Loup des deux rives

 

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Ce prédateur habite auprès d’un très vieux pont
Qui fut cher à nos coeurs et pourtant se délabre ;
Sur les deux rives sont des marchands de cinabre
Chantant des airs auxquels un clair écho répond.

Ce vieux mâle n’est pas un coureur de jupons,
Par ailleurs il se tient à l’écart des palabres ;
Il ne redoute point le soldat ni son sabre,
Malgré la longue lame en acier du Japon.

Il écoute le vent et consulte les astres,
Puis il lit des écrits de Geneviève Pastre,
Cela le rafraîchit autant qu’un bain de mer.

Il ne travaille point et rarement il bouge,
Il est indifférent, mais il n’est pas amer,
Il savoure le soir un verre de vin rouge.

Cochonfucius

Tristes deux mille vins

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animaux chinois

C’est l’année du virus et c’est l’année du rat,
L’an prochain nous aurons l’année des hirondelles ;
Beaucoup de professions ici manquent de bras,
Car une épidémie fait beaucoup parler d’elle

Le virus est mutable et fol qui s’y fiera,
Avec ton ADN il joue à la marelle ;
Tes poumons ont souffert, que point l’on n’opéra,
Tant de méchanceté dans un tel être grêle…

Faut-il vous en parler, vous raconter l’histoire
Des grands lits d’hôpital et de leurs accessoires ?
Mais contre un pareil monstre il n’est point de recours.

De ces petits machins, terribles sont les ruses,
Nul ne sait quoi penser de leur substance intruse ;
Mais de notre santé nous verrons le retour.

Cochonfucius

Errance nautique

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image de l’auteur

Ce bateau dérivant, c’est un vaisseau massif,
C’est un sombre rafiot d’origine inconnue ;
Quelquefois, sur le pont, chante une voix ténue,
J’entends jour après jour son déclin progressif.

Ce surprenant navire ignore les récifs,
Une magie puissante est par lui détenue ;
Les pâles matelots dans leur noire tenue
Arborent presque tous un visage pensif.

Songent-ils à leur vie, qui jadis fut profane ?
Se remémorent-ils des mots d’Aristophane ?
Sur un danger prochain furent-ils alertés ?

Je n’en dirai pas plus dans cette chanson brève,
Je laisse à ces errants leur pleine liberté ;
Ils savent naviguer sur les ailes du Rêve.

Cochonfucius

Fleur d’un étrange printemps

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Il se peut que le monde aille vers le chaos
Et que de noirs démons surgissent des cratères ;
Mais dans mon jardin pousse une fleur solitaire
Qui boit avidement la lumière d’en haut.

De plusieurs chants d’oiseaux la charment les échos,
Elle les apprécie, elle s’en désaltère ;
Sa racine grandit et savoure la terre,
Sa vie de végétal est un plaisant repos.

Il se peut que sévisse un terrible incendie,
De cette fleur la fièvre est vite refroidie ;
Jamais un traitement ne lui fut imposé.

Dans la ville aujourd’hui les hommes font silence,
Seuls les chats des jardins leurs subtils appels lancent ;
À l’amour d’une fleur mon coeur est disposé.

Cochonfucius

Douceur des saisons

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Une rose d’automne a-t-elle des regrets ?
N’est-ce qu’appréhension de la chute hivernale,
Laquelle est naturelle, et non point infernale.
Une fleur de printemps croit-elle en un progrès ?

La plante, de ce temps où sa graine migrait
À la douce faveur d’une brise vernale,
A-t-elle souvenance (un peu subliminale)
Ou de sa dormition dans un grand pot de grès ?

A-t-elle d’autres fleurs auxquelles s’adresser
Pour ensemble évoquer l’enfance fabuleuse
Que rien, dans son esprit, n’est venu effacer ?

La rose est si jolie quand elle est nébuleuse !
Quand l’air froid du matin la fait paraître en pleurs,
Nos yeux s’emplissent d’eau pour cette âme de fleur.

Cochonfucius

Mary Hamilton

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Toile de Pavel Svedomskiy

Chez Mary Hamilton, on vit venir la Reine.
« Mary, levez-vous donc. À présent, dites-moi
Où est allé l’enfant dont j’entendais la voix. »
« Un navire ai choisi pour lui, ma Souveraine,

Et l’ai livré aux flots que hante la sirène,
À la grâce de Dieu, qu’il nous garde en sa loi. »
« Mary, vous n’avez point agi en bonne foi ;
Si l’enfant eût vécu, j’eusse été sa marraine,

Mais en ville, aujourd’hui, je crois que nous irons,
N’écoutez en chemin ceux qui vous maudiront. »
Mary, un bref instant, se pose en suppliante,

Puis prend sa robe blanche et son collier doré
Que tout à l’heure, en ville, elle veut arborer ;
Elle marche au supplice, à-demi souriante.

Cochonfucius

Grandeur de la bécasse

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image de l’auteur

L’eau d’un vieil étang doucement se ride,
La bécasse y boit pendant tout l’été ;
Cet oiseau ne craint pas les lieux humides,
L’ondin de la mare aime l’écouter.

La bécasse au bois est un peu timide,
Qui jamais ne veut cet endroit quitter ;
Son coeur est serein mais il n’est pas vide,
À son doux regard, comment résister ?

Bécasse, prends garde aux bêtes cruelles
Qui de leurs longs crocs mordaient ton corps frêle ;
Ou qu’un vieux chasseur te mette au tombeau.

Reste donc en vie, oiseau plein de charme,
Nous écouterons ton rire et tes larmes ;
Ne crains pas le loup ni le noir corbeau.

Cochonfucius

Grenouille transcendante

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image de l’auteur

Je vis parmi des herbages dorés,
Nulle fleur n’est à ses consoeurs pareille ;
Des arbres noirs les fruits ont des oreilles,
Je les entends au matin murmurer.

Un visiteur serait désemparé
En découvrant les raisins de nos treilles ;
Ils ont le goût de la salsepareille,
Noir est le vin qu’on en peut préparer.

Nos protecteurs, qui les démons combattent,
Sont des golems aux talents d’acrobates ;
Ceux d’inframonde en sont bien étonnés.

À nul sauveur nous ne sommes fidèles,
Mais nous prions le dieu des hirondelles ;
Ce monde étrange est fort bien ordonné.

Cochonfucius

Lampe mystérieuse

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Composition de l’auteur

Piaf-Tonnerre au grenier a trouvé une lampe.
Il prend un vieux chiffon, la frotte prudemment ;
Il en sort un génie en costume ottoman,
Qui aux pieds de l’oiseau fort servilement rampe.

« Veux-tu que d’or précieux l’on couronne tes tempes ?
Ou veux-tu devenir le plus doux des amants ?
Voudras-tu explorer le fond du firmament,
Te changer en phénix, en aigle, en hippocampe ? »

Piaf-Tonnerre, en cherchant ce qu’il pourrait vouloir,
A juste demandé la paresse d’un loir.
« Ah, tu as bien choisi. C’est une bonne idée,

Ceux qui font peu de chose ont le plus heureux sort :
Car, de l’oisiveté par le génie aidée,
Naîtront de jolis vers, qui prendront leur essor. »

Cochonfucius

Parmi les sépulcres

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Toile de Rubens

Mes compagnons défunts, qu’en est-il de vos ombres ?
Dorment-elles vraiment au fond de vos tombeaux,
Pendant qu’au ciel, portant des costumes plus beaux,
Vous mangez du pain frais en buvant du vin sombre ?

Est-il vrai que nos morts, que ce peuple sans nombre,
Vers un monde meilleur, inépuisable flot,
S’éloigne à tout instant, sans cris, sans un sanglot,
Quittant avec plaisir ce pays de décombres ?

Ou bien, faut-il penser que tout se décompose,
Qu’au cercueil ne survient nulle métamorphose,
Qu’en ces lieux, rien ne vit, sinon deux ou trois fleurs ?

Que ces fleurs soient témoins : nous vous sommes fidèles ;
Et si, compagnons morts, vous ne voyez rien d’elles,
C’est sur nous, non sur vous, que s’écoulent nos pleurs.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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