Église dans le vent

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Les antiques démons, nos âmes poursuivant,
Ne craignirent jamais les mouvements de foule ;
Leurs sabots sonnent clair sur le pavé qu’ils foulent,
Mais s’arrêtent s’ils voient l’église dans le vent.

Ils sont trop timorés pour aller de l’avant,
Ils frottent leur visage où la sueur s’écoule ;
La crainte les saisit, la détresse en découle,
Leur coeur dans leur thorax n’est qu’à demi vivant.

Aucun consolateur ne vient soigner leur fièvre,
Ils aimeraient pouvoir courir comme des lièvres
Mais leur élan se brise en un arrêt brutal.

Pour surmonter la peur, chaque jour ils s’entraînent,
Affrontant vaillamment des monstres de métal ;
Mais l’église est pour eux une effrayante arène.

Cochonfucius

Anguille d’azur

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Image du blog Herald Dick Magazine

L’écrevisse, occupant la rouge citadelle,
Veut au peuple, aujourd’hui, un message apporter :
Par l’anguille d’azur sera réconforté
Le royaume, qui peut être sauvé par elle.

La foule, applaudissant à la bonne nouvelle,
Approuve un tel signal, dont on ne peut douter ;
Chacun, se recueillant, veut, dès lors, écouter
De ce poisson sacré la sagesse éternelle.

— « Anguille, parle-nous, tu es notre recours,
Notre cité, sans toi, resterait sans secours. »
L’anguille, se taisant, bouge d’étrange sorte.

— « Écrevisse, prends donc la parole, à ton tour ! »
— « Ce poisson, mes amis, nous le cuirons au four,
Car tel est, selon moi, le bonheur qu’il nous porte. »

Cochonfucius

Oiseaux presque imperceptibles

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Un détail invisible agrémente la scène
Où figurent aussi des nuages d’argent ;
Peut-être des oiseaux dans l’azur vont plongeant,
Phénomène déjà décrit par Avicenne.

Le ciel ne tremble point,l’atmosphère est sereine,
Il ne fait pas trop chaud, le temps n’est point changeant ;
L’un de l’autre éloigné se déplacent les gens
Et de même dans l’onde agissent les sirènes.

Nous ne regrettons pas nos plaisirs disparus,
Ni la brièveté des chemins parcourus ;
Le malheur finira, la guérison se trame.

Invisibles oiseaux dans l’air frais du matin,
Pline a parlé de vous dans un texte latin ;
Je vous devine un peu, j’entends chanter votre âme.

Cochonfucius

Autre minotaure d’argent

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Image du blog Herald Dick Magazine

Minotaure d’argent, tu te nourris d’orages ;
Les récits d’autrefois nous en font le tableau,
Avec la grande pluie, tombant comme un rideau
Sur ton grand Labyrinthe, invraisemblable ouvrage.

Tu bois cette fraîcheur qui tombe des nuages,
Le peintre-magicien dégaine son pinceau
Et te peint, ruisselant, embelli par cette eau,
De la séduction même une vivante image.

Minotaure d’argent, ton oeil n’est pas trompeur,
Il brille d’autant plus que monte la vapeur
Dans le dédale obscur, le lieu de ta constance.

Minotaure d’argent, philosophe de paix,
Merci à l’artisan qui retrace tes traits
Sur le mur du palais, en signe d’espérance.

Cochonfucius

Chanson de toile

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Peinture chinoise

J’écris ces vers, disant un peu de moi,
De mes amours, de mon art, de ma vie ;
Rien n’y verrez qui puisse faire envie,
Tout le premier, mon coeur s’en aperçoit.

Je ne comprends pas tous les jours pourquoi
La muse auprès du clavier me convie ;
Mon écriture, aux rimes asservie,
Avec plaisir chante, à ce que je vois.

Soit pour le rire ou pour les tièdes larmes,
Pour le bonheur ou l’ennui qui désarme,
De ce pinceau viennent des ornements ;

Beauté du diable ou drame de l’archange,
Plaisanterie ou vibrante louange :
De cette plume en surgit le roman.

Cochonfucius

La tour des confins

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Le terrain frontalier n’est pas d’accès facile,
C’est un canton sans vie, sans charme et sans amour ;
Il ne s’y passe rien, ni la nuit, ni le jour,
De vieux sorciers barbus y tiennent leur concile.

On n’y peut rencontrer ni village ni ville,
Notre bon empereur y fit faire une tour ;
Je m’y tiens confiné, rêvant à mon retour,
Cette vie de soldat n’est que souffrance vile.

Ce que je vous en dis, ce n’est pas important,
Pourvu que nos seigneurs soient toujours bien portants,
C’est quand on nous dit ça que notre joie est grande.

Ainsi chante en sa tour un guerrier mal vêtu,
Un modeste troufion sans vice et sans vertu ;
Puis aux dieux de l’Empire il apporte une offrande.

Cochonfucius

Dragon tavernier

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Chez ce noble dragon l’assoiffé prend refuge,
Car il tient un troquet qui n’est point clandestin ;
Si la chaleur est forte ou s’il tombe un déluge,
Alors «est bibendum» comme on dit en latin.

S’accouder au comptoir n’est pas un subterfuge,
Ce que dit le patron n’est pas du baratin .
Lui qui de l’inframonde est un heureux transfuge,
Il cherche la sagesse, et parfois, il l’atteint.

La soif dure longtemps, mais n’est pas éternelle,
L’horloge de la gare à l’ordre nous rappelle,
Sauf si la dissimule un opportun brouillard.

Nous aimons savourer des boissons ordinaires,
Il faut ça pour remplir nos ventres rondouillards ;
Il sera toujours temps de songer aux affaires.

Cochonfucius

Porte-plume

porte-plume

image de l’auteur

Marchands de parchemin, mes frères,
Votre renom n’est pas volé ;
Ma plume, qui n’est pas sévère,
Ne saurait le dissimuler.

Des longs siècles évanouis
Les paroles accumulées
Font un herbier épanoui,
Même si mainte herbe est brûlée.

Plume, fais-moi leur secrétaire,
Et que tes tracés sans retour,
Dans ma cellule solitaire,
M’accompagnent au fil des jours.

Cochonfucius

Homme de plume

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Composition de l’auteur

Maître Gecko, trouvant un jour une lectrice,
L’installe dans son lit (car c’est presque l’hiver) ;
Le lendemain matin, ce barde, toujours vert,
Dédie un madrigal à son admiratrice.

Sa plume va tout droit, ne grince ni ne crisse,
Il nous dit l’essentiel au long de quelques vers :
L’amour, et les regrets qui en sont le revers,
Ce qu’il faut de douleur pour qu’une âme mûrisse.

Son amie par-dessus son épaule découvre
Les mots qu’il a tressés, les horizons qu’il ouvre ;
Ses battements de coeur aux rimes font écho.

Dans le petit matin, la frémissante muse
Médite, baignée par la lumière diffuse,
Ton séduisant pouvoir, ô plume du Gecko !

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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