Le seigneur Passereau

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Il n’a pas de trône et pas de cortège ;
Et d’aucune cause il n’est l’avocat.
Lui qui ne réclame aucun privilège,
C’est le passereau, lui, si délicat.

Il peut sautiller dans la froide neige,
Toujours son plumage est en bon état.
Il a de la voix, il sait le solfège,
La muse pour lui bien souvent chanta.

Il craint le rapace, il aime ses proches,
Ne possède rien, n’ayant pas de poches ;
Il cherche un perchoir quand il a sommeil.

Gentil passereau, tu n’as rien à craindre,
Toujours tu auras ta place au soleil
Que tes yeux jamais ne verront s’éteindre.

Cochonfucius

 

Carl von Linné

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Le grand Carl von Linné se promène en chaussons ;
Il note quelle plante a des feuilles frisées,
Qui pourra dans son livre être immortalisée,
Et qu’il voudra nommer d’un nom de sa façon.

Il connaît en latin des fables, des chansons,
Ainsi que plus d’un conte à la morale osée ;
De la soif de savoir est sa vie embrasée,
Une espèce inconnue lui procure un frisson.

Son esprit est actif, son coeur est une flamme,
Les plus belles pensées fleurissent dans son âme ;
C’est un grand érudit, un chercheur invaincu.

Lui, qui produit une oeuvre à nulle autre seconde,
Se demande parfois s’il a vraiment vécu,
S’il s’est bien pénétré de la beauté du monde.

Cochonfucius

 

Sagesse d’un juge

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Je vis un alambic dans la maison d’un juge,
Dont cet homme tirait des profits clandestins.
Qu’importe, pensait-il, après nous, le déluge,
« Cras moriturus sum», comme on dit en latin.

Les buveurs du quartier, trouvant chez lui refuge,
Venaient pour consommer (parfois, dès le matin)
Qui furent du labeur ainsi toujours transfuges,
Chacun d’eux savourant l’ivresse qui l’atteint.

Bacchus mérite-t-il une gloire éternelle ?
Sur ce vaste sujet, le bon sens nous rappelle
Qu’on trouve du danger aux capiteux brouillards ;

Ce juge-tavernier boit, à son ordinaire,
L’eau qui plaisait aussi à Monsieur Fenouillard ;
Il ne mélange pas sa vie et ses affaires.

Cochonfucius

Nouveau pont bordelais

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On dit qu’un futur pont sur la Garonne, un jour,
Sera pour le flâneur une route nouvelle ;
Un pont que nous devrons aux édiles fidèles
Caressant ce projet de leurs gants de velours.

Du prénom de Simone il faudra qu’on l’appelle,
Qui dans le Panthéon repose pour toujours ;
Les galants y viendront promener leurs amours,
Notre évêque pour lui priera dans sa chapelle.

À ce nouveau venu, nous faisons bon accueil,
Nous écrirons sur lui des vers, tout un recueil,
Lui qui jamais du temps ne craindra la morsure.

Déjà, son architecte en a fait le portrait,
Orné d’explications, tracé d’une main sûre,
Un élégant ouvrage aux multiples attraits.

Cochonfucius

Licorne-ermite

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Cette licorne vit loin des vastes cités ;
Elle a pour résidence un abri de fortune
Dont la décoration me semble peu commune ;
Par elle seulement ces lieux sont habités.

Les gens ne font pas d’elle une divinité
Comme le sont pour eux le solel et la lune ;
Ils ne l’assiègent pas d’oraisons importunes,
Ni ne montrent non plus trop de curiosité.

Que nous racontes-tu, licorne peu loquace ?
Des combats de jadis reste-t-il une trace ?
Entendant la question, cet animal s’est tu.

Ne l’interroge plus, ça n’en vaut pas la peine,
Ne sollicite plus la licorne sereine
Qui de discrétion fit sa première vertu.

Cochonfucius

Le seigneur Galliforme

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Sitôt qu’il a cru voir un renard, il se cache ;
Il n’est de ces guerriers, leur frayeur surpassant,
Qui frappent l’adversaire avec des coups puissants,
Il veut rester tranquille, à son calme il s’attache ;

Admiré cependant, aimé sans qu’il le sache
Des poules dont toujours le désir va croissant,
Il n’a jamais été un prince languissant,
Préférant s’investir en de modestes tâches.

Merveilleux galliforme ! Il semble fort heureux
D’arpenter le décor sans tomber amoureux,
Sa libido, dit-on, n’est plus qu’une relique.

Mais c’est un bon convive, il n’est pas inhumain,
Ce seigneur vieillissant n’est pas mélancolique,
Quelquefois caressé par une douce main.

Cochonfucius

De gueules à un crocodile d’or

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Sous la forte chaleur, le ciel ondoie,
Loin de la savane et de ses troupeaux,
Sur la rouge enseigne du grand tripot,
À un crocodile d’or, qui blondoie.

On ne le voit pas versant des sanglots,
Ni tel un plongeur qui dans l’eau s’enfonce ;
Bestiole héraldique à manger renonce,
Ainsi qu’à la douce fraîcheur des flots.

Mais ça lui va bien, ce grand nonchaloir,
L’immobilité d’une armure lisse,
Heureux qu’à côté de lui s’établisse
Messire pluvian, son faire-valoir.

Cochonfucius

Dame du monastère

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De la communauté la dame est cellérière
En un terroir normand, non loin de Cerisy ;
Elle sait proposer des breuvages choisis
Aux moines pleins d’ardeur, qui n’en refusent guère.

Sachez, si vous trouvez la chose singulière,
Que de cette exception le Pape fut saisi,
Lequel a répondu : « Mes enfants, allez-y,
Cela fera plaisir à Jeanne, la guerrière. »

Les moines de ce lieu ne sont pas dépensiers,
Tu peux le demander à leur brave caissier ;
Sobre est leur appétit, car ce sont des poètes.

La dame en les servant plaisante avec entrain
Qui de leur bonne humeur toujours est satisfaite ;
Surtout quand elle entend leurs amoureux quatrains.

Cochonfucius

 

Dame de l’Ambre

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Dans l’ambre on peut trouver un insecte, un poisson,
Cette dame écoutant qui leur parle à voix basse ;
C’est d’un éclat divin que rayonne sa face,
Mais je sais que son coeur est plus froid qu’un glaçon.

Or, la dame, parfois, ne profère aucun son,
Mais peut communiquer, d’un geste plein de grâce,
Avec les animaux que sa grande âme embrasse ;
Ils en seront charmés comme d’une chanson.

Être piégé dans l’ambre est un titre de gloire,
Car les âges futurs auront de vous mémoire,
Et vous ne serez point en poussière réduits.

Cette dame seulette, attend-elle son prince ?
Il surgira peut-être, un beau jour, une nuit,
Apportant des trésors d’ambre de sa province.

Cochonfucius

Manoir de la mouette

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Vers le Septentrion, que l’aquilon ravage,
Il est un vieux manoir qu’emplissent des trésors ;
Son architecte fut un vénérable porc,
Et la Dame des lieux, c’est la mouette sauvage.

Cette vaste contrée où nul n’est en servage,
Si tu voulais t’y rendre, il faudrait un effort,
Sauf si tu sais voler, si tu prends ton essor,
Ou bien si tu gravis les rochers du rivage.

Cet oiseau peut narguer la tempête démente
Et peut même planer au coeur de la tourmente ;
Son âme sans défaut n’en sera pas meurtrie.

Or, son esprit voyage au cours de son sommeil,
En rêve parcourant sa nouvelle patrie :
Un paisible jardin que baigne le soleil.

Cochonfucius

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Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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