Saint Tryphon

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Je parle au fils du charpentier,
C’est un ami de ma famille ;
Il plaisante, ce joyeux drille,
Il pourrait en faire un métier.

Il badine avec ma moitié
Qui d’un légionnaire est la fille ;
Nous buvons de la camomille
Et mangeons les fruits du dattier.

Puis il retourne à son troupeau,
D’apôtres, grands buveurs de pots
Chez la tavernière gentille.

Quand il sortira du tombeau,
L’augure dit qu’il fera beau ;
Des prisons s’ouvriront les grilles.

Cochonfucius

Maître coq d’argent

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Ma sagesse est presque éternelle,
Je suis vieux, sans en avoir l’air ;
Mon esprit est limpide et clair,
Ma finesse est surnaturelle.

Mes douze poules sont fidèles,
Nous formons une seule chair ;
Tous mes poussins me sont très chers,
Par qui ma vie se renouvelle.

Je chante aux premières clartés,
Les voisins trouvent ça sublime ;
Ça peut leur inspirer des rimes.

Je suis épris de liberté,
Cause que je défends sans trêve ;
J’y songe même dans mes rêves.

Cochonfucius

Démon froid

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Je sais que je suis exécrable,
Mais j’aime infliger des tourments :
Les cris des damnés sont charmants,
Nul son ne leur est comparable.

Quelques-uns sont inconsolables,
Qui me regardent tristement ;
J’’invoque alors le règlement,
Moi qui me montre inébranlable.

Je leur explique, à ce propos,
Que ce n’est pas pour leur repos
Qu’ils sont venus dans mon repaire.

S’ils ont des doutes sur ce point,
Je dis « Ça vient de Dieu le Père » ;
Cela ne les contente point.

Cochonfucius

Arbre au Ponant

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Je vois le déclin du soleil,
Ma dryade déjà somnole ;
Je lui conte une parabole
Qui lui procure un bon sommeil.

Moi, l’arbre, je reste en éveil ;
Deux ou trois charmantes lucioles
Auprès de moi luisent et volent,
Juste après le couchant vermeil.

Je n’ai jamais voulu défendre
À l’astre du jour de descendre ;
Du ciel je respecte les lois.

Je crains pourtant le ciel nocturne
Et le froid regard de Saturne ;
Mais on s’y habitue, ma foi.

Cochonfucius

Machine sans but

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Mes rouages sont insoumis,
Qui ne servent aucun dessein ;
Mon moteur est comme endormi,
J’entends ses ronflements porcins.

Ils sont l’un de l’autre ennemis,
Mes mille rouages malsains ;
Ils sont maudits par tous les saints,
Car ils sont à l’enfer promis.

Je subsiste inutilement,
Ma vie est un mauvais roman ;
Brave lecteur, il faut m’absoudre.

Je ne sais si mon constructeur
Est encore dans ce secteur ;
Mais j’appelle sur lui la foudre !

Cochonfucius

Pavillon discret

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C’est un bien modeste domaine,
Lieu d’écriture et de loisir ;
Y vivent, selon leur désir,
Des exilés de cours lointaines.

Dans le jardin sont des fontaines
Qui des oiseaux font le plaisir ;
Ils sont nombreux à les choisir,
Ceux des monts et ceux de la plaine.

Ici, nul bruit, nulle aventure,
Des meubles de bonne facture
Qui nous viennent de nos parents.

Pas de cauchemars effarants
Ni aucun désordre apparent ;
Excellente villégiature !

Cochonfucius

Ambitortue grise

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De ce monstre l’âme est limpide
Et sereine, été comme hiver ;
Ce n’est pas un démon pervers,
Ce n’est pas un goinfre cupide.

Il est simplet, mais pas stupide,
Nous lui pardonnons ses travers ;
Il préfère la prose aux vers,
Il aime des plats insipides.

Nul ne peut l’astreindre au labeur ;
C’est là son côté regimbeur,
C’est là sa nature inhérente.

De blaguer il n’est jamais las,
Pas même quand ça tombe à plat ;
Car il trouve sa vie marrante.

Cochonfucius

Ermitage oublié

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Ici demeure un solitaire
Depuis d’innombrables saisons ;
La tour qui lui sert de maison
Oublie son passé militaire.

La vie et ici sans mystère,
Pas d’aventure à l’horizon ;
Temps de sagesse et de raison,
Mais sans que les jours soient austères.

Indifférent à l’univers,
L’anachorète en son hiver
Dans aucun projet ne s’implique.

S’il médite, c’est pour lui seul,
Ce doux vieillard mélancolique ;
Les Parques tissent son linceul.

Cochonfucius

Gavial

image de l’auteur

Je suis un animal étrange,
Je suis « crocodile et demi » ;
Je suis presque aussi beau qu’un ange,
Surtout quand je suis endormi.

Je suis très digne de louanges,
D’ailleurs je n’ai pas d’ennemis ;
Je fais honneur au fleuve Gange,
Tous le poissons me sont soumis.

Je connais des histoires drôles,
Je sais interpréter le rôle
D’un Créateur pur et parfait.

Tu ne me trouves pas modeste ;
Mais de ma nature céleste
Ce n’est qu’un naturel effet.

Cochonfucius

Chaîne et diablerie

image de l’auteur

Oeuvre d’un démon sacrilège,
Voici la chaîne de la Mort ;
Elle sème le désaccord,
C’est une semeuse de pièges.

Il faut que chacun s’en protège
Et que chacun se montre fort ;
Dieu-Loup, Dieu-Renard et Dieu-Porc,
Gardez-nous de ce sortilège.

La chaîne a traversé les cieux
Pour s’en aller vers d’autres lieux ;
Pourquoi cela ? c’est un mystère.

Préviens-nous, si tu la revois ;
Appelle-nous à haute voix,
Ne t’avise point de te taire.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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