Les ducs de Blanquefort

image de l’auteur

Ces grands seigneurs, dans leur donjon,
Vident leurs verres en famille ;
Dans le champagne qui pétille
Ils découvrent des horizons.

« Blanquefort » est le noble nom
Dont leur identité s’habille ;
Plus fiers que des grands de Castille,
Ils portent un vaillant blason.

Aux alentours sont des cultures,
Des églises, des sépultures ;
Un charmant pays, sans mentir.

Les ducs vont parfois à la chasse
À la biche ou à la bécasse,
Mais ils ratent souvent leur tir.

Cochonfucius

Sapin lointain

image de l’auteur

Ici vécurent mes ancêtres,
Qui leur sagesse m’ont légué ;
D’eux-mêmes toujours étant maîtres,
Ils savaient l’art de dialoguer.

Dans la forêt qui me vit naître
Vivent des hôtes distingués :
La noble dryade du hêtre
Et le vieux faune aimant draguer.

L’écureuil danse en haut du chêne,
Les oiseaux bavards se déchaînent ;
Ils disent que ce monde est beau.

Mes frères, qu’un bûcheron blesse,
Conservent toute leur noblesse,
Comme les gisants des tombeaux.

Cochonfucius

Arbre résilient

image de l’auteur

Les gens disent que je suis frêle,
Mais mon moral est excellent ;
Ma sève a de nobles élans
Et ma dryade est la plus belle.

Au printemps, je me renouvelle,
Je redeviens un vert galant ;
Je suis solide et nonchalant,
Mon âme se croit éternelle.

J’écoute chanter les crapauds ;
Ils savent bercer mon repos,
Plusieurs animaux les envient.

Je regarde courir le daim ;
C’est un quadrupède badin
Qui sait profiter de la vie.

Cochonfucius

Bélier de Jeanne d’Arc

image de l’auteur

Ma bergère affronta les flammes,
Et s’en attristèrent les cieux ;
En pleurèrent jeunes et vieux,
Dont elle avait séduit les âmes.

Quand on m’a raconté ce drame,
Je me mis à douter de Dieu,
Il aurait pu la garder mieux ;
Nous regretterons cette dame.

Et notre monarque en sa cour ?
Au lieu d’aller à son secours,
Il drague une marquise blonde.

Ils l’ont mise au rang des martyrs,
Mais ils devront s’en repentir,
Ils brûleront en inframonde.

Cochonfucius

La reine Aragne

image de l’auteur

Ce beau jardin, c’est mon empire,
J’y tisse d’élégants réseaux ;
Le vent fait danser les roseaux,
Je me balance et je respire.

Ici personne ne m’admire,
Qu’importe, ce n’est pas nouveau ;
Je n’ai pas besoin de dévots,
Car ceux-là sont de tristes sires.

Des insectes sans foi ni loi
Font, en ce lieu, je ne sais quoi ;
Un papillon se croit monarque.

Presque tous achèvent leurs jours
Dans mes pièges, je suis leur Parque :
Ainsi finissent leurs amours.

Cochonfucius

Particule qui danse

image de l’auteur

C’est un corpuscule vibrant
Sous l’effet d’une force obscure ;
La pesanteur, il n’en a cure,
L’espace est, pour lui, transparent.

Il n’a pas de nom, c’est marrant ;
Absent de la nomenclature
Il se déplace à l’aventure,
Car c’est, pour toujours, un errant.

Ni le passé, ni l’avenir,
Il ne saurait les définir ;
Ne croyez pas qu’il s’en alarme.

Les physiciens cherchent en vain
À capter son étrange charme ;
Mais jusqu’ici, nul n’y parvint.

Cochonfucius

Hibou silencieux

image de l’auteur

Au mutisme je suis enclin,
Rêveur dans la nuit étoilée ;
Je pense aux âmes en allées,
Ainsi qu’à mon propre déclin.

Par mon maître, un vieux pangolin,
Me fut la clarté dévoilée ;
À d’autres je l’ai révélée,
Même au grand âne du moulin.

Nous sommes des bêtes pensantes,
Ce que bien des humains pressentent ;
Ça ne date pas d’aujourd’hui.

Mon silence point ne se brise,
Qui dure tout au long de la nuit ;
Du crépuscule à l’aube grise.

Cochonfucius

Cygne allemand

image de l’auteur

Cet oiseau disserte sur l’Être,
C’est un penseur de bon aloi ;
Du cosmos il apprend les lois,
Finissant par bien les connaître.

Il se souvient de ses vieux maîtres,
Il les évoque maintes fois ;
C’étaient des gens dignes de foi,
Sur ce monde ouvrant des fenêtres.

Il sait des contes populaires,
Mais aussi des blagues vulgaires ;
Il les raconte en allemand.

Il a de bons copains en France,
De joyeux compagnons d’errance ;
Tout lui plaît bien, finalement.

Cochonfucius

Dragon du vin de messe

image de l’auteur

Buvant à tire larigot,
Ce fringant dragon se déprave ;
En notre église Saint-Gustave,
Il nargue tous les buveurs d’eau.

Au bon prêtre il tourne le dos,
Dont il dévalise la cave ;
Les anges du ciel, il les brave,
Les brocardant en son argot.

Il nous sourit quand il a bu ;
De lui-même il est fort imbu,
Alors qu’il n’est qu’une fripouille.

Que faire de ce malappris ?
Nous le traitons par le mépris ;
De peu de chose il nous dépouille.

Cochonfucius

Barque amnésique

image de l’auteur

Cette nef perdit la mémoire,
Ça ne la gêne pas beaucoup ;
Elle confond Garonne et Loire,
Ses quelques souvenirs sont flous.

Elle ignore sa propre histoire,
Ne la sachant ni peu ni prou ;
Elle décline, c’est notoire,
Elle a de l’eau perdu le goût.

Le monde lui semble un grand vide ;
L’atmosphère n’est plus limpide,
Elle porte mille dangers.

Les oiseaux lui parlent encore ;
C’est pour elle un non-sens sonore,
Un afflux de mots étrangers.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.