Lorsqu’il veut s’amuser

kinglearpainting.jpeg

Toile de William Dyce

Lorsqu’il veut s’amuser, Scarron se fout du monde ;
Le roi même, en ce cas, sera pris pour sujet,
Comme nous pouvons voir aux madrigaux qu’il fait
Ou à d’autres chansons (les exemples abondent).

Le roi ne s’en fait pas, ne tonne ni ne gronde,
Il est même flatté d’être mis en sonnet
Par un subtil auteur, qui vraiment s’y connaît,
Donnant à ses lecteurs jubilation profonde.

Il sait qu’il n’est qu’un roi, ne se prend point pour Dieu,
Qu’il lui faut du papier quand il se rend aux lieux,
Que son corps est en proie à bien d’autres misères ;

Un monarque, il le sait, n’est pas un immortel.
Il a vu le cercueil où reposait son père
Et les pleurs de sa mère approchant de l’autel.

Cochonfucius

Paul voit un roi

464px-paul_scarron_2.jpg

Portrait anonyme

Scarron se fout du roi, et du ministre aussi.
Si le malheur du temps fait le bonheur de l’hôte,
Scarron, si sage et fou, sera heureux, sans faute,
Sur son large fauteuil paisiblement assis.

De guerre et gouvernance, il n’a point le souci,
Mais de bonne salade et de bonne entrecôte,
Et d’un bon seau à glace et d’un bouchon qui saute,
Et que le pain, surtout, ne soit point trop rassis.

Scarron, j’aime ta plume, elle est d’un joyeux drille,
J’imagine ton oeil qui de malice brille
En demandant au roi de cueillir un melon.

Tu as ta belle humeur, le monarque a la sienne,
Et tu te fous du roi, mais qu’à cela ne tienne,
Le roi aime s’asseoir pour rire en ton salon.

Cochonfucius

Papillon de la Table Ronde

asffb.png

image de l’auteur

Il n’a jamais servi les dieux ni les déesses,
Mais près des chevaliers on peut souvent le voir ;
Ce noble papillon, dans son fier nonchaloir,
Il ne se reconnaît ni maître ni maîtresse.

Il suit parfois les pas du moine ou de l’abbesse
Car il veut détenir un peu de leur savoir,
Mais il n’admire point les hommes de pouvoir,
Préférant la douceur des mots d’une princesse.

Lorsque survient l’hiver, il peut voler encore
Et dans cette saison où dort le doryphore
Il survole la plaine et s’abreuve au ruisseau.

Il connaît mieux que moi l’héraldique subtile
Et trace des blasons, dessinateur fertile :
Je crois qu’il le faisait dès l’âge du berceau.

Cochonfucius

Sagesse de Scarron

wikimedia-perennius

Scarron, tu contemplais le labeur des humains
Qui au monde voulaient donner une structure :
Tu vis que tout finit par glisser dans leurs mains,
Et retourner, sans faute, à l’état de nature.

Horace l’avait dit, le rhapsode romain
Qui prisait sa chanson plus que l’architecture.
Quand s’usent les souliers se creusent les chemins ;
Sans chemin, sans souliers se finit l’aventure.

D’Horace le propos, sans qu’il soit aboli,
Aux pages des bouquins a fortement pâli ;
Classique devenu, on l’oublie, on le boude.

Scarron, ton beau pourpoint fut troué sans espoir
Que l’on pût le recoudre avec un long fil noir ;
Mais tu ris de la chose, et tu lèves le coude.

Cochonfucius

Pont des Splendeurs

ascd.png

image de l’auteur

Bâti pour connecter les deux rives de gloire,
Il honore la ville, et puis il l’embellit ;
Notre maire jadis a son éloge écrit,
Dont nous conserverons l’infrangible mémoire.

Ici des militants célèbrent leurs victoires,
De notre liberté défenseurs aguerris ;
Puis, l’une et l’autre rive ont des talus fleuris
Que vous entretenez, jardiniers méritoires.

On y boit de la bière, on y fête le vin,
On flâne sur les quais, on parle entre voisins ;
De charmantes beautés en cette onde se mirent.

D’avoir un pareil pont, c’est un honneur pour nous,
Celui qui l’installa fut très sage et très fou ;
Tout au long des saisons, nos visiteurs l’admirent.

Cochonfucius

Chanson de la colonie

gaston-lagaffe-001.jpg

18-4-1978

Vous connaissez mon quartier, ou sinon peu importe. Moi non plus, je ne sors plus guère. Je sais pourtant que ma piaule glaciale aux murs gris plâtre, aux murs sans parole, à la moquette merdique infiniment, se trouve au deuxième étage d’un escalier sombre, dans un corps de bâtiment perdu derrière la gare d’Orléans dite d’Austerlitz pour le même prix, et que juste à côté c’est un chantier de démolition, si bien qu’un ami à moi qui connaissait vaguement mon adresse a cru de bonne foi, en passant par là, que la Ville de Paris s’était enfin décidée à abattre mon immeuble lépreux et à en reloger les habitants proprement. Mais non. Je vis toujours là, et les engins de démolition ne cassent que mes rêves du matin.

Alors, où est le drame ? C’est toute une histoire. Je ne sais pas si elle vous regarde.

Continuer à lire … « Chanson de la colonie »

Projet de l’oie

asvc.png

image de l’auteur

Une aventureuse oie s’éloigne de son pré
Pour aller conquérir la grande ville blanche ;
On y entend sonner les cloches du dimanche
Rappelant à chacun que ce jour est sacré.

Dans un bar, elle boit un armagnac ambré
Tandis qu’un vieux buveur auprès d’elle s’épanche ;
Le brave tavernier sur ses clients se penche
Et les rappelle à l’ordre, ainsi qu’un vieux curé.

Ayant bu, cette oie reste impassible et sereine,
Qui vient de nulle part et veut devenir reine,
Et de son vieux voisin n’entend pas le discours.

Dans les rues de la ville, une incroyable faune
Commence son lundi dans l’aube déjà jaune,
Et le projet de l’oie risque de tourner court.

Cochonfucius

Les démons se font termites

cavalier-rouge.jpg

Assemblage de l’auteur

Dans la charpente, rien ne leur est étranger,
Ils connaissent le bois ; le reste, ils l’imaginent.
Tous enfants de la reine, ou frangins, ou frangines,
Vers le coeur des rondins je les vois converger.

Des termites-soldats leur servent de bergers ;
Mais ils n’ont pas de duc, ni de roi misogyne,
Chacun d’entre eux se dit de modeste origine,
En parfaite harmonie je les entends bouger.

Ils craignent vivement la lumière solaire ;
De voir une fourmi, ça les met en colère ;
Ils adorent nourrir un jeune à peine éclos.

Ces hôtes dans la chair des poutres se baladent
Sans aucun appétit pour l’ardoise ou le jade,
Et tout au long du jour construisent leur enclos.

Cochonfucius

tesomic.png

Cheval dans l’azur

coat_of_arms_of_turkmenistan_1992-2000.png

Image du blog Herald Dick Magazine

Je rêve tous les jours d’horizons étrangers,
De chemins fantasmés, de prés que j’imagine,
De juments qui seraient d’adorables frangines
Et de routes passant au milieu des vergers.

Les moutons vont au loin, guidés par leur berger,
Les porcs au potager savourent l’aubergine,
Mais moi, je dois rester à mon lieu d’origine,
Mon maître est casanier, je ne dois pas bouger.

Or, si j’étais un chien, surveillant des galères,
Les océans feraient naviguer ma colère ;
Je tracerais ma route à la faveur des flots.

Rien ne sert de songer à partir en balade,
Je suis sans mouvement, comme un cheval de jade,
Comme un dieu statufié, protégeant cet enclos.

Cochonfucius

Oiseaux dans le figuier

asra.png

image de l’auteur

Rien dans ce beau jardin ne leur est étranger,
Ce qu’ils ne savent pas, leur esprit l’imagine ;
Sur l’arbre sont perchés des frangins, des frangines,
C’est toute une fratrie de pilleurs de vergers.

Cette troupe est sauvage et n’a pas de berger ;
Nullement effrayés par le dieu misogyne,
Ils sont toujours restés à leur lieu d’origine,
Aucune imprécation ne les fera bouger.

L’ombre des troncs leur est une horloge solaire,
Ils subissent le froid sans se mettre en colère ;
Ils aiment célébrer le jour à peine éclos.

Or, la plupart du temps, ces oiseaux se baladent
Parmi les fruits de pourpre et les feuilles de jade ;
Mais à la fin du jour, ils regagnent l’enclos.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.