Dieu d’Armorique

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Le dieu de l’Armorique est un bélier de flamme ;
Il possède son temple, on ne sait en quel lieu.
Les druides du passé, qui le connaissaient mieux,
Lui adressaient des mots venus du fond de l’âme.

C’est un être discret, lui qui rien ne réclame,
Tous nos agissements trouvent grâce à ses yeux ;
Je le trouve amusant, ce très modeste dieu
Qui semble plaire aussi à plusieurs nobles dames.

Bélier naïf et pur, il ignore l’amour,
Bien moins entreprenant que l’auteur de ses jours ;
Avec Priape il faut que nul ne le confonde.

Vers le sombre inframonde il est prêt à partir
Sans jamais revêtir la robe de martyr ;
Peut-être est-ce le dieu le plus sage du monde.

Cochonfucius

 

Saint emplumé

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Il n’est pas de ceux-là qui sonnent de la lyre ;
Il flotte dans les airs avec son doux sourire,
Et s’il voit un nuage, il le va caressant,
Car il est bienveillant pour tout ce qui respire.

Son regard peut calmer les monstres rugissants.
Il ne veut point user d’une vapeur d’encens ;
Aux bâtiments sacrés, il n’est rien qui l’attire,
On y voit trop souvent le riche et le puissant.

Quand il est seul, il dit des paroles sans suite ;
Je ne sais que penser de ce babil charmant,
Mais je suis sûr, au moins, que jamais il ne ment.

Sachez-le, ce n’est pas un donneur d’eau bénite,
Sans inconfort, il veille, et sans tourment, il dort,
Ayant avec le monde un véritable accord.

Cochonfucius

Sankt Regenbogen

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Sa vie se déroula sur une exoplanète
Où il fut confesseur des vivants et des morts ;
Je ne sais comment sont les membres de son corps,
Mais je sais que son âme est quasiment parfaite.

Lui, de sang et de chair, mais au coeur de prophète,
Des miracles il fit par ses regards si forts ;
Les démons n’osaient plus s’aventurer dehors,
On entendait gémir leur foule stupéfaite.

Au fond d’une chapelle on peut voir son portrait
Que, dans mon jeune temps, un moine me montrait,
Et je m’agenouillais pendant quelques secondes.

De l’avoir avec eux, les anges sont ravis ;
On dit qu’en leur jardin, l’autre jour, on le vit
Longuement converser avec l’Âme du Monde.

Cochonfucius

Moulin des oiseaux de sinople

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Au moulin de Perutz, on y vient pour ses peines ;
Le meunier obéit aux démons punisseurs,
Il sert également l’évêque meurtrisseur
Et sa manufacture à la marche inhumaine.

Du noble cavalier les espérances vaines
N’ont jamais altéré sa première verdeur ;
Il vivra pour son roi dans ses grandes ardeurs,
Car un sang de héros circule dans ses veines.

J’entends le vieux meunier qui parle à faible voix
Pour guider vers l’Enfer le voleur aux abois ;
Un ange cependant les regarde sans cesse.

Chacun des deux rencontre un trépas différent ;
Leurs destins sont obscurs, cet auteur préférant
Que ne soit détrompée la petite princesse.

Cochonfucius

Un roi cardiophore

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Il promène son coeur, cet utile support
Sans lequel il n’aurait jamais ce qu’il désire ;
Au fleuve de ses jours son corps est un navire
Dont il aime tracer la route, loin des ports.

Un peu de cargaison larguée par-dessus bord,
Dont il ne se plaint pas, ça pourrait être pire ;
Il peut toucher souvent les objets qui l’attirent,
Il s’est accoutumé aux caprices du sort.

La discipline à bord n’est certes pas rigide,
Le roi sait ce qu’il fait, car le bon sens le guide ;
Et de sa vie passée, il n’a pas à rougir.

À quoi consacre-t-il ses jours, que rien ne gâche ?
À des amusements, à de modestes tâches,
À guetter ce qui passe, ou ce qui peut surgir.

Cochonfucius

Nef sonnante

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Un moine vagabond s’en va chercher fortune
Sur une nef sonnante, à la merci des flots.
Les lions d’argent, dans l’air, agitent leurs grelots,
Et les poissons volants courent après la lune.

On entend, par moments, le rire de Neptune ;
Le moine, cependant, tient d’apaisants propos,
Pensant que le voyage est propice au repos,
Il va, sans inquiétude, et sans angoisse aucune.

Neptune, que l’excès de candeur divertit,
Cesse de se montrer naufrageur perverti,
Guidant la pauvre nef, évitant le naufrage.

Le moine au dieu païen sacrifie volontiers,
Sans oublier la part du fils du charpentier
Qui, lui aussi, connut la mer par temps d’orage.

Cochonfucius

Quatre cent vingt et un

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Quelques joueurs de dés s’abreuvent au printemps
Dans la vieille taverne, à tête reposée ;
La pratique du jeu n’est pas bien malaisée,
On réserve au vainqueur un triomphe éclatant.

Accoudé au comptoir, son noble coeur battant,
Il songe à la patronne au regard de rosée ;
Et si sa chance au jeu par elle était brisée,
Les trois dés cesseraient, pour lui, d’être importants.

Il contemple, pensif, le patron qui travaille
À porter aux enfants leurs verres et leurs pailles,
Aux parents un café qui bientôt refroidit.

C’est un estaminet, ce n’est pas un taudis,
On entend d’un marin la parole brumeuse
Qui parfois fait rêver notre aimable serveuse.

Cochonfucius

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Le Léman

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Toile de John William Inchbold

Je me revois, enfant, sur le rivage
Du lac Léman, un jour où les nuages
Y reflétaient leur étrange beauté,
Blancs compagnons des cygnes enchantés.

Blanches étaient les voiles des navires,
Blancs les sommets chantés par tant de lyres,
Bleu sombre l’eau qui baignait les manoirs,
Bleu par endroits se rapprochant du noir.

Or, ce jour-là, je regardais mon père
Qui enseignait à nager à mon frère.
J’étais plus grand, et je savais la brasse.

Mon père dort dans l’ombre d’une église,
Mon frère vit loin de ma banlieue grise ;
Ton souvenir, Léman, reste vivace.

Cochonfucius

Un antitroll dans la chapelle

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Cette chapelle, c’est un temple de porphyre,
On y voit la déesse aux longs cheveux frisés ;
Et, sur les parchemins que les trolls aiment lire,
Chacun peut admirer un lettrage irisé.

La foule y entend même un démon qui soupire,
Qui jadis fut un dieu, lui, le mal avisé ;
Loin de les attrister, cela les fait sourire,
Car leur esprit moqueur n’est jamais épuisé.

Le démon dit : « Jadis, je fus un capitaine,
Je conduisais des trolls aux batailles lointaines ;
La déesse prétend qu’elle ne le croit pas. »

Il tourne vers le mur son dur profil morose,
Attendant son départ pour le monde d’en bas,
Le territoire obscur où finit toute chose.

Cochonfucius

Sagesse des astronomes

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Peinture chinoise

Tu voudrais décrocher les astres de la nuit
Pour en illuminer les profondeurs du vide.
Mais si tu leur prenais tous leurs rayons limpides,
Ils tomberaient en vain aux tréfonds de ce puits.

Tu voudrais voir surgir la fin de tes ennuis,
Portée par les beaux yeux d’un chevalier candide.
Mais il ne peut franchir les espaces arides
Que son triste regard discerne autour de lui.

Tenons compte, à présent, de la réalité.
Puisque cela n’est pas dans nos capacités,
Renonçons, pour ce soir, à toucher aux étoiles,

Laissons-les scintiller, là-bas, dans le lointain ;
Ne leur demandons pas de vivre en nos jardins,
Posons-les, si tu veux, sur une simple toile

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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