Arbres commémoratifs

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J’ai vu dans un grand champ trois arbres de mémoire ;
Des forêts de jadis, ils restent seuls debout ;
Dans leur ombre propice un barde venait boire
Afin d’y cultiver la sagesse des fous.

Le feuillage après lui murmure des histoires
De serpent et de pomme, et de tigre, et de loup ;
Le barde avait chez lui de petits dieux d’ivoire
Lui dictant des récits au décor un peu flou.

La licorne qui danse et refuse la bride,
Le vaillant hamster-grive et bien d’autres hybrides
Ont ces contes appris, les gardant inchangés.

Le vent retient aussi des messages sonores ;
Les trois arbres-témoins toujours se remémorent
Les lointains souvenirs en leur âme engrangés.

Cochonfucius

Sagesse d’une mouette

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J’ai bien souvent rêvé d’une mouette subtile
Et qui vole si haut qu’à peine on peut la voir ;
Dans la haute atmosphère elle peut se mouvoir
Et composer des vers en un aimable style.

Pour évoquer ses traits, ma plume est malhabile,
Mais j’en veux dire autant qu’il est en mon pouvoir ;
Je ne regrette point d’avoir peu de savoir,
Car si j’en avais trop, ça me rendrait débile.

Qu’elle soit aussi loin, ce n’est pas triste en soi,
Puisque mon âme l’aime et que mon coeur la voit ;
Puis, je retiens les mots qu’elle avait su me dire.

Aussi, quand je relis des poèmes latins,
Je voudrais en charmer cet oiseau du matin ;
Ce serait un bonheur, si je l’entendais rire.

Cochonfucius

Baisement

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Toile de Francesco Hayez

Quoi de plus beau sous le jour
Qu’un sentiment qui nous touche,
Ou que, bouche contre bouche,
Un charmant baiser d’amour.

Est-il plus brûlante fièvre
Que l’oubli de la raison
Quand la lèvre prend la lèvre ?
Est-il un plus fort poison ?

Est-il plus immense joie
Que celle qui nous envoie
Au ciel où l’âme se meurt ?

Prince dont la vie est close
(Et le corps, dessous les fleurs)
Ne peut oublier la rose.

Cochonfucius

Lune et Soleil en croix

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Dans un album ancien que je lisais naguère,
Parmi quelques récits d’aventure ou de guerre,
Un beau dessin montrait le Cosmos nouveau-né
l’Esprit Transcendant semblait se promener.

Et les astres disaient : «Orphelins que nous sommes !
Dans tout cet univers, on ne trouve point d’hommes,
Ni boulanger au four, ni chercheur au labo,
Ni danseuse aux pieds nus, ni bergère en sabots.»

Le soleil esseulé, la blanche lune veuve
Avec deux bouts de bois firent une croix neuve ;
Cet emblème éternel de l’humain triomphant
Suffit à consoler leurs deux âmes d’enfants.

 

Improbable goupil

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Dans cette friche est un goupil de gloire,
Par ce sonnet je le veux honorer ;
Les korrigans dont il est adoré
Pourront chanter ces vers à sa mémoire.

Sa mère fut une renarde noire
Qui l’emmena les poules dévorer ;
Son père aussi, vétéran décoré,
Encouragea son désir de victoire.

Parle-nous donc, vrai goupil aux grands yeux,
Raconte-nous le Diable et le Bon Dieu,
Et l’inframonde aux incubes voraces ;

Explique-nous le charme et la beauté
De l’Univers, et puis sa cruauté,
Sa pesanteur, son mystère et sa grâce.

Cochonfucius

Totem de sable

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Image du blog Herald Dick Magazine

Dans le ciel d’or est un objet de gloire,
Mais nul ne sait ce qu’il veut honorer ;
Aucun dévot ne vient pour l’adorer,
Ce haut pilier, ce totem sans mémoire.

Moi, j’aime bien cette structure noire
Dont le profil est fort élaboré ;
Bien peu me chaut, si c’est pour décorer,
Ou pour marquer un désir de victoire.

On peut y voir un insecte aux grands yeux,
Un joli diable, une licorne, un dieu,
Un lourd cyclope, un troll à la vue basse ;

Un vieil ermite, un monstre de beauté,
Un noble évêque, un roi de cruauté,
Mais moi, j’y vois la Statue de la Grâce.

Cochonfucius

Dame du Karma

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La dame du Karma repasse des linceuls,
Mais vers la fin du jour sa besogne est finie ;
Alors, elle s’en va rêver sous un tilleul
Que son père planta, venu de Roumanie.

Elle feuillette un livre écrit par son aïeul,
Elle retient par coeur ses paroles bénies ;
Elle songe au vieillard, qui longtemps vécut seul,
Composant de la prose au fil des insomnies.

Au jardin vient une oie ; son plumage est si beau
Que l’admirent le cygne, et même le corbeau ;
Et la légende dit qu’elle est un peu sorcière.

Voyant ce volatile en plumes d’apparat,
La dame à ce moment s’en réconfortera,
Oubliant tout à fait que le monde est poussière.

Cochonfucius

Noble poisson d’azur

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Ce vif poisson d’azur traverse les saisons,
Il trouve des trésors au fond de la Mer Noire ;
Il remonte souvent l’estuaire de Loire
Pour de France admirer les vertes frondaisons.

Il vogue prudemment, surveillant l’horizon,
Et le vent printanier lui narre des histoires ;
Traverser l’océan n’est pas la mer à boire,
Surtout pour un seigneur à l’illustre blason.

Ce poisson bien souvent dit des mots véritables ;
Même, ses jugements sont toujours équitables,
Car son esprit subtil est très sage et très fou.

Il récite les vers de Racine et Corneille
Auxquels le cachalot volontiers tend l’oreille,
Ainsi que l’exocet ; mais le poulpe s’en fout.

Cochonfucius

 

Pattes de sinople

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Cet oiseau peut chanter tout au long de l’année,
Pour la saison qui naît, pour la saison qui meurt,
Pour la fleur éclatante et pour la fleur fanée ;
Quel plaisir de l’entendre, il chante avec son coeur…

Par mille autres chanteurs la friche est animée,
Loin de toute richesse et loin de tout labeur ;
Les étoiles du soir, une à une allumées,
Semblent accompagner la nocturne rumeur.

La chanson dit la peine et dit aussi la joie,
Qui dans ce calme endroit l’une en l’autre se noient ;
Le barde songe alors à ses jours révolus.

Il a compris qu’il est un oiseau de passage,
Et ce constat, d’ailleurs, ne le rend pas plus sage ;
Car il ne fut jamais en quête d’absolu.

Cochonfucius

Alpha Comae Berenices

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Des étoiles du ciel, s’il faut en choisir une,
Je veux celle qui semble être un miroir brisé :
Alpha de Bérénice, astre favorisé
Dont les grands de ce monde espèrent la fortune.

Ce n’est pas un trou noir ni une naine brune ;
C’est un astre superbe, un soleil irisé
Porteur d’une vertu qu’on ne peut déguiser,
J’en pourrais oublier ma planète et sa lune.

Platon, me semble-t-il, à Socrate en parlait,
Disant «Nous partirions là-bas, si tu voulais,
Pour nous y établir et sagement y vivre.»

Socrate a préféré la terrestre beauté
D’un éphèbe élégant qui brûlait de le suivre,
Oubliant le Cosmos et son immensité.

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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