Feuille sans sève

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Un arbre avait tout mon amour,
Le tronc, la branche, la brindille ;
C’était là ma vie de famille,
Mais ça n’a pas duré toujours.

Maintenant je dors dans la cour,
Je me change en triste guenille ;
Le soleil bien faiblement brille,
Ma triste route est sans retour.

Où sont les fleurs et la rosée ?
Tant de choses décomposées,
Qu’arrive-t-il à l’univers ?

— Ne crains donc rien, feuille candide,
Cette saison n’est point sordide ;
Ça vient tous les ans, c’est l’hiver.

Cochonfucius

Inoffensif démon

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En écuyer je me déguise,
Porteur d’un bouclier doré ;
Ce n’est pas pour être admiré,
Car j’ignore la vantardise.

Autrefois, j’ai, par gourmandise,
Un funeste fruit dévoré ;
Ce n’était pas délibéré,
Ce fut même un peu par surprise.

Vous tous, qui m’appelez « démon »,
Vous m’abreuvez de vos sermons ;
En vain sous mon crâne ils résonnent.

Je voudrais vivre simplement,
Sans que ma vie soit un roman ;
Mais ici, les ennuis foisonnent.

Cochonfucius

Crosse d’illusionniste

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L’évêque, je t’en avertis,
À plaisanter passe les heures ;
Sa crosse est un étrange outil
Qui nous hypnotise et nous leurre.

Sa vie en est-elle meilleure ?
Certes, rien ne le garantit ;
Les objets que la crosse effleure,
De quel pouvoir sont-ils nantis ?

Est-ce d’un démon le domaine ?
N’est-ce qu’une faiblesse humaine ?
Ange gardien, veille sur lui !

Pardonnons-lui son attitude,
C’est l’effet de la solitude ;
Il veut échapper à l’ennui.

Cochonfucius

Chapelle blanche

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Ce lieu est des anges aimé,
Mais aussi des morts, et des mortes ;
Car il rend les âmes plus fortes,
Satan cesse de les brimer.

Des cierges y sont enflammés,
Tu vois qu’ils sont de toute sorte ;
Nul démon ne passe la porte,
Craignant d’en être consumé.

Ici résonne un chant d’amour
En pleine nuit comme en plein jour ;
Mais aussi, des paroles dures.

Comme le dit un bon auteur,
Accomplir faut les Écritures ;
Par notre âme, et par notre coeur.

Cochonfucius

Fleur de cloître

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Quand viendra la saison nouvelle,
Pleins de douceur seront les vents ;
Je fleurirai dans ce couvent
Qu’institua Jean de Nivelle.

Quand reviendront les hirondelles,
J’attendrai le soleil levant ;
Ce bel astre est un bon vivant,
La Terre aime l’avoir près d’elle.

Des nonnes iront au jardin,
Bavardant sur un ton badin,
N’ayant point fait voeu de silence.

Je m’endormirai vers le soir,
Dans le son que les cloches lancent ;
Je rêverai d’un ostensoir.

Cochonfucius

Ces fleurs

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Consolantes aux malheureux,
Nous sommes des plantes honnêtes ;
Nous savons le cours des planètes
Et les secrets des amoureux.

Le bonheur a mille recettes,
Lui que tu vois dans le ciel bleu ;
Il n’a rien de miraculeux,
Mais quelques brillantes facettes.

Notre cousine Renoncule
Et notre cousin Forficule
Chantent pour apaiser ton coeur ;

De ta tristesse ils sont vainqueurs,
Tu sortiras de ta psychose
Un sourire en sera la cause.

Cochonfucius

OVNIS

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Pour le meilleur et pour le pire,
Je me promène, chaque jour ;
Ça me plaît bien de faire un tour,
Je vois le monde et je respire.

Quand vient le soir, je me retire,
Assez tôt, je suis de retour ;
En hiver, quand les jours sont courts,
Ma marche est brève, on peut le dire.

Moi qui jamais ne fus très fort,
Je sens l’approche de la mort,
Je n’en deviens pas moins frivole.

Dans l’air est un je ne sais quoi,
Une escadre sans foi ni loi :
J’ai peur quand elle me survole.

Cochonfucius

Par le feu

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Ce pâle feu ne chauffe guère,
Lui qui brille d’un blanc neigeux ;
Au sol sont des tisons laiteux,
Braises qui jamais rien n’éclairent.

Nous sommes à cent pieds sous terre,
Aucun endroit n’est plus ombreux ;
Ici, pas d’anges amoureux,
Mais un vieux démon solitaire.

Ne venez donc pas dans ce lieu,
Que vous soyez jeunes ou vieux ;
Car ce serait une souffrance.

N’invitez plus, démons trompeurs,
Les passants ni les voyageurs,
Ni les trépassés en errance.

Cochonfucius

Fringante monture

image de l’auteur

Ce cheval acquis à prix d’or
Vient des écuries de la reine ;
Il eut une fée pour marraine
Et répond au nom de Castor.

Il est élégant dans l’effort,
Au grand jamais il ne se traîne ;
Il est brillant dans les arènes,
Ses juments le trouvent très fort.

Nous lui versons du vin de palme ;
Il le déguste avec grand calme,
On voit que ce n’est pas un bleu.

Il vaut pour moi plus qu’un empire,
Plus même qu’un oiseau de feu ;
Je le contemple, et ça m’inspire.

Cochonfucius

Valet de Thanatos

image de l’auteur

Vous mourrez tous, j’en suis certain,
C’est une évidence suprême ;
À la fin, je mourrai moi-même,
S’accomplir doivent nos destins.

Adieu maison, ville, jardin,
Faut-il donc en faire un poème ?
Nous connaissons bien d’autres thèmes,
Plus riants et plus anodins.

Viens par ici, ma tavernière,
Avec un grand verre de bière ;
La mise en bière, c’est plus tard.

Adieu jours clairs, adieu jours sombres ;
Nos maisons ne sont que décombres,
Nos croyances, des racontars.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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