la musique.

Amis, ne prenez pas ce symptôme au tragique,
Même s’il dévastait ma vie en profondeur,
Si ma voix devenait celle d’un répondeur
N’ayant que rarement des accents poétiques.

­­– Rimeur, comment sais­-tu, vraiment, ce qu’il en est
De ce que pour fléau, partout, on reconnaît ?
De ce qui nous désole et qui nous désespère ?

— Je n’ai pas là-­dessus un regard médical ;
Ce que j’ai pu savoir, quant à moi, de ce mal,
C’est l’autre soir à table, en observant mon père.

Cochonfucius

Sagesse de la renarde

omdo

image de l’auteur

Que dirai-je des gens qui m’appellent trompeuse ?
Eux, ce sont des pigeons, ils ne me font pas peur ;
Le Seigneur des Goupils voit le fond de mon coeur,
Mon âme est transparente, et n’est pas nébuleuse.

Ma maîtresse d’école a dit « Tu es menteuse »,
Car j’avais prononcé deux ou trois mots flatteurs ;
Si ce brave corbeau se prend pour un chanteur,
Je peux bien lui donner mon avis de chanteuse.

Une grande innocence a baigné mon cerveau,
Cela me fit frémir, comme un plaisir nouveau,
Comme de découvrir un fabuleux espace.

C’est dans notre ADN, nous avons l’esprit fin,
Ainsi chacun de nous peut manger à sa faim,
Trompeurs, peut-être un peu, voyons la chose en face.

Cochonfucius

Amphore du barde

omql

image de l’auteur

La belle amphore, à peine utilisée,
D’aise a comblé notre barde adoré ;
Ce récipient richement décoré,
Il lui consacre une ode improvisée.

En évidence elle fut disposée,
Son donateur en est fort honoré ;
Le soleil luit sur ses motifs dorés,
L’ombre s’étend sur la face opposée.

Une potion qui rafraîchit le corps
Inspire au barde un merveilleux accord,
Qui du plus haut des cieux semble descendre.

Le noble chef en oublie ses tourments,
Il se délecte en ce qu’il vient d’entendre ;
Il dit au barde « Ici tout est charmant ».

Cochonfucius

Ambicheval bibliophage

omnw

image de l’auteur

Ce noble ambicheval lit à la fois deux livres,
Un nez dans une thèse et l’autre en un roman ;
L’animal les parcourt tous deux rapidement,
L’effort lui est léger, sauf quand il est bien ivre.

Ces textes recoupant des temps qu’il a pu vivre
Apportent la sagesse à son entendement ;
La galère, jadis, qu’il vécut bravement,
Et ce petit jardin qui fut vêtu de givre.

Il lui semble revivre et son passé rejoindre,
De cent mille détails il retrouve le moindre ;
Même les illusions, le délire, les rêves.

Les souvenirs sérieux lui reviennent aussi,
Qui à son double esprit donnèrent du souci ;
Il ne fit avec eux la paix, mais une trêve.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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