Trois tours de sinople

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En ce lieu logent trois prophètes
Qui vaticinent tour à tour ;
Vivant en entente parfaite,
Ils occupent trois belles tours.

Devant la foule stupéfaite
Ils ont fait quelques savants tours ;
C’était pour célébrer la fête
Des anges et de leur retour.

De sagesse ils sont réceptacles
Et témoins de plusieurs miracles ;
Leur âme est toujours en éveil.

Un démon parfois les enivre
Et leur fournit de mauvais livres ;
Ils tombent dans un noir sommeil.

Cochonfucius

Balance de sable

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Jour ordinaire ou jour de fête,
Je pèse l’ail, le quinoa,
Les ingrédients pour l’axoa ;
Mon exactitude est parfaite.

On trouve dans la supérette
De jolis oeufs de léipoa
Ainsi que du foie de boa ;
Assez peux de gens en achètent.

Je pèse les pruneaux du Var
Ainsi que les nougats de Gard,
Chacun mangera ce qu’il aime.

Pour digestif, luxe suprême,
Un godet de calva normand ;
L’âme s’envole au firmament.

Cochonfucius

Hermine

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Profonde est ma mélancolie,
Car de moi toute vie s’en va ;
Ma blanche fourrure est salie,
Où est l’espoir qui m’abreuva ?

Ce monde est fait pour qu’on l’oublie,
Qui d’éternité nous priva ;
Car notre jeunesse jolie,
Qui d’entre nous la conserva ?

Ouvrant la boîte de Pandore,
L’humain sa défaite élabore ;
Et je vous dis la vérité.

Ce qui s’éleva doit descendre
Et ce qui brûle devient cendre ;
Ne dis point que c’est mérité.

Cochonfucius

Débat d’un scribe avec soi-même

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Sur les thèmes les plus divers
Sont mes deux cervelles brouillées ;
Soit dormantes, soit éveillées,
Cent débats elles ont ouverts.

Sur la forme de l’univers,
Sur des citations grappillées ;
Mille questions ainsi fouillées
Sans relâche, été comme hiver.

C’est un fléau d’avoir deux têtes
Et mon coeur n’est pas à la fête,
Ça lui demande trop d’efforts.

Calmez-vous donc, cervelles vides ;
Accordez-vous, soyez lucides,
Vous en aurez plus de confort.

Cochonfucius

Souvenirs d’un oiseau

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Quelques remembrances m’étonnent,
Qui ne reviennent pas souvent ;
Images qu’emporte le vent,
Comme les feuilles en automne.

Des rivaux auxquels je pardonne ;
Je souris en les retrouvant,
Songeant à ce monde mouvant ;
Aux rêveries je m’abandonne.

Ma vie ne fut pas angélique,
Mais encore moins diabolique ;
C’est un brouillon, pas un roman.

Combien de muses innommées
M’ont accompagné gentiment ?
Mon âme, elles l’ont désarmée.

Cochonfucius

Aérostat

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Je vogue en l’air, je suis un peu perdu,
Car au hasard les divers vents m’entraînent ;
Je n’aime pas qu’ainsi l’on me promène,
Je perds le Nord et j’en suis confondu.

Je n’ai jamais aimé l’inattendu,
Car, selon moi, c’est une chose vaine ;
Ça peut flatter les vanités humaines,
C’est juste fait pour les esprits tordus.

Nul ne m’entend, pourquoi cette complainte ?
Mais j’ai besoin de dévoiler mes craintes,
Je me lamente en attendant la mort.

Épargnez-moi, bourrasques ennemies,
Je suis bien faible et je n’ai qu’une vie ;
Pitié pour moi, soufflez un peu moins fort !

Cochonfucius

Tables des tavernes

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Ici c’est un lieu respectable,
Aussi bien la nuit que le jour ;
La tristesse n’y a pas cours,
Car c’est un endroit délectable.

Les serveurs vont de table en table
Et nous abreuvent tour à tour ;
Le plateau ne leur est pas lourd,
Qui à tout instant reste stable.

La tavernière vient souvent
S’asseoir avec ces bons vivants ;
Ils font des efforts pour lui plaire.

Le tavernier parfois la suit ;
Nous avons des égards pour lui,
Qui sait se rendre populaire.

Cochonfucius

Amphibiens solitaires

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C’est la grenouille sans famille,
Mal choisi fut son compagnon ;
Dans le bocage bourguignon,
Elle entend ses soeurs qui babillent.

Elle aime un vieux triton grognon,
Un pauvre animal qui boitille ;
Ils ont un abri de brindilles,
Dans la clairière à champignons.

Douce est la solitude à deux,
Que l’air soit clair ou brouillardeux ;
Les jours s’en vont, et les semaines.

N’avoir aucune descendance,
Finalement, quelle importance ?
La vie n’en est pas moins humaine.

Cochonfucius

Noble libellule

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C’est la Dame du Crépuscule,
Elle aime un ondin jeune et fort ;
Tous deux ennemis de l’effort,
Avec nonchalance ils circulent.

La nature bientôt s’endort,
Au fil de l’eau vogue une bulle ;
Une dryade déambule
Loin de son arbre aux feuilles d’or.

Que vienne la nuit embaumée,
Chargée d’étoiles innommées ;
Nous l’aimons mieux qu’un jour trop clair.

Le vent soufflera sur la friche,
Des spectres passeront dans l’air ;
De nos rêves nous serons riches.

Cochonfucius

Planète Armagnacandra

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Ici sont des terres sacrées,
Refuge pour les amoureux ;
Tu vois ici des bois ombreux
Où toujours la vie se recrée.

Ici n’est nulle âme claustrée,
Les coeurs n’y sont point ténébreux ;
Ils ne diront rien de scabreux,
Les francs buveurs de la contrée.

Beaux charpentiers, gentils maçons,
Vous avez de mille façons
Pratiqué votre architecture.

Ici n’est nul esprit souillé ;
Nul corps de vieillard n’est rouillé,
Nul membre ne craint les fractures.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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