Acrocéros

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Le fier acrocéros est le maître du monde
Car tous ses ennemis sont partis, sans retour ;
Son corps majestueux s’expose aux feux du jour
Ou, pour se rafraîchir, trempe ses pieds dans l’onde.

S’il nous fait un discours, c’est d’une voix qui gronde ;
Mais la plupart du temps, il se tait, dans sa tour
Qui s’approche du ciel où planent les vautours,
Eux qui sont à l’affût des carcasses immondes.

Le démon du désert, chaque fois qu’il le voit,
Le trouve ridicule et le montre du doigt ;
Le bel acrocéros le chasse à coups de pierres.

Il règne, incontesté, sur la friche du temps,
Sur les palais en ruine et sur les cimetières ;
Mais il n’a pas soumis le démon voletant.

Cochonfucius

Maître Coq est en pleine forme

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Il lance un chant qui monte au firmament,
Devant sa tâche ayant bonne figure ;
Un grand artiste en fit une peinture
Et Marcel Proust le mit en son roman.

En ses loisirs, en ses amusements,
Sa plume trace un vers, à l’aventure,
Sur le soleil, sur la verte nature,
Mais il écrit bien paresseusement.

Des basses-cours il fut toujours le maître,
Cela depuis le jour qui le vit naître ;
Mais c’est un sire honnête et sans apprêts.

Dans le beau temps et dans le temps d’orage,
À claironner ce coq est toujours prêt,
Noble héros, seigneur de ces parages.

Cochonfucius

Seigneur des trolls

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Invité chez les trolls, je fis la découverte
Du palais seigneurial, sur lequel est posé
Un toit monumental aux reflets ardoisés,
Demeure magnifique et noblement couverte.

Pour y ranger le vin, des souterrains boisés,
Ainsi que la prunelle et que l’absinthe verte,
Car le seigneur des trolls sait tenir table ouverte
Dans le confort feutré d’un salon pavoisé.

Les arbres du jardin, déployant leur ramures,
De plusieurs bardes-trolls abritent les murmures,
Produisant mille fleurs aux pétales cuivrés.

Les salles du palais s’ornent de ce poème
(Je trouve assez flatteur cet hommage suprême),
Qu’aucun troll, cependant, ne daigne déchiffrer.

Cochonfucius

Monstrecerf

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Penchant sur l’océan ses deux crânes jumeaux,
Monstrecerf chantonnait un poème, à voix douce,
Adoucissant ainsi du monde les secousses,
Lui apportant la paix des bois et des hameaux.

Le ciel était d’azur, le plus frais des émaux,
Orné de soleils d’or, et non de lunes rousses ;
L’animal vigoureux, nourri de tendres pousses,
N’éprouvait en ce jour la crainte ni les maux.

Heureux qui, comme lui, sa nourriture glane
Sans même rechercher l’abri d’une cabane,
Insoucieux qu’il est de la bise du Nord !

Heureux qui, comme lui, se rafraîchit aux vagues,
Sur ce monde incertain portant son regard vague ;
Heureux, ce monstre-là, dont la conscience dort.

Cochonfucius

Alpha Camelopardalis

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L’étoile est escortée de planètes sauvages
Aux chétifs habitants, de leur sort incertains ;
Je ne sais presque rien de ces astres lointains,
Mais se rendre auprès d’eux serait un beau voyage.

Pline a dit qu’on y parle un ténébreux langage
N’ayant aucun rapport avec ceux des humains ;
Il écrivit cela sur un long parchemin,
Ce savant de jadis auquel je rends hommage.

La troisième planète a des jeteurs de sorts
Auprès des vieux tombeaux disant «Debout les morts»,
Le prêtre de ces lieux les contemple avec crainte.

L’étoile au long du jour diffuse sa clarté
Dont ils sont, tous ces morts, un peu réconfortés :
Les sorts à leur repos ne portent plus atteinte.

Cochonfucius

Bonnes pratiques

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Photographie de JBB (tous droits réservés)

S’il n’est besoin que quelque chose change,

Ne rien changer ;

Si l’on a faim, et qu’il est temps qu’on mange,

Aller manger.

Si du café tu sens l’odeur exquise,

Prends un café :

Il va, si tu as pris froid dans la bise,

Te réchauffer.

Si le métro convenablement roule,

Va t’y asseoir ;

Rentre chez toi, avec l’aimable foule,

Quand vient le soir.

Cochonfucius

Helga la Mince à Paris

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Helga fut à Paris, fine et spirituelle,
Ma muse de jadis et ma soeur en esprit ;
Cette âme qui dansait ne laisse aucun écrit
Ni d’enregistrement de sa voix sensuelle.

Les jours après les jours, dans leur course éternelle,
À notre nostalgie ne laissent pas d’abri ;
Et le soir assombri suit le matin qui rit.
Helga dans ma mémoire est toujours aussi belle.

Le temps dévore l’âme, ainsi fait-il du corps ;
Il met fin à la vie, il met fin aux transports,
Ce temps qui nous conduit vers une tombe froide ;

Mais l’amour en nos coeurs, qui jamais ne fléchit,
Par les yeux d’une amante est parfois réfléchi,
Et qu’importe qu’alors la chair devienne roide.

Cochonfucius

 

Cosinus et Fenouillard

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Dessin de Christophe

Agénor Fenouillard a traversé le monde
Dans des bateaux, des trains et des vaisseaux divers ;
Lui, ses filles, sa femme, en ce vaste univers,
Les voilà parcourant une voie vagabonde.

Cosinus, vrai matheux aux intuitions profondes,
Pour sortir de Paris n’a point eu le feu vert ;
Il n’a gravi nul mont, exploré nulle mer
Et ne connaîtra point les Îles de la Sonde.

Fenouillard, mon ami, tu étais pourtant né
Pour demeurer, paisible, au sein de ta famille,
Non pour excursionner ainsi qu’un forcené ;

Cosinus, mon héros, comme inventeur tu brilles ;
Mais ta vie ne fut point celle d’un voyageur.

L’auteur de vos destins est un sacré farceur !

Cosinus-et-Fenouillard

Cochonfucius

Antilibellule

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C’est l’antilibellule au clair coeur de cristal ;
C’est un insecte sage, armé de grands mérites ;
Elle n’est pas de ceux dont le vol nous irrite,
C’est une âme sans crainte, un paisible animal.

Elle a dans le sous-sol un sosie infernal
Qui s’en extrait parfois pour lui rendre visite ;
Mais en ayant recours à des lois non écrites,
Cet insecte vaillant se garde de tout mal.

Elle n’aura jamais des moeurs de sybarite,
Malgré les suggestions de son double fatal,
Lequel en vain se sert de son vieil arsenal.

Tu as pour camarade une humble marguerite
Qui te voit t’envoler dans le ciel automnal,
Noble antilibellule, insecte de Magritte.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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