Aérostat

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Je vogue en l’air, je suis un peu perdu,
Car au hasard les divers vents m’entraînent ;
Je n’aime pas qu’ainsi l’on me promène,
Je perds le Nord et j’en suis confondu.

Je n’ai jamais aimé l’inattendu,
Car, selon moi, c’est une chose vaine ;
Ça peut flatter les vanités humaines,
C’est juste fait pour les esprits tordus.

Nul ne m’entend, pourquoi cette complainte ?
Mais j’ai besoin de dévoiler mes craintes,
Je me lamente en attendant la mort.

Épargnez-moi, bourrasques ennemies,
Je suis bien faible et je n’ai qu’une vie ;
Pitié pour moi, soufflez un peu moins fort !

Cochonfucius

Tables des tavernes

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Ici c’est un lieu respectable,
Aussi bien la nuit que le jour ;
La tristesse n’y a pas cours,
Car c’est un endroit délectable.

Les serveurs vont de table en table
Et nous abreuvent tour à tour ;
Le plateau ne leur est pas lourd,
Qui à tout instant reste stable.

La tavernière vient souvent
S’asseoir avec ces bons vivants ;
Ils font des efforts pour lui plaire.

Le tavernier parfois la suit ;
Nous avons des égards pour lui,
Qui sait se rendre populaire.

Cochonfucius

Amphibiens solitaires

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C’est la grenouille sans famille,
Mal choisi fut son compagnon ;
Dans le bocage bourguignon,
Elle entend ses soeurs qui babillent.

Elle aime un vieux triton grognon,
Un pauvre animal qui boitille ;
Ils ont un abri de brindilles,
Dans la clairière à champignons.

Douce est la solitude à deux,
Que l’air soit clair ou brouillardeux ;
Les jours s’en vont, et les semaines.

N’avoir aucune descendance,
Finalement, quelle importance ?
La vie n’en est pas moins humaine.

Cochonfucius

Noble libellule

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C’est la Dame du Crépuscule,
Elle aime un ondin jeune et fort ;
Tous deux ennemis de l’effort,
Avec nonchalance ils circulent.

La nature bientôt s’endort,
Au fil de l’eau vogue une bulle ;
Une dryade déambule
Loin de son arbre aux feuilles d’or.

Que vienne la nuit embaumée,
Chargée d’étoiles innommées ;
Nous l’aimons mieux qu’un jour trop clair.

Le vent soufflera sur la friche,
Des spectres passeront dans l’air ;
De nos rêves nous serons riches.

Cochonfucius

Planète Armagnacandra

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Ici sont des terres sacrées,
Refuge pour les amoureux ;
Tu vois ici des bois ombreux
Où toujours la vie se recrée.

Ici n’est nulle âme claustrée,
Les coeurs n’y sont point ténébreux ;
Ils ne diront rien de scabreux,
Les francs buveurs de la contrée.

Beaux charpentiers, gentils maçons,
Vous avez de mille façons
Pratiqué votre architecture.

Ici n’est nul esprit souillé ;
Nul corps de vieillard n’est rouillé,
Nul membre ne craint les fractures.

Cochonfucius

Péril nébuleux

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Un spectre chante sa tristesse
Mais n’exhale aucune rancoeur ;
Les craintes qui hantaient son coeur
Maintenant s’endorment et cessent.

D’autres tourments, pourtant, le blessent,
Dont il ne peut être vainqueur ;
C’est comme une amère liqueur,
C’est une angoisse qui l’agresse.

Alors, dans l’espace il s’étale,
Il se plonge dans la torpeur ;
Il tourne en rond, puis il détale.

Il sait seulement qu’il a peur ;
En vain, dans sa mémoire il creuse,
La menace est trop nébuleuse.

Cochonfucius

Si je ne me trompe

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L’amour, pour moi, c’est un mystère,
Qu’il soit heureux, qu’il soit déçu ;
Sur ce sujet je veux me taire,
Moi qui n’en ai jamais rien su.

D’où sont nos sentiments issus ?
D’une étrange et lointaine terre ?
D’un plan par Cupidon conçu ?
De la sagesse trinitaire ?

Mon esprit veut se montrer tendre,
Mais sans jamais bien s’y entendre ;
Mon coeur très souvent se trompa.

Que signifie « être fidèle » ?
L’âme, n’étant pas sûre d’elle,
S’interroge, et ne répond pas.

Cochonfucius

L’arbre qui fait pleuvoir

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J’appelle l’averse et l’ondée,
Car tout le monde en a besoin ;
Un nuage venu de loin
Nous accorde l’eau demandée.

Phrases par les gouttes scandées,
Je les interprète avec soin ;
Je les comprendrai plus ou moins,
Quand je les aurai bien sondées.

Cela fait plaisir aux limaces,
Elles font leur sortie en masse,
Demandant encore plus d’eau.

Homme, ne marche point sur elles ;
Respecte leur structure frêle,
Préserve-les, gentil badaud.

Cochonfucius

Cornes de buffle

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J’ai deux cornes que l’on m’envie,
Qu’on admire de toute part ;
Munie de ce noble rempart,
Mon âme n’est point asservie.

Mes bufflonnes en sont ravies,
Ayant pour elles des égards ;
Je vois resplendir leur regard,
Montrant leur âme inassouvie.

Ne m’affronte pas, étranger,
Car tu te mettrais en danger ;
Fort belliqueuse est ma nature.

Ne va pas non plus t’affoler,
Avec toi je peux rigoler ;
Je ne manque pas d’ouverture.

Cochonfucius

Barques

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Les modestes canots d’Armor
Quittent les ports dans l’aube claire ;
Ils sont moins lourds que des galères,
Plus lestes pour tirer des bords.

Nous ne trouverons nul trésor,
Mais des poissons bien ordinaires ;
Pas de sirène débonnaire,
Mais quelques vieux crabes retors.

Large voile et longs avirons,
Nos nefs longtemps navigueront
Et toujours garderont leur charme.

Dans les ports les moins fréquentés,
Nul ne nous viendra tourmenter,
Pas même un vétilleux gendarme.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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